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Chronique cinéma
Février 2017

 par Lucie Poirier, journaliste-analyste

Entrevue avec Stéphane Brizé. Aussi, Nelly, Ceux qui font les révolutions… et Espoirs du cinéma québécois. Tout cela, en entrevues et en photos.

00_Stephane_Brize Entrevue avec Stéphane Brizé

Voici la transcription de l'enregistrement de mon entrevue avec Monsieur Stéphane Brizé, réalisateur.

Lucie Poirier : « Je m'entretiens avec le réalisateur du récent film Une vie, d'après Maupassant, et de nombreux autres films aussi impressionnants qu'éloquents; un réalisateur dont les adeptes de ma chronique ont souvent lu le nom parce que j'ai analysé ses films (La loi du Marché, Quelques heures de printemps) parce que j'avais fait une entrevue avec lui (lors de la sortie du film Mademoiselle Chambon), parce que j'admire son œuvre, je suis avec Stéphane Brizé.

Avant que nous élaborions à propos du film
Une vie, j'aimerais que nous revenions , pour une question seulement, à votre film La loi du Marché; plus particulièrement à ce procédé que vous avez choisi : la substitution du regardeur. Je rappelle que dans ce film Thierry, qui était en chômage depuis 22 mois, est devenu surveillant dans un supermarché. Il est dans une salle où il regarde la captation de 80 caméras. Il doit s'assurer que des gens ne commettront pas de vols. Nous voyons, bien cadré, Thierry regardant le moniteur; soudain, cette image du moniteur devient l'image du film. Il y a eu permutation du regardeur, nous, les spectateurs, sommes devenus ceux qui surveillent s'il y a des vols. Je pense à au réalisateur Michel Brault qui disait : Je fais ce que je fais et ensuite on voit l'effet que ça produit. Cette scène, c'était planifié ou d'instinct? (Je remarque sa réaction) Ah! Ce n'était pas planifié? ».

Stéphane Brizé : « Vous avez mis des mots. Moi, quand je le fais il n'y a aucune intellectualisation. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de réflexion. Mais, il n'y a pas de mots sur des procédés de mise en scène. Ensuite, les mots, un peu compliqués, viennent quand les journalistes commencent à me poser des questions. Donc, on est obligé de trouver des trucs un peu intelligents à dire. Ça ne veut pas dire que ces mots sont faux. C'est que ce n'est pas une démarche intellectuelle qui a présidé à la mise en scène et en même temps je passe mon temps à réfléchir, à réfléchir à la psychologie des personnages, à un point de vue de mise en scène donc il y a énormément de réflexion. C'est toujours un aller-retour entre l'intuition et la réflexion. Ce n'est pas nécessairement conscientisé au moment où je fais des choix. »

Lucie Poirier : « Vous y allez tel que vous le ressentez? »

Stéphane Brizé : « Où on se met avec la caméra, d'où on regarde, c'est quelque chose qui est organique pour moi. Si c'est au mauvais endroit, je sais que je vais mal. Sur le plateau, je vais réellement mal, moi. Physiquement, je ne vais pas bien. Je vais essayer de trouver la place pour aller bien. Après, tout ça trouve une cohérence. Quand il y a une cohérence organique, il va y avoir une cohérence intellectuelle. Au départ, c'est une vibration du corps sur le choix d'un sujet, sur la manière de raconter l'histoire, sur l'invention des dialogues, sur tout. »

Lucie Poirier : « Quand on considère votre plus récent film, Une vie, on constate qu'il y a eu une planification puisque des tournages se sont déroulés dans de mêmes lieux mais à des moments différents. Vos choix sont l'exigence d'une imbrication entre les lieux et les émotions. Les scènes avec Jeanne dans les moments de bonheur sont ensoleillées. Lorsqu'elle vit un tumulte intérieur, la scène se déroule pendant une tempête extérieure. »

Stéphane Brizé : «  Prévu au départ, c'était nourri par la lecture du livre. La nature doit traduire la psyché de Jeanne. La douceur de l'été traduit quelque chose de la paix intérieure. C'est assez objectif. C'est chez tout le monde. Le bruit de la pluie et du vent qui tape contre le carreau nous glace, c'est objectif, ça nous tétanise. J'utilise ces sons comme une ligne d'écriture pour traduire d'une manière impressionniste.

Lucie Poirier : « Une manière impressionniste. C'est très joli. Vos choix sémantiques confèrent une facture stylistique à votre cinéma. Par exemple, vos personnages ne sont pas ceux que l'on convoque souvent dans des scénarios. Que ce soit Thierry ou Jeanne ou Mademoiselle Chambon, ces choix vous particularisent, particularisent ce que vous faites dans vos films. »

Stéphane Brizé : « Je ne sais pas si ce sont les personnages ou la manière de les regarder. Je n'invente rien. Ce qu'on peut faire de très personnel, c'est apposer son regard qui est de fait très singulier parce qu'il est le fruit de notre propre histoire. Mon histoire est différente de la vôtre et de l'histoire de.... Mais, elles peuvent se rejoindre ces histoires parce qu'il y a des choses qui résonnent chez les uns et chez les autres. C'est pour ça qu'il y a des films qui peuvent toucher énormément de personnes, ils résonnent dans l'inconscient collectif. Être dans un certain rythme, raconter l'histoire d'une certaine manière, et avec beaucoup d'humilité, on ne réinvente pas l'eau tiède à chaque fois, on fait avec quelque chose de très codifié qui est la dramaturgie d'un film, ça n'empêche pas qu'on peut y mettre de sa propre personne, y mettre sa propre signature. Vous voyez, un homme c'est deux bras, deux jambes, une tête, un corps, et pourtant il n'y a pas deux hommes qui se ressemblent. »

Lucie Poirier : « Revenons encore au film Une vie, vous parvenez à mettre en perspective ce que ressent le personnage de Jeanne par le montage. Je pense à l'utilisation du flashforward. On connait le flasback mais vous utilisez le flashforward; il y a le repas avec les parents et le vicomte et on voit l'avenir de Jeanne. Jeanne est âgée, dans le froid, le vent, à la grille. »

Stéphane Brizé : « C'est un faux flashforward. En fait, Jeanne vieille est le présent du film. Donc, Jeanne vieille c'est le présent et le reste est un énorme flashback. À l'intérieur du flasback, il y a d'autres flashbacks. Au départ, je devais commencer le film avec une scène dans laquelle Jeanne est vieille. Et ensuite on voyait Jeanne jeune. Je me suis dit : J'ai l'impression d'avoir vu ça 700 fois. Donc, je vais commencer par Jeanne jeune, on va donner l'idée au spectateur que c'est Jeanne jeune et tout à coup je vais montrer que ce qu'on était en train de voir est dans la tête du personnage. À partir du moment où je sais que cette jeune femme que j'ai vue très insouciante, très naïve, très fraîche, très pure comme ça pendant dix, douze minutes, cette femme, je sais que quand elle va être plus âgée, ça va être beaucoup plus douloureux. En une image on voit que c'est un corps douloureux qui est dans le froid, je vais revenir à Jeanne jeune. À partir de là, cette Jeanne jeune, je ne la regarde plus de la même manière. Puisqu'il y a une image de son futur qu'on aura aperçue. À un moment du film , à un moment du récit, Jeanne a l'âge qu'on a vu dans ce qu'on appelle les flashforwards mais qui ne sont pas des vrais flashforwards mais c'est le film qui est en flashback. Et à l'intérieur des flahbacks, il y a même d'autres flashbacks. Ça a l'air très compliqué en le disant mais n'importe quelle série américaine est dix fois plus compliquée à comprendre donc ça veut dire que le film est simple à comprendre.

Il y a des sauts dans le temps, ce n'est pas pour être plus que la chronologie du récit de Maupassant, c'est un autre outil de narration pour traduire la même chose que Maupassant. Dans son œuvre, qui fait presque 300 pages, il va nous raconter 30 ans de la vie d'une femme d'une manière chronologique; moi, j'ai 2 heures pour mon film. Le spectateur n'aura pas la même expérience organique du passage du temps. Il s'agit de raconter les choses autrement que dans le bouquin. On convoque un outil de cinéma qui est celui de l'ellipse. Dans cette ellipse, qui est un outil du non-temps, qui est vraiment en opposition à la chronologie qu'utilise Maupassant, dans ce non-temps, je peux faire passer 30 ans. Je montre Jeanne jeune et Jeanne âgée, en quelques secondes, le spectateur a un vertige, il fait l'expérience organique du temps qui est passé. Cet outil du non-temps est l'outil le plus efficace que j'ai trouvé pour traduire cette notion-là. On peut avoir le désir de raconter la même chose qu'un romancier mais pas avec les mêmes outils. Cet outil du non-temps, c'est un outil que je trouve puissamment efficace pour exprimer ce vertige, traverser 30 ans de la vie d'une femme et faire ressentir au spectateur ce temps qui passe qui s'inscrit sur un corps, sur un visage.

Pour ça, il faut une immense actrice (Judith Chemia). Puisque j'ai tourné le film sur 5 mois et pas 30 ans, il faut quelques artifices de maquillage. Elle est capable par son talent d'incarner un corps jeune, un corps moins jeune et de me donner cette idée, c'est une pure illusion, du temps qui est passé. Je ne suis pas loin de penser que le métabolisme de Judith ou de Jean-Pierre Daroussin, dans les rajeunissements et les vieillissements, changeait.

Par exemple, Jean-Pierre quand il était maquillé vieux, il montait l'escalier super doucement, en dehors des scènes de jeu. Comme s'il était écrasé par quelque chose du temps. Quand il était maquillé plus jeune, il était beaucoup plus alerte.

Lucie Poirier : « Je retiens le mot écrasement. À la fin de La loi du marché, Thierry s'en va. Est-ce que ce n'est pas une forme d'impuissance, d'écrasement, comme lorsque Jeanne se laisse dépossédée. Toutefois, à la fin d'Une vie,  Jeanne est certes complètement démunie financièrement mais, l'arrivée de sa petite fille la comble, la comble affectivement. Or, Thierry, lui, quitte son emploi. Il va redevenir chômeur; à longs termes? Sans fin? Il est dans l'incertitude, il retourne à la précarité. »

Stéphane Brizé : « C'est certainement une forme d'impuissance sur sa capacité à modifier quelques chose du système en place mais, par contre, c'est une grande preuve de force parce que c'est quelqu'un qui dit Votre système, je n'en veux pas. Alors je vais peut-être être dans la merde financièrement mais je vaux plus que ce que vous voulez de moi. Je suis quelqu'un, vous m'avez confronté à ma propre humanité, je vaux plus que tout ça. Thierry et Jeanne sont des personnages qui ont en commun l'expérience de la désillusion. Ils découvrent le monde tel qu'il est dans sa brutalité. Au -delà des époques, des milieux sociaux, ces personnages, je les trouve reliés. »

Lucie Poirier : « Je vous remercie et encore je vous félicite pour votre filmographie. »


Qu'il est fascinant d'écouter Stéphane Brizé quand il précise les moyens spécifiques qui structurent son cinéma. Avec ses films, nous avons accès au résultat, par sa parole , nous découvrons le cheminement. Il sait créer à même les ressources techniques pour mieux transmettre ses observations humanistes, pour nous amener à l'empathie de son regard sur, non seulement la fragilité des êtres mais, leur fragilisation. De ces assauts déstabilisants, ses personnages affirment une capacité d'expectative, de résilience, d'unicité. Avec sa manière impressionniste, Stéphane Brizé trace des portraits desquels, malgré les pires circonstances, nous constatons, chez ses protagonistes, une beauté rare. Un génie a partagé son processus créateur.

Sur cette exploration des choix créatifs, avec les essais, les repentirs, les catalyseurs, je peux vous référer à mes entretiens avec Theo Angelopoulos, Léa Pool, Vincent Perez , Wim Wenders et tant d'autres depuis le début de cette chronique et, particulièrement sur l'influence du costume dans l'interprétation du personnage, à ma discussion avec Catherine Deneuve. Toujours dans les pages de norja.net

Espoirs du cinéma québécois

01_Cyril_Tiar
Je l'avais déjà relaté dans
ma chronique cinéma de novembre 2015, L'équipe de Cinémaniak remet annuellement les prix Geneviève Bujold et Roy Dupuis pour célébrer Les Espoirs du Cinéma Québécois.

Pour cette troisième édition, le public avait été invité à voter, ajoutant donc sa voix à celle d'un panel de réalisateurs. Rappelons que l'événement a été inspiré par les Prix Romy Schneider et Patrick Dewaere décernés par la presse française.

Lors de la soirée de remise des Prix, après avoir été photographié avec moi, Cyril Tiar, créateur et rédacteur en chef de Cinémaniak, s'est entretenu avec les nommés.

Les actrices Mylène MacKay, Emmanuelle Lussier-Martinez et Clémence Dufresne -Deslières que l'on voit dans l'ordre sur la photo ont répondu à ses questions. Karelle Tremblay et Sophie Nélisse, elles aussi en lice, n'étaient toutefois pas présentes.

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Pour Les Mauvaises herbes Emmanuelle Lussier-Martinez a obtenu le rôle à la suite d'une audition. Lors du tournage, elle vivait au Mont-Tremblant. Clémence Dufresne -Deslières, aussi, a obtenu un rôle après une audition. Elle a apprécié que, pour Guibord s'en va-t-en guerre de Philippe Falardeau, (voir mon analyse dans la chronique de novembre 2015) ses propositions ont été suivies pour le costume et les cheveux bleus. C'était son troisième film et on la chouchoutait moins sur les gros plateaux avec beaucoup de rôles importants. Elle aimerait jouer une dictatrice et créer ses projets. Elle continue à étudier et vient de finir un Certificat en Scénarisation. Clémence était remarquable aussi dans Ressac de Pascale Ferland (voir mon analyse dans la chronique d'octobre 2013).
03_les_acteurs_nommes

« J'ai fait mes créations. Puis André Turpin m'a fait confiance pour un film. Ensuite les choses s'enchaînent. Les acteurs on n'a pas le contrôle sur le résultat; j'étais contente, fière du résultat ». Mylène MacKay avait, en effet, écrit un scénario, celui du court -métrage Ludivines réalisé en 2013 par Terence Chotard avant d'interpréter Simone dans Endorphine en 2015.

Puis, Cyril Tiar s'est entretenu avec Pier-Luc Funk, Frédéric Lemay, Irdens Exantus et Kémy St-Eloi, qui apparaissent dans cet ordre sur la photo. Bien qu'absent à la soirée, Pierre-Yves Cardinal était lui aussi parmi les nommés pour le Prix Roy Dupuis.

Pier-Luc Funk s'est souvenu : « Pour Les démons (Philippe Lesage, 2015) c'était un rôle dramatique, plus loin de moi, donc plus le fun à jouer. L'ambiance est différente sur un plateau entre drame et comédie. Tu t'apprêtes pas de la même façon. Je me sens choyé de pouvoir faire les deux pour montrer aux gens que je peux faire les deux, drame et comédie ».

04_Cyril_et_les_recipiendaires 1Frédéric Lemay a indiqué : « Après Mes ennemis (Stéphane Géhami, 2015)), Le rang du lion (Stéphan Beaudoin) un projet collectif, a abouti sans les institutions. Il a été tourné en onze jours. Donc, le cinéma indépendant peut se faire. J'ai fait deux films indépendants. Ils ont peu de visibilité donc après je suis pas si sollicité mais je suis reconnaissant de les avoir fait. En février, je vais joueur dans Horses , un spectacle bilingue. Et je vais retrouver Stephan Beaudoin pour L'heure Bleue à la télé. ».

Pour Guibort s'en va-t-en guerre, Irdens Exantus a confié : « Je me suis inspiré de mes parents. Comment ils s'exprimaient. Ce rôle m'a confirmé que c'est cela que je voulais faire. Et j'étudie en scénarisation à l'UQÀM ».

06_JuliekQuant à Kémy St-Eloy, il a apprécié : « Pour Noir (Yves -Christian Fournier, 2013) je faisais le personnage principal; j'étais très épaulé pour ce rôle avec beaucoup d'émotions. Dans King Dave (Podz Daniel Grou, 2015) avec l'exigence du plan séquence on a eu beaucoup de répétitions. On a tourné cinq jours consécutifs et un des cinq résultats a été choisi. Là, je travaille à Mon père et le loup, un court métrage ».

05_Juliek_et-LucieDésignés Espoirs du cinéma québécois 2016, Mylène MacKay ainsi que, ex-aequo, Pier-Luc Funk et Irdens Exantus, vont recevoir une reproduction en lithographie de deux portraits exécutés par Julie Le Roy qui signe ses œuvres : julie k.

Je m'entretenais avec Julie qui travaillait ses œuvres sur place pendant la soirée. On me voit avec elle près du portrait de Geneviève Bujold. Merci à Normand Daigneault d'avoir pris la photo nous réunissant, avant que je photographie l'artiste exécutant le portrait de Roy Dupuis. Artiste multidisciplinaire, Julie a fait des expositions et elle aime le cinéma. Les couleurs reflètent différemment selon l'éclairage. À propos de Julie , on peut consulter la page https://m.facebook.com/Juliek.artist/

En salles : Ceux qui font les révolutions et Nelly

07_Emmanuelle_et_AdrienJ'ai parlé avec Emmanuelle Lussier -Martinez qui était accompagnée de son charmant bambin Adrien; le bel enfant arborait ses 3 mois. Emmanuelle a épousé un compositeur. Ses études en théâtre au Conservatoire de Montréal ont été jointes à une formation à l'École supérieure de ballet contemporain. On peut maintenant la voir dans le film : Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau de Mathieu Denis et Simon Lavoie.

Le long titre du film est une citation de Louis Antoine de Saint-Just (1767-1794) qui s'était impliqué dans la Révolution française et qui, comme tant d'autres, a fini sur l'échafaud; il a donc déclaré : Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau ». Le scénario présente quatre jeunes qui s'étaient impliqués dans les événements du printemps 2012 par l'intermédiaire des Carrés Rouges et qui restent amers en constatant que la contestation d'alors n'a pas eu de conséquences. Ils sont politiquement déçus. Le film dure 3 heures.

D'emblée, Emmanuelle a évoqué que le tournage incluait beaucoup de scènes de nudité. Rappelons que les réalisateurs nous avaient précédemment donné Laurentie, (voir mon analyse du film dans ma chronique de novembre 2011), et que dans ce film les scènes de nudité n'étaient pas des raretés.

Des ces scènes, Emmanuelle remarque : « C'est une situation qui rend fragile. On était tous nus, tout le temps. Je déteste être nue. Mon personnage est dur, intransigeant. Elle met ses principes avant les élans de son cœur. Elle a des dilemmes cornéliens. C'est un film poignant, nécessaire, une œuvre singulière ». De plus, Emmanuelle vient de tourner dans le premier court métrage de Fanny Malette, Le dernier mardi, avec Françoise Faucher.

J'ai aussi recueilli quelques mots de Mylène MacKay qui incarne quatre personnages dans le film Nelly. Scénarisé et réalisé par Anne Émond, le film développe quatre  représentations de l'écrivaine Nelly Arcand : Nelly l'écrivaine, Cynthia la prostituée, Amy l'amoureuse et Marilyn la star. Ces quatre aspects, à travers les quatre personnages, sont incarnés par Mylène. « C'est un projet difficile. C'est la vision d'Anne sur Nelly. Quatre facettes, ça m'enlève la pression de lui ressembler. C'est un hommage à l'œuvre littéraire ».

Nelly Arcand, à l'instar de Marilyn Monroe, était une femme en représentation; au point où ses façades la révélaient davantage que ses confidences. L'une des représentations d'une femme s'appelle d'ailleurs Marilyn. Lorsque la comédienne Sophie Cadieux avait développé La fureur de ce que je pense, un projet scénique à partir de l'œuvre et de l'auteure, 7 comédiennes avaient été convoquées dans 7 lieux sur une même scène. Je me souviens que de grandes photos de Nelly Arcand étaient sur les murs comme des cailloux nous menant à la salle de spectacle. Or, sur ces photos Nelly apparaissait dans des costumes et des mises en scène élaborées selon des thèmes. Là encore, la représentation l'exprimait plus qu'une auto-narration; elle se révélait à travers l'auto -fiction.

Pour Mylène MacKay, le film d'Anne Émond a entraîné des exigences physiques; elle a pris du poids pour le personnage Marilyn et a maigri pour Cynthia. Mylène aimerait que des gens du public croient que les quatre personnages ont été joués par des actrices différentes.

Les films Ceux qui font les révolutions à moitié ne font que se creuser un tombeau et Nelly interpellent les spectateurs en les confrontant à des questions existentielles : la vérité de l'être et  l'importance de ses idéaux sont-elles des exigences qui propulsent l'être ou qui l'écrasent?
 

 

 

 

Films mentionnés dans la chronique :

  • Une vie  Stéphane Brizé  2016
  • La loi du marché  Stéphane Brizé  2015
  • Quelques heures de printemps  Stéphane Brizé  2012
  • Mademoiselle Chambon  Stéphane Brizé  2009
  • Les Mauvaises herbes  Louis Bélanger  2016
  • Guibord s'en va-en-guerre  Philippe Falardeau  2015
  • Ressac  Pascale Ferland  2013
  • Ludivines  Terence Chotard   2013
  • Endorphine  André Turpin  2015.
  • Les démons  Philippe Lesage  2015
  • Mes ennemis  Stéphane Géhami  2015
  • Le rang du lion  Stéphan Beaudoin  2016
  • Noir  Yves-Christian Fournier  2013
  • King Dave  Podz  Daniel Grou  2015
  • Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau  Mathieu Denis et Simon Lavoie 2016
  • Laurentie  Mathieu Denis et Simon Lavoie 2011
  • Nelly Anne Emond 2016