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Chronique cinéma
Janvier 2018

 par Lucie Poirier, journaliste-analyste

Cinéma du passé et à venir

JEAN ET JOHNNY AU CINÉMA
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Jean D'Ormesson a participé au film Éloge de l'amour (Jean-Luc Godard, 2001) dans lequel il rappelle l'importance de la littérature en osant montrant des livres, dont on peut apercevoir les titres, un homme qui lit, un entretien dans un bureau où règne sans ostentation une haute et large bibliothèque, avec des scènes en noir et blanc suivies d'images saturées de couleurs, des questionnements philosophiques et des images lyriques.

De plus, le célèbre auteur a interprété le rôle du président de la république dans le film Les saveurs du palais (Christian Vincent, 2012) et cette année le documentaire Michel Déon ou la force de l'amitié (Jérémie Carboni, 2018) permettra d'entendre ses interventions.

Il était resté fier de son ancêtre Olivier Lefèvre d'Ormesson qui n'avait pas accablé Nicolas Fouquet lors d'un procès partial, aux conclusions prévisibles, sur les ordres iniques de Louis XIV. Cette prise de position originale est d'ailleurs représentée dans une scène du film Angélique Marquise des Anges (Bernard Borderie, 1964) pendant le procès d'un personnage de fiction, le Comte de Peyrac.

Le mardi 5 décembre 2017, Jean D'Ormesson est décédé. Le samedi précédent, il écrivait encore. Il achevait son prochain livre : Et moi, je vis toujours,  en rédigeant  cette conclusion : « Mais que je sois passé sur et dans ce monde où vous avez vécu est une vérité et une beauté pour toujours. Et la mort elle-même ne peut rien contre moi ».

Lors de ses funérailles, fut posé sur son cercueil, tel qu'il l'avait demandé, un crayon à mine. Aussi, fut joué le second mouvement, l'Andante, du Concerto  pour piano no 21 en do majeur K.467 de Mozart, sa pièce préférée, thème du film Elvira Madigan (Bo Widerberg, 1967) Or, Mozart est lui aussi décédé un 5 décembre, en 1791, à Vienne.

En 2008, Jean D'O avait déjà déclaré : « Un écrivain doit faire attention à la façon dont il meurt. C'est très mauvais pour un écrivain de mourir, par exemple en même temps que Piaf. Piaf a pris toute la lumière et on n'a pas parlé de Cocteau ». Or, il est décédé quelques heures avant Johnny Hallyday, une star célèbre et adulée.

Mais, avant de disparaître, Jean D'Ormesson avait aussi dit : « L'amour a été la grande affaire de ma vie ».

Celui que tout le monde désigne par son prénom, Johnny s'appelait Jean-Philippe Smet et avait été abandonné par son géniteur. Recueilli par la sœur de ce dernier, il a été un enfant de la balle puisqu'il a grandi parmi des artistes de la scène et du cirque.

Au cours de sa vie, il essaya, en vain, de créer un cirque. Épisode relaté par Nanette Workman qui fut sa choriste et…un peu plus. Il était beau, sexy, se maria quatre fois, et plaisait autant aux femmes qu'aux hommes; il séduisait les unes et il inspirait les autres.

02_johnny_J_ai_tout_donneDans un documentaire qui lui était consacré, un jeune homme déchirait sa chemise en l'appelant. Dans ce même documentaire, J'ai tout donné (François Reichenbach, 1971) Johnny et Sylvie, sa première épouse, sont filmés sous l'eau pour une scène à caractère érotique.

Dans sa jeunesse, Johnny avait suivi des cours de théâtre. Il a joué dans plusieurs films et au théâtre dans Paradis sur terre, une pièce de Tennessee Williams, un dramaturge qu'il admirait. Comme Jean D'Ormesson, il a tourné pour Jean-Luc Godard : il incarnait l'impresario d'un boxeur, Jim Fox Warner, dans Détectives en 1984. Pour Claude Lelouch, il est devenu un photographe ayant couvert des zones de guerre dans Salaud, on t'aime. Voir mon analyse de ce film dans ma chronique d'octobre 2014.

Johnny était resté traumatisé par l'abandon de son géniteur. Timide et doutant de lui, craignant la solitude et l'abandon, lorsque sa première épouse, Sylvie Vartan,  le quitta, il tenta de se suicider en 1966.

À l'enterrement de son géniteur, il était seul. Il avait dit que comme lui, il n'y aurait personne à ses funérailles. Le 9 décembre 2017, pour voir le passage de son cercueil sur les Champs-Élysées, s'étaient rassemblées plus d'un million de personnes.

EN PRÉPARATION

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Se poursuit la préparation du film Charlotte a du fun , réalisation de Sophie Lorain d'après un scénario de Catherine Léger. Trois jeunes filles affrontent leur premier emploi pendant la période de Fêtes dans le magasin Jouets Dépôt. Charlotte, Mégane et Aube côtoient les gars du magasin, qui ne sont pas sans charme. Le film arrivera sur les écrans du Québec le 2 mars 2018.

Aussi en mars, sortira le documentaire de Serge Giguère : Les lettres de ma mère. Développé à partir d'une centaine de lettres écrites par la mère de Giguère à sa sœur dans les années 50, le film cumule saynètes en silhouettes des tâches de la mère, animations et reproduction à grande échelles de photos ainsi que des entrevues avec les frères et sœurs de cette famille, autour de la mère courage de 16 enfants. Le documentaire a été produit par Les Films du Rapide-Blanc.

EN BREF

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La situation grave et désespérante des agriculteurs ne sera jamais trop décrite. Aussi, pour favoriser la connaissance de la réalité de ceux qui se consacrent à nourrir les villes, la Cinémathèque Québécoise a projeté jusqu'au 22 décembre 2017 la réalisation de Mathieu Roy Les Dépossédés. Rappelons que du 8 janvier au mardi 23 janvier 2018 se poursuit, toujours à la Cinémathèque Québécoise, les projections du cycle Films noirs, films d'angoisse alors que le 10 janvier le cycle Les Romanciers invités reprend. Quant aux projections en association avec Éléphant, mémoire du cinéma québécois,  le 26 janvier 2018 elles recommencent avec Le Gros Bill (Jean-Yves Bigras et René Delacroix, 1949).

André Dudemaine, de la nation Innue, un des fondateurs de Terres en vue et directeur du festival Présence autochtone, a été honoré par le Prix Droits et Libertés de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec et a reçu un doctorat honoris causa de l'Université de Montréal.

Le film Venus de la réalisatrice Eisha Marjara s'est mérité le Prix EDA au Festival du film de Whistler. Le scénario développe l'affranchissement des stéréotypes de genre à travers le personnage d'une femme transgenre d'origine indienne qui découvre qu'elle a un fils blanc lorsqu'il arrive dans sa vie.

Ce mois-ci commence au Cinéma Beaubien et au Cinéma du Parc la projection des courts métrages du Festival Plein(s) Écran(s). Tout au long de 2018 un court métrage précédera un long métrage lors d'une projection en salle ce qui complètera la diffusion via Internet. Lors du Festival, le palmarès avait récompensé sept cinéastes : le Prix Télérama a été remis à Panthéon Discount, de Stéphan Castang. Goût Bacon d'Emma Benestan a remporté le Prix du Public (France).  Le court métrage québécois   Amen, de Marie-Hélène Viens et Philippe Lupien a remporté le Prix du Jury Étudiant, présenté par Québec Cinéma. Le Prix du Public (Québec) a été accordé au court métrage uqamien Bête Noire de Michaël Charron qui a accumulé 664 partages et récolté plus de 87 000 visionnements. Le Prix du Jury, présenté par Département Caméra/CINEPOOL a été remis à Mme Wang de Giuliano Bossa. Finalement, le Grand Prix Plein(s) Écran (s), présenté par Post-Moderne, a été remis à Ruby pleine de marde de Jean-Guillaume Bastien.

06_en_brefLe réalisateur Tom Tykwer sera à la tête du Jury de la 68e édition de Berlinale qui se tiendra du 15 au 25 février 2018 sous l'égide de son caractéristique Ours.  Aussi, lors du Festival International du Film de Berlin, le film de Wes Anderson Isle of Dogs sera présenté en ouverture au Berlinale Palast. Le lendemain, la restauration du film muet de 1923  Das alte Gesetz The ancient law du réalisateur Ewald André Dupont sera projetée accompagnée d'une récente composition de Philippe Schoeller au Friedrichstadt-Palast.

D'autres parts, sont désormais disponibles en DVD , et le film Sage Femme de Martin Provost et le documentaire Hôtel La Louisiane, réalisé par  Michel La Veaux. Cet hôtel est situé à Paris et, entre autres, a abrité l'histoire d'amour de Juliette Greco et Miles Davis.

EN SOUVENIR : LA RÉPLIQUE DU MOIS

Au Québec, on lutte contre la pauvreté en s'attaquant aux pauvres. En France, les sans emplois sont qualifiés de paresseux. Les pauvres sont victimes de préjugés. 40% des démunis au Québec ont un emploi. 60% des diplômés en France ont peur de devenir des pauvres. Nous vivons sur une planète où l'espèce dominante, les humains ont échoués à établir l'égalité socio-économique.

Or, les pauvres ne ressemblent pas aux politiciens, membres de conseil d'administration, corrupteurs, voleurs et autres malhonnêtes qui n'aspirent avec leurs parachutes dorés, leurs primes de départ, leurs bonus à l'incompétence, qu'à déguerpir dans un pays sans entente d'extraditions pour pouvoir y paresser. En effet, les pauvres qui ne sont pas accaparés par l'endurance d'un emploi déshumanisant se dévouent tellement bénévolement que Sœur Nicole Jetté, militante pour les droits des personnes assistées sociales,  déclarait : « Si les pauvres se mettaient en grève une journée, la société cesserait de fonctionner. »

Dans la contestation d'un revenu minimum de base garanti, les financiers, politiciens, banquiers, économistes et autres handicapés de la conscience et du cœur, ignorent les considérations telles que l'occasion d'exceller, l'actualisation du potentiel, la suite de la formation, la concrétisation des idéaux, l'augmentation de l'expérience, l'occupation selon la vocation, la consécration à une passion, l'action qui permet l'accomplissement de soi et la participation à un présent meilleur et à un avenir attrayant.

Les jeunes ne s'épanouissent pas à l'école et les adultes ne sont pas heureux au travail. Nous vivons donc une ère d'incompétence, de médiocrité, de cruauté qui entraine des actes violents, des gestes fatals, en constante augmentation.

07_les_barbouzesRefuser de l'admettre, c'est trahir le langage. L'être humain a consacré des millénaires à développer le langage et en quelques secondes des gens choisissent de ne pas utiliser le langage en accord avec le réel. Ce qui n'a rien d'aidant.

Mais, pourquoi cette propension au mensonge? Dans une réalisation de Georges Lautner, avec des dialogues de Michel Audiard, dans le film Les Barbouzes, le personnage de Francis, joué par Lino Ventura, déclare à Amaranthe, interprétée par Mireille Darc : « La vérité n'est jamais amusante à dire; sinon, tout le monde la dirait ».