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Chronique cinéma
Juin 2015

 par Lucie Poirier, journaliste-analyste

EN ENTREVUE

Des films, d'hier, d'aujourd'hui, nous prouvent que des femmes assument des responsabilités qui déconcertent des hommes. Par des confidences ou avec de l'action, Les filles du roy, Le commerce du sexe, La French montrent la convocation des femmes dans des milieux d'hommes.

Christine_et_Lucie_pour_Les_DamesLes Dames du Doc

Christine Chevarie, membre du C.A. de Réalisatrices Équitables, coordonnatrice du Ciné -Club Les Dames du Doc m'a précisé la volonté du groupe :

« Les Réalisatrices Équitables, depuis 2007, nous voulons valoriser le travail des réalisatrices. Nous savons la disproportion dans l'accès au financement entre les femmes et les hommes. Des études ont permis de constater l'influence du genre à la réalisation. La réalisation masculine a pour conséquence que le personnage masculin sera le personnage important alors que les personnages féminins sont en moins grand nombre et plus sexualisés. On voudrait voir une diversité de rôles à l'écran. »

« Nous avons eu des activités pour les réalisatrices de fiction donc nous axons maintenant nos rencontres sur le travail des réalisatrices de documentaires avec ce Ciné-Club, Les Dames du Doc dont nous prévoyons 6 séances mensuelles. Nous développons aussi un répertoire en ligne des réalisatrices du Québec et des capsules vidéos. »

« Nous allons revoir des documentaires marquants, tenir compte de la thématique, des époques, des générations et du style de la réalisatrice qui sera présente. Elle va prendre la parole et nous raconté 3 histoires vraies de sa vie. Ce soir Anne-Claire Poirier va parler de son Lucie_et_Anne-Claire_Poirierdocumentaire Les filles du roy. Puisque les femmes se sont beaucoup occupées de la cuisine nous avons des grilled-cheese au fer à repasser. Pour La fiancée de la vie de Carole Laganière, un documentaire dans lequel des enfants parlent du deuil,  il y aura du punch et des sandwichs de couleur pas de croute. »

« Grâce à PRIM, il y a un transfert des plus anciens films et cela fait une copie pour la réalisatrice. Après la projection, une période de questions et réponses précède l'occasion pour les personnes présentes de rester pour converser. Le comité de programmation visionne beaucoup de films dans un style poétique, militant, à caractère social puis nous invitons une réalisatrice à l'aise de parler. Nous voulons montrer des femmes en action, inventrices. Il y a l'Institut Geena Davis aux États-Unis avec un mandat qui se résume par If she can see it she can be it, pour exprimer Si elle voit cela elle peut le faire. »

Quant à Christine Chevarie, elle a réalisé, entre autres, La comédienne d'Amérique avec Suzanne Champagne, qui a été projeté en mars au Festival international de films de femmes de Créteil en France. Son court métrage Quand tout est possible a remporté le Concours de la relève documentaire de Canal D en 2013.

EN ANALYSE

Filles_du_RoyLes filles du roy

Devant l'image de Johnny Depp et son fer à repasser dans Benny and Joon, Anne-Claire Poirier a été présentée : première femme à l'ONF, elle a donné une place à la femme devant et derrière la caméra. Elle a eu l'initiative de parler de sujets qui touchent la femme. Grâce à elle, les femmes étaient représentées, elles se voyaient. Lors de la diffusion de son documentaire les femmes ont téléphoné massivement à l'ONF.

Anne-Claire Poirier a rappelé qu'elle a travaillé avec Marthe Blackburn, scénariste, « On en a peu parlé alors qu'elle a apporté beaucoup. Il y a des gens qu'on rencontre qui nous rendent meilleures. Nous étions très différentes l'une de l'autre mais chacune élevait l'autre. La réalisation est un travail qui habitue à être avec les autres, à s'accorder pour dire une chose en image. »

Elle a ajouté : « J'ai travaillé avec des hommes presque toute ma vie. Maintenant, une femme doit tout faire seule alors que moi quelqu'un d'autre me libérait par exemple d'être à la caméra. Déjà la réalisation occupe la concentration. Le cinéma que j'ai vécu était un travail d'équipe. Claude Jutra et Michel Brault sont les 2 avec lesquels j'ai le plus travaillé au point de n'avoir même plus à se parler. »

Elle a aussi rappelé qu'un « silence a été l'occasion d'une grande amitié » Lors d'un colloque un japonais ne parlait ni anglais ni français et Anne-Claire devait « s'en occuper ». Il savait les mots western et whisky. Ensemble, ils ont vu des films et ils ont bu. Puis, est arrivé le Père Chicoine un dominicain pouvant traduire le monsieur, nul autre que Masaki Kobayashi qui a présenté le dernier de sa trilogie de films : La condition  de l'homme. « En une après-midi tout ce qu'il a dit valait tout le colloque. Il est magnifique dans la vie de rencontrer des gens merveilleux. »

Le film Les filles du Roy ouvre avec un plan qui rappel la peinture de Lemieux. « Fallait donc être fous, fallait donc qu'on s'aime pour croire qu'on ferait des enfants qui seraient un peuple ». Ce documentaire rappelle l'Histoire du Québec à travers le parcours des femmes.

Se succèdent des thèmes : L'inventivité spécifiquement féminine pour répondre à un besoin tout en créant des œuvres d'art : la catalogne, les piqués, les ceintures fléchées . L'infidélité de l'homme qui trompe sa femme avec l'Indienne.

1760 et ses conséquences, elle devient la femme d'un colonisé. La Corriveau à 30 ans est jugée lors d'un procès où l'accusée et les témoins ne parlent pas la langue dans laquelle tout se déroule : l'anglais. « Une femme criminelle c'est toujours pire qu'un homme criminel. » Une femme qui avorte est une criminelle, l'homme qui couche, se vante.

Puis, la place de la femme n'a plus été à la maison. La femme devait elle aussi participé au fonctionnement capitaliste sans négligé son devoir au foyer. « Je suis venue quand tu as eu besoin de mes services ». Elle a occupé des emplois dits féminins, répétitifs, déshumanisés, sans créativité mais avec servilité : les fameuses machines à coudre des manufactures, la jolie secrétaire, la puéricultrice, l'indispensable femme de ménage et l'opératrice de keypunch. Deux scènes sont particulièrement éloquentes, la secrétaire téléphone pour commander les roses que son patron envoie à son épouse pour leur 14 ans de mariage c'est déjà une énormité, mais à cette tâche s'ajoute sa délicatesse créative, c'est elle qui pense à ajouter 2 roses à la douzaine. Une secrétaire, une autre, parle au téléphone et accepte de faire du temps supplémentaire, elle téléphone à sa gardienne, lui dit quoi préparer pour le repas de son fils et ajoute que pour son mari, Claude, elle-même lui fera son repas quand elle arrivera . Ô ce temps où un homme se caractérisait par ce qu'il n'était pas capable de faire et non par ses capacités.

Les images défilent : la femme coud, étend le linge, fait la cuisine, aide aux devoirs, nourrit le bébé, soigne la blessure de l'enfant, est religieuse. « J'ai le temps je suis une femme qui ne travaille pas ».

Et la femme est barmaid et à partir de là danseuse nue. « Je danse quasiment nue pis t'as encore jamais su comment me regarder. C'est vrai qu'on parle en mal de moi. Il est temps qu'on se le reprenne pour nous autres notre corps, avec ma vie marquée dedans ». Pendant qu'elle affirme, aussi elle interroge : « Â quoi penses-tu à coup de fusil? À quoi penses-tu à coup d'argent? »

Anne-Claire a remarqué que la scène avec les religieuses était aussi importante que celle avec l'Amérindienne. Grâce à Marcel Trudel elle a appris que 75% des québécois ont du sang amérindien. Elle-même est de descendance Abénaqui. Ce sont les religieuses qui ont soigné et éduqué en français. D'ailleurs dans les films faits par les femmes la langue est toujours mieux parlée. Il y a eu une effervescence artistique au Québec avec l'indépendantisme, il était plus facile d'oser, c'était plus stimulant. Aujourd'hui on ne pourrait pas envisager un projet de 6 films faits par des femmes au sujet des femmes, projet dans lequel s'inscrivait le documentaire Les filles du Roy. On dit que les choses ont changé, pourtant un tel projet aujourd'hui ne pourrait pas se faire .

Le Ciné-Club Les Dames du Doc a lieu à L'Association des ARRQ 5154 rue Saint -Hubert à Montréal, Québec, Canada.

Donc, c'est toujours actuel que les femmes soient au service des hommes.

Et, de plus en plus, au service sexuel des hommes.

le_commerce_du_sexe Le commerce du sexe

Eve Lamont avait précédemment tourné L'imposture dans lequel elle avait recueilli les témoignages de prostituées qui tentaient ou étaient parvenues à quitter cet enfer. Elle présente maintenant Le commerce du sexe dans lequel, à nouveau, des prostituées témoignent ainsi que des clients et des prostitueurs; de plus, Dominic Monchamp sergent détective et superviseur des enquêtes du Service de police de la Ville de Montréal (Montréal Ouest), Victor Malarek, journaliste de conviction rare, et auteur de livres sur la prostitution, Gail Dines, sociologue fondatrice de Stop Porn Culture et auteure de Pornland : How Porn Has Hijacked our sexuality comment la porno a pris notre sexualité en otage et Rita Acosta du Mouvement contre le viol et l'inceste,  interviennent en fonction de leur spécialisation.

La prostitution est présentée comme un univers glamour, facile, payant et ces idées préconçues circulent plus que jamais malgré leur contradiction  avec la réalité.

La femme est un objet, véritablement. Le film débute avec le corps d'une femme utilisé en tant qu'assiette pour manger des sushis. Des hommes se disculpent en prétendant que la fille est consentante. Un prostitueur déclare avec aisance que c'est de l'argent facile pour la fille. Qu'en est-il vraiment?

Dans les bars, les filles doivent payer le Service Bar et une amende si elles se présentent en retard, c'est la municipalité qui l'exige. Nos élus municipaux reçoivent l'argent des prostituées. Dans le miroitant monde de la prostitution de luxe où le pimp promet à la femme de faire 15 000$ en deux semaines si elle va aux États-Unis; or, elle doit payer son billet d'avion, sa chambre, le mini bar, les repas, ses vêtements et cosmétiques ainsi que les condoms. Les prostituées se retrouvent avec des déficits, des dettes.

Elles doivent payer. Certaines doivent acheter leur liberté à leur pimp en lui donnant jusqu'à 50 000$. Le pimp veut avoir toujours plus de filles qui travaillent pour lui, une fille peut rapporter jusqu'à 100 000$ par année. Les gens qui idéalisent la légalisation de la prostitution sont dans le déni total, ce commerce est tellement lucratif que le crime organisé ne s'en retirera jamais. Les hommes veulent payer pour du sexe et la prostitution c'est aussi payant que la drogue et les armes. 

Les filles qui sont prises dans cet engrenage commencent très jeunes. À 14 ans certaines travaillent dans les bars sans que quelqu'un s'assure de leur âge alors qu'elles sont mineures. Pedro, un pimp de 17 ans, membre d'un gang de rue, décrit sa façon de procéder pour recruter des filles, un autre pimp complète ses propos. Il faut beaucoup de psychologie. Pendant 2 semaines l'homme se comporte en vrai gentleman, la fille a confiance, puis elle doit rembourser. Les filles ont des blessures, le père l'a violée, sa famille la rejette. L'une d'elle admet que son grand-père l'a violée quand elle avait 4 ans, puis l'année suivante il l'a introduite dans un réseau de pédophiles. « Pour survivre, c'est se geler. Parce qu'ils paient, ils pensent qu'ils peuvent tout ».

Qui sont ces clients qui n'ont pas de remords ainsi que le remarque Victor Mallarek. Ce sont des hommes qui se comportent comme dans une fraternité. Ils écrivent, échangent sur le net, ils évaluent les prostituées et ce qu'elles font. Le prostitueur empire ses exigences envers celles qui travaillent pour lui. « Ils notent et ils se vantent constamment ».

Un client témoigne et ses propos expriment un grand manque de confiance en lui. Il parle du plaisir de se faire courir après parce que dans les bars les danseuses viennent à lui.

« Le pimp, il se fiche totalement de cette femme » mentionne Malarek. Effectivement, une jeune femme témoigne que dans un salon de massage une fille avait refusé la pénétration anale, le client l'a violée et a laissé 20$ et la tenancière du salon de massage n'a pas aidée la fille ensanglantée. La porno est devenue la norme; une femme ne dit pas non dans la porno donc une femme dans la prostitution ne dit pas non elle non plus. Nous sommes transformés par les images de la porno. Donc, il a tort le prostitueur qui déclare : « C'est pas plus dur pour les femmes c'est elles qui décident ». Surtout, quand une prostituée asiatique parle de sa relation avec son pimp : « J'ai jamais été aussi contrôlée de ma vie ». Elle précise aussi le racisme dans les préjugés, parce qu'elle est asiatique, elle est supposée être soumise, elle doit donner plus, jusqu'à répondre aux demandes dégradantes, déviantes.

Dominic Monchamp le reconnait Montréal est un lieu idéal pour la prostitution. Seule Las Vegas est comparable. Il y a les clubs de danseuses, les salons de massage, les escortes « Tu peux te commander une fille comme une pizza ». Encore, la femme-objet .

La violence est une autre composante inéluctable de la prostitution. Une fille qui veut travailler chez-elle est en danger. Un pimp lui téléphone à répétition pour la recruter, elle refuse mais elle redoute qu'il se fasse passer pour un client et qu'il la batte chez-elle. Le proxénète Bolton qui se dit chanteur sous le pseudonyme Frost avait battu une de ses prostituées en la frappant contre un mur de briques, il lui a cassé le nez.

Les traumatismes sont si grands que certaines victimes ont des « black out ». Une fille dit : « Je me lève le matin et je suis démolie de ma journée d'avant ». La prostituée de luxe, celle qui est supposée vivre une existence de rêve, conclut : « On ne peut pas exister quand on est une travailleuse du sexe ».

Le film d'Éve Lamont Le commerce du sexe intervient dans une période où les tentatives pour banaliser cet esclavage sont incessantes. La réalisatrice a su articuler un discours fait de témoignages pertinents dans une narration argumentée. Elle laisse la parole aux gens qui prouvent l'énormité du drame, de la tragédie qui consiste en l'avilissement de la moitié de l'humanité.

Je l'affirme encore il ne peut y avoir de prostitution, de pornographie, qu'à cause de la misère; misère économique, misère psychologique. Quant à l'ignominieuse déclaration selon laquelle c'est le plus vieux métier du monde, je vous réfère à l'auteur Richard Poulin qui rappelle que chez les Amérindiens, il n'y avait pas de prostitution. Avec le développement de marchés, d'échanges marchands, est apparu le système prostitutionnel. De plus, ses liens avec la guerre sont observables. Aujourd'hui, de nombreuses Amérindiennes survivent misérablement dans la prostitution, et on le sait avec l'affaire Pickton, plusieurs y meurent. D'ailleurs, c'est dans le monde de la porno et de la prostitution qu'il y a le plus grand nombre de suicides.

Du commerce du sexe, passons au commerce de la drogue.

la_frenchLa French

Le film de Cedric Jimenez La French est un succès de contextualisation et d'humanisation.

Par l'image et par le texte, le réalisateur a précisé les circonstances pour mieux nous amener dans la ville de Marseille de 1966 à 1975 en plein drame criminel : Marseille est la plaque tournante du trafic de la drogue, pas seulement européen mais mondial . Nixon aux États-Unis blâme Marseille pour l'invasion de la drogue après la mort d'un garçon de douze ans. Puisque les Américains sont contrariés, il faut donc réagir et on transfert le juge Pierre Michel de Metz à Marseille. Il va tout faire faire pour démanteler la French Connection.  D'abord, des scènes d'archives, d'actualités, nous ramènent à cette époque. Puis, les costumes et la musique nous y maintiennent.

Des gros plans de seringues, de ventes dans la rue, le parcours de la drogue dissimulée dans des boîtes de conserves de France jusqu'aux États-Unis. Bardot et Gainsbourg, These boots are made for walking, Bang Bang de Sheila, les robes en polyester, les discothèques, les conversations sur John Travolta participent à l'ambiance de cette période où les sensations fortes étaient recherchées sans la peur des conséquences.

Dès le début du film, une alternance de scènes simultanées suggèrent les similitudes des deux adversaires : Zampa, l'italien qui vit à Marseille et trafique la drogue des Turcs se baigne avec sa famille alors que Pierre Michel, catapulté depuis la cour juvénile au grand banditisme, est lui aussi dans sa piscine avec sa femme et ses deux filles. Pour les scénaristes Audrey Diwan et Cedric Jimenez il importait de ne pas tomber dans le manichéisme, un bon et un méchant. On suit les comportements de deux êtres humains qui ont plusieurs dimensions.

Les personnages sont nuancés. Gaëtan Zampa, parrain de la mafia, est d'abord présenté comme un homme capable de cruauté mais régulièrement on le voit avec sa femme et ses enfants. Gilles Lellouche, qui l'interprète, a affirmé l'importance du travail d'équipe : « J'ai fait entièrement confiance à la mise en scène de Cédric, à son scénario et à ses dialogues. Et c'est un contrat tacite que j'avais avec mes partenaires. Sans eux, je n'aurais pas cette autorité-là. Si lorsque j'arrive dans une pièce, on voit une crainte dans leur regard, je n'ai pas à jouer l'autorité, ni là la souligner d'un regard méchant. À la limite, ce sont eux qui jouent la situation, ce n'est pas moi. De mon côté , je n'ai qu'à recevoir leur peur et à leur renvoyer quelque chose de calme. La force tranquille, en somme! »

Le juge Pierre Michel ressent de la compassion pour les victimes et exprime de l'amour pour sa famille. Le personnage du juge est élaboré dans la révélation des aspects de sa détermination. Certes, il met sa conviction au service des victimes mais cette force lui vient de sa vulnérabilité; il est accro à l'excitation que lui procure sa traque de la criminalité. Les scénaristes ont tenu à nous faire savoir qu'il avait un passé de joueur compulsif; il reste donc dépendant de l'adrénaline qui le fait carburer sans répit. Le jeu comme la traque le captive ce qui est particulièrement évident dans la scène de nuit où Pierre en moto ne peut s'empêcher de suivre Zampa. Pourtant, il parvient aussi à écouter sa fille réciter Je suis comme je suis de Jacques Prévert, à fêter avec des amis , à rire avec sa femme; mais l'insomnie trahit la constance de sa préoccupation.

Les scénaristes ont aussi mis en évidence la tromperie que recèle une version officielle : des deux policiers félicités pour leur travail, l'un ne s'intéresse qu'à la pêche et n'a jamais fait obstacle aux bandits et l'autre est un complice du gang.

Une scène est porteuse de plusieurs thèmes : le juge Michel fut le premier à incarcérer les épouses des bandits. Donc, dans le film on constate que Bruno n'est pas inquiété parce que ses affaires louches sont au nom de sa femme. Michel arrête la femme. Bruno se précipite chez Zampa et se lamente d'avoir à s'occuper de ses enfants; découragé, dépassé, exténué, il s'écrit : « J'aimerais mieux être en prison ».

Des scènes d'action nous rappellent qu'il s'agit de criminalité, mais, l'aspect humain n'est jamais occulté. Les héros sont tristes. Une seule scène réunit les deux hommes qui se jaugent et s'affrontent alors qu'ils auraient pu, peut-être, devenir amis en d'autres circonstances. De nous avoir suggéré cette possibilité est aussi un autre des mérites de La French que l'on peut considérer comme un grand film.

EN PRÉPARATION

Après cette réussite que constitue donc le film La French, Cédric Jimenez se prépare à tourner à Pragues et à Budapest avec la même équipe technique, le même producteur Ilan Goldman et la même co-scénariste Audrey Diwan. Sous le titre HHHH,  il tournera l'adaptation du roman de Laurent Binet dans lequel l'officier nazi Reinhard Heydrich est tué par deux parachutistes de la résistance. Jason Clarke sera Heydrich et Rosamund Pike interprétera sa femme. Si le casting est international, la base reste française. On peut donc espérez qu'encore une fois l'action sera accompagnée de nuances et de subtilités.

 

 

 

BANDES ANNONCES

FILMS RÉFÉRÉS DANS LA CHRONIQUE:

  • Les Filles du Roy Anne-Claire Poirier 1974
  • La Fiancée de la Vie Carole Laganière 2001
  • La comédienne d'Amérique Christine Chevarie 2013
  • Quand tout est possible Christine Chevarie 2013
  • La condition de l'homme Masaki Kobayashi 1959-1962
  • L'imposture Eve Lamont 2010
  • Le commerce du sexe Eve Lamont 2015
  • La French Cédric Jimenez 2014
  • HHHH Cédric Jimenez en pré-production
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