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*- Bonjour!
- Hein!
White
se réveilla en sursaut, regardant de tous les côtés
pour ne voir que le voile de la nuit. Le réveil matin
indiquait 3 heures du matin et la maisonnée semblait
bien endormie.
-
Tom, tu es là? demanda-t-elle, croyant qu'il soit
arrivé plus tôt que prévu de son voyage à Boston.
N'obtenant
aucune réponse, elle crut avoir tout simplement rêvé et
posa la tête sur l'oreiller, prête à retourner à ses
rêveries.
*-Le
temps est venu de mettre en pratique ce que tu
sais, dit encore cette voix qui semblait venir d'outre
tombe.
Cette
fois, elle avait bien entendu. Elle s'assit dans son
lit en tenant les couvertures serrées contre sa
poitrine, prise d'effroi.
Retenant
sa respiration pour être à l'affût du moindre bruit,
elle attendit. Elle n'osa pas bouger, craignant qu'on
l'épie, qu'un voleur ou un dangereux meurtrier soit
tapis dans le noir, prêt à lui sauter dessus.
Après
des secondes d'immobilité insoutenable qui lui
semblèrent durer une éternité et à bout de souffle,
elle inspira le plus discrètement possible. Ses yeux
s'étant habitués à la nuit et ayant fait le tour de la
pièce du regard plus d'une fois, elle comprit que
personne ne se trouva dans la chambre, ce qui ne la
rassura pas pour autant.
Resserrant
encore plus les couvertures contre sa poitrine, elle
comprit alors que cette voix était bien réelle et se
sentit totalement impuissante.
-
Je t'ai entendu toi, tu n'es pas dans ma tête, chuchota
White. Tu es un esprit, un fantôme? questionna-t-elle
afin d'obtenir une réponse mais rien ne vint. Prise de
panique, elle crut percevoir des mouvements de tous
côtés mais une part de lucidité lui dicta de se calmer,
que cela devait sans doute être dû à son imagination.
Le silence combla la pièce comme si le temps s'était
arrêté.
Elle
vit alors un tourbillon vert se former au-dessus de sa
tête et tourner de plus en plus vite.
* -Le temps est venu de te préparer à la libération!
White
se raidit encore plus, comme si cela fut encore
possible et son corps lui fit atrocement mal.
-
Aidez-moi quelqu'un, je n'en peux plus… qu'est-ce qui
se passe ici? dit-elle, se sentant sous le point de
sombrer vers la folie…
La
bouche sèche, elle se mit à trembler, se demandant s'il
lui serait possible de courir hors de la chambre et de
crier afin d'éveiller les enfants. Auraient-ils le
temps de sortir avant qu'un malheur ne survienne? Que
pouvait-il leur arriver? Comment arriver à faire
sortir les enfants de la maison, leurs chambres se trouvant au sous-sol?
* -Tu ne peux échapper à ton destin… Choisis…Tu souffres ou tu voles!
-
Ahhh!!!! Cria-t-elle. Ça y est, je suis folle!
gémit-elle, semblant résignée à accepter les allusions
répétées de Tom des dernières semaines sur sa santé
mentale.
Sa
tête se mit à bourdonner et son cœur battit si vite,
qu'elle cru qu'il allait lui sortir de la poitrine.
Elle regarda devant elle, vers la salle de bain, vers
le couloir, guetta les rayons de la lune à travers la
fenêtre à la recherche d'un signe pouvant l'aider. Elle
se sentit traquée et affolée par la vibration de son
corps et sa respiration devint haletante. Sa gorge lui
fit mal. Elle aurait voulu fuir mais la peur la figeait
sur place.
-
Il bat trop fort, vraiment trop fort… Qui es-tu?
demanda-t-elle d'une voix rauque à peine audible. White
aurait voulu crier pour alarmer les enfants mais sa
voix se brisa sous
tant d'émotions. Elle teint sa tête entre ses mains et respira de plus en plus vite.
-
Je vais faire une crise cardiaque et je suis toute
seule! Qui va venir à mon aide? Qui va s'occuper des
enfants? Va-t-en tourbillon!!!
Elle
entendit sa respiration qui lui sembla n'être que la
seule réalité à laquelle se raccrocher.
- Je vais mourir… j'ai chaud… non, j'ai froid… jeeee viiiiibre!
Elle
réussit à lever le bras droit, engourdi comme s'il
s'était trouvé immobilisé sous elle et eut de plus en
plus chaud. Elle ne vit toujours personne, seulement ce
tourbillon vert dont le movement de tornade accéléra de
plus belle en commençant à faire entendre un cillement
aigu. Il lui sembla que la vibration de son corps
suivait la cadence du tourbillon et cela devint
insoutenable.
-
C'est ça, je vais disparaître dans le tourbillon, me
consumer, je vais exploser en mille morceaux… c'est la
fin. Aidez-moi mon Dieu, je suis trop jeune pour
mourir… je vous en supplie! Je croyais que l'on voyait
de la lumière avant de mourir… pourquoi est-ce
différent pour moi? Est-ce un châtiment? Oh mon Dieu,
je vous en prie, je ferai tout ce que vous voudrez mais
je vous en supplie, épargnez-moi.
White eut un haut le cœur et sentit une décharge électrique la traverser.
Elle
voulut regarder vers la fenêtre
mais put à peine bouger les yeux. Son corps paralysé refusait de lui obéir.
- Mon cœur bat trop fort, trop fort… ma tête… elle va exploser…crut-elle.
Elle se mit à pleurer, voulut appeler à l'aide mais aucun son ne sortit de sa bouche.
-
Est-ce ce que l'on ressent avant de mourir? se
demanda-t-elle, prise de panique. Vais-je souffrir?
Une
seconde décharge d'une force incroyable la traversa,
lui faisant perdre toute notion de réalité Elle eut
l'impression de décoller comme une fusée vers le haut
de la pièce. Son corps se raidit de tout son long
pendant ce qui lui sembla durer des minutes
interminables. Puis, le tourbillon se transforma en
écran et elle vit des visages familiers. Elle se vit
enfant courir vers sa mère; se vit en voiture avec ses
parents; vit le jour de la naissance de Dannie; se vit
lors de son premier jour d'école; se vit vêtur en
majoterre, adolescente; son premier baiser; une grosse
colère; se vit voler dix sous à sa mère lorsqu'elle
avait environ 12 ans; se vit pleurer lors d'une
conversation avec Tom, avec Normand, avec des hommes
qu'elle ne connaissait pas…
-
Le fil d'avant la mort, chuchota-t-elle. Je vais
mourir, je comprends… je comprends.
puis, sa tête retomba lourdement sur l'oreiller, ses yeux fixant le plafond qui semblait s'approcher. Le tourbillon vert avait disparu mais elle put l'entendre, sifflant de plus en plus fort.
Il
lui fut impossible de réagir, son corps étant
maintenant secoué comme une poupée de chiffon, vibrant
de la tête aux pieds à une fréquence inouïe. On aurait
dit que la foudre venait de la frapper et que le
courant faisait circuler son sang à toute vitesse dans
ses veines.
White
sentit sa tête sous le point de s'ouvrir et une douleur
encore plus insoutenable devint la seule réalité
qu'elle puisse percevoir.
- Mon crâne va exploser….Ça fait mal! Pourquoi mourir ainsi? J'ai été si méchante?
Puis,
son corps cessa de vibrer. Épuisée, sa tête maintenant
vide de douleur et de toute pensée, elle laissa toute
résistance la quitter.
White se sentit sombrer doucement vers le néant, épuisée, le corps lourd.
-
Oui mon Dieu, viens me chercher, je suis prête,
murmura-t-elle. Je ne me bats plus, fais ce que
tu veux de moi… je t'abandonne mon souffle, prends et
fais ce que tu veux.
Elle ferma les yeux, prête à mourir.
-
Lorsque Tom rentrera, il me trouvera morte dans mon
lit. Mais de cela aussi, il s'en foutra et se dira….
bon débarras!
RÉVEIL
Au
matin, lorsque White ouvrit les yeux, il lui fallut
quelques secondes pour se rappeler ce qui lui était
arrivé quelques heures plus tôt. Elle fut surprise de
voir le soleil briller par la fenêtre.
- Je suis vivante… je suis vivante. Merci mon Dieu.
Elle
tâta ses bras, leva la couverture pour voir ses orteils
bouger et écouta les bruits de la maison.
Elle
regarda autour d'elle, examinant avec attention le
mobilier en acajou, les papiers sur sa table de
travail. Tout lui sembla être en place, exactement
comme lorsqu'elle était allée au lit la veille.
En
regardant vers la droite, elle vit son reflet dans les
portes-miroirs coulissantes et n'y vit rien d'autre que
le décor aux murs vert tendre. Tom n'était pas étendu à
ses côtés, brillant par son absence, comme d'habitude.
Elle tâta sa tête de tous côtés… rien de brisé, tout lui sembla intact.
Elle
qui croyait ne plus jamais ouvrir les yeux, sortit du
lit en pleine forme et avec plus d'énergie que ces
dernières semaines à essayer de se faire un semblant de
vie.
-
Méchant cauchemar, hein? lança-t-elle à son image dans
le miroir, pour se rassurer. Que croire d'autre puisque
tout semblait normal autour d'elle!
Pourtant,
tout cela lui avait bien semblé réel; la vibration, la
douleur, sa tête qui l'avait fait tant souffrir et
cette voix.
Une
voix…. Depuis combien de temps n'en avait-elle pas
entendu? Autrefois, cela lui procurait amusement et
joie mais celle-là… on aurait dit son père lorsqu'il la
grondait. Elle pensa demander à l'entendre à nouveau
mais se retint. Et si, avec cette voix, recommençait la
torture du tourbillon?
-
Je divague ou quoi? se dit-elle en levant le regard
vers le plafon, trouvant sa réaction stupide. Comment
puis-je demander à entendre une voix dont j'ai rêvé?
* La stupidité, tu connais?
-
Oh toi, ne commence pas ce matin! gronda-t-elle son
accolite perturbateur. Dis… tu sais ce qui s'est passé,
toi?
* Comment veux-tu que je sache, chu pas voyant et je dors, moi, la nuit!
- Oh… excuse-moi, mon cher! Je ne voulais pas t'importuner! se moqua-t-elle.
White
se dirigea vers la salle de bain pour se rafraîchir le
visage.
L'eau lui fit du bien. Lorsqu'elle ouvri les yeux et vit se regarda dans le miroir, elle hocha la tête.
-
Non, non, non. Il y a sûrement une explication à tout
cela. C'était trop réel, rien à voir avec un simple
cauchemar.
*
Tiens, tu recommence à te faire des idées! Tom va te
faire la morale… gna, gna gna gna!
- Laisse-moi penser un peu, j'essaie de réfléchir.
* Tu sais faire ça toi?
- Eh oui et moi, je pense avant de dire des singeries, sale emmerdeur!
*…
- Tiens, rien à répliquer!
* Tu m'as vexé, méchante!
-
Bien fait pour toi. Si je veux comprendre pourquoi j'ai
rêvé de la sorte, tu dois me laisser tranquille.
Elle
se brossa les dents et tenta de se rappeler le plus de
détails possibles. Pourquoi ce tourbillon émettait-il
ce terrible sifflement de tempête? Pourquoi la douleur?
Rien de tel ne lui était arrivé par le passé à la vue
de tourbillons de couleur et tous phénomènes étaient
porteurs de douceur, de merveilleuses sensations… pas
de torture comme dans ce cauchemar!
White
regarda le réveil et sortit de la salle de bain
envitesse afin de réveiller les enfants pour l'école.
Comme
tous les autres matins, les enfants et White
s'activèrent dans cette grande maison sans homme. Après
que les enfants furent partis pour l'école, elle se fit
un café et décida d'aller chercher ses cartons de
livres au sous-sol.… ceux que Tom n'avait pas voulu
qu'elle place dans la bibliothèque.
- Que vont dire mes amis s'ils voient ce genre de livres ici?
-
Mais ce ne sont que des livres et personne ne se fera
d'idée voyons! lui avait-elle répondu, indignée. Tu
possèdes des livres que tu n'as jamais lus, d'autres
qui traitent de médecine, de guerre, des livres sur
Hitler et personne ne se fait d'idée sur ton compte
pour autant, ce ne sont que des livres!
-
Tu as déjà du mal à te faire des amis. Si les gens se
mettent à croire que tu as un côté sorcière et que tu
lis sur l'au-delà, tu ne les attireras pas, lui
avait-il répondu, très sûr de lui.
-
Mais ce matin, cher Tom, tu es quelque part ou je ne
suis pas et rien ne m'empêchera de sortir les livres
que je veux, marmonna-t-elle en dévalant les marches
menant au sous-sol, décidée à trouver la signification
de ce rêve et… le moyen de se protéger, si le
tourbillon étiat bien réalité et décidait de la visiter
à nouveau.
En arrivant au bas de l'escalier, elle vit une tache sombre sur le tapis tout neuf.
-
Sacré Buddy… quand vas-tu cesser de pisser dans la
maison? Elle le chercha du regard, sachant que Tom ne
tarderait pas à lui casser les pieds à cause du chien
mais bien entendu, toutou se cachait sûrement au
premier, craignant les foudres de sa maîtresse. Depuis
qu'ils avaient emménagé, il avait pris la mauvaise
habitude d'uriner au sous-sol. White préférait croire
qu'en agissant ainsi, il se vengeait de Tom qui
d'abords, n'avait pas voulu qu'ils amènent le chien
avec eux.
-
Buddy est un membre de la famille. Si tu veux que
j'emménage, j'emmène mon chien!
Et
Tom avait accepté de mauvaise grâce le mini toutou.
Pourtant, tout le monde adorait Buddy, descendant de
maman Bichon et de papa Chihuahua. Même s'il avait
maintenant 3 ans, les gens croyaient avoir affaire
à un chiot, tellement il était minuscule et surtout,
craquant avec sa robe caramel, ses petits yeux de
bichons et ses oreilles chichi.
Ils
avaient eu de beaux projets pour le sous-sol. Une salle
de jeu avec un grand écran, comme au cinéma pour
des visionnements en famille. Un bar, près de la
fenêtre donnant sur la cour arrière et une belle salle
d'eau décorée avec des hublots aux couleurs marines,
comme dans les bateaux. Dans la partie avant donnant
sous le balcon, une chambre froide ferait office de
mini-cave à vin. Au lieu de cela, par manque d'argent,
sa vieille télé faisait office d'écran, installée sur
une petite table dans le coin de la pièce. Les murs de
la pièce de visionnements peints de couleur vert olive
comme sa chambre à coucher et un tapis de couleur
assortie avait été installé. La salle de bain attendait
toujours les ouvriers qui s'activeraient dès que Tom
leur aurait donné une avance. La cave à vin, elle,
servirait de pièce de rangement supplémentaire pour
encore un bon bout de temps. Seules les chambres des
enfants étaient complétées.
La
grande pièce de rangement aux airs de débarras
contenait quelques cartons… les siens, bien entendu, et
elle savait fort bien que les cartons de livres étaient
derrière, sous ceux des vêtements d'été et de celles
contenant les milliers de jouets des enfants de Tom.
Elle
se fraya un chemin et ouvrit le premier carton de
livres en vue. En l'ouvrant d'une main, elle fit tomber
un peu de café et en sortit un livre en vitesse afin de
l'essuyer rapidement pour limiter les dégâts.
* Tiens, tu recommence à faire des gaffes hein ?
-
Hé, tu es revenu, toi ? demanda-t-elle a son
compagnon de coco aux répliques pessimistes, comme
toujours.
* J'me disais que t'aurais sans doute besoin de te faire brasser un peu !
-
Tu te disais, ouais ! J'en ai assez eu cette nuit
et je me débrouillerai toute seule alors maintenant, je
suis occupé et tu me fiches la paix, compris?
* Bof… si tu le prends ainsi...
- En plein ça !
Elle examina le livre souillé.
**
En le laissant ouvert, les pages devraient sécher
rapidement et ne se colleront pas les unes aux autres.
-
Tu as raison
mais je vais m'organiser toute seule, ce matin, dit-elle à la voix copine, qui comme elle le savait, comprendrait son désir de solitude cérébrale.
** Comme tu veux, Whitie.
- J'ai des petites choses à faire et on discutera plus tard. Peut-être pourras-tu m'aider.
** Ce sera avec gramd plaisir !
White
secoua doucement le livre et ce n'est qu'en le
retournant afin de vérifier l'état de la couverture
qu'elle comprit que ce livre était celui dont elle
avait besoin.
Elle
replaça en vitesse les cartons de livres indignes dans
la salle à débarras, au cas où Monsieur daignerait se
pointer le bout du nez et décida d'attendre que les
pages du livre soient sèches avant de débuter sa
lecture. Elle courut au deuxième et s'installa devant
son ordinateur afin de visionner les nouvelles offres
d'emploi… pour réaliser qu'il n'y avait encore rien de
bon pour elle.
-
Mais qu'est-ce qui se passe dans cette foutue partie du
pays? Il n'y a pas de travail pour une secrétaire
bilingue?
* Tu pues l'incompétence, voilà tout !
-
Écoute… ce n'est pas le temps de venir me perturber,
compris ! J'ai des tas de choses à faire et tu ne
feras que m'embrouiller le cerveau. Fais de l'air
quelques jours, ok ?.
White
avait bien répondu à certaines offres intéressantes,
mais lorsqu'elle avait mentionné ne pas être de la
région, on aurait dit qu'une massue s'évertuait à
saccager toutes ses chances d'embauche. Elle avait même
décidé de faire affaire avec une agence de placement
pour les francophones de la région qui semblait-il, se
comptaient à plus de 16 000.
-
Ici les offres sont plutôt rares alors, les employeurs
de la région donnent priorité aux gens d'ici. Il faut
persévérer et cogner à toutes les portes, lui avait
conseillé Ruth, sa voisine d'en face. Ce serait
peut-être une bonne idée d'accepter n'importe quel
petit boulot pour commencer et ensuite, ce sera plus
facile.
-
Je le sais que ce n'est pas facile. Je suis ici depuis
quatre mois et n'ai vu que six ou sept offres
intéressantes comme secrétaire, les autres étant pour
des boulots comme caissière de supermarché. Je n'ai pas
quitté le Québec pour travailler comme caissière à
petit salaire, tout de même!
-
Ne te décourage pas, tu vas finir par trouver, lui
avait répondu Ruth d'un ton bienveillant.
Comme
une bonne dame de maison, White nettoya rapidement son
château, rempli des échos de ses mouvements et se
rendit au parc au coin de la rue afin de prendre un peu
l'air. Il ne fallait que parcourir quelques pas pour
s'engager sur le petit chemin entre les maisons du coin
pour se retrouver au parc. Un immense parc avec 3
terrains de soccer, 2 terrains de baseball et un coin
pour les tout petits. Mais ce qui faisait sa popularité
auprès des jeunes, c'était la piste de course pour BMX.
Tous les soirs, les jeunes du coin s'entraînaient à
parcourir le plus rapidement possible la piste de
montagnes de sable. Une vraie piste pour les
compétitions qui elles, se tenaient tous les mardi
soirs.
Ce
matin, le parc était désert et tranquille ; idéal
pour une promenade. À son retour, elle s'installa sur
le canapé du bureau désert de Tom et prit son livre. Il
ne lui fallut pas bien longtemps pour trouver les
passages qu'elle cherchait, ayant déjà feuilleté le
livre, des années auparavant.
Environ
douze ans auparavant, elle avait tenté de trouver des
réponses dans ce livre, autres que celles proposées par
son amie Anna. À cette époque, elle avait bien vécu des
expériences et senti son corps vibrer, mais rien de
comparable avec l'intensité ressentie durant le rêve de
la nuit dernière. Et cette voix, contrairement à
auparavant, s'était fait entendre comme dans le monde
physique… rien à voir avec les petites voix dans sa
tête qui depuis son enfance raisonnent par
intermittente et qu'elle a depuis toujours acceptées
pour compagnes.
-
Qu'avait-elle dit au juste? … Le temps est venu de
mettre en pratique ce que tu connais, temps de
libération, souffres ou vole…
Elle se demanda bien ce que cela voulait dire, mais à quoi bon pour l'instant.
Alors,
ayant bien mémorisé les étapes à suivre, dont elle
décida de sauter les exercices préparatoires, elle se
dit qu'aussitôt qu'elle aurait la certitude que Tom
n'arriverait pas en coup de vent, elle se dirigerait
vers sa chambre au deuxième.
- Et si ça fonctionnait cette foi-ci?
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