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Chronique cinéma
AVRIL 2018

 par Lucie Poirier, journaliste-analyste

Dans cette chronique : cinéma et droits humains, cinéma et livres, cinéma et scénarios : le FIFDH de Genève avec Carles Puigdemont et Gael Garcia Bernal, Le dictionnaire amoureux du Festival de Cannes de Gilles Jacob. 14 jours et 12 nuits en préparation et qu'elle est la différence entre un synopsis, un scénario et une version finale.

01_2018_FIFDHFIFDH  LE Festival du Film et le Forum International sur les Droits Humains À GENÈVE

Au Québec, la seule fois où une femme, Pauline Marois, cheffe d'un parti avec des velléités indépendantistes,  a été élue à la tête de la province, le soir même un homme tentait de la tuer, en France, un homme condamné pour agression sexuelle sur une mineure aux États-Unis, Roman Polanski, a été honoré, en Allemagne, un idéaliste qui a utilisé le langage verbal pour affirmer son rêve de liberté pour le peuple catalan, Carles Puigdemont, a été arrêté pour rébellion et sédition en vertu d'un mandat européen lancé par l'Espagne contre l'ancien président catalan. Donc, plus des gens espèrent la liberté du peuple, son autonomie et le respect de ses droits, plus ces personnes ont de quoi redouter des formes de répression accentuée alors que la criminalité avérée n'entraîne pas la honte mais les honneurs pompeux.

Le bat blesse encore plus quand on sait que Puigdemont, quelques jours avant son arrestation, avait été l'invité du FIFDH de Suisse, le Festival du Film et le Forum International sur les Droits Humains qui se déroulait du 9 au 18 mars 2018. À Genève, le dirigeant indépendantiste catalan a participé à une table ronde sur le thème de l'autodétermination. Il a parlé de ce qu'il vit alors qu'il est en exil à Bruxelles depuis six mois. D'autres dirigeants indépendantistes sont aussi emprisonnés. Rappelons que ce sont toujours les prisonniers politiques qui sont les plus maltraités en milieu carcéral.

L'acteur et cinéaste mexicain Gael Garcia Bernal, qui jouait dans le film No de Pablo Larrain, que j'analysais dans ma chronique de cinéma de mai 2013, a pris la parole lui aussi lors du FIFDH de Genève. Il participait au débat public sur le thème Mexique : vers la fin de l'impunité. Il a déclaré : « Nous voulons arrêter l'insupportable normalisation de la violence. Nous voulons que la vie ne soit pas que survie, mais nous voulons la vivre pleinement, en toute liberté, dans la joie et l'espoir. Au Mexique, nous voulons la paix ».

Entre haine féroce et idéal pacifiste, rage virulente et volonté humaniste, documentaires dénonçant la torture et films évoquant l'avènement de la liberté pour toutes et tous, la 16e édition du FIFDH à Paris, se tiendra du 4 au 11 décembre 2018.

02 _Gilles_Jacob_et_son_dictionnaireGILLES JACOB ET LE DICTIONNAIRE AMOUREUX DU FESTIVAL DE CANNES

Dans ma chronique de cinéma d'octobre 2010, j'analysais le film L'arpenteur de la Croisette et je m'entretenais avec son réalisateur Serge Le Péron qui m'avait dit : « Je me suis intéressé au président du Festival de Cannes Gilles Jacob et à sa maladie : la cinéphilie ».

Gilles Jacob vient de transmettre une partie de ses 40 ans de souvenirs et impressions, anecdotes et prédilections, liés au Festival de Cannes dans l'ouvrage Le dictionnaire amoureux du Festival de Cannes. En effet, Cannes est, depuis des années, le plus grand événement permettant de célébrer le cinéma. Il ne s'agit pas que d'une remise de prix, comme les Oscars, mais de projections et des rencontres déterminées par le marché du film.

« Ça s'appelle Festival de Cannes mais c'est le cinéma mondial. C'est le dictionnaire du cinéma mondial » disait Jacob. Il rappelle que Deneuve y est allée 19 fois, que son entrée dans le dico précède celle de Depardieu et que Wenstein lui a « fait tout. Sauf les choses sexuelles. Il était tellement harceleur ».

Puisqu'il s'agit d'un dictionnaire, l'ouvrage de Gilles Jacob peut se lire dans l'ordre alphabétique des entrées ou selon les thèmes et artistes. Surtout si vous souffrez de cette maladie, la cinéphilie.

EN PRÉPARATION

Dans ma chronique de mai 2015, j'analysais un film très bien scénarisé par Marie Vien et superbement réalisé par Léa Pool : La passion d'Augustine.  Marie Vien a aussi scénarisé 14 jours 12 nuits dont le tournage a commencé au Vietnam. Jean–Philippe Duval en assure la réalisation.

Dans ce film, Anne Dorval incarne Isabelle, une mère en deuil de sa fille Vietnamienne morte à 17 ans lors d'un accident dans le Bas-Saint-Laurent. Isabelle se rend au Vietnam pour rencontrer la génitrice de sa fille. Il reste une scène d'hiver à tourner au Bic.

Le scénario

Une réalisatrice et actrice, un réalisateur et un acteur se sont déjà exprimés sur le parcours périlleux du synopsis à la version finale d'un film.

Dans le roman C'est le métier qui rentre (2014), l'actrice et réalisatrice Sylvie Testud fait preuve d'une écriture alerte, brève, pour amener une fin prévisible. Ses dialogues sont habiles, la narration, sans longueur et la contextualisation visualisable. Aucune longueur n'affecte les péripéties de Sybille, l'alter ego de Testud, qui propose un scénario dans lequel trois infirmières veulent plaire au même homme. Demande de la productrice : il faut que ça se passe dans une écurie. Demande du producteur : il faut que ça se déroule avec trois prostituées. Finalement, c'est rapidement évident, le film ne se fera pas.

03 _scenario_thomas_crown_1999John McTiernan a réalisé la version de 1999 du film The Thomas Crown Affair. Il relate qu'il y avait un scénario au début de la pré-production et que les discussions ont été nombreuses. On lui imposait que le personnage de Catherine Banning soit interprété par une actricette entre 19 et 22 ans. McTiernan a réagi et insisté pour avoir Rene Russo une superbe femme qui avait alors 45 ans. Il était plus crédible que la chasseuse de primes d'une compagnie d'assurances ait des expériences professionnelles et personnelles. De plus, le public aurait cru à une histoire de convoitise entre un personnage masculin de 46 ans et une jeune fille de 20 ans; entre deux personnages d'une quarantaine d'années, l'histoire d'amour devenait plausible et même crédible.

L'acteur français André Dussolier reconnait que pour un film il y a 3 scénarios ou scénarii : « celui que je reçois, celui qu'on tourne et celui qui est monté ».

Quand je regarde un film, je remarque les scènes qui correspondent à des impositions greffées à la trame initiale, les scènes, personnages, acteurs, ajoutés par complaisance ou par obligation.

À vous d'essayer de discerner de tels ajouts avant que nous nous retrouvions avec ma chronique de cinéma de  mai.