Vous cherchez une auto familiale, une idée de décoration, de rénovation. un voyage vacance, un bijou, une banque, un produit naturel écologique, une vitamine santé, un restaurant, un vétérinaire.

Autres textes

Chronique cinéma


Avril 2017

 par Lucie Poirier, journaliste-analyste

Entre L'odyssée et Sharkwater Extinction : Keanu Reeves, Les Mauvaises herbes, L'Atelier Pierre Thibault, et les films en préparation.

La chronique s'ouvre et se termine avec la captation de la vie aquatique. Aussi, John Wick 2, Mr Roach, La Bolduc, Il pleuvait des oiseaux et le rayonnement du cinéma québécois en France et aux États-Unis. Sans oublier le Québec et la culture du cannabis.

EN ANALYSE

01_L_odysseeL'odyssée

La superbe musique se marie admirablement à la somptuosité des images. Alexandre Desplats nous captive alors que nous accompagnons Philippe, le fils de Cousteau.  En effet, d'abord pilote d'avion, le père, Jacques-Yves a transmis à Philippe, un de ses deux fils,  sa fascination pour le ciel et sa passion pour la mer. Philippe pilote au-dessus de l'eau argenté sur laquelle se découpe l'ombre de l'avion. Soudain, le crash. Philippe remonte à la surface, il est enfant, en 1949.

Jérome Salle a réalisé le film L'odyssée en se basant sur deux livres : celui de son autre fils, Jean -Michel et celui de son assistant, Albert Falco, dit Bébert. Le commandant Jacques-Yves Cousteau a été une célébrité. Mais, aujourd'hui, déjà, il est oublié alors qu'il a initié une volonté qui perdure : celle de découvrir le monde sous -marin. Le partage de ses découvertes a particularisé son œuvre. En effet, il a témoigné tout au long de ses expéditions, attisant un intérêt et une compréhension de la vie aquatique. Avant lui, une telle démarche de sensibilisation n'avait pas atteint le grand public. Cousteau a intéressé les enfants et les adultes, il a uni la science et le cinéma.

Jérome Salle a donc entreprit d'assurer une connaissance de l'homme qui savait capter l'attention tout en préservant sa vie privée. Donc, le réalisateur nous présente un être qui, s'il a eu le vent dans les voiles, a aussi connu des tempêtes. Et c'est cet aspect, la divulgation de la vie privée, que le cinéaste a choisi de privilégier.

Il faut d'abord insister sur la qualité d'interprétation des acteurs : Lambert Wilson (Jacques-Yves Cousteau, commandant de La Calypso), Audrey Tatou (Simone Melchior Cousteau, son épouse) et Pierre Niney (Philippe Cousteau, son fils).

Le besoin de transmission de Jacques-Yves Cousteau existait dès 1949 quand il projetait ses films en noir et blanc pour sa famille et ses amis. Son envie de partager s'actualise quand, spontanément, il prend la parole devant le public dans une salle de cinéma après une projection qui subjugue la foule.

L'unité familiale et le plaisir dans l'eau sont montrés quand la famille fait de la plongée en se tenant par la main. La lecture du livre de Jules Verne est plus d'une fois une référence. Il lit 20 000 lieux sous les mers à ses fils quand ils sont enfants. Plus tard, quand ils seront adultes, le roman l'inspirera à nouveau pour son projet d'exploration de l'Antarctique. Entre les deux, la première page d'une revue ironise sur les déboires qu'il connait : 20 millions sous les dettes.

« C'est notre rêve à nous » déclare sa femme quand le bateau La Calypso est acheté et qu'il nécessite des réparations; elle fournit donc tous les bijoux reçus par sa mère. La scène du dernier bijou qu'elle prend précède celle de la fin des travaux.

Pour le financement des expéditions, Cousteau parvient à un arrangement avec des compagnies de forage off shore. En échange du fuel, il leur indiquera des gisements sous la mer. Plus tard, il dira qu'il aurait été millionnaire, s'il avait eu un pourcentage pour tous les gisements qu'il avait trouvés.

Les décennies que recouvre l'histoire sont représentées avec des constances : la présence des enfants, celle d'un joueur de violoncelle sur le bateau et les coupures de journaux qui nous communiquent de 1949 à 1963 la progression des projets.

Des similitudes son émaillées à travers le film : des hommes marchent au fond de l'eau et la scène semble lunaire. L'homme peut vivre sous la mer, maintient le père alors que le fils, Philippe, veut faire de l'architecture  sous la mer. Philippe filme une baleine, qui se cambre comme si elle réagissait à des caresses, puis il regarde les étoiles.

Cousteau lui-même déclare vouloir « conquérir le dernier territoire inconnu : la mer. L'homo Aquaticus, l'homme va redécouvrir son monde d'origine » À partir de ce retour aux sources, il fera des prédictions : « Les bactéries et les virus résisteront à la pollution. L'homme a détruit plus au 20e siècle que pendant tous les autres siècles. »

Le passage du temps est aussi exprimé par le retour à la grotte sous-marine que Philippe avait découverte, enfant, avec ses parents. Quand il y revient avec Jan, son épouse, il constate l'envahissement du lieu par la pollution, plus aucune faune ni flore.

Autre signe des temps, en constatant la nouvelle occupation de ses congénères en soirée : regarder les émissions télévisées des États-Unis, Cousteau a l'idée de proposer une série à des producteurs américains  en s'engageant à leur fournir 12 films différents des documentaires animaliers en faisant voir ce qu'implique pour les hommes le fait d'explorer les fonds marins.

Hélas, ainsi qu'il arrive aux artistes, aux idéalistes, le financement vient à manquer. On
lui reproche de s'être assez amusé; il déplore la logique aveugle de la pensée à courts termes, le divorce nord sud, le matérialisme. Il admet : « j'ai l'impression d'avoir passé toute ma vie à chercher de l'argent ».

Le film de Jérome Salle comporte des captations magnifiques, une musique extraordinaire, des acteurs impressionnants, des images grandioses. Mais, cette incursion dans l'intimité d'un grand homme était-elle nécessaire? Le réalisateur déplorait que déjà Cousteau soit oublié, avec ce film, son souvenir est plus écorché qu'honoré. L'exhibition d'infidélités,  la signature d'autographes et les concessions avec les exigences des producteurs  ne renseignent guère sur la grandeur d'une œuvre.

Un exemple : dans le film Cousteau déclare que toute son équipe porte des bonnets (tuques) rouges parce que  « c'est télégénique ». En fait, les bonnets (tuques) rouges étaient portés par les bagnards affectés aux travaux sous l'eau. C'était donc un rappel, une solidarité, un hommage. On mentionne que Cousteau a inventé un scaphandre. Il a initié beaucoup d'inventions incluant des sous-marins d'exploration. Il a pensé au village sous-marin; il a été le premier à penser à la vie sous l'eau et c'est Bébert, Albert Falco, qui fut le premier humain à vivre 8 jours sous l'eau avec Claude Wesly. C'est grâce à Cousteau que les Français ont devancé les américains qui avaient aussi cette ambition. Cousteau a été un pionner.

Et il a été celui qui voulait partager : partager la beauté du milieu aquatique, partager son inquiétude devant les problèmes qui augmentaient. Avant tout le monde, il a tenté de montrer l'impact des résidus des activités humaines. Déjà la pêche à la morue à Terre-Neuve au Canada est finie. On a abusé jusqu'à l'éradication. Les moratoires sont venus trop tard, les travailleurs maintenant n'ont plus de travail. Comme d'habitude, les politiciens passent et la misère des communautés continue. Le film L'Odyssée attribue à son fils Philippe, seulement, cette conscience du danger, cette volonté de sonner l'alarme,  alors que le père a voulu empêcher la mort des océans quand personne ne s'en souciait.

Le film L'Odyssée de Jérome Salle effleure le fait que Jacques-Yves Cousteau a été  un précurseur, un visionnaire; c'est en cela qu'il a été un homme d'exception. Beaucoup de moyens cinématographiques pour diluer, ternir, le portrait d'un homme qui méritait mieux.

EN SALLES

Keanu Reeves dans John Wick 2

02_keanu_reeves_John_Wick2
Il y a 5 ans une captation du quotidien caché de Keanu Reeves a été transmise sur les médias sociaux et ne cesse depuis de circuler. En effet, après avoir été vue plus par plus de 14 millions de personnes, sur You Tube, la scène reste parmi les 10 premiers partages le concernant.

On y voit l'acteur voyageant dans le métro et donnant sa place à quelqu'une. Beau de corps et de comportement, on a découvert cet acteur en amant intrépide dans Les liaisons dangereuses, on l'a vu aux cotés de Patrick Swayze dans  Point Break, on l'a revu en policier dans Clanches Speed, acclamé dans The Matrix et admiré dans John Wick. Sans oublier qu'on a rêvé quand il retirait sa chemise pour …prier, dans un conte pour femmes fascinées The private life of Pippa Lee que j'analysais dans ma chronique de janvier 2010.

Dans John Wick chapitre 2, réalisation de Chad Stahelski, le héros repart performer. Encore une fois, il ne peut profiter calmement de la vie et doit aller tuer des méchants. Pour ce film d'action, de cascades, d'effets spéciaux, le  tournage s'est partiellement déroulé en Italie, à New York et à Montréal.

Bien qu'à l'aise financièrement, le beau Keanu Reeves dit ne pas privilégier pas cet aspect. D'ailleurs, il a refusé un film, Heat de Michael Mann,  pour jouer Hamlet de  Shakespeare sur scène au Canada. Et il a déjà déclaré : « L'argent est la dernière chose à laquelle je pense ».


Les Mauvaises Herbes en France

03 _Les_Mauvaises_Herbes
Avec un scénario de Louis Bélanger et Alexis Martin,  une réalisation de Louis Bélanger, le film Les Mauvaises Herbes est projeté en France depuis le 5 avril 2017. 

Le scénario réunit les personnages Jacques, Simon et Francesca.  Jacques est un comédien de théâtre qui a accumulé une lourde dette envers un mafieux de Montréal. Ne pouvant rembourser, il  fuit ses créanciers auprès de Simon dans une ferme isolée. Ils sont rejoints par Francesca. Les trois s'occupent de livrer des fleurs de cannabis. L'hiver québécois est un autre des personnages puisque Bélanger voulait « absolument faire un vrai film d'hiver ».
 
En première mondiale, le film avait été projeté au Festival International du film de Santa Barbara en Californie. En première française, il avait été présenté au 9e Festival du film francophone d'Angoulême. Il a été sélectionné pour le 6e Festival international du film de Beijing.

Une nouvelle affiche a été conçue spécialement pour le lancement du film en France. Rappelons que le tournage s'est déroulé par des températures sidérantes descendant jusqu'à - 40 degrés et que les feuilles de cannabis ont été collés une à une sur des fleurs.

EN FESTIVAL

Tribute to Quebec

04_FocusFrenchCinema-2017
La 13e édition du festival américain Focus on French Cinema s'achève dans les villes de Greenwich, Stamford et New York avec un hommage au cinéma québécois. 12 films ont été sélectionnés. Le festival Cinémania s'est impliqué dans le choix.

Anne Kern, directrice de la programmation du FFC a considéré :  "Nous assistons à une explosion des créateurs québécois sur la scène internationale, c'est pourquoi il nous a semblé essentiel souligner ce phénomène en présentant la nouvelle génération de réalisateurs et acteurs aux spectateurs américains."

Lors de ce Tribute to Quebec, ont été projetés : 1 :54 de Yan England, Nelly d'Anne Emond, Le pacte des anges de Richard Angers, Embrasse-moi comme tu m'aimes d'Andre Forcier, Les Mauvaises Herbes de Louis Bélanger, Juste la fin du mondede Xavier Dolan. Aussi ont été projetés les courts-métrages : Sigismond sans images d'Albéric Aurtenèche, Maitres Nageurs de Karine Belanger, Tout simplement de Raphael Ouellet, Mon dernier été de Paul-Claude Demres et Nonna de pascal Plante.

Il est déjà possible de préciser que le prochain festival Cinémania se déroulera du 2 au 12  novembre 2017.


EN PRÉPARATION

Mr Roach

05_Michel_La_Veaux_en_tournage_de_MrRoach
Après des scènes filmées à Montréal, c'est en ce mois d'avril que doit s'achever, à Casablanca, le tournage du film Mr Roach, Si l'homme à la réalisation est Guy Édoin, « L'homme à la caméra » est Michel La Veaux.

Directeur photo, La Veaux a signé une facture visuelle émérite au cours de sa longue carrière. Il s'est beaucoup impliqué dans des documentaires en leur conférant avec ses images  un aspect artistique et soigné. Participant aussi à des films de fiction, il s'est mérité le Jutra de la Meilleure direction de la photographie en tournant Le Démantèlement. Il a aussi réalisé deux films dont Hôtel  La Louisiane, malgré son nom, cet hôtel se situe à Paris, quartier Saint-Germain -des-Prés.

Mr Roach est l'adaptation du roman de Rawi Hage Le cafard. L'acteur Tewfik Jallab, avec La Veaux sur la photo, incarne Malek, un personnage troublé, rongé de l'intérieur par des traumatismes. Karine Vanasse interprète sa psychologue.

La Bolduc
06_debbie_lynch_white_la_bolduc
Dans ma chronique d'octobre 2015, j'analysais le film Paul à  Québec de François Bouvier. Actuellement, et ce jusqu'au 24 avril 2017, le réalisateur tourne le film biographique La Bolduc. Scénarisé  par Frédéric Ouellet et Benjamin Alix, le film nous présentera l'auteure et compositrice québécoise (Mary Travers 1894-1941) qui devint célèbre en chantant alors qu'elle était accompagnée par sa fille Denise au piano. Elle était appelée La Bolduc.

Cette femme a su exprimer le quotidien des gens du peuple, ces êtres généralement méprisés ou ignores. Elle mettait en évidence la misère ou faisait rire (Pauvre bonhomme) tout en couvrant l'actualité, « l'R 100, Les 5 Jumelles Sœurs Dionne »,  et en insufflant l'optimisme malgré la crise économique « moi j'ai toujours le cœur gai et j'continue à turluter ». Elle-même avait une apparence inusitée dans le monde du spectacle. Les gens se reconnaissaient dans son répertoire. Aujourd'hui, elle symbolise la réalité occultée des femmes à travers l'histoire du Québec.

Longtemps,  un autre projet de film biographique sur la Bolduc était parallèlement développé; scénarisé par Marc Robitaille, avec une musique de Martin Léon qui avait travaillé avec l'actrice Hélène Bourgeois-Leclerc, pressentie pour le rôle principal. Deux fois, ce projet a été proposé à la SODEC.

Après trois demandes à la SODEC, le tournage du  projet de la maison de production montréalaise Caramel Films, avec la réalisation de François Bouvier, a donc commencé . Toujours dans ma chronique d'octobre 2015, je relatais la présence de bonbons au carame dans le film Paul à Québec. Il s'agit bien de la même maison de production et du même réalisateur.

Dans cette version, Debbie Lynch-White assume le rôle principal. Depuis deux ans, l'actrice se prépare à ce rôle.  L'interprétation de ce personnage pourrait donner un essor à sa carrière. Elle a suivi des cours pour apprendre à turlutter. Elle a teint ses cheveux en brun. Elle a maigri de 40 livres.

Debbie Linch-White est entourée d'Émile Proulx Cloutier (Édouard Bolduc, le mari) , Rose-Marie Perreault (Denise Bolduc, sa fille), Bianca Gervais (Juliette Newton) , Mylène Mackay (Thérèse Casgrain, politicienne), Yan England (Fred Calvert), Serge Postigo (Roméo Beaudry), Germain Houde (Conrad Gauthier), Paul Doucet (Jean Grimaldi, chanteur avec lequel elle a fait des tournées, donné des spectacles) et Luc Senay (Fradette).

Il est prévu que le film sera sur les écrans en 2018.

Il pleuvait des oiseaux

Précédemment dans cette chronique, je mentionnais le sujet du film Les mauvaises herbes. Décidément, la culture du cannabis est un thème cher au cinéma québécois. La réalisatrice Louise Archambault nous a donné le film Gabrielle. Maintenant, elle prépare le film Il pleuvait des oiseaux. Elle écrit le scénario en adaptant le livre de Jocelyne Saucier. Puis, elle réalisera le film dans lequel trois aînés vivent isolés en Abitibi. Pour la préservation de leur quotidien d'ermites, ils font des échanges de bons procédés avec Bruno et Steve; ils cultivent leur plantation de cannabis. Surgissent alors une tante âgée et une photographe jeune. Les habitudes des protagonistes en seront changées.

L'Atelier Pierre Thibault

07_atelier_pierre_thibault
Ah! La beauté. Le règne de la beauté,  film de Denys Arcand en 2014.  Et si la beauté rendait heureux, livre du journaliste François Cardinal et de l'architecte Pierre Thibault publié en octobre 2016.

La préoccupation commune à Arcand et Thibault était devenue évidente quand le cinéaste avait été inspiré par le travail de l'architecte. Pour le tournage du film Le règne de la beauté, l'atelier de l'architecte à Québec était devenu celui du personnage, Luc Sauvageau, interprété par Éric Bruneau. De plus, des maisons dessinées par Thibault étaient montrées dans le film.

Avec l'Atelier Pierre Thibault, l'architecte continue ses créations pour des lieux publics, des espaces communs et il souhaite repenser l'école puisqu'il s'intéresse à l'influence du lieu où se déroule un apprentissage. Il donne des conférences sur l'importance d'offrir aux communautés des espaces et des bâtiments beaux et bien pensés et de grande qualité,. Ainsi, le 1er mars, il donnait une conférence diffusée en Facebook live sur la page du Conseil régional de l'environnement de  Montréal.

Grâce à l'équipe de production cinématographique On est 10, une deuxième saison de la websérie l'Atelier Pierre Thibault sera diffusée sur les ondes de Télé-Québec. La réalisatrice Claude Bastien a complété des épisodes de 15 minutes en choisissant de participer à une nouvelle tendance, le slow web.  Se démarquant du fast web, d'exécution et de consommation rapides, ce mouvement privilégie un plus long temps d'élaboration.

La web série L'Atelier Pierre Thibault comporte 8 épisodes.

08_cinebazarCinéBazar

Le 1er avril c'est le 10e anniversaire de la vente d'objets liés au cinéma CinéBazar. L'événement annuel n'a cessé de grandir en popularité depuis ses débuts. Des bobines de films au numérique, le bazar a accompagné les changements du support. Des objets vintage et des créations seront offerts sur les nombreuses tables.

Donc, Le 10e CinéBazar aura lieu le samedi 1er avril de 9h à 16h au Centre du Plateau, 2275 boul. St-Joseph Est, à Montréal.


EN SOUVENIR

09_rob_stewar_realisateurRob Stewart

Il était jeune, idéaliste exceptionnel. Rob Stewart avait contribué à faire connaitre la détresse des requins. Avec Jaws, en 1975, Steven Spielberg a diabolisé un animal essentiel à la biodiversité et a fait beaucoup d'argent. Avec Sharkwater, S.O.S . Requins, Les seigneurs de la mer, en 2006, Rob Stewart a fait connaître la situation critique des requins, a prouvé son courage,  a démontré son amour.

Dans son documentaire, il nous montre la détermination de Paul Watson, le fondateur de la Sea Shepherd Conservation Society, qui essaie d'empêcher les rapaces cupides, non pas les requins, des hommes qui  capturent des requins pour couper leurs ailerons et qui rejettent les pauvres mutilés à la mer. Ce carnage est en lien avec le glamour des mariages lors desquels on sert de la soupe aux ailerons de requins. Des prétextes de traditions et de supposées vertus médicinales s'ajoutent aux affabulations pour justifier le véritable sadisme et l'incurable cupidité.. En fait, le cartilage recèle une concentration de mercure nuisible à la santé. De plus, le crime organisé se mêle à l'affaire. Le film de Rob Stewart a contribué à faire connaître les dangers pour les requins et pour les humains. Car nous avons besoin de l'oxygène de l'eau, des poissons et des requins.

Rob Stewart est la preuve qu'il est possible d'être un beau garçon et un défenseur des êtres vulnérables Une des merveilleuses scènes de son premier documentaire réunit texte en image. En effet, on le voit alors qu'il est entouré de requins et on l'entend exprimer sa joie alors qu'ils nagent ensemble.

En janvier 2017, Rob Stewart tournait la suite de son premier documentaire, qu'il intitulait Sharkwater Extinction, et se trouvait en Floride lorsqu'il a été porté disparu. Le 3 février son corps a été retrouvé et identifié. Il a été déclaré mort mais la cause de son décès reste inconnue.

Ce sont toujours les meilleurs qui partent.