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Chronique cinéma
Avril 2016

 par Lucie Poirier, journaliste-analyste

01_LesDamesduDocLes Dames du Doc, La Chasse-Galerie, Les Sucriers, Annecy, Ciné Bazar,  le cinéma rayonne de ses divers aspects.

Le portail Les Dames du Doc

« Le documentaire est le parent pauvre du cinéma, c'est le maillon fragile, souvent tributaire de la télévision » Sophie Bissonnette s'est ainsi exprimée lors du lancement du portail Les Dames du Doc sous l'inspiration des Réalisatrices Équitables.

J'avais rencontré Christine Chevarie à l'occasion de la première de leur ciné-club avec Anne-Claire Poirier et son film Les Filles du Roy. Voir ma chronique de cinéma de juin 2015.

Toujours intéressées par leurs idéaux féministes, intergénérationnels et humanistes, les réalisatrices font des études, veulent une diversification des personnages à l'écran pour une meilleure représentation et un plus grand financement public de documentaires fait par des femmes.

Avec Les Dames du Doc, les Réalisatrices Équitables ont lancé un portail, regroupant 350 réalisatrices de documentaires : www.damesdudoc.com .

02_LesDamesduDoc
Sylvie Rosenthal, coordonnatrice des fiches de réalisatrices, a traité les informations comprenant la production et la distribution. Des liens permettent de visionner des films gratuitement, ou de voir des bandes-annonces, ou de regarder les documentaires sur des sites payants.

Sur ce portail,  la section Doc-Troc permet des échanges de services pour les réalisatrices inscrites.

Christine Chevarie a insisté sur l'importance de la promotion des réalisatrices de documentaires. Sur le portail, 17 capsules-portraits nous présentent des réalisatrices alors qu'elles évoquent un de leurs documentaires. Afin de s'accorder avec plusieurs genres, différentes approches et de révéler des réalités inexplorées, les portraits répondent à des thèmes : Pour la cause des femmes, citoyennes du monde, paysages intimes, pour parler au Je puisque le privé est politique, devoir de mémoire, des films engagés plus militants, et les documentaires des exploratrices de la forme.

Christine Chevarie a aussi rappelé que le ciné-club a lieu tous les mois, le deuxième jeudi alors que la réalisatrice du documentaire projeté raconte 3 histoires vraies et que son récit est filmé et mis en ligne.

03_MarquiseLepagePar ailleurs, depuis des années, je réclame une connaissance et même une reconnaissance d'Alice Guy, à qui nous devons les nombreuses facettes du cinéma ; voir, entre autres, ma chronique de février 2016. Le 14 avril, la réalisatrice de cet extraordinaire hommage à Alice Guy qu'est le film Le jardin oublié, Marquise Lepage, va présenter son documentaire lors du Ciné Club. Pour l'occasion, deux films d'Alice seront aussi projetés et la bonimenteuse Josiane Aubuchon se fera entendre. Le 12 mai Alanis Obomsawin va présenter son documentaire Kanehsatake : 270 ans de résistance. Enfin, le 9 juin, Julie Perron présentera son film Le Semeur. Les séances ont lieu à Montréal (Québec, Canada) dans les locaux de l'ARRQ, 5154 rue St-Hubert à 19h.

Revenons au lancement du portail alors que 3 portraits de réalisatrices de documentaires ont été projetés. Marilu Maltais relate la forme hybride de son documentaire de 1982 Journal inachevé; elle a uni vie intime et vie publique dans une réflexion sur le genre et la forme. Hélène Choquette dans Les réfugiés de la planète bleue en 2007 précisait que les réfugiés climatiques sont plus nombreux que les réfugiés politiques ou les réfugiés de guerre, avec l'exploitation pétrolière le nombre de réfugiés environnementaux augmente; elle a voulu "toucher les gens d'une  manière différente que celle de l'actualité". Vali Fugulin avec Toi, moi et la charte en 2013, a réalisé un documentaire interactif dans lequel l'usager participe à la création du contenu.

Le site web a été conçu et réalisé par Gris-Gris design graphique.

Les Dames du Doc sont vraiment mises en valeur avec ce très beau portail.

La Chasse-Galerie : la légende

04_lachasse-galerieSur un scénario de Guillaume Vigneault, Jean-Philippe Duval vient de présenter sa 3e réalisation Chasse-Galerie : la légende. Le titre est approprié puisque, il faut le souligner, il s'agit d'une légende donc de faits réels à partir desquels s'est déclinée une légende. Le scénario est basé sur l'histoire du Québec, avec ses spécificités, et sur son folklore dans lequel la tradition orale fut influente. En des temps sans transmission téléphonique, sans que tous sachent écrire, les récits, augmentés, transformés selon la personne qui les narraient, s'écoutaient le soir alors qu'il n'y avait ni radio, ni télévision.

Les aventures des coureurs des bois furent d'abords relatées puis, les hommes s'installant, cultivant leurs terres en été, ils allaient l'hiver travailler dans les chantiers de bucherons. Ces lieux étaient très éloignés, le froid, la promiscuité, la famine, l'insalubrité décourageaient les hommes. Aussi, à la période des Fêtes de fin d'année, avaient-ils envie de retourner parmi leur famille, ne serait-ce que pour un soir. S'élabora ainsi la légende de la Chasse-Galerie. Le diable proposait aux hommes de voyager dans un canot volant pour aller voir leur famille à la condition incontestable de tous revenir avant l'aube.

En 1891, le journaliste et politicien Honoré Beaugrand a publié un conte La chasse -galerie et en 1906, le peintre et caricaturiste Henri Julien a peint un tableau où on voit 8 hommes dans le canot.

Dans son film Jean-Philippe Duval multiplie les procédés de narration dont le saut dans le temps et le montage pour dynamiser le récit et surtout pour induire des significations . L'histoire d'amour entre Liza Gilbert et Jos Lebel, important fil de trame, amour contrarié donc exalté, est parallèle à l'histoire de la chasse-galerie. Jack Murphy, un anglophone, représente le diable.

Ce rôle est interprété par un comédien francophone, loin de faire douter du talent de François Papineau, cela reste quand même un choix de casting questionnable comme l'était celui de faire jouer le rôle d'une allemande à Macha Limonchik dans Cap Tourmente (Michel Langlois, 1993).

Liza (Caroline Dhavernas) est née le soir où son père avait passé un pacte avec le diable alors que les bucherons devaient être 8 à l'aller comme au retour pour la chasse -galerie. Reniant l'entente, le père se suicide, le diable veut se venger sur sa fille. 25 ans plus tard, Liza est amoureuse de Jos Lebel (Francis Ducharme) alors que le notaire Boisjoli (Vincent –Guillaume Otis) veut l'épouser lui aussi. Parti diriger un chantier, Jos en viendra à voyager dans un canot au-dessus de la forêt jusqu'au village.

Les scènes traitées numériquement sont généralement toujours sombres et longues. Ainsi, le déroulement de Pirate des Caraïbes La fontaine de Jouvence en 3D infligeait une sursaturation de scènes intérieures et nocturnes (voir ma chronique de l'été 2011). Dans Chasse-Galerie, les scènes numérisées concernent principalement le transport dans le canot alors que les 8 bucherons rament avec effort et conviction. Le canot avec les bucherons frôle la cime des arbres à leur arrivée. Liza les voit dans le ciel. Le canot arrête sa course au bord du torrent la nuit, en pleine neige à l'aube. Des scènes extérieures de jour mettant l'accent sur l'interprétation des acteurs confèrent donc un caractère plausible à l'action; nous ne sommes pas que dans le fantastique nous sommes aussi dans le possible c'est-à-dire en accord avec les caractéristiques de la légende.

En fait, tout le film est captivant. Et intéressant par ses références culturelles dont l'angélus du soir, le portage, lorsque les hommes doivent porter le canot au-dessus de leurs têtes avant de le remettre à l'eau et continuer leur trajet, la prière du jeune Taillon, un enfant qui se rend au chantier avec les pères et les célibataires.

Les transitions sont remarquables et ajoutent à la qualité de la réalisation. Le jeune Taillon dès son arrivée est impressionné en voyant qu'un bucheron s'est enfoncé la hache dans le pied. Le sang fait alors le lien avec le diable, Jack Murphy qui se coupe en se rasant; de plus, un bucheron avait dit au jeune Taillon, « on est dans l'enfer ». Ce rapprochement est fait aussi lorsque le diable écoute l'Opus 626 de Mozart et que Jos dans la neige est blessé par un cheval soudainement en colère. Le cadre de Jos avec le portrait de Liza est brisé dans le camp du chantier et on voit Liza marchant dans la neige vers la demeure du notaire. Aussi, la succession des plans montrant le diable et encadrant le jeune Taillon qui meurt quand un arbre tombe, établit la culpabilité du diable dans l'accident.

La relation amoureuse suscite de la jalousie : la postière ne remet pas à Liza les lettres de Jos et McDuff subtilise celles que devrait recevoir Jos. Confronté, McDuff avoue que le patron l'avait payé pour voler les lettres puis ajoute : « Je l'ai pas faite juste pour l'argent ».

Le film montre aussi l'importance des Amérindiens avec le personnage de Jean Jean interprété par Samian, véritable algonkin.

Chasse-Galerie : la légende est un beau film qui nous permet de renouer avec notre histoire ou de la faire découvrir à ceux qui s'y intéressent.

Le Festival international du film d'animation d'Annecy 2016

05_FestivalAnnecy2016Du 13 au 18 juin 2016, Annecy Absolutely Animation, Festival et Marché international du film d'Animation, propose cette année encore d'importantes rencontres et d'incontournables projections.

Ainsi, les créateurs de Shrek, Madagascar et Kung Fu Panda, présenteront les premières images de Trolls, film de DreamWorks permettant de retrouver ces petits personnages aux cheveux fluo dressés sur leurs têtes créées en 1959 par le Danois Thomas Dam, alors qu'Arthur des Pins montrera les premières images de Zombillénium.

De plus, Anthony Roux d'Ankama ainsi que Peter Lord et David Sproxton d'Aardman, échangeront avec le public.

Représentant le Japon avec In the corner of the little Worls, les créateurs s'entretiendront avec les adeptes du cinéma d'animation qui seront comblés grâce à la place accordée aux représentantes et représentants de la Corée. 2015-2016 célèbre le 130e anniversaire de la relation France-Corée. Sangho Yeon, réalisateur de Seoul Station qui amalgame horreur et réalisme social, présentera son film lors de la Sélection officielle.

En 1936, Dong-ni Kim écrivait The Shaman Sorceress, livre qui lui valu d'être nominé pour le Prix Nobel de littérature. Le réalisateur Jae-hoon Ahn l'a adapté et en montrera les premières images lors du Festival. Selon lui, « Dans le monde entier, les religions ne cessent de s'écharper. Le film s'interroge sur les raisons pour lesquelles les gens y adhèrent et ce que tout cela signifie, en racontant l'histoire d'une religion locale et d'une autre exogène qui génèrent un conflit au sein d'une même famille. »

De plus, de jeunes réalisatrices coréennes dont Sae-byul Hwangbo, Yumi Joung et Dahee Jong affirment leur créativité dans le cinéma d'animation.

Les projections et les rencontres permettront de constater que la Corée rayonne « d'une vivifiante exploration des formes et d'une admirable maîtrise technique » ainsi que l'affirme le délégué artistique québécois, Marcel Jean. Celui-ci m'a précisé que pour l'événement il a « la responsabilité de l'ensemble des décisions artistiques du festival : sélection, programmation, formation du jury, etc… »

 La France aussi sera à l'honneur avec Animation française : l'effet miroir. Le Festival veut rendre hommage à l'animation française et publicitaire. Une douzaine de programmeurs étrangers partageront leur vision de l'animation française, depuis Émile Reynaud et Émile Cohl. Le talent et la renommée de la France dans ce domaine ont entrainé la création d'écoles d'animation et l'établissement d'une industrie dont on remarque le système de financement permettant la réalisation de premiers courts métrages jusqu'à la production de longs métrages.

Aussi, lors de cet événement, la question des liens entre la création et la commercialisation sera posée. En effet, la technique, l'esthétique et le concept sont au service du commerce d'un produit. Des auteurs de l'animation publicitaire tenteront de témoigner des enjeux inhérents à ce contexte.

À noter : le vendredi 17 juin, la cérémonie de remise des prix de la 4 e édition du Disney Art Challenge qui concernent les étudidants français des arts graphiques. Aussi , le film de Disney Pixar, Le monde de Dory, réalisé par Andrew Stanton et produit par Lindsey Collins, sera projeté en avant-première et permettra de découvrir qui a « juste continué à nager droit devant » et de savoir « Que se passe-t-il sous l'océan? ».

Du 13 au 18 juin 2016 au Festival international du film d'animation d'Annecy, en France, des films et des rencontres, des discussions et des festivités, à ne pas manquer.

Le Ciné-Bazar

06_LeCineBazar2016Ciné Bazar, la foire des mordus du cinéma, se déroule le samedi 2 avril 2016. Cette activité de Mediafilm est organisée au profit de Ciné École. Elle a lieu au Québec, Canada, au Centre du Plateau 2275 boul. Saint-Joseph est, à Montréal.

L'événement annuel réunit une cinquantaine d'exposants offrant des articles vintages, des caméras et des projecteurs anciens mais aussi des jeux, figures, ainsi que des affiches, des livres, des magazines. Les lèves-tôt peuvent être là à 9 heures et les autres ont jusqu'à 16 heures pour y aller. Contribution à l'entrée 3$.

07_jeunesacteurslachutedesparteJeunes recherchés pour jouer dans le film La chute de Sparte

Jusqu'au 15 avril 2016, les jeunes de 14 à 18 ans qui souhaitent participer au tournage du film La chute de Sparte réalisé par Tristan Dubois peuvent envoyer leur vidéo de présentation.

D'une durée de 1 minute, cette vidéo doit inclure le nom, la date de naissance, la ville de résidence et la raison pour laquelle la fille ou le garçon souhaite tourner dans ce film. Il faut ensuite télécharger la vidéo en message privé sur la page www.facebook.com/lachutedesparte

Parallaxes et Filmoption International sont à la recherche de jeunes de toutes origines pour ce film racontant l'histoire d'un adolescent de 16 ans, Steeve Simard, qui se retrouve impliqué dans un incident avec une grosse brute de l'équipe de football.

Le tournage aura lieu sur la Rive-Sud de Montréal et à Québec entre les mois d'août et novembre 2016.

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Courts métrages documentaires recherchés

Le Cinéma sous les étoiles de Funambules Médias recherche des courts métrages sociopolitiques d'une durée maximale de 20 minutes en version originale française ou avec sous-titres français réalisés entre 2014 et 2016.

Les courts-métrages sélectionnés s'ajouteront à la cinquantaine de prévues cet été. La 7 e édition du festival se tiendra du 29 juin au 1 er septembre 2016.

Les courts métrages proposés doivent s'accorder avec la thématique de l'événement qui fait une place, entre autres, aux problématiques sociopolitiques, à l'implication citoyenne, la solidarité sociale, le féminisme et les alternatives au consumérisme.

Les soumissions doivent parvenir avant le 15 avril 2016 à jury@funanbulesmedias.org

Le temps des sucres avec Les Sucriers

09_LesSucriersIl y a un an, Nicolas Paquet travaillait à son documentaire : Les Sucriers car il apprécie les «  personnes qui continuent la tradition du temps des sucres, souvent à la chaudière! Je trouve qu'il y a quelque chose de beau et rassurant dans ce geste de contact avec le temps et la nature. »

Nicolas Paquet a cumulé formations, compétences et accomplissements. Il a étudié la philosophie politique, les pensées de la résurgence indigène initiée par le penseur mohawk Taiaiake Alfred, est le co-fondateur de la maison de production franC doc, a produit des films tournés en milieu rural Verdoyant pure laine, A beau venir qui part de loin et Ter, a réalisé déjà L'âme d'un lieu autopsie d'une boulangerie, La règle d'or et Ceux comme la terre. Il a aussi participé au développement du programme de réalisation de films documentaires au Cégep de Rivière-du-Loup et au comité de mise sur pied du Festival Vues dans la tête de.

Nicolas Paquet résume sa démarche par une recherche de «  la beauté des petits mondes isolés dans les dédales des plus grandes injustices de notre temps ».

L'évocatrice affiche du film Les Sucriers a été conçue par Nadine Boulianne alors que François Lewis Gamache a assuré la photographie et ce dans des conditions qui ont été cadrées en donnant le résultat que vous pouvez constater sur la photo qu'on intitulerait : le photographe photographié.

10_FrancoisLewisGamacheLesSucriers
Le documentaire tourné à l'Érablière Chez Vital peut être vu dans différentes régions du Québec (Canada). Ainsi, le 7 avril 2016 à Rimouski au Paraloeil, le 10 avril au Centre d'Art de Kamouraska et le 24 mai à Rivière-du-Loup au ciné-club Projections Cinédit.

La persécution de Pierino Di Tonno le photographe des stars

Monsieur Pierino Di Tonno a photographié les stars internationales et les événements cinématographiques locaux. Il habite à Montréal (Québec, Canada) dans  le même logement depuis 40 ans où tout ce qui a fait sa vie est accumulé pour témoigner avec éloquence de ses accomplissements.

Parmi ses œuvres : Photo d'Agnès Varda toute jeune, d'Al Pacino dans sa jeune beauté lui aussi, et Marcello Mastroianni, Fellini, Leone, Eastwood, Dali, Chaplin, la belle Catherine Deneuve et tant d'autres. Il couvrait le Festival du Film de Montréal en 1961. En 1978 il avait photographié les stars du Festival des Films du Monde et avait donc photographié Alain Delon, Angie Dickinson et Salvatore Nocita. Certaines de ses œuvres sont à la Cinémathèque Québécoise de Montréal. Donc sa carrière a été longue et prolifique. Mais, depuis quelques mois, je ne l'apercevais plus dans les conférences de presse, les premières de films, ni en aucune circonstance cinématographique, Monsieur Di Tonno était hospitalisé.

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Après une chirurgie invasive, sur son lit d'hôpital, il a appris que le frère et la sœur qui possèdent son logement ont décidé de l'évincer pour agrandir leur commerce, une épicerie du boulevard Saint-Laurent devant laquelle des manifestants ont exprimé leur appui à la victime de 82 ans.

Car elle est évidente la rapacité de ces gens qui veulent toujours augmenter leurs profits en basant leurs extorsions sur les besoins essentiels des individus : alimentation, logement, santé, éducation. « Il n'y a que l'argent et le pouvoir qui comptent » déplore avec inquiétude le vieux monsieur qui lui n'hésitait pas à payer de ses deniers pour le développement de ses photos et pour contribuer à différents journaux.

Toutes les possessions de l'artiste, qui constituent un véritable musée, sont donc, ainsi que lui-même, en danger. Quand un obsédé capitaliste veut purifier son environnement des pauvres qui s'y trouvent, les complices sont immédiats et nombreux, peu d'efforts lui sont nécessaires.

De son coté, Monsieur Di Tonno a donc, malgré ses problèmes de santé, essayé de se trouver des alliés. Martin Blanchard du comité logement de La Petite-Patrie a tenté de sensibiliser les propriétaires qui ont rétorqué par des déclarations incroyables : « J'ai beaucoup de sympathie pour lui (sic). On voulait lui parler pour l'aider (re-sic). » Il est facile pour les cupides et les sadiques de trahir le langage verbal, notre plus grand accomplissement humain.

La situation est d'autant plus un exemple de schisme mental, de distorsion cognitive, que l'association des propriétaires veut infliger aux locataires un dépôt qui compensera leurs pertes quand le locataire quitte. Or, en réalité, les gens ne veulent pas quitter leur logement et le tiers des évictions dans le quartier de Monsieur Di Tonno concernent des personnes âgées et pauvres. Qui a été fiable dans ses paiements depuis 40 ans et dont on veut se débarrasser sans ménagement? Un artiste, un passionné, un monsieur qui a su allier le pragmatisme du quotidien et le glamour du cinéma.

La Régie du Logement, qui est toujours prompte à rendre des décisions favorables aux propriétaires quand les locataires saignés jusqu'à la dernière goutte ont un retard dans le paiement de leurs loyers, doit prendre des semaines avant de rendre une décision concernant la vindicte des propriétaires et le répit du locataire. Car la vénalité des propriétaires est toujours jointe à l'imposition de la peur au locataire; si monsieur Di Tonno s'en tire cette année, l'an prochain, nul doute qu'il se retrouvera à la rue pour le plus grand plaisir vorace de ses persécuteurs.

Orson Welles disait que s'il avait passé autant de temps à tourner des films qu'à trouver de l'argent pour les faire, ou pour les terminer, son œuvre aurait été plus volumineuse. Si les gens travaillaient tout le temps qu'ils consacrent à chercher du travail, à défendre la sécurité de leurs parents âgés, à revendiquer la sécurité de leurs enfants intimidés, à réclamer les services pour lesquels ils paient, leurs revenus les placeraient-ils à l'abri de la précarité?

Comment a-t-on pu croire qu'après une vie perdue à être exploités sur le marché du travail, nos derniers jours nous permettraient un peu de tranquillité, un peu de temps pour des relations humaines, un peu de plaisir de vivre sans le harassement des obligations liées à trouver de l'argent, sans la constance des impératifs liés à se défendre contre ceux qui ne savent pas mettre des limites à leur cruauté? Comment a-t -on pu croire que des gens en position de force, de pouvoir, de contrôle, tiendraient compte de la réplique du film, réalisé en 2010 par Steve Harcourt, Le  Géranium Bleu : « La valeur de toute vie humaine, on ne doit pas la gâcher ».

 

 

 

 

Films mentionnés dans la chronique :

  • Le portail Les Dames du Doc
  • La Chasse-Galerie : la légende
  • Le Festival international du film d'animation d'Annecy 2016
  • Le Ciné-Bazar
  • Jeunes recherchés pour jouer dans le film La chute de Sparte
  • Courts métrages documentaires recherchés
  • Le temps des sucres avec Les Sucriers
  • La persécution de Pierino Di Tonno le photographe des stars