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Chronique cinéma
Mai 2016

 par Lucie Poirier, journaliste-analyste

Avant les rues, Crushed et la Fête du Cinéma.

Le film Avant les rues au Québec

L01_avant_les_rues_affichea caméra de Glauco Bermudez dans le film Avant les rues signe la cohérence et la facture artistique de ce premier long métrage de Chloé Leriche. Les personnages s'expriment en langue atikamekw et l'action se déroule dans la réserve amérindienne de Manawan, dans Lanaudière (au nord du Québec, Canada). Chloé a aussi scénarisé, produit et monté cette fiction pour laquelle elle a convié des acteurs non professionnels côtoyant des comédiens d'expérience dont Martin Dubreuil et l'artiste et chanteur Jacques Newashish.

Dans la réalité, Rykko Bellemare participe au groupe de musique Northern Voice et a gagné des concours de danses traditionnelles autochtones; dans la fiction, en tant que Shawnouk, il ouvre le film en chantant avec sa sœur Kwena au bord de l'eau. En exergue, une citation de Hubert Reeves nous fait remarquer « Personne ne sait exactement comment sont les choses quand on ne les regarde pas ». Puis, la mère de Shawnouk lui demande : « T'es où quand t'es pas ici? ». Pendant le film, retour aux citations d'Hubert Reeves pour apprendre que la lumière des étoiles mortes, la noirceur de la nuit, sont des preuves que la vie n'est pas éternelle. L'évocation du passé, la description du  présent, l'importance de l'avenir s'imbriquent avec poésie et philosophie.

Dès le début, le travail de la caméra induit une des intentions, une des significations, une des interrogations du film qui foisonne de pistes de réflexions : dans une très belle scène, des enfants en vélo roulent vers la caméra qui recule. Les enfants et leur avenir, les enfants avançant, le sort de la prochaine génération, s'avèrent, de façon sous -jacente, les profonds sujets du film à travers quelques jours dans la vie de Shawnouk.

Les acteurs du film ont souvent été captés dès la première prise de vue pour saisir leurs émotions davantage que dans une interprétation du rôle. Ce coté âpre, brut, réaliste, confère aux scènes une authenticité dont l'impact atteint immédiatement tout en instillant un effet grandissant.

Le titre du film en français est un syntagme du titre en langue atikamekw : « Le tambour qu'il y avait avant les rues ». D'ailleurs, le mot tambour signifie plus que l'instrument de musique, il exprime le rythme de la vie, le battement de cœur. Bien que toute la population de la réserve parle atikamekw, que cette langue soit vivante, elle n'en est pas moins menacée.

Shawnouk mène une vie un peu désinvolte, il vit avec sa mère et son beau-père, policier sur la réserve ainsi que sa sœur et le bébé de celle-ci. Il personnifie des guerriers dans les dunes, se promène en quatre roues boit de la bière et accepte d'aller avec Thomas, un gars de la ville, prendre ce qu'il y a dans des chalets de chasseurs. Dans l'un d'eux il se fait photographier en arborant une arme et un air de dur. Il s'empare d'un walkman contenant un enregistrement narré par Hubert Reeves. Mais, quand un monsieur surgit pour leur demander s'ils ont besoin d'aide avec leur véhicule, Thomas, qui veut le tirer, est tué par Shawnouk.

Alors qu'il fuit dans les bois, le monsieur témoigne qu'il a vraiment été protégé par lui. Son beau-père dissimule le portefeuille qu'il a trouvé et qui l'assure que Shawnouk a participé aux délits.

Dans son errance, il écoute l'audiocassette et fait la connaissance d'une fille qui sait dire l'heure en regardant le soleil. Il est aussi conseillé par une vieille femme. Dirigé vers l'île des loups pour participer aux séances dans la tente de sudation, il revient d'abord vers son beau-père et essaie de travailler. Mais, son refus d'asphyxier des chiens, l'élimination des photos avec l'arme, révèlent l'affirmation d'un aspect où le respect de la vie importe. Il travaille à faire du ménage pendant que des jeunes lui reprochent de donner le mauvais exemple en travaillant.

Dans la maison qui abrite trois générations de femmes, sa mère, sa sœur, sa nièce et où vit aussi son beau-père, il tente de se pendre. Il est sauvé et dit : « Je ne peux plus me regarder en face ». Après un cadrage sur les branches, sur l'écorce, il rencontre des hommes pour participer à la tente de sudation. Les 6 participants se confient : « Ce que je porte est lourd » « On dit que je ne m'occupe pas de mes enfants » « Chaque fin de semaine je bois ». L'affiche du film est extraite du déroulement de la séance.

Après un gros plan de la mousse sur le sol, il revient à sa famille. Le cheminement pour sa rédemption s'est fait à travers la prise de parole, en compagnie d'hommes qui ont utilisé le langage verbal, lors de cérémonials ancestraux.

Avec la réalisation de Chloé Leriche Avant les rues, nous voyons enfin un film de fiction entièrement en atikamekw, une langue autochtone, nous sommes invités dans un accompagnement, qui à travers une œuvre d'imagination, nous permet d'aborder des aspects inusités des Premières Nations grâce à une caméra et une réalisation d'exception.

Le film Crushed en Australie

02_Crushed_en_AustralieC'est en pensées seulement que je pourrai être avec les personnes chanceuses qui vont assister à la projection du premier film réalisé par Megan Riakos : Crushed. En effet, le mercredi 4 mai 2016 à Sidney, le public pourra voir ce film. L'actrice Sarah Bishop l'a produit et elle y incarne le premier rôle avec le personnage d'Ellia Rose.

Après la mort de son père lors d'un accident survenu dans le vignoble familial, la jeune femme revient auprès des siens. Quand le décès est considéré comme un meurtre et que la mère est soupçonnée, Ellia entreprend de découvrir la vérité.

Le 4 mai, peu avant la projection, il y aura une dégustation de vins à 18h30. Puis, après le film, la réalisatrice, Megan Riakos, et l'acteur Les Hill, qui incarne David Rose, discuteront avec le public de ce film tourné dans la superbe région vinicole de Mudgee.

Une belle soirée en perspective.

La Fête du cinéma à Montréal

03_homme_camera_1929Le 20 et le 21 mai 2016, à Montréal, Québec, Canada, se déroulera la Fête du cinéma dans les locaux de la Cinémathèque Québécoise 335 boulevard de  Maisonneuve est. Disponible sur place depuis le 29 avril, un passeport, au coût de 10$ et sous réserve des places libres, permettra de participer aux activités.

Le réalisateur François Girard sera présent pour la projection de la version restaurée de son court métrage Suspect no 1 et de son long métrage 32 films brefs sur Glen Gould. Le réalisateur Martin Talbot commentera le film de Jacques Demy : Les demoiselles de Rochefort avec les sœurs Catherine Deneuve et Françoise Dorléac.

Aussi, Pierre-Yves Martel va assurer l'accompagnement musical du film L'homme à la caméra de Dziga Vertov, un classique.

Seront aussi projetés les longs métrages : Buffalo Bill ans the Indians or Sitting Bulls's History Lesson (aprês les films brefs sur Glen Gould, ce n'est pas un titre bref) Dans ce film de Robert Altman, on pourra revoir Paul Newman faisant des bouffonneries. Audition OOdishon de Takashi Miike.  Bringing Up Baby de Howard Hawks.  Rock'n'roll High School  de Alla Arkush

Il y aura aussi le court métrage: Le courant faible de la rivière de Joel Vaudreuil. De plus ,   The Barber Shop et The Pharmacist de Arthur Ripley, ainsi que The Fatal Glass of Beerde Clyde Bruckman sont trois courts métrages qui constitueront un hommage à W .C. Fields.

La terrasse du Bar Salon de la cinémathèque accueillera les fêtards qui participeront à ce marathon cinéphilique de 2 jours.

La Fête du cinéma à la Cinémathèque Québécoise, le retour d'un bel événement.