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Chronique cinéma
Novembre 2015

 par Lucie Poirier, journaliste-analyste

Nous avons rendez-vous le samedi 21 novembre 2015 à 14 heures à la salle Pierre-Bourgault de l'UQAM. Je parlerai de mon admiration pour la pionnière du cinéma Alice Guy pendant Éléphant ClassiQ.

11_RIDMCe mois-ci, les RIDM, Cinémania et Éléphant ClassiQ vont attirer les cinéphiles. Aussi, Guibord s'en va-t-en guerre, Rémi Girard est ambassadeur, les Espoirs du cinéma québécois sont remarqués : tout cela pendant que certains mènent une Chienne de vie.

EN ANALYSE

Chienne de vie

01_Chienne_de_vie« Je voulais avoir un ami pour la vie. » « Mon père me chicanait pis j'allais ramper dans la cabane du chien. » « On touche tous le fond. » « It's not an easy life at all. »

Nous constituons une société de ratés; nous avons échoué à établir l'égalité socio-économique. Des femmes, des hommes, souffrent pendant que d'autres sont favorisés, privilégiés, sublimisés. La réalisatrice Hélène Choquette a donné la parole aux exclus, aux persécutés, aux massacrés de notre société qui trouvent leur unique réconfort dans la relation affective qu'ils ont développée avec un autre être vivant : leur chien.

Pour son documentaire Chienne de vie, Hélène Choquette était déterminée par ses observations : « La rue écorche les gens tout autant que les animaux qui l'habitent (...) j'ai aperçu un jeune itinérant qui gisait (…) Le Berger Allemand à cran jappait pour ranimer son maître en vain (…) le jeune était amené à l'hôpital (…) Quel sens aurait sa vie s'il ne retrouvait pas son animal, tous deux veillant l'un sur l'autre? »

Elle est donc allée à la rencontre de la Belle et la Bête; la belle âme sensible et son chien.

À Montréal, à Toronto, en été, en hiver, dans le documentaire Chienne de vie, sept personnes itinérantes, âgées entre 22 et 52 ans expriment à quel point leur animal est essentiel à leur vie. L'un d'eux admet qu'après 26 ans de prison, quand il a eu son chien, il a arrêté le crime. Un autre reconnaît que son chien l'a fait cesser de consommer de la drogue. Sandy se souvient que lors d'un divorce difficile « Moxy, c'est elle qui s'est occupée de moi. Sans Moxy, je me serais suicidée »

Un homme, diagnostiqué bipolaire, parfois ne peut pas bouger, ni se lever le matin tant il est déprimé; il a deux Poméraniens, « two dogs for my stability ». Tous renoncent à un logement, une chambre ou un refuge au profit de la relation avec leur bête. « Mon chien m'empêche de me pêter la face ». Denis ajoute : « Je donnerais ma vie pour mon chien. Il me protège, je le protège ».

Steve dit : « J'aimerais mieux travailler que quêter ». Or, malgré un emploi, des gens sont itinérants; c'est une réalité peu admise. Pour d'autres « J'étais prêt à signer un bail mais dès que je disais Je suis sur le BS, j'ai un chien c'était Non ». Pour d'autres aussi : « J'ai pas une grosse pension, c'est pour ça que je dors dans mon char ». D'autres encore considèrent « Tant qu'à avoir des rats et des punaises dans mon logement, je suis aussi bien vivre dans mon char ». Mais, Denis qui avait un véhicule l'a trouvé un jour incendié. Car certains ne peuvent bouder leur plaisir à revictimiser des victimes. Geneviève, qui a de larges cicatrices au cou, raconte qu'elle a été agressée sous le viaduc, que trois filles ont été tuées là.

« La pluie, c'est le cauchemar pour les sans-abris » « L'automne, c'est une saison pour pleurer sa mère ». « Un appartement, c'est tout ce que je demandais à Dieu » Geneviève se retrouve sans Steve et sans chien, en larmes « La seule place où je me sens chez-nous c'est dans ses bras ». Dan B. confie : « J'ai passé 5 ans à vivre dehors avec Tamara » et  finalement, sa chienne et lui  louent un endroit où les normes de sécurité ne sont assurément pas respectées; il ajoute : « Là ici je sais pas si c'est une cage ou un appartement » avant de conclure « Tamara m'a donné confiance. Ensemble on est sorti de la rue mais la rue nous habite toujours ».

De toute beauté, ce documentaire émouvant et magnifique, Chienne de vie réalisé par Hélène Choquette, m'a rappelé trois citations : « Tout ce qui vit veut vivre à deux » Gabrielle Roy, « Personne, non personne, ne peut s'en sortir tout seul » Maya Angelou et « L'amour est notre vraie destinée. Nous ne trouvons pas le sens de la vie si nous sommes seuls. Nous le trouvons avec un autre « Thomas Merton.

Guibord s'en va-t-en guerrre

02_Guibord_s_en_va_en_guerreUn long plan hors-champs cadre Souverain Pascal, jeune de Port-au Prince, arrivant à Rapides-aux -Outardes, au Québec, alors qu'il écoute Steve Guibord, député indépendant. Après avoir reçu sa lettre de motivation de quinze pages, le politicien accueille l'Haïtien et ses statistiques, et ses citations, et ses livres de Rousseau, Montesquieu et de Tocqueville.

Pour rester « proche du monde » en célébrant l'installation du « gazébo de l'amitié » avec la mairesse de Chute-à-Philémon, Guibord va planter un arbre à 600 km de son comté. Puisque sa peur de l'avion l'a fait renoncer à sa carrière de hockeyeur, le député parcourt de très longues distances en auto. Fréquemment, des cartes géographiques apparaissent à l'écran, l'épouse de Guibord a un blouson avec un motif de cartes routières et des plans panoramiques en plongée nous permettent de considérer l'étendue très vaste du territoire.

Mais, des Amérindiens bloquent la route 119 pour protester contre l'exploitation de leur territoire, et des camionneuses et camionneurs occupent la route alternative; ils protestent contre le blocage de la 119 qui les empêche de travailler. Simultanément, Guibord apprend que le gouvernement fédéral, dans un projet intitulé Le Canada pour la liberté, veut envoyer l'armée au Moyen-Orient. Au Parlement, le vote est à 153 pour l'envoi et à 153 contre. Il ne reste qu'un vote et c'est celui de Guibord.

Souverain et Lune, la fille de Guibord, incitent le député à consulter ses électeurs puisqu'il n'a pas à suivre une ligne de parti, il est indépendant, et que cela, ainsi que le précise Souverain, va ouvrir une « fenêtre de démocratisation directe ». Le film devient un faisceau d'interventions diverses, une imbrication de réclamations mettant en évidence de nombreux enjeux.

Enfin au Québec, grâce au scénariste et réalisateur Philippe Falardeau, le thème politique constitue la trame d'un film. Enfin au Québec, avec l'aide de Stéphane Lafleur à l'écriture, une comédie est intelligente. Enfin au Québec, à partir d'une idée d'André Turpin, le cinéma critique les voix péremptoires entre démagogie, opportunisme et mythomanie qui amènent la population à un certain cynisme quand il est question de politique.

Des personnages aident le pauvre Guibord qui tente d'avancer malgré des dilemmes accentués: Souverain, sa fille Lune, son épouse Suzanne et même la futée journaliste Stéphanie. Le personnage de Jimmy, le jeune amputé,  nous rappelle que des Amérindiens ont combattu en Afghanistan, après qu'une mention en bande déroulante à la télévision nous ait informés de l'enlèvement de 67 écolières par Boko Haram.

Des détails ajoutent du charme à la drôlerie : Suzanne porte des boucles d'oreilles d'art amérindien et dort avec l'ancien chandail no 8 de son mari. Steve Guibord amène Souverain au bord d'une rivière où sa femme et lui se baignaient nus adolescents; ils avaient peinturé sur une roche : Sue et Steve 94. Le député se laisse aller à la confidence et raconte que Sue est la seule femme avec laquelle il a fait l'amour. Propos rare.

Contrastant avec ses condisciples véreux, Guibord se révèle un politicien sympathique. Il recourt à de petites ruses « Fais semblant de parler au téléphone » dit-il quand il est pris au dépourvu en plein barrage de la route 119 et qu'il veut suggérer que Souverain tente de rejoindre le ministre. Il déroge de la mégalomanie, de la cupidité et de l'hypocrisie si caractéristiques des politiciens. Lui qui n'est pourtant qu'un « back bencher », un député au dernier rang à l'assemblée, il n'accepte pas de vendre son vote pour un poste de ministre. Il avoue à sa fille avoir entrepris la consultation des électeurs , avoir utilisé les médias sociaux où elle excelle : « Pour me rapprocher de toi ». Il apprécie aussi l'amitié qu'il a développée avec Souverain. De plus, il exprime une réflexion inusitée : « Sortir de la politique la tête haute c'est impossible ».

D'autres détails instillent l'ironie : le Premier Ministre du Canada consacre beaucoup de temps à jouer de la musique : que ce soit au piano ou avec sa guitare à double manche . (On aurait pu le voir écoutant des épisodes de la série Murdoch Mysteries puisque Steven Harper a participé à l'un d'eux en jouant le rôle d'un policier.) 

En Haïti, grâce à Internet, une population toujours plus nombreuse suit les péripéties de Souverain et sa mère redoute même qu'il influence le député Guibord pour qu'il vote l'entrée en guerre. Quand le maire capitaliste de Rapides-aux-Outardes veut empêcher Guibord d'aller voter en faveur du pacifisme,  ce maire, donc, ramène la déclaration de Trudeau en 1970 : « Just watch me ».

L'action est enlevante grâce aux péripéties incessantes et aux liens avec le contexte réel. Les Amérindiens, les travailleurs, les ainés, les pacifistes, les jeunes sont tous représentés dans ce film. D'ailleurs, pour aller voter  Guibord fait une partie du trajet en canot avec les Amérindiens et l'autre partie en… Quelle peur ne surmonterions-nous pas pour la paix?

Rarement au Québec avons-nous un scénario aussi dense, des personnages si éloquents et des dialogues tellement consistants. À la fin de son film Guibord s'en va-t -en guerre, Philippe Falardeau nous annonce « Comme à Hollywood il y aura une suite ».

EN RENCONTRES

Ciné-Rencontre Excentris

Lorsque je me suis  entretenue avec l'acteur Rémi 03_Remi_Girard_et_LucieGirard, je lui ai demandé ce qui, au cours de sa carrière émérite, lui avait laissé le plus beau souvenir. J'avoue que j'avais supposé sa réponse. Et vous, que croyez-vous qu'il m'ait répondu? Réponse à la fin de la section.

Rémi Girard est le nouvel ambassadeur du lieu de projection Excentris dédié au cinéma d'auteur. Monsieur Girard est fier de contribuer à « ce cinéma de plus en plus rare, le cinéma indépendant, le cinéma d'auteur ». Après une projection du film Guibord s'en va-t-en guerre, dans le cadre de Ciné-Rencontre Excentris, il a animé une discussion avec Martin Léon, compositeur de la musique du film.

Martin Léon a déjà signé 4 albums de chansons à cause de son amour pour les mots, pour la poésie. Mais, c'était une bifurcation car il a toujours voulu écrire de la musique de film. De plus, son rapport au cinéma se percevait déjà dans la conception de son premier album avec le retour d'un thème musical C'est ça qui est ça et avec des paroles qui présentaient des personnages et une action élaborée dans le temps; cet aspect était particulièrement fort dans sa chanson Grand Bill qui pourrait devenir un court ou même un long métrage. De plus, au verso de la pochette, il y avait un projecteur de films.

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Martin a d'abord relaté que Philippe Falardeau tournait en Haïti et lui a téléphoné pour lui demander le thème musical du film. Il lui a envoyé la partition et une fanfare haïtienne a joué la musique principale du film. Philippe a alors annoncé à Martin qu'il tenait la fin de son film. C'est effectivement la clôture, une très belle scène. Elle rappelle l'importance de s'accorder, d'être en harmonie et fait entendre en Haïti la musique que l'on entendait dans les scènes tournées au Québec.

Pour composer la musique d'un film, Martin Léon aime être impliqué dès le début, à la lecture du scénario, à travers une relation avec le réalisateur, puis en assistant au tournage. Il a déjà fait la musique d'un autre film de Falardeau Monsieur Lazhar (2011) et va composer celle du prochain film du réalisateur qui tournera aux États-Unis avec Naomi Watts. Martin Léon a raconté que les producteurs doutaient de sa contribution. Puisqu'il avait lu le scénario, il a su se vendre lorsqu'il a fait un skype.

Rémi Girard a demandé à Martin de raconter les circonstances qui l'ont amené à faire un stage de 9 semaines avec Ennio Moricone en Italie. Martin abandonnait sa maîtrise à l'université de Montréal. Il prenait un verre, et plus, avec des amis en regardant le film Wolf dont Morricone avait fait la musique. Il se rappelait Adios a Cheyenne la superbe musique dans le film Il était une fois dans l'Ouest en 1968. Il a alors décidé d'aller étudier avec lui. À 3 heures du matin il téléphone à l'Hôtel de ville de Rome; l'alcool aidant, il fait rire la femme qui lui répond et lui donne le numéro d'Andrea le fils d'Ennio. Il lui téléphone en demandant à parler à son père. Andréa lui dit qu'il n'est pas là mais qu'il va revenir pour le stage et lui donne le numéro de l'Académie avec laquelle il enseigne. Ses amis ont commencé à croire qu'il allait vraiment y aller.

Il a envoyé un dossier avec des partitions, une demande de subventions et a été accepté. Il a appris que le stage se donnait en Italie, en italien. Décidément, rien ne l'arrête même à jeun, il a téléphoné à une école de langue et a suivi des cours d'italien 4 jours par semaine et s'est rendu faire son stage. Maestro est sévère a-t-il précisé. Ennio Morricone a écrit entre 15 et 18 musiques de films par année. Un spectateur dans la salle disait l'avoir vu diriger un concert en chaise roulante à 87 ans.

Martin Léon admet que pour écrire des musiques de films il faut être souple, savoir s'adapter et ne pas avoir un gros égo. Il apprécie que des trois musiques de films qu'il a composées, toutes semblent provenir de compositeurs différents. D'ailleurs, il nous a fait écouter les versions successives du thème du film Guibord s'en va-t-en guerre. La première recelait un mambo mais Falardeau la trouvait trop loufoque. La deuxième avait l'ambiance des films de karaté des années 70, rappelait Lalo Schiffrin et suggérait les Amérindiens. Il a encore fait des modifications. Le thème pour la 1e fois intervient dans le film quand Guibord doit aller à Ottawa. Puis il y a des variations; ainsi, selon les émotions de Guibord surtout dans des scènes qui mettent en évidence ce qu'il vit en tant que père.

Rémi Girard considère que les musiques de films de Martin Léon sont appréciables par leur simplicité et leur clarté. Cette rencontre a permis de découvrir un aspect de l'élaboration d'un film dont les protagonistes sont peu souvent invités à prendre la parole . Créateurs importants, les compositeurs contribuent aux forces et aux impacts d'un film. Souvent, les réalisateurs et acteurs sont invités à prendre la parole. Cette ciné -rencontre Excentris est donc une belle initiative et il est possible qu'elle se renouvelle.

En ce qui concerne Ennio Morricone, je rappelle que j'avais présenté Curro Savoy dans ma chronique d'octobre 2010. Ce musicien siffle des mélodies sur les musiques dans les films de Leone. Le film Vivir Del Air de David Macian lui était consacré.

Quant au meilleur souvenir de Monsieur Girard, il se résume par un titre de film : Les invasions barbares! Réalisé par Denys Arcand sorti en 2003.

Les Espoirs du Cinéma Québécois

05_Lucie_au_Gala_Les_espoirs_du_cinemaCinémaniak a organisé la deuxième édition du Gala des Prix Geneviève Bujold et Roy Dupuis. Ces prix « sont à la fois la récompense d'un début de carrière et un pari sur l'avenir pour les quatre jeunes acteurs lauréats ».

Après la prestation de la chanteuse et musicienne Camille Legault, Syril Tiar a ouvert la soirée en citant Le portrait de Dorian Gray écrit par Oscar Wilde « Jeunesse rien ne te vaut ». Dix jeunes interprètes du cinéma québécois étaient en nomination : Christine Beaulieu, Joëlle Paré-Beaulieu, Julianne Coté, Marlin Castonguay, Sophie Desmarais ainsi que Mathieu Quesnel, Antoine Olivier-Pilon, Alexandre Landry, Antoine L'Ecuyer, Jean Carl Boucher.

Avant la table ronde et la remise des prix, je me suis entretenue avec Mathieu Quesnel. Il me disait qu'on le voyait plus en humour mais que depuis peu il danse aussi . « C'est comme un cycle, je veux jouer dans du drame. Et là je suis prêt pour jouer des pères de famille. J'écris beaucoup de dialogues et je vais jouer au théâtre en 2017. Avant cela on pourra me voir dans « Le nouveau show ».  Un jour j'aimerais bien réaliser aussi. »

07_Lucie_et_Mathieu_QuesnelMathieu Quesnel joue le beau-frère dans Paul à Québec de François Bouvier dont vous pouvez lire l'analyse dans ma chronique d'octobre 2015.

Marilyn Castonguay cumule les rôles exigeants au cinéma. On l'a appréciée dans L'affaire Dumont (voir ma chronique d'octobre 2012) dans Miraculum et dans L'Ange Gardien (voir ma chronique d'avril 2014). Elle me faisait remarquer qu'elle a eu des rôles très dramatiques « J'ai tourné deux fois avec Podz. Des tournages chargés en émotion. Chaque rôle est tellement différent. Comme dans Miraculum il y avait peu de mots. Mais je suis également fière de tout ce que j'ai fait. Là on peut me voir dans une émission pour enfants Salmigondis et on me verra au Quat'Sous en 2016. Et puis, j'espère jouer des comédies. ».

08_Lucie_et_Marilyn_CastonguayL'artiste Yunus Chkirate a créé deux œuvres originales représentant Geneviève Bujold et Roy Dupuis. De ces deux bases, des lithographies ont été faites pour être remises aux quatre lauréats. Cette année, Sophie Desmarais et Antoine L'Écuyer ont enregistré un message de remerciements car ils étaient en tournage. Juliane Coté et Alexandre Landry étaient présents pour recevoir leur prix des mains de l'artiste ainsi qu'on peut le constater sur la photo.

Cinémania

10_Cinemania_ 2015Pour sa 21e édition Cinémania, le Festival de films francophones, du 5 au 15 novembre 2015 à Montréal, Québec, Canada ouvrira avec Dheepan, Palme d'Or au Festival de Cannes.

Puis sera projeté, Floride de Philippe Le Guay d'après la pièce Le Père de Florian Zeller. Jean Rochefort interprète ce père atteint d'Alzheimer auprès de Sandrine Kiberlain qui incarne sa fille.

Valérie Donzelli en est déjà à sa quatrième réalisation avec Marguerite et Julien. Elle a tourné cette fois un film d'époque. Une sœur et un frère s'aiment avec passion en pleine aristocratie au 17e siècle.

Des réalisateurs belges Stéphane et Guillaume Maladrin, le road -movie burlesque Je suis mort mais j'ai des amis comporte des scènes tournées à Schefferville, au Québec, Canada.

Les Rencontres Internationales du Documentaire

Les RIDM tiennent leur 18e édition du 12 au 22 novembre 2015, à Montréal, Québec, Canada. En collaboration avec la Cinémathèque Québécoise, la projection du film De l'autre coté réalisé en 2002 par Chantal Akerman nous permettra de retrouver le talent exceptionnel de cette cinéaste récemment décédée. Dans ce documentaire elle accompagne des Mexicains voulant passer aux États-Unis.

No Home Movie, le dernier film de la cinéaste belge sera aussi projeté. Elle a filmé les dernières années de la vie de sa mère. Unissant captations dans son appartement de Bruxelles et transmission par Skype, la réalisatrice reste fidèle à ses longs plans fixes qui mettent en évidence l'éloquence du détail dans le quotidien.

De plus, le film I don't belong anywhere-le cinéma de Chantal Akerman sera présenté en première nord-américaine. Documentaire de la réalisatrice Marianne Lambert, ce portrait rassemble des extraits de films, des entrevues avec Akerman, sa monteuse et Gus Van Sant.

Le film d'ouverture Les vaillants de Pascal Sanchez et le documentaire de clôture Olmo and the Seagull de Petra Costa et Lea Glob encadrent les rencontres.

Éléphant ClassiQ

12_Entre_la_mer_et_l_eau_doucePour la 2e édition d'Éléphant ClassiQ, du 19 au 22 novembre 2015, le réalisateur Maxime Giroux est le porte-parole. Le film d'ouverture La Folie des Grandeurs de Gérard Oury fera rire le public.

Une version restaurée du superbe film de Michel Brault (un de mes anciens professeurs auquel je repense avec une admiration indéfectible) Entre la mer et l'eau douce, sera projeté en présence de Geneviève Bujold, Claude Gauthier, Robert Charlebois, Louise Latraverse et Denise Bombardier. Dans ce film de 1967 en noir et blanc, Claude Gauthier interprète la magnifique chanson thème du film.  Geneviève Bujold avait improvisé lors du tournage et Michel Brault avait gardé la merveilleuse scène qui en a résulté. Entre la mer et l'eau douce est un film émouvant, est un véritable poème à voir.

Pendant cet événement, onze films de la réalisatrice Alice Guy (1873-1968) seront projetés avant des longs métrages francophones restaurés et sous-titrés en anglais. Dans ma chronique de l'Été 2015, je vous présentais cette femme d'exception qui a été la créatrice du cinéma de fiction.

En effet, elle a amené le cinéma de l'anecdote au scénario. Avec elle, il est devenu porteur d'émotions, expression de sentiments, préparation de mises en scènes dans des décors élaborés. Elle a réalisé lors de son passage chez Gaumont en France plus de 400 films. Elle a contribué aux essais du cinéma parlant, aux recherches médicales en captant les expériences du docteur François Frank. Gustave Eiffel, lui-même, lui avait fait construire un studio.

Installée aux États-Unis, elle a filmé des scènes avec des animaux sauvages, tourné des poursuites en auto, des explosions de bateaux. Elle a dénoncé la ségrégation, la prostitution et est allée filmer dans la prison de Sing Sing. Elle pouvait tourner jusqu'à un  long et dix courts métrages par mois.

13_Le_jardin_oublieElle a écrit Autobiographie d'une pionnière du cinéma; 1873-1968  publié par Denoël/Gonthier en 1976.  Marquise Lepage lui a consacré un film magnifique : Le Jardin oublié-La vie et l'œuvre d'Alice Guy-Blaché en 1995. D'ailleurs, le samedi 21 novembre Marquise Lepage prendra la parole avant la projection de ce film à la salle Pierre-Bourgault de l'UQAM.

Éléphant ClassiQ se consacre à la restauration des films du cinéma québécois pour les préserver et pour les rendre accessible. L'événement réunira les jeunes et les nostalgiques dans une découverte ou une redécouverte de films francophones du Québec, de la France, de la Belgique, de la Suisse, du Vietnam et de l'Afrique.

Les cinéphiles ont de quoi être ravis.

 

 

 

BANDES ANNONCES

FILMS RÉFÉRÉS AU COURS DE LA CHRONIQUE :

  • Chienne de vie Hélène Choquette 2015
  • Guibord s'en va-t-en guerre Philippe Falardeau 2015
  • Monsieur Lazhar Philippe Falardeau 2011
  • Wolf  Mike Nichols 1994
  • Il était un fois dans l'Ouest Sergio Leone 1968
  • Vivir Del Air David Macian 2010
  • Les invasions barbares Denys Arcand 2003
  • Paul à Québec François Bouvier 2015
  • Miraculum Podz 2014
  • L'affaire Dumont Podz 2012
  • L'ange gardien Jean-Sébastien Lord 2014
  • Entre la mer et l'eau douce Michel Brault
  • Le Jardin oublié-La vie et l'œuvre d'Alice Guy-Blaché Marquise Lepage 1995