La chronique de ce mois-ci porte sur le partage des confidences de Lorraine,
une fidèle lectrice de votre magazine, qui a eu la gentillesse d'accepter de m'accorder cette entrevue pour vous à propos d'une histoire tout à fait rocambolesque.
CÉLINE : - CHÈRE LORRAINE, RACONTEZ À NOS LECTEURS ET LECTRICES QUELLE HISTOIRE BIEN ÉTRANGE VOUS EST ARRIVÉE ET QUE VOUS QUALIFIEZ SANS RÉSERVE ÊTRE LA
PLUS GRANDE PEUR DE VOTRE VIE.
LORRAINE : - Je me trouvais au salon, très détendue prenant agréablement
plaisir à jouer du piano. Toute la maison baignait dans un grand silence, entièrement sous le charme des douces notes de musique qui glissaient sous
mes doigts, créant une ambiance feutrée très particulière.
CÉLINE : - À QUELLE PÉRIODE LES ÉVÉNEMENTS QUE VOUS NOUS PARTAGEZ ONT-ILS EU LIEU AU JUSTE ?
LORRAINE : - Il s'agissait d'une belle soirée d'octobre, la température à l'extérieur était quelque peu nuageuse. Je jouais donc calmement dans cette
atmosphère déjà depuis un certain temps, enveloppée d'une grande harmonie intérieure sans me douter un seul instant que j'étais sur le point d'être secouée
par la plus grande peur de toute ma vie.
CÉLINE : - DONC, VOUS N'AVIEZ AUCUN PRESSENTIMENT QU'UN ÉVÉNEMENT ÉTRANGE ÉTAIT SUR LE POINT DE SE PRODUIRE ET VOUS
N'AVIEZ ÉTÉ RÉCEMMENT SOUMIS À AUCUN STRESS PARTICULIER CAPABLE D'ENGENDRER UNE TENSION NERVEUSE DE NATURE À VOUS Y EXPOSER ?
LORRAINE : - Non absolument pas. C'est pourquoi du reste, cela m'a tant surprise. Soudain, sans la moindre raison apparente, une vive chaleur
s'intensifiait directement là sous mes pieds. Les semelles de mes chaussures devinrent si brûlantes que j'ai sursauté d'étonnement. Mon premier réflexe fut de
porter mes yeux sur ma gauche à la hauteur du sol d'où je vis sortir une fumée assez dense qui semblait s'étendre sur toute la surface du bois couvrant le plancher.
CÉLINE : - MON DIEU! MAIS EST-CE QUE LE FEU SE TROUVAIT PRIS DANS VOTRE MAISON ?
LORRAINE : - C'est évidemment ce que j'ai d'abord cru sur le coup car tout
semblait en offrir les indices logiques, mais imaginez-vous que contre toute attente, il n'en était rien. Pourtant la chaleur continuait d'augmenter, me
persuadant hors de tout doute que le feu était pris au sous-sol. Prise de panique, je me précipite à toute vitesse dans la cuisine afin de téléphoner aux
pompiers. J'étais dans un tel état de nervosité que je restais incapable de signaler le numéro correctement. Je m'y suis prise à maintes reprises, tant je
tremblais de la tête aux pieds.
CÉLINE : - PAUVRE VOUS, QU'ELLE HISTOIRE! ET À CE MOMENT-LÀ, PENSIEZ-VOUS TOUJOURS QU'IL POUVAIT BIEN S'AGIR D'UN INCENDIE ?
LORRAINE : - C'est du moins initialement ce que j'ai cru et comme je vous le disais, ma crainte me secouait à un tel point que je ne parvenais même pas à
composer correctement le bon numéro de téléphone et quand j'y parvenais, j'avais l'impression de perdre la tonalité. Vous savez, tout s'est passé si vite et
j'étais si apeurée de la cuisine où je m'étais réfugiée pour téléphoner, que je ne quittais pas une seconde des yeux le salon pour surveiller les flammes qui
selon moi, ne tarderaient pas à surgir. Mais tout à coup, quel ne fut pas ma surprise de constater abasourdie que toute trace de fumée avait complètement
disparue. Je constate, complètement interloquée, que la température de la pièce et même celle du sol, semble également revenue parfaitement à la normale.
CÉLINE : - MON DIEU, J'IMAGINE BIEN VOTRE PERPLEXITÉ!
LORRAINE : - En effet ! Je me disais : " Est-ce un message de l'au-delà ?
Est-ce une prémonition ? ". Je ne parvenais pas à obtenir d'explication logique ou rationnelle. Je me suis assise dans un fauteuil encore sous le choc,
visiblement ébranlée par toutes les émotions que je venais de vivre, tout en conservant le regard fixé dans le vide comme pour y trouver la force de
recharger mes énergies défaillantes.
CÉLINE : - QU'EST-CE QUI VOUS TROUBLAIT LE PLUS DANS CES CIRCONSTANCES ?
LORRAINE : - Je ne sais pas à vrai dire ce qui me troublait le plus, était-ce l'affolement qui m'avait donné tant de sueurs froides, ou encore l'impossibilité
de trouver un sens à cette expérience paranormale? J'étais toute seule dans la maison et j'ai pensé que la meilleure chose que je puisse faire était de prier
mon ange gardien afin qu'il place sur mon chemin une explication palpable capable de me sortir d'une telle ambiguïté.
CÉLINE : - MAIS ÊTES-VOUS ALLÉE VÉRIFIER AU SOUS-SOL ?
LORRAINE : - Oui évidemment, mais je n'ai rien trouvé qui sente la fumée où
qui témoigne d'un quelconque début d'incendie. Pourtant, je suis persuadée de ne pas avoir rêvé tout cela.
CÉLINE : - VOUS ARRIVE-T-IL SOUVENT DE PRIER VOTRE ANGE
GARDIEN ?
LORRAINE : - Chaque fois que j'en ai besoin et là, c'était vraiment le cas croyez-moi. J'ai toujours eu profondément confiance en mon ange gardien,
sachant qu'il me protège et qu'il est le messager de Dieu. En réclamant son aide, je savais que je ne le priais pas en vain et qu'avant longtemps, il me
répondrait par un signe que je saurais reconnaître et qui m'apporterait une explication ou un certain soulagement.
CÉLINE : - ET JE SUIS CERTAINE QUE CELA A DÛ VOUS FAIRE BEAUCOUP DE BIEN N'EST-CE PAS ?
LORRAINE : - Oh oui! beaucoup même. Après cette prière, je réussis à mieux
respirer, confiante que j'étais protégée. Mon pouls reprenait graduellement son rythme normal. Machinalement, j'ai regardé ma montre, il était précisément 19
heures. Sans savoir pourquoi, j'avais comme ce réflexe inconditionnel de consulter cette heure à plusieurs reprises, un peu comme pour en graver le
souvenir en ma mémoire, pourtant sans raison apparente. J'étais comme habitée par l'étrange impression que les chiffres de cette heure pouvaient en un
certain sens, être significatifs.
CÉLINE : - COMMENT CELA SIGNIFICATIF ?
LORRAINE : - Eh bien le lendemain matin, je ne pus m'empêcher de raconter
cette étrange expérience à mes compagnes de travail. Hors, l'une d'elle se trouve être la sœur de mon défunt mari. Elle me dit : "Comme c'est étrange, la
journée d'hier soit le 19 octobre, correspond justement à la date exacte où mon frère (donc mon conjoint) fut incinéré! "
CÉLINE : - OH! LA LA QUELLE ÉTRANGE COINCIDENCE EN EFFET. CELA A DÛ VOUS ÉTONNER GRANDEMENT ?
LORRAINE : - Vous devinez sans mal la stupéfaction qui se lisait sur mon
visage. Mes collègues n'ont pu s'empêcher d'établir un parallèle, puisque la coïncidence était réellement frappante.
CÉLINE : - MAIS SELON VOUS, EST-CE QUE LES DÉFUNTS SERAIENT CAPABLES DE NOUS COMMUNIQUER UN MESSAGE PAR LE BIAIS D'UN TEL CONTEXTE ?
LORRAINE : - Ma foi, je n'en sais trop rien. Seulement, même aujourd'hui, après toutes ces années, je me pose encore la question.
CÉLINE : - Y A-T-IL EU D'AUTRES RAPPORTS AVEC CE NOMBRE, LE 19 QUI SEMBLE FINALEMENT TRÈS SIGNIFICATIF À VOS YEUX ?
LORRAINE : - Oui, en effet, je pense beaucoup à cette ex belle-sœur qui m'affirmait que le chiffre 19 avait toujours occupé beaucoup d'importance dans
sa vie. Pourtant, elle ne pouvait pas savoir à l'avance qu'elle décéderait un 19 janvier, dans un tragique accident de la route. Elle n'était alors âgée que de 38
ans, soit deux fois le nombre 19. Elle s'était mariée un 19 juin et avait précisément vécu 19 années de mariage au moment de son décès. Malgré
toutes ces étranges coincidences, je ne peux m'empêcher de penser que mon défunt mari lui a sûrement gardé une belle place au paradis depuis qu'il fut
incinéré ce fameux 19 octobre 89.
CÉLINE : - EST-CE QUE CES ÉVÉNEMENTS VOUS ONT POUSSÉE À EXERCER UN PETIT RITUEL DEPUIS CE JOUR ?
LORRAINE : - Oui justement, désormais lorsque la date du 19 octobre se représente, je profite de tous ces précieux signes pour choisir de prier à 19
heures précises afin de remercier le ciel de la protection qu'il m'accorde et lui demander avec ferveur de veiller sur tout ceux que j'aime, où qu'ils se trouvent.
CÉLINE : - JE PENSE QUE VOUS AGISSEZ AVEC BEAUCOUP DE SAGESSE. MERCI À VOUS CHÈRE LORRAINE POUR CETTE SI PRÉCIEUSE ENTREVUE.
Chers lecteurs, chères lectrices, je ne peux m'empêcher de vous partager une situation également bien étrange, puisque je fus incapable de réaliser une mise
en page habituelle de ce texte. En effet lors de ma rédaction, il se produisait constamment (et sans raison apparente), des sauts de pages, bien
indépendamment de ma volonté et ce, au point qu'il me fallut l'écrire à deux reprises. Il faut croire que l'étrangeté du sujet avait choisi de se répéter jusque
là. Heureusement que je ne me trouve pas sur un jour 19. Merci à tous pour votre précieuse attention.