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De
plus en plus, tout s'automatise. Voilà une dizaine
d'années déjà, un collègue de travail avait refusé
d'apprendre à jouer au golf, préférant s'acheter un jeu
informatisé pour ne pas avoir à socialiser ou faire
trop d'exercice. Vu la popularité du courrier
électronique, il est permis de se demander si le
courrier traditionnel est appelé à disparaître. Dans un
tel contexte, quel est donc l'avenir de la philatélie,
un art qui requiert temps et patience, notions qui vont
à l'encontre de notre société axée sur l'efficacité, le
rendement et la vitesse? J'ai voulu m'affranchir sur la
question. Pour commencer, je me suis interrogé
sur l'origine de la philatélie. Si des services
de courrier ont existé en Chine quatre mille ans avant
Jésus-Christ (j'invite les sceptiques à visionner le
film Deux heures avant Jésus-Christ, ça leur clouera le
bec), le premier timbre, à l'effigie de la reine
Victoria, a été émis en mai 1840. Cet objet de
collection surnommé « penny black » a été vendu aux
enchères pour 2 500 000 francs en décembre 1988 à
Zurich.
De
nombreux animaux furent utilisés pour transporter le
courrier par voie terrestre (allez, un p'tit sourire,
mesdames et messieurs les distributeurs officiels du
courrier de la Reine). Aux États-Unis, le Pony Express
utilisait des chevaux, alors qu'en Afrique du Nord ou
en Asie, les chameaux étaient réputés, deux fois plutôt
qu'une, avoir la bosse du transport postal.
Le
premier timbre français est à l'effigie de Cérès. C'est
parmi les premières émissions que se trouvent les
grandes raretés d'aujourd'hui. Les premiers
philatélistes furent surnommés « timbromanes ». Le
timbre est une valeur de placement, sûrement la moins
encombrante qui soit, mais représente aussi de grands
pans (il semble que certains collectionneurs se
pavanent) de l'histoire du Monde. Tant la création du
comte Ferdinand Von Zeppelin que les avions, Sherlock
Holmes, Mickey Mouse et sa conjointe Minnie, Alphonse
Daudet, Victor Hugo, la famille royale d'Angleterre,
des acteurs et des chanteurs comme Maurice Chevalier,
Elvis Presley, Jacques Brel, les différents jeux
Olympiques et les guerres, que des conquérants comme
Napoléon 1er et Simon Bolivar ont illustré les timbres
au fil de l'Histoire. Une collection de timbres
constitue en quelque sorte un musée miniature.
La
pincette représente l'accessoire le plus important du
philatéliste. Il va sans dire que le fumeur invétéré
qui décide d'utiliser des timbres pour se défaire du
tabagisme, essoufflé et se traînant à quatre patches,
est justement un spécimen à prendre avec des pincettes.
Les
timbrés passent à la postérité et un jour, quand il
sera rendu dans la quatrième dimension, le noble visage
de Jean Chrétien apparaîtra sur les timbres canadiens
(ceci changera-t-il la face du philatélisme au Canada?
D'un côté, je serais porté à dire que oui).
Quant
à son avenir, il y a fort à parier que le nombre de
collectionneurs ira en s'amenuisant, mais la valeur des
timbres devrait augmenter au même rythme que leur
rareté et il y aura toujours des nostalgiques.
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