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Chronique cinéma
ÉTÉ 2016

 par Lucie Poirier, journaliste-analyste

Analyse des films : Au nom de ma fille et I am the Blues; Spécial Projections Extérieures ; Parcours de Paris à Montréal en passant par Percé, quand le cinéma permet d'aller de l'écriture à l'érotisme en passant par la création cinématographique.

EN ANALYSE

01_Au_nom_de_ma_filleAu nom de ma fille de Vincent Garenq

Dans un film, une scène avec un miroir est d'une grande importance significative. Elle exprime souvent un vide intérieur, une impuissance d'action, une situation d'échec par le fait que l'image du personnage est médiatisée, reproduite, exprimée non pas directement mais par un reflet.

Dans Au nom de ma fille, Vincent Garenq a filmé Daniel Auteuil pleurant près d'un miroir. On voit directement l'arrière de sa tête mais on aperçoit simultanément son visage secoué par les sanglots grâce au reflet dans le miroir. Ce choix permet donc d'avoir l'arrière et le devant, une révélation complète dans un plan rapproché, presqu'un gros plan d'ailleurs, alors que l'être exprime ce qu'il ressent et que simultanément sa souffrance est ignorée par divers instances. Aussi, cette vérité qu'il détient ne peut se répandre que par un intermédiaire, comme son image, pour nous être donnée, est reflétée plutôt que directe.

Déjà en 1941, Orson Welles avait filmé son personnage dans Citizen Kane qui avançait de profil alors que son image était multipliée par une succession de miroirs pour exprimer son impuissance; ce n'est plus lui qui est en position de pouvoir, c'est une multitude de reflets qui est donnée à voir, ce n'est plus lui -même mais une représentation de lui, et même plusieurs représentations de lui qui se substituent à lui, il n'est pas parvenu à faire son bonheur, malgré sa fortune, tout ce qui importe lui échappe. Il parait qu'au moment de mourir ce qu'on regrette le plus c'est de n'avoir pas assez aimé.

Au nom de ma fille est l'histoire d'André Bamberski telle qu'il l'a racontée dans le livre : Pour que justice te soit rendue. Dès la lecture, le réalisateur Vincent Garenq savait qu'il en ferait un film. Garenq, pour 3 de ses 4 réalisations, s'est inspiré de réalités judiciaires. Ainsi, dans ma chronique de mars 2012, vous pouvez lire mon analyse du film Présumé Coupable auquel il s'était consacré. Encore, il avait le devoir d'être rigoureux, d'être à la hauteur de ce que le protagoniste a souffert, dans ce cas, André Bamberski,. Cet homme, aujourd'hui âgé de 80 ans, a consacré sa vie à obtenir justice suite au viol et au meurtre de sa fille Kalinka alors qu'elle avait 14 ans. Tourné en 2014, le film présente avec exactitude les événements de 1974 à 2009.

En effet, le lieu et la date des faits sont écrits au début de chaque scène. Et rétablissent une chronologie factuelle qui se greffe à une chronologie émotive : les réactions du père trouvent leur cause dans l'établissement de faits antérieurs que le réalisateur présente pour nous faire saisir non seulement l'ampleur d'un acte mais aussi celle de son impact et celle de ses conséquences.

Le film débute par la découverte d'un homme ligoté à Mulhouse en France. Aussitôt, André Bamberski (Daniel Auteuil) est celui qu'on arrête en déclarant « On ne se fait pas justice soi-même » il rétorque : « Je n'ai fait que palier les lâchetés successives de la justice française ».  André Bamberski ne s'est jamais vengé, il a voulu l'application de la justice; au cours des ans, malgré de nombreuses propositions, il n'a pas commandité le meurtre du tueur de sa fille, il a réclamé l'application de décisions judiciaires.

Flashback : au  Maroc, à l'école, on voit Kalinka et son frère Nicolas, les deux enfants d'André et de Dany qui vient de rencontrer le Dr Dieter Krombach dont la fille fréquente la même école que les enfants Bamberski.

Retour en 2009 fouille de la chambre d'hôtel d'André, on trouve de l'argent. Beaucoup d'argent.

Flashback : Bamberski avec un huissier de justice fait constater l'adultère de sa femme avec le docteur.

1982 André, en couple avec Cécile, reçoit un téléphone, Kalinka, âgée de 14 ans, séjournait en Allemagne avec son frère, sa mère, le Docteur Krombach, la famille du docteur, et Kalinka est morte. Scène d'interprétation intense, Daniel Auteuil pleure aussitôt avant de retenir ses larmes au cimetière. Car, il a voulu enterrer sa fille en France et cela changera tout puisqu'il faut une autopsie avant de faire sortir le corps.

Flashback : Kalinka en bikini dans la piscine le jour précédent son décès.

Rappelons que ce va et vient dans le temps fournit les liens de cause à effet en donnant un aperçu de leur impact émotif. De plus, ce procédé nous place dans la situation d'André, avec ses interrogations et les simulacres de réponses, sa quête de vérité.

André devra insister, exiger, le rapport d'autopsie que Dany ne lui enverra pas avant 3 mois. Il le reçoit en langue allemande, doit le faire traduire, se le faire expliquer avant d'être en état de choc; Kalinka a été violée et une trace de piqure amène à découvrir que le docteur lui a fait une injection ayant entraîné son décès.

Le combat d'André sera long car toujours la justice allemande protègera le docteur. Condamné en France par contumace, l'Allemagne refuse de l'extrader. André distribue des tracts, est arrêté, les envoie par la poste, va au cimetière, étudie la loi, les lois, obtient  une exhumation pour apprendre que le corps a été vidé de tous les organes, il prend des médicaments, va au cimetière, fait de l'insomnie, réclame l'application de la condamnation, va au cimetière; ce retour à la fille décédée rythme aussi le film.

Lors d'une fête familiale, il parle avec son père, donc le grand- père de Kalinka, qui lui dit qu'il a fait tout ce qui était humainement possible. Lors du tournage de cette scène, André Bamberski était près de Daniel Auteuil. Ce fut sa seule présence sur le plateau.

Dany et Dieter ont divorcé, il a couché avec une amie de sa femme, elle est de retour en France; elle accuse André de se venger et crie rageusement : « Le Dr Dieter a toute ma confiance ». En Allemagne, le docteur est accusé du viol d'une adolescente, Lora. Une dizaine de femmes manifestent en déclarant avoir été elles aussi abusées par le docteur. Toujours protégé, le docteur évite que le parquet joigne les dossiers.

Encore, le montage fait des rapprochements entre deux événements jusqu'à les assimiler : le viol de Kalinka, le viol de Lora, image, image et récit, similitude, simultanéité par le récit, de faits distincts dans le temps. André pleure près du miroir.

On constate donc que la persévérance d'André s'est échelonnée sur des dizaines d'années et qu'elle était onéreuse. Elle lui a aussi couté sa relation avec la patiente Cécile. Finalement, il acceptera que le docteur soit kidnappé et amené en Allemagne pour y subir un procès.

Le film Pour l'amour de ma fille de Vincent Garenq remet en évidence la faillibilité du système judiciaire qui s'affirme pourtant péremptoire. Les comportements humains relatifs à ces crimes de l'affaire Kalinka suscitent des questionnements sur de nombreux enjeux dont celui de la complicité de la mère d'une victime. Comment expliquer ce schisme mental qui amène la victime à être amoureuse de son bourreau même quand il lui inflige la mort de son enfant? Car Danny est à la fois mère d'une victime donc aussi victime elle-même. Comment expliquer cette aliénation, ce gain, ce qui unit l'opprimée, non pas tant à son oppresseur, qu'à son oppression?

Dans la plantation, le gardien le plus redoutable était un Noir, dans le camp de concentration, le kapo le plus cruel était un Juif, dans notre société, la personne la plus misogyne est une femme.

Le film Kapo de Gillo Pontecorvo en 1960 tentait d'aborder cette distorsion, cette participation de l'être à une forme de haine envers soi.

Comment expliquer qu'une femme choisisse d'exhiber le voile d'infériorisation couvrant son corps, qu'une femme décide d'exhiber la nudité humiliante de son corps dévoilé, qu'une avocate défende un violeur, qu'une maquerelle organise des combats de lutteuses dans la boue, qu'une mère cautionne le tueur de sa fille?

Comment expliquer, quand pullulent les maltraitances de fillettes, de filles, de femmes, que des femmes, que des hommes, soient encore capables de considérer spontanément que cette maltraitance est inadmissible, inexcusable, et même intolérable? Car infliger la maltraitance signifie une aliénation mentale, une insuffisance affective, une incapacité relationnelle. Quels sont ces êtres d'exception qui désapprouvent le viol et le meurtre?

Pour endurer une situation, pour tolérer une distorsion, il faut lui attribuer une explication, fut-elle fallacieuse; Dany crie à André : « Kalinka est morte parce que c'était son heure ». Jusqu'où peut aller la folie déconcertante d'une femme qui cautionne un violeur? Dans les faits, la fille du Dr Dieter, qui se disait amie avec Kalinka , a eu des paroles ignominieuses pour minimiser la monstruosité de son père lors du viol de Lora. Situation contrastée : la fille de Dieter défend son père prédateur, le père de Kalinka défend sa fille victime.

Au Québec, il y a des années, un chercheur s'est intéressé à ce qu'il résumait par le syntagme le déficit  masculin; son nom et ses travaux sont difficiles à retrouver. Que donnerait une recherche sur le déficit féminin?

Même les animaux, même les plantes, qui sont des êtres vivants, expressifs et communicatifs, ont le sens de la justice, la capacité d'une protection et l'intention d'une solidarité. Ainsi, pour informer les autres végétaux d'un danger, des plantes sécrètent un message chimique communiqué par l'air ou par les racines pour que les autres se protègent. Le VOC, le volatile organic compound, concerne la libération d'une molécule chimique dans l'air; par exemple, l'acacia laisse émaner de l'éthylène. Pour les femelles du règne animal, la qualité génétique est un critère déterminant puisqu'il faut mélanger les gênes, la diversité diminuant la vulnérabilité. L'ovule choisit le spermatozoïde. La femelle peut même se débarrasser d'un sperme afin de développer des petits à partir du meilleur bagage génétique. Pour éviter que son éjaculat soit rejeté , la libellule mâle maintient la libellule femelle dans une jolie position qui évoque la forme d'un cœur.

Pourquoi seule la femelle de l'espèce humaine échoue-t-elle à maintenir des critères favorisant l'idéal pour sa progéniture? J'ai posé cette question à Monsieur Luc-Alain Giraldeau, Ph D,  doyen de la faculté des sciences de l'Université du Québec à Montréal; il m'a alors mentionné l'influence du facteur culturel.

Rappelons que dans L'homme qu'on aimait trop d'André Téchiné en 2014, d'après l'histoire véritable de la persévérance de Renée LeRoux, la mère s'acharne pendant des années à obtenir justice suite à la disparition de sa fille Agnès, amoureuse d'un prédateur. Voir ma chronique de novembre 2014.

Toutes les mères ne sont pas complices du tueur de leurs enfants. Tous les pères, tous les conjoints, ne sont pas tous des tueurs d'enfants. Toutefois, pourquoi y a-t-il de plus en plus, une approbation tacite des comportements de prédation qui tend vers un vedettariat du déviant, de la déviante, qui autrefois était ostracisés. Entre l'idéalisation et la diabolisation, comment expliquer les variantes dans la considération des responsabilisations?

Parfois, les réponses intelligentes et les scènes éloquentes peuvent se reconnaître par leur concision. Merci à M. Giraldeau et Bravo à Vincent Garenq et Daniel Auteuil d'avoir su résumer, par la réalisation et par  l'interprétation, l'impact de la tragédie dévastatrice lors de cette scène de pleurs devant le miroir pour évoquer l'infini de la peine.

À remarquer : Kalinka est décédée en pleine adolescence et pour une jeune fille le miroir est essentiel. Le père pleure appuyé au miroir comme si sa joue tentait de rejoindre le reflet perdu de sa fille, pour y avoir l'occasion de s'épancher, pour y reprendre la force de continuer.

L'amour pur de ce père est indéfectible dans la lâcheté sale de cette horreur inéluctable . Lorsque les procédures judiciaires empirent la souffrance de l'injustice initiale : on ne fait pas ça, du mal à l'autre, encore moins tuer un humain, la société se révèle éhontée; or, la honte est un facteur de changement.

Au Québec, Madeleine, mère de Maurice, tué lors du viol et du meurtre de son amie Chantal le 3 juillet 1979, parle d'une colère qui l'habite sans cesse depuis les crimes; saine réaction à l'inadmissible, à l'intolérable. Elle ajoute que chaque jour, elle ressent l'absence de son fils. Pour André Bamberski le ressenti est le même;  Garenq a choisi de terminer son film en accord avec ce vécu; Daniel Auteuil, dans son personnage d'André confie dans sa dernière réplique : « Tu me manques ma fille ».

I am the Blues : les derniers démons du Blues

02_I_am_the_blues« Le Blues m'a fait et je fais du Blues ». Le film de Daniel Cross I am the Blues : les derniers démons du Blues est une ambiance qui imprègne et qui transforme. Il a capté ses rencontres avec des reines et des  rois du Blues qui ne sont pas avares des souvenirs de leur jeunesse certes mais dont les propos nous font savoir l'Histoire, ses répétitions et ses ruptures. Composer, jouer, transmettre cette musique est un acte de résistance et de survie, de joie et de communication. Le film en témoigne.

Plusieurs entrevues ont été filmées dans le Blue Front Café situé près d'une voie ferrée et tenu par Jimmy Holmes depuis 43 ans; on y chante pour le pourboire ou pour un verre.

Les protagonistes évoquent le temps du travail de 5 jours pour 30$ à planter du coton, le retour des champs qui signifiait les retrouvailles et des histoires truffées de superlatifs. Bobby Rush précise : «Les jeunes aussi vivent des temps difficiles mais à leur manière, la brutalité policière, les gangs de rue ».

Bobby est vu le plus souvent dans le film, Daniel Cross filme ses voyages en auto; « La route est ma compagne, dit-il en parlant en direction de la caméra du coté passager de l'auto, 90% de mes chansons, je les ai écrites en conduisant ».

Little Freddy King a 81 ans, enregistre depuis 60 ans,  et il est filmé par des femmes avec leur cellulaires; il y en a une qui tient même deux téléphones.

Passage du temps : Barbara Lynn apparait avec ses ongles vernis, sa guitare dorée gravée de roses, pour nous démontrer comment elle fait la base avec son pouce et Little Freddy King raconte qu'il a fabriqué sa 1e guitare avec une boîte de cigares et un piquet de clôture.

Robert Bilbo Walker joue de l'harmonica sur une voie ferrée, Tutweiller se rappelle : « Tu venais pour te libérer puis tu retournais dans les champs » R.L. Boyce joue sur le gazon en déclarant « Je suis plein, je ne peux pas le contenir ». « Tu te poses sur le porche et tu joues » confirme McKinney Williams. Jouer est comme une impulsion. Donc, il n'est pas étonnant d'entendre Lil' Buck Sinegal, qui fume et pêche dans le bayou en confiant : « Ce que j'ai joué, je ne pourrais le rejouer, je ne le sens plus. Il faut que ça vienne du cœur ».

« C'est bon être entre vieux amis » déambulateur, quasi cécité, n'altèrent pas la pureté de l'enthousiasme. Spectacle : des claviers s'ajoutent aux guitares. Lazy Lester, lui, fournit le drum avec ses pieds sur une planche, « Ma mère l'avait et elle me l'a donnée »

Le Blues est indissociable des épanchements du cœur. « Emmit Lee don't you remember me? » Carol Fran a fait carrière sur disque et à la radio. « J'ai chanté avec mon cœur ». Elle a connu Emmit Lee une seule fois. Elle a eu du plaisir avec lui. Elle pleure encore en en parlant. Emmit Lee est mort 2 semaines après qu'elle l'a vu une 2e fois. Sa femme lui a tiré dessus avec son arme, à lui.

Un autre décès : sur la pierre tombale de Bud Spires décédé en 2014, il est écrit : « Le Bleues mourra avec le dernier bluesmans »

Quand Lazzy Lester commence il mentionne : « Je vais jouer pour toutes les dames car elles savent de quoi je parle ». Sa chanson un peu triste est accompagnée d'une succession de gros plans de femmes. « Tu as toujours le truc » lui disent-elles.

Dans une église, le révérend Wilkins chante dans l'allée, il introduit le gospel et le blues .

R. L. Boyce, Henry Gray dit Lucky Man, Jimmy Duck Holmes, Lill'Buck Sinegal, participent aussi au film.

Bobby Rush doit donner un spectacle, il n'a pas d'agent, de gérant et on ne lui remet pas l'argent qu'il devait avoir pour payer les musiciens, le spectacle est compromis; puis, le problème semble régler et il chante : « Have you ever been mistreated by someone you shouldn't have loved » Sur scène, 5 musiciens et 2 danseuses l'accompagnent. Dans le fade out des rires, il admet : « C'est toute ma vie; je ne peux pas vivre sans ça ». Il n'a jamais travaillé moins de 200 jours par an depuis 58 ans.

  • Ce film peut être vu avec des sous-titres en français rédigés par Damien Detcheberry. 
  • Ên plein air le film sera projeté : 
  • le mercredi 27 et le jeudi 28 juillet au Cinecenta à Victoria en Colombie -Britanique,
  • le jeudi le 16 août à 20 :45h à la Place de la Paix à Montréal au Québec, 
  • le dimanche 28 août au Limestone City Blues Festival à Kingston en Ontario

SPECIAL PROJECTIONS EXTÉRIEUES

03_RIDM_oncle-bernard-anti-lecon-economieRIDM en Plein Air

À Montréal, Québec, Canada, sera présenté une série de documentaires constituant la programmation des projections extérieures gratuites des RIDM, les Rencontres Internationales du Documentaire de Montréal pour l'été 2016.

Ces projections se font en partenariat avec Planète + chaine de documentaire, Téléléfilm Canada,  MURALLes Amis de la Montagne, le ééCinma sous les toiles de éFunambules Mdias, le éâCinma Notre-Dame-de-Grce,  le Village au Pied-du-Courant, le Centre Canadien d'Architecture (CCA), le éMarch des Possibles, la ééSocit des arts technologiques (SAT), le Quartier des Spectacles et l'Arrondissement Ville-Marie.

Jeudi le 7 juillet à 21h au Parc Notre-Dame-de -Grâce, le réalisateur Tony Girardin présentera son film Marinoni. Pour ce tournage, il a accompagné Guiseppe Marinoni, 75 ans, voulant battre le record du monde cycliste de distance parcourue en une heure pour son groupe d'âge. Un beau projet!

Samedi le 9 juillet toujours à 21h mais au Pavillon du Lac-au-Castors de la Montagne, on projettera un Film Surprise.

Mardi le 12 juillet à 21 :15h au Parc Saint-Gabriel, en présence du réalisateur Olivier D. Asselin, Pipelines, Pouvoir et Démocratie rappellera le récent combat contre les projets d'oléoduc Énergie Est et 9B.

Dimanche le 17 juillet à 20 :30h dans le Village au Pied-du-Courant, Bienvenue à F.L. de Geneviève Dulude-Decelles vous fera connaître des adolescents lors de leur dernière année de secondaire.

Jeudi  le 21 juillet à 20h30 au  Parc Baile vous pourrez voir La trilogie du départ : taxi pour deux, la métropolitaine, île et aile du réalisateur Dan Popa. Ces trois films ont été sur une période de quatre ans; ils  représentent une exploration des relations humaines au sein de différents moyens de transport (trains, taxis et avions)

Jeudi le 28 juillet à 20 :30h vous connaîtrez le Chinatown de Vancouver grâce du documentaire Advienne que pourra de Julia Kwan.

Mercredi le 3 août à 20 :50h au Parc Laurier grâce au documentaire Oncle Bernard l'anti-leçon d'économie vous pourrez apprécier l'actualité des propos de Bernard Maris, économiste anti-capitaliste. Surnommé Oncle Bernard, ses analyses et critiques ont été captées par Richard Brouillette le 8 mars 2000 avant d'être diffusées dans un film sorti en 2015.  J'analysais ce documentaire dans ma chronique de janvier 2016. En effet, au début de l'année, Brouillette lançait son film alors même qu'on rappelait l'attentat de Charlie Hebdo dans lequel l'éminent spécialiste a été tué.

La voracité et l'arrogance du capitalisme sont revues et corrigées par Bernard Maris. Déterminé par de nobles idéaux égalitaires, les commentaires de cet homme d'exception restent pertinents. Le film en noir et blanc défile tel que la captation d'époque, avec des interventions de l'équipe de tournage nous révélant ainsi une anti -leçon de cinéma.

Bernard Maris nous donne aussi une anti-leçon de langage. En effet, le vocabulaire est victime de trahison, il est utilisé sans être en accord avec le réel. Oncle Bernard n'hésite pas, lui, à utiliser le mot vol quand il est question de primes de départ, de parachutes dorés; il reconnait : « On ne parle pas de la réalité » et il ajoute : « La croissance c'est foutre la lèpre partout », « Le capitalisme c'est pas la démocratie ». En utilisant les mots selon leur sens, Bernard Maris réinstaure la beauté du langage. Quand à Richard Brouillette, il confère à son documentaire une forme artistique qui relève aussi de l'authenticité.

Il reste si peu d'hommes de vérité. Richard Brouillette sera au parc Laurier le 3 août lors de la projection de L'anti-leçon d'économie donnée rétrospectivement par Bernard Maris avec une acuité et une perspective toujours exactes et contemporaines.

Samedi le 6 août à 21h au Marché des Possibles, avec des sous-titres français, sera projeté I'm gone : a film about Amy réalisé par Julie Bourbonnais et Geneviève Philippon. Le film réunit en Nouvelle-Écosse une héroïnomane cinquantenaire en rémission avec le groupe montréalais No Family et ses mélodies folk.

Jeudi le 16 août à 20 :45h à la Place de la Paix Daniel Cross présentera I am the blues : les derniers démons du Blues Le film sera projeté avec des sous-titres français. Voir mon analyse plus haut dans cette chronique.

Cinémania et ses projections d'été

Encore, cette année, Cinémania offre des projections gratuites dans les parcs de la ville de Montréal, Québec, Canada.

04_Le_gout_des_merveilles_en_plein_airMardi le 5 juillet à 21h au Parc La Fontaine sera projeté Le goût des merveilles de Eric Besnard. Ce film, avec Virginie Efira, en version originale française aura des sous-titres anglais.

Le jeudi 14 juillet à 21h à la Terrasse Renoir de l'Hotel Sofitel Le Carré Doré vous pourrez voir un film de Philippe Le Guay. En cette fête nationale de la France, c'est le film intitulé Floride qui réunit Sandrine Kiberlain et Jean Rochefort.

À ces deux projections en plein air s'ajoutera une troisième que vous pourrez découvrir sur le site www.festivalcinemania.com

Au Parc de l'Espoir avec LSTW

Encore cette année, à Montréal, Québec, Canada, dans un endroit appelé Parc de l'Espoir, à l'angle des rues Sainte-Catherine et Panet, grâce à  l'organisation LSTW, une série de projections, commencé le 7 juin se poursuivra jusqu'au 23  août. La programmation réunit des fictions, des documentaires et des courts métrages

Lin Yun serait-il mort à Montréal si ses désirs sexuels et ses élans amoureux avaient été acceptés dans son pays d'origine? La tuerie d'Orlando résulte d'une intransigeance qui interpelle d'autant plus que le mot Orlando est aussi le titre d'un roman de Virginia Woolf dans lequel il est question de changement de sexe.

La programmatio05_LSTW_clouds_of_sils_marian a été préparée par LSTW, la référence lesbienne. Seront projetés :

  • Le 5 juillet In Particular, Barbara Findlay documentaire de Becca Plucer,  un portrait de l'avocate de Vancouver.
  • Le 12 juillet Clouds of Sils Maria long métrage d'Olivier Assayas qui permet d'apprécier le talent de Kristen Stewart.
  • Le 19 juillet Mulholland Drive long métrage de David Lynch
  • Le 26 juillet She's beautiful when she's angry documentaire de Mary Dare.
  • Le 2 août Anne Trister long métrage de Léa Pool avec Louise Marleau et une Lucie Laurier toute jeune qui débutait sa carrière d'actrice
  • Le 16 août c'est la Soirée courts-métrages
  • Le 23 août Out in the night documentaire de Blair Dorosh-Walther

PARIS PERCÉ MONTRÉAL

06_Paris_autour_de À Paris, Autour de Maïr le 5 juillet

« J'accédais à la littérature en parfaite sauvage » a déclaré Jeanne Hyvrard. Cette citation est reprise par le documentaire Autour de Maïr réalisé par Hejer Charf. La réalisatrice a convié des écrivaines et des féministes pour explorer le thème de l'écriture au féminin.

Le titre du film rend hommage à Maïr Verthuy, cofondatrice et première directrice de l'Institut Simone de Beauvoir à l'Université Concordia à Montréal. De plus, des chansons d'Anne Sylvestre ajoutent à l'intérêt du documentaire.

Du Québec et de la France, interviennent successivement dans le film : Maïr Verthuy, Madeleine Gagnon, Hélène Monette, Arpi Hamalian , Howard Scott qui traduit des textes féministes, Lucie Lequin, Alex McKenzie, Colin McKenzie, Kaya McKenzie, Véronique Verthuy, Joanna Verthuy, Saliha Béroual, Françoise Naudillon, Yéline Laban-Roboam, Léa Roboam, Jeanne Maranda, Gloria Escomel (je mentionne souvent mes professeurs de cinéma, Mme Escomel elle, a été une de mes professeures de poésie française), Celita Lamar, Liliane Kandel, Benoîte Groult, Jeanne Hyvrard, Wassyla Tamzali, Hélène Parmelin ainsi que Martine Delvaux qui évoque Nelly Arcand et Marylin Monroe.

Le documentaire Autour de Maïr de Hejer Charf sera projeté le 5 juillet à 13h au cinéma Saint-André des Arts,  au 30 rue Saint-André des Arts, dans le quartier Latin  à Paris ainsi que le précise D. Diamantis : « Ce film est projeté depuis le 8 juin tous les jours à 13h excepté le mardi durant deux semaines puis la 3e et la 4e semaine que les mardis. »

Le cycle Les découvertes du Saint-André contribue à la distribution de films indépendants qui, on le sait, peinent à trouver des contextes de projection. Pour ces films tournés avec des moyens budgétaires modestes, des séances quotidiennes commencent à 13h et s'achèvent par un échange entre le public et des artisans du film projeté.

À Percé, Concours de Courts métrages gaspésiens et Festival Les Percéides

07_Concours_courts_metrages_gaspesiensLa 8e édition du festival Les Percéides festival international de cinéma et d'art de Percé, au Québec, Canada, se déroulera du 24 au 28 août 2016. Sous le thème Ancrage et horizon, les artisans et cinéastes de la région et de l'extérieur sont invités à participer au 2e concours de Courts métrages gaspésiens.

Exemple de démocratisation des moyens cinématographiques, les participants peuvent utiliser l'un des  nombreux supports mobiles à leur portée : téléphones cellulaires,  tablettes tactiles ou autres appareils mobiles. Tous les genres sont acceptés : documentaire, fiction, animation, cinéma expérimental à condition de ne pas dépasser une durée de 20 minutes,  d'avoir un contenu en lien avec le territoire de la Gaspésie et de faire parvenir son film avant le 1er août 2016.

Il est possible de consulter le site :  www.perceides.ca pour le formulaire d'inscription et la programmation.

À Montréal Une histoire de l'érotisme

lI y a quelques années l'érotisme avait fait l'objet d'une programmation de la Cinémathèque Québécoise  pendant laquelle on louvoyait du scatologique avec Sweet movie de Dusan Makavejev à l'inoubliable poésie des images en noir et blanc de La femme des sables de Hiroshi Teshigahara.

Du 7 juillet au 31 août 2016, à la Cinémathèque Québécoise,  une programmation est à nouveau consacrée à cette thématique sous le titre : Une histoire de l'érotisme.

Une exposition et des conférences se greffent aux projections d'une programmation très diversifiée. Parmi cette sélection :

Et Dieu créa la femme…de Roger Vadim fit connaître le réalisateur, l'acteur Jean-Louis Trintignant, la militante et actrice Brigitte Bardot. Juliette, jeune orpheline convoitée comme un objet sexuel par plusieurs hommes, s'affirme en tant que sujet expressif de ses désirs. Curd Jurgens, dont le nom devait apparaître en haut de l'affiche, a exigé que ce soit le nom de Brigitte car il considérait que c'était son film, à elle. Le film marque le début de plusieurs carrières mais aussi la fin du mariage Bardot-Vadim puisque la vedette était devenue amoureuse de son partenaire. Bardot considéra que le temps où elle s'isola avec Trintignant après le tournage fut pour elle parmi les plus heureux de sa vie. La beauté de B.B. éblouit même Jane Birkin lorsqu'elle tourna Si Don Juan était une femme du même Vadim des années plus tard.

08_Histoire_d_erotisme_EmmanuelleEmmanuelle de Just Jaeckin fit la renommée de la peintre et actrice Sylvia Kristel et l'étonnement du public qui constatait la participation d'Alain Cuny. Le film créa un engouement pour les fauteuils en osier et fut projeté pendant plus de 10 ans tous les jours à midi dans un cinéma parisien, ce qui fut relaté dans le livre des Records Guinness.

Emmanuelle 2 l'anti-vierge de Francis Giacobetti, inclut la participation de Claire Richard, récemment décédée,  et qui toute sa vie aida l'auteur Réjean Ducharme à se substituer aux relations interpersonnelles. Entre échangisme à l'écran et discrétion dans la vie, Madame Richard fut aussi la scénariste émérite du film Joyeux Calvaire réalisé par Denys Arcand. Son parcours a été varié. À noter : la participation de Laura Gemser qui tournera une série de films intitulés Black Emanuelle, avec une seule lettre m, avant de devenir costumière; ça ne s'invente pas : après s'être dévêtue, elle a habillé les autres.

Loulou de Georg Wilhelm Pabst a fait connaître l'actrice Louise  Brooks. Interprétation du mythe de Pandore, la fin du film introduit un personnage lié à des faits réels. D'autres parts, il inclut la présence d'un personnage saphique : La Comtesse Anna; elle serait la première lesbienne à être représentée au cinéma. Le thème de la misère et du danger liés à la prostitution se retrouvent dans le film Lulu de Walerian Borowczyk  lui aussi basé sur le mythe de Pandore ainsi que dans J'ai envie de vivre de Noboru Tanaka et dans  Whore de Ken Russel.

Parfois, des films transgressent et amènent à de nouvelles acceptations. Si le film Deep Throat en 1972 fit scandale en montrant des relations sexuelles interraciales, restons dans les innovations mais relativement à d'autres considérations, le film Erika d'Ingmar Bergman montrait en 1953 une  paternité présente et responsable.

D'autres films confirment souvent une désapprobation de l'expression du désir féminin, ainsi que dans La tour de Nesle d'Abel Gance d'après une affaire plusieurs fois adaptée au cinéma, allant jusqu'à annihiler l'être et en faire une Marie Poupée de Joel Seria. Toutefois, la fin du film Ekstase de Gustav Machaty, qui révèla Hedy Lamarr, une jeune scientifique et actrice, en 1933 suggérait déjà  la libération de la femme.

Bien qu'associé à l'horreur, à l'Histoire, le film Les lèvres rouges déconcerte plus qu'il effraie; Delphine Seyrig, l'apparition de Truffaut, l'égérie de Resnais, la Jeanne de Chantal, l'Anne-Marie de Marguerite, la Colette en Chanel du Chacal, la réalisatrice de films féministes, incarne Erzébeth Bathory dans un scénario prétexte à des scènes de lesbianisme. À remarquer : Danielle Ouimet s'appelle Valérie dans ce film belge pour mieux rappeler le film québécois qui la fit connaître et qui sera aussi projeté pendant l'événement.

Différents genres se succéderont puisqu'avec Exhibition 2 l'accompagnement par l'équipe de tournage de l'actrice Sylvia Bourdon, dans des séances échangistes à son domicile et lors de vacances au bord de la mer, relève du documentaire et du portrait. Des films québécois seront projetés dont le fameux Deux femmes en or de Claude Fournier dont il était question dans le livre Arrêt sur l'image de Martin Gignac dont je traitais dans ma chronique d'avril 2012.

À remarquer : The Pillow Book de Peter Greenaway. Le scenario  a été développé à partir d'un ouvrage ancien constitué de listes. Au XI e siècle, une dame de la cour japonaise, Sei Shonagon, a établi des listes toute sa vie sur ses observations, sur ses préférences, et même sur ses aversions,  réunies sous le titre Notes de Chevet. Le film évoque l'œuvre certes, mais, aussi, l'habitude des listes; le focus sur l'écriture se concentre peu sur la thématique ou  la composition pour concerner la calligraphie pratiquée sur la peau. Film très artistique.

Les conférences :

  • le 13 août 2016 Marcel Jean, directeur de la Cinémathèque Québécoise, donne une conférence intitulée : L'initiation à la sexualité.
  • Pour le 20 août Éric Falardeau prépare une conférence : L'érotisme des corps et du geste pornographique.
  • Enfin le 27 août, Marco de Blois donne la conférence : Elephant de Gus van Sant et la sensualité des anges.

L'exposition :

Le corps exquis du 5 au 30 août 2016 débutera  par une galerie avec des affiches et des photos pornographiques menant à la projection en boucle du film expérimental The exquisite corpus de l'autrichien Peter Tscherkassky.

L'événement Une histoire de l'érotisme du 7 juillet au 31 août 2016 à la Cinémathèque Québécoise de Montréal permettra de constater que s'il arrive que l'érotisme participe à des tentatives d'affirmation, il est aussi utilisé pour renforcer des stéréotypes. L'événement pourrait amener aussi à se demander : le cinéma érotique est-il, entre autres, une façon de s'instruire sur le sexe? Pourquoi répond-il à un besoin? Ce regard sur le comportement d'autrui est-il incitation ou conformisme? Découvrir, constater, ce que font les autres mène-t-il à l'imitation ou à la créativité? La comparaison est-elle restrictive ou épanouissante? Rassurante ou terrifiante? La représentation devient-elle une nouvelle norme ou une belle possibilité?

Une certitude : l'événement sera remarqué.

 

 

 

FILMS RÉFÉRÉS DANS LA CHRONIQUE :

LIVRES RÉFÉRÉS DANS LA CHRONIQUE :

  • Pour que justice te soit rendue  André Bamberski 2010
  • Orlando Virginia Woolf 1928
  • Arrêt sur l'image Martin Gignac 2012
  • Notes de chevet Sei Shonagon