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Chronique cinéma
Avril 2014

 par Lucie Poirier, journaliste-analyste

Deux beaux films en salle : L'ange gardien et Miraculum. Un beau film en DVD : La Cicatrice. De l'originalité et de la qualité dans le cinéma québécois. Et dans le film Le temps de l'aventure.

EN ANALYSE

Le cinéma québécois vient de nous offrir deux films originaux et de qualité. Le scénario et le style confèrent aux films L'ange gardien de Jean-Sébastien Lord et Miraculum de Podz, Daniel Grou des qualités rares qui suscitent l'intérêt.

Au début de L'ange gardien, Normand parle à Maxim. Décédé. Ce gardien de nuit, ancien policier au cœur fragile, a plus ou moins fait le deuil de son enfant et vit avec sa femme qui travaille le jour. Normand tient compte des personnes qui sont décédées. Il n'oublie pas.

Il a encore le regret de Maxim mort à 4 ans il y a 25 ans « Le plus dur c'est tout ce que j'ai pas pu faire avec lui ». Mais, l'occasion est donnée à Normand de protéger Nathalie qui a l'âge qu'aurait Maxim et d'aider Coralie, 4 ans, fille de Nathalie et Guylain.

Le film se déroule sans transition quand les scènes du passé éclairent le contexte déterminant les destins. Les enjeux concernent ce qu'il y a de plus énorme : la vie et la mort à travers l'amour.

Une nuit, Nathalie et Guylain ont tenté de faire un vol et ont été surpris par Normand qui a réussi à retenir Nathalie. Quand il a eu une défaillance cardiaque, elle lui a donné le médicament qui l'a sauvé.

Depuis, elle revient le voir, lui demander de l'aider car Guylain vit seul avec Coralie; Nathalie est recherchée, c'est elle qui travaillait à la cafétéria cambriolée. Normand prépare des sandwichs pour elle, apporte un oreiller et lui confie : « J'aimerais ça arrêter de tout perdre. Qu'il n'y ait plus rien qui bouge ».

En faisant la tournée dans l'immeuble gardé par Normand, ils aperçoivent une robe longue en velours rouge dans l'une des boutiques. L'essai de la robe rappelle Cendrillon. Normand se sent revivre et attend chez-lui sa femme avec un bouquet de fleurs.

Le talent de Marilyn Castonguay et Guy Nadon est cadré par des gros plans serrés lors de scènes intenses. Leur communication est telle qu'elle ressemble à l'introspection. Leur amour, en dehors des habituelles caractéristiques, est celui de la bienveillance. Il lui dit qu'il a eu un pontage il y a 5 ans; elle pose sa main sur sa poitrine et ajoute : « C'est un bon cœur ». Cette métaphore du cœur physique et du sentiment bienveillant s'accorde avec la force de l'image sur laquelle Lord mise souvent. Ainsi, quand Nathalie regarde sa fille dormir, elle aperçoit un dessin la représentant avec des cœurs énormes; sans un mot, elle sait que sa fille l'aime.

Le montage est minutieux, distillant peu à peu les informations qui mènent à la révélation finale après avoir laissé planer une équivoque sur le déroulement des faits.

L'ange gardien scénarisé et réalisé par Jean-Sébastien est un film magnifique.

Podz a lui aussi choisi de jouer sur la chronologie des événements et celle des révélations pour le montage de Miraculum d'après le scénario de Gabriel Sabourin . Les scènes appuyées par la musique, consacrées au déplacement des gens, confèrent un style lyrique au développement des histoires.

Il faut le souligner, encore, un bon scénario fait toute la différence. Les enjeux concernent la vie et la mort : la mort inéluctable des accidentés lors d'un écrasement d'avion et celle choisie par un témoin de Jéhovah leucémique qui refuse une transfusion de sang.

Plusieurs personnages sont affectés par ce voyage en avion. Avant le départ, après l'écrasement, mais, ces deux temps sont imbriqués dans le déroulement, les histoires se mêlent, les personnages se croisent. Tout s'allège, tout s'aggrave. La mort côtoie la vie. Étonnement, la favorise.

 

 

 

BANDES ANNONCES

FILMS RÉFÉRÉS DANS LA CHRONIQUE:

  • L'ange gardien Jean-Sébastien Lord 2014
  • Miraculum Podz, Daniel Grou 2014
  • Le temps de l'aventure Jérome Bonnell 2013
  • Clair de femme Costa-Gavras, 1979
  • La Cicatrice Jimmy Larouche, 2013
  • Antoine et Marie Jimmy Larouche, sortie à venir
  • Citizen Kane Orson Welles, 1941
  • Othello Orson Welles,1952
  • À votre service Jorge Leon, 2010
  • Like mother, like son : the stange strory of Sante and Kenny Kimes Arthur A Seidelman, 2001
  • A little thing called murder Richard Benjamin, 2006
  • Katia journal d'un vieil homme Bernard Émond, sortie à venir
  • Sous les jupes des filles Audrey Dana, sortie à venir

LIVRES CITÉS DANS LA CHRONIQUE :

  • Romain Gary Clair de femme 1977
  • Miguel de Cervantès Don Quichotte de la Manche 1605, 1615
  • Anton Tchekhov Une banale histoire-Mon nom et moi 1889
  • Marilyn Monroe Fragments 2010

Julie, infirmière, témoin de Jéhovah, est transformée par le seul survivant de l'accident d'avion. Raymond et Louise, dans la soixantaine, choisissent de donner une chance à leur amour interdit. Simon revient d'exil pour mieux repartir.

Dans ce film, à l'exception de Louise et Raymond, les couples se défont. L'amour est exprimé avec sensualité : Louise et Raymond font l'amour dans un véhicule en plein stationnement. Eh! Oui la scène de sexe réunit des sexagénaires, qui plus est, ils le font deux fois le même jour. L'amour est montré avec absolu : le mari de Louise l'embrasse avec douceur lorsqu'elle le quitte, son départ ne le rend pas haineux mais triste et dévasté.

La religion est presqu'un personnage tant elle s'insinue dans les choix. Le film ouvre avec le conjoint de Julie qui lit Jean chapitre 3 verset 4 : « Laisse les humains se diriger eux-mêmes; l'Histoire prouve qu'ils n'en sont pas capables ». Le film conclut avec la déclaration du mari de Louise : « Si les avions tombent c'est parce que votre dieu tout-puissant n'existe pas ».

Le spectateur déduit l'identité mais le personnage de l'accidenté en sursis bouleverse par son inéluctable anonymat. La libération de Julie, qui échappe à sa vie étriquée, s'oppose au personnage d'Évelyne engoncée dans les mensonges de son mari. Chaque personnage réagit à un alter ego qui provoque son évolution. Ou sa perte. Pendant que Martin gaspille son argent au poker, Simon risque sa vie pour des milliers de dollars qu'il veut donner à Karine. Martin est agent de recouvrement, il admet; « Je cloue au tapis des gens qui sont déjà à genoux » pendant qu'au sol, près des décombres, les cadavres sont alignés.

Bravo à Gabriel Sabourin et à Podz, solidement appuyés par d'excellents comédiens dont Marilyn Castonguay à nouveau. Miraculum est un bon film.

Jérome Bonnell au scénario et à la réalisation du film Le temps de l'aventure a choisi le déroulement chronologique. La narration colle à la succession des faits. Une journée dans la vie d'Alix, actrice qui joue La dame de la mer d'Ibsen au théâtre à Callais.

Alors que dans Clair de femme de Costa-Gavras d'après le roman de Romain Gary, pour 24 heures, on accompagne l'homme, Michel, qui rencontre Lydia, dans Le temps de l'aventure, on suit la femme, Alix.

Dans le train qui la ramène à Paris pour une audition, elle croise un inconnu qui lui demande comment se rendre à l'église Ste-Clothilde. Après un saut chez-elle, son audition désastreuse, la confirmation de son découvert à la banque, elle se dirige vers l'église Ste-Clothilde où elle le revoit pendant des funérailles. « Comment vous sentez-vous? parvient-elle à lui demander, « Effondré mais calme » admet-il.

Les concertos, les silences, les gros plans de visages ou de détails confèrent aux scènes une gravité, une solennité triste entrecoupée de faits cocasses; dans le train, à l'église, alors qu'ils tentent de se parler, ils séparés par la foule, et aux funérailles, Alix parle avec Rodolphe comme si elle connaissait Patricia, la défunte.

Contrastant avec cet amour naissant, l'animosité ancienne entre Alix et Diane, sa sœur, « une vitrine sociale » qui aboutit, malgré ses deux heures de yoga, à ce que Diane frappe sa sœur et son mari.

À chacun son style, la contextualisation vient du dialogue; pas de flashbacks comme dans L'Ange Gardien ou Miraculum. Bonnell procède par les mots de la confidence, de l'admission : « C'est la première fois que je trompe mon ami, que je suis enceinte ». Elle est avec Antoine depuis 8 ans, l'inconnu a eu 4 enfants.

« Je suis venue te dire de prendre soin de toi ». Alix sait relancer l'inconnu au cours de cette journée, elle aboutit à son hôtel, à son étage, à sa chambre… deux fois. Et quand elle parle de sa grossesse, elle dit : « c'est comme une mission de dieux »; éloquence des mots, majestuosité du langage verbal, contraste avec les silences, force d'impact, douceur et force. Retour à l'image sans paroles, au talent d'interprétation, l'inconnu dont on sait finalement qu'il se nomme Doug, regarde Alix courant pour attraper son train et ces moments arrachés au temps pénible révèlent une histoire d'amour.

Éclaircie dans la terne succession des stresseurs, des humiliations, des obligations et autres, ces instants volés au quotidien répétitif dans son habituelle imposition des intransigeances, des inéluctables, Le temps de l'aventure est un film triste et beau, réaliste et romantique, un éblouissement dans la morosité.

EN ENTREVUE

Le rayonnement d'un film inclut les projections en salle certes, mais, à cela s'ajoute une présence dans les festivals, puis en DVD, à la télévision. Dans ma chronique de mai 2013, je présentais le film La Cicatrice et son réalisateur Jimmy Larouche.

Dans ce film nécessaire et beau, le problème du harcèlement, de la persécution, de l'intimidation, est montré selon deux expériences de vie à travers les ans : l'agresseur et la victime enfants, adolescents, adultes. La réalité y est exposée de façon crue et symbolique. Les mots et les images s'échangent la force d'impact sur l'être accablé par l'insistance cruelle.

La Cicatrice est maintenant disponible sur DVD et sur commande. J'ai donc eu l'occasion à nouveau de recueillir les réponses de Jimmy car s'il me semble évident que son film est important par sa facture cinématographique, son montage bouleversant la chronologie pour privilégier le lien de cause à effet, l'intervention de scènes allégoriques et par son message fondamental, comment le réalisateur, lui, se sent-il?

Lucie Poirier : Pourquoi êtes-vous fier de votre film?

Jimmy Larouche : Je suis fier de La Cicatrice, car c'est un film de passion. Ma passion pour le cinéma, mais aussi la passion des investisseurs qui ont cru dans ce projet et la passion des comédiens et techniciens qui y ont participé.

L.P. : Qu'est-ce qui vous satisfait le plus dans ce film ?

J.L. : Je suis très satisfait de la vie en festivals qu'a connue le film. Sur un plan plus technique, j'ai apprécié le jeu de tous les comédiens. Mais, on peut difficilement passer à côté de l'exceptionnelle performance de Marc Béland. Côté technique, la direction photo de Glauco Bermudez est exceptionnelle.

L.P. Que voudriez-vous que les gens remarquent ou retiennent de votre film?

J.L. : Le film porte sur le thème de l'intimidation. J'aimerais que les gens réfléchissent à ce sujet en sortant de la salle et qu'ils réalisent à quel point les gestes que nous posons peuvent parfois être dévastateurs.

L.P. : Le film est accessible de plusieurs façons maintenant.

J.P. : Il est sorti sur DVD et sur Illico, Bell-TV, ITunes et Archambault.

L.P. : Vous avez terminé le tournage d' Antoine et Marie dont il était question dans ma chronique de septembre 2013. Ce film concerne un viol et les personnes auxquelles il inflige des conséquences0. Où en êtes-vous dans l'élaboration ?

J.L. : Nous terminons présentement le montage image.

Dans l'espoir que s'estompe le problème du harcèlement, le film La cicatrice contribue à la transformation souhaitée des relations entre les gens.

EN RÉTROSPECTIVE

Pour continuer à marquer son 50e anniversaire, la Cinémathèque québécoise située à Montréal, propose jusqu'au 22 avril une rétrospective de films d'Orson Welles, cinéaste autodidacte et innovateur, considéré comme un génie, réduit à la constante mendicité pour le financement de ses films.

Après son chef d'œuvre Citizen Kane, Orson Welles a tourné avec Suzanne Cloutier, une actrice québécoise avec laquelle je m'étais entretenue. Pour Othello , le tournage s'est étiré pendant des années. Certaines scènes ont été faites de loin avec d'autres actrices dont Cécile Aubry. Suzanne Cloutier a vu Orson aussi séduisant que dévasté au cours des ans. Elle avait même cherché du financement pour lui.

De plus, Orson Welles avait voulu réaliser une adaptation de Don Quichotte. Entre comédies et tragédies, devenue maintes fois ballets, films, chansons, opéras, cette œuvre littéraire lui aurait porté malheur ainsi qu'à Terry Gilliam ; tous deux ont été confrontés à l'interruption de leur projet d'adapter le livre de Cervantès.

Cette rétrospective d'Orson Welles à la Cinémathèque Québécoise offre une occasion de découvrir ou de revoir une filmographie influente qui rappelle que le cinéma est le 7e art.

EN DANGER

Misère et beauté. Relater la misère à travers une œuvre de beauté. Idéal artistique.

La misère des employées domestiques a été relatée dans le documentaire de Jorge León : À votre service auquel j'ai consacré une section dans ma chronique d'octobre 2010. L'esclavage sévit toujours à travers le monde et ce, entre autres, par le travail domestique. Aux États-Unis, Sante Kime fut emprisonnée pour esclavagisme en 1985. Elle fut la dernière américaine au 20e siècle à faire de la prison pour ce crime. Deux films ont révélé sa dangerosité : Like mother, like son : the stange strory of sante and Kenny Kimes et A little thing called murder.

En Malaisie, trois ans après les faits, une femme et un homme en couple vienent d'être condamnés pour avoir fait mourir de faim Isti Komariyah, l'employée domestique indonésienne à leur service jusqu'à sa mort en juin 2011.

Par le documentaire, par la fiction, la mise en danger d'autrui doit être dénoncée car malgré des décennies de tentatives pour éradiquer l'esclavage, l'assujettissement, l'abus, ils existent encore, de diverses façons, et il arrive que le cinéma en témoigne. Reste à espérer que de plus en plus, le focus soit fait sur la souffrance des victimes et non sur les criminels transformés en vedettes.

EN PRÉPARATION

En France, le réalisateur, illustrateur et producteur Franck Dion a signé l'affiche du Festival international du film d'animation d'Annecy qui se déroulera du 9 au 14 juin 2014.

Franck Dion a commenté son affiche: « "C'est la configuration de la ville d'Annecy, située entre lac et montagnes, qui m'a inspiré l'idée du capricorne, cet animal fabuleux mi-chèvre, mi-poisson qui trouve son origine dans la Mésopotamie antique où il était considéré, par ceux qui l'avaient imaginé, comme un génie protecteur. Une façon de placer cette édition 2014 sous les meilleurs auspices en somme."

Au Québec, le réalisateur Bernard Émond du 25 avril au 29 mai 2014 continue le tournage de son film Katia journal d'un vieil homme. Il a adapté la nouvelle Une banale histoire d'Anton Tchekhov. Paul Savoie interprète un médecin vieillissant qui n'est rattaché à la vie que par l'affection de sa fille adoptive. Le film pourrait être terminé pour une sortie à l'automne 2015.

En Croatie, lors du Zagreb Animafest du 3 au 8 juin 2014, le Award for Outstanding Contribution to Animation Studies une reconnaissance pour l'ensemble de sa carrière sera remise au québécois Marcel Jean. Il a contribué par ses écrits à la théorisation du cinéma d'animation.

Aux États-Unis et en France. Au Massachusetts, le gouverneur démocrate Deval Patrick vient de promulguer une loi faisant de l'infraction qui consiste à photographier sous les jupes des femmes à leur insu, un crime passible de prison. À Hollywood, 12 years a slave est considéré comme le meilleur film de l'année malgré son manichéisme. Ce film s'insurge contre l'oppression à travers le personnage d'un esclave.

À Paris, sur le parvis du Trocadéro, la réalisatrice Audrey Dana a tourné une vidéo mise en ligne le 8 mars, journée internationale des droits des femmes. Elle prépare ainsi la sortie de son premier film intitulé : Sous les jupes des filles.

Or, l'actrice Vanessa Paradis a soulevé la controverse en déclarant que le film d'Audrey Dana, qu'elle n'avait pas encore vu mais auquel elle participe et qui circonscrit l'histoire de 11 femmes, n'est « pas du tout féministe ». Dénoncer l'esclavage lié à la couleur de la peau peut mériter un Oscar mais il ne faut pas se réclamer de l'intelligence qui consiste à dénoncer l'esclavage lié à la génitalité du corps. Les féministes se démènent pour éradiquer la violence conjugale, l'analphabétisme, les mutilations génitales et tant d'autres sévices et misères qui affligent principalement les fillettes et les femmes, et la pertinence de leur lutte est remise en question à travers quelques mots.

La vidéo préparatoire au film Sous les jupes des films réalisée par Audrey Dana montre les actrices qui dansent de façon jubilatoire au pied de la Tour Eiffel. Pour la réalisatrice : « Quoi de plus beau qu'un attentat artistique? Prendre possession d'une place publique et la transformer en lieu de fête ? Mon rêve : faire danser 250 filles sur le parvis du Trocadéro. Cette énorme Tour Eiffel symbole si phallique mais qu'on appelle la dame de fer me semblait le parfait décor…C'était aussi une manière de dire on est toutes ensemble. Toutes ensemble à avoir besoin de sauter, de crier, d'exulter… »

Le film devait d'abord s'intituler Homosapiennes. L'action se déroule sur 28 jours, le temps d'un cycle hormonal féminin. Et pour Audrey Dana, c'est « un film par des femmes pour les femmes et les hommes qui aiment les femmes ». Avec sa vidéo festive, elle a su préparer la sortie du film prévue pour le 4 juin 2014 en France.

EN SOUVENIR

Elle était belle et inquiète. Aussi timide qu'audacieuse, exhibitionniste que mystérieuse, fragile qu'opportuniste. Préoccupée de plaire et de devenir meilleure actrice. Marilyn Monroe, la femme la plus photographiée, en brune, en rousse, en blonde, la plus représentée encore aujourd'hui, a chanté, dansé, acté, posé et…écrit. Elle a même signé des articles politiques. Sa capacité à séduire a occulté les autres aspects de sa personne.

Paru chez Seuil, l'ouvrage Fragments de Marilyn Monroe nous révèlent que cette icône, ce sex symbol, ce mythe, était une femme intelligente et sensible. De ses notes parfois raturées, je traduis un passage reproduit en fac-similé :

« Seuls quelques fragments de nous toucheront des fragments d'autrui. La vérité de quelqu'un n'est que cela –sa propre vérité. Nous pouvons seulement partager la part acceptable pour l'autre. Donc une personne est surtout seule. Ainsi que de toute évidence dans la nature. Idéalement peut-être notre compréhension pourrait-elle déceler la solitude d'un autre? »