Vous cherchez une auto familiale, une idée de décoration, de rénovation. un voyage vacance, un bijou, une banque, un produit naturel écologique, une vitamine santé, un restaurant, un vétérinaire.

Autres textes

 

Chronique cinéma
Septembre 2015

 par Lucie Poirier, journaliste-analyste

Avec l'automne débute la succession des Festivals de Films et la sortie des films de l'automne. Le journal d'un vieil homme est projeté sur nos écrans. Nous devrions voir un nouveau film avec Johnny Depp. En souvenir, la réplique du moi nous rappelle la prestation du regretté Paul Walker dans Le projet Lazarus.

Le_Journal_d_un_vieil_hommeEN ANALYSE

Vous pouviez lire dans ma chronique cinéma d'avril 2014 que Bernard Émond préparait un film en se basant sur un texte de Tchekhov. Le film, Le journal d'un vieil homme, avec Paul Savoie, dans une interprétation aussi sensible qu'éloquente, est maintenant sur les écrans au Québec.

Émond établit la prédominance de la narration sur le dialogue et il résume le parcours de son personnage en montrant au début du film l'écriture du journal que rédige un vieux médecin. Le tracé des mots apparaît avec le cadrage de l'enchevêtrement des branches d'arbres. Cette scène symbolique revient tout au long du film représentant le réseau d'événements qui influencent une vie tout comme le procédé d'occulter le dialogue entre les personnages au profit du commentaire réflexif du médecin.

Nicolas, médecin et enseignant, avait d'abord épousé Luce, une belle célibataire, maman de Katia qu'il a adoptée. Suite au décès de Luce, il a marié Barbara et est devenu le père-géniteur d'Anne.

Ainsi que l'image symbolique de l'arbre subit une contradiction avec la nécessité du peuplier à émonder, les déclarations s'opposent : "Tout ce qui se fait en ce monde est beau"  et  "Le monde est laid". Nicolas constate : "J'ai aimé enseigné. J'ai eu une vie utile" alors que Katia, comédienne, critique très justement  le monde de la scène et de la télévision au Québec.  Nicolas formule son écœurement justifié en relevant que pour le recteur de l'université Céline Dion et Le Cirque du Soleil sont des exemples d'excellence en culture; il ajoute : "La mort de la culture occidentale. La vulgarité des classes dominantes s'affiche toute nue".

En déplorant la "complaisance de l'impuissance" et en concluant que "Tout est sordide  puisque "l'esprit de sérieux c'est pas dans l'air du temps",  Nicolas traverse avec nous les saisons qui le rapprochent du moment inéluctable. Bouleaux, sapins, du cadrage des branches mouillées de l'automne à celui des branches enneigées de l'hiver, Nicolas  voudrait aider Katia qui "prend de plus en plus le ton et les manières d'une victime" sans qu'il puisse la soulager. Lui-même prend conscience de son malheur :  "La terreur oppresse mon âme comme si quelqu'un me menaçait avec un couteau" . 

Il y a quelques années j'avais lu une phrase terrible dans une revue du monde des affaires où on recommandait aux hommes (mais le mal atteint les femmes aussi) de travailler même la fin de semaine et de renoncer aux activités familiales en demandant : "Voulez-vous être celui qui aura la promotion? "  C'est un choix grave que celui de privilégier des circonstances aux relations. Le temps de l'argent est toujours d'actualité, celui de l'amour est hélas rare. L'argent ne s'incarnera jamais dans un regard inconditionnel tel que l'amour peut le susciter. Le vieil homme à la fin de sa vie regrette : "C'est absurde l'importance que j'ai accordée à la réussite alors que je suis incapable de faire le bonheur de ma famille" .

Depuis des années, Bernard Émond voulait adapter Une banale histoire d'Anton Tchekhov. Bien qu'écrite en 1889, pour le scénariste et réalisateur "ce texte est aussi vivant que s'il avait été écrit hier ". Émond nous offre un film rare, d'une lucidité et d'une poésie exceptionnelles. Ce résultat s'accorde avec ses nobles motivations :  "C'est un sombre constat que celui de notre Lucie_et_affiche_Paul_a_Quebecimpuissance devant le malheur de ceux qu'on aime, et pourtant le récit nous laisse avec le sentiment que l'amour et la tendresse ne sont jamais perdus. Quelque chose de très doux subsiste à la fin de cette amère histoire : nous passons, nous ne faisons que passer et c'est peut-être en vain, mais l'amour lui-même n'est jamais vain" .

EN FESTIVAL

Au Canada, le 17 septembre 2015 commence le Festival du Cinéma de la Ville de Québec, le FCVQ. Quoi de plus approprié pour ouvrir cet événement que la projection du film Paul à Québec réalisé par François Bouvier. Il s'agit de l'adaptation d'un des albums de la série de bande dessinée autour du personnage de Paul créé, à sa ressemblance, par Michel Rabagliati. Une classe de maîtres avec Denys Arcand et Denise Robert est aussi prévue à la programmation du Festival.

 

 

 

BANDES ANNONCES

Films mentionnés dans la chronique :

  • Le journal d'un vieil homme  Bernard Émond 2015
  • Paul à Québec  François Bouvier 2015
  • Black Mass Messe Noire Gregory  Plotkin 2015
  • Pirates des Caraïbes: La fontaine de Jouvence  Rob Marshall 2011
  • Pirates of the Carribean : Dead Men Tell No Tales Joachim Ronning et Espen Sandberg  sortie prevue pour le 7 juillet 2017
  • The Lazarus project  Le projet Lazarus  John Patrick Glenn 2008

Liste des visuels

  • en analyse : Le journal d'un vieil homme Affiche
  • en festival : Paul à Québec   Photo Lucie et l'affiche
  • en préparation : Black mass       affiche Black Mass
  • en souvenir : Le projet Lazarus   affiche

 

EN PRÉPARATION

Black_Mass_(film)_posterLe 18 septembre, au Québec, le film Black Mass Messe Noire de Gregory Plotkin devrait être projeté. Basé sur le livre de Dick Lehr et Gerard O'Neill,  il évoque la sordide histoire d'un criminel qui pendant 20 ans a bénéficié d'une totale impunité parce qu'il transmettait au FBI des informations sur ses rivaux de la mafia italienne. Des victimes n'ont jamais obtenu justice dans des cas de viols, d'extorsions et de meurtres parce que Whitney Bulger était idolâtré par l'agent John Connolly du Bureau de Boston. Ces faits banalisés par le gouvernement américain se retrouvent dans le scénario qui met en vedette Johnny Depp dans le rôle de l'effroyable manipulateur.

Or, Johnny Depp dans la vie n'est pas un horrible bandit. Lorsque ces enfants étaient très jeunes, ils croyaient que leur père était vraiment un pirate; ce que je mentionnais déjà dans ma chronique de l'été 2011 en analysant le film Pirates des Caraïbes : La fontaine de Jouvence. En effet, Depp a popularisé le personnage de Jack Sparrow au cinéma. Il tourne le 5e épisode de la série réalisé par Joachim Ronning et Espen Sandberg et dont la sortie est prévue pour le 7 juillet 2017, donc, le 7 du 7 en 2017.

Or, Johnny Depp se déplace toujours en ayant son costume de pirate et il le revêt dès qu'il peut amuser des enfants. Alors qu'il tournait Pirates of the Carribean : Dead Men Tell No Tales, il lui est arrivé cet été, en juillet 2015, de le porter pour faire plaisir à des enfants dans un hôpital à Brisbane, en Australie. Il est arrivé avec l'acteur Stephen Graham dans un hélicoptère qui s'est posé sur le toit du Lady Cilento Children's Hospital. Il est toujours émouvant de constater la joie sur des visages d'enfants.

C'est ce qui s'appelle avoir un personnage dans la peau...et dans le cœur.

EN SOUVENIR

En_souvenir_Le_projet_LazarusScénarisé et réalisé par John Patrick Glenn, interprété par Paul Walker, le film The Lazarus Project Le projet Lazarus, recèle de magnifiques répliques.  Glenn a développé le mythe de la résurrection en tant que métaphore de l'essor après l'adversité, la créativité après l'erreur.

Ben Garvey a une épouse et une fillette qu'il adore. Démuni, sans emploi malgré sa volonté de travailler, il accepte de participer à un vol où trois personnes périssent. Il est donc reconnu coupable de trois meurtres sans avoir tiré une seule balle. Il est exécuté.

Ben marche sur une route pluvieuse pour aboutir à son nouvel emploi de gardien dans le parc d'un hôpital qui abritait autrefois des prêtres. C'est encore, un prêtre, le Père Ezra, qui dirige l'hôpital psychiatrique où se déroulent des événements inexpliqués. Ben découvrira peu à peu les faits cachés.

"On se fait tous des fictions pour surmonter sa peine" ou pour différer son bonheur, pourrait-on ajouter. Ben n'a pas oublié sa femme et sa fille, il croit que son bonheur est près d'elles alors que s'enchaînent des déclarations sur lesquelles les réflexions seraient longues : "Il m'a prévenu que si je n'acceptais pas ma vie ici j'allais mourir" " Guérir c'est accepter la mort".

Dans cet hôpital, le mystère lui est imposé. Sur son bras, une démangeaison le fait souffrir. Il extrait une plaquette glissée sous sa peau. Il comprend qu'il est le sujet d'une expérience. L'implant de Selegine lui a causé des hallucinations. Le Père Ezra l'admet : "C'est une réhabilitation. Au lieu de les tuer, réparer les hommes ".

Suite aux malheurs, aux méchancetés, aux injustices, subies ou infligées, "Ce n'est pas oublier qu'il faut, c'est passer à autre chose". Car, dans les difficultés causées par la maladie, le Père Ezra considère : "Il m'arrive parfois de me dire que le vrai traitement, c'est arriver à accepter notre vie telle qu'elle est".