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Bof…
même s'il lui arrivait d'avoir envie de laisser des
messages de colère à Tom ou de lui arracher sa langue
sale, à quoi bon. Pourquoi vouloir faire souffrir
puisqu'elle avait décidé en avoir assez de cette
histoire? Il lui sembla préférable de continuer sa
route, peu importe ce qu'il faisait de sa vie. Il était
temps de comprendre que cela ne devait plus la toucher
dorénavant et elle se dit, pour se convaincre :
Souris Whitie et fonce!
Mais
eux, vont-il cesser de me foncer dedans? Pourquoi se
tiennent-ils si près de moi et me bousculent au moindre
de leur mouvement? Faites de l'espace voyons!
Aujourd'hui,
les passants et les gens dans le métro l'énervent.
Qu'on la bouscule n'était pas un fait nouveau mais
aujourd'hui, White était impatiente et n'en pouvait
plus. Un homme accrocha sa bourse au passage et elle se
retourna pour grogner mais à quoi bon. Un adolescent
lui coupa le passage, sans faire la moindre attention
et elle faillit presque tomber. En attendant la rame de
métro, elle sentit un coude, une respiration sur sa
nuque, une main près de son bras droit. Trop, s'en
était trop.
J'en
ai marre! Gardez vos distances et laissez-moi respirer,
nom de Dieu! Pourquoi se tiennent-ils si près?
Les gens sont attirés par toi, Whitie.
Mais qu'est-ce que tu dis là?
Les
gens se tiennent loin de ce qu'ils n'aiment pas et ce
dont ils n'ont pas besoin, ils l'ignorent. Par contre,
s'ils aiment, ils veulent être tout près, même sans
dire un mot.
Mais
voyons, ton explication ne tient pas! La plupart de ces
gens ne me voient même pas le visage lorsqu'ils sont
collés à mes fesses!
Pas besoin, ils te sentent et c'est suffisant.
Ne
me dis pas que c'est parce qu'ils m'aiment s'ils me
bousculent ou me foncent dedans, quand même!
Quand
on se croit grand, on veut écraser les plus forts, on
en a peur et ils nous dérangent.
Quand on se croit plus grand, les petits, on les ignore.
Quand on est vraiment grand, on les chouchoute et on devient chouchou.
Alors,
si tu as l'impression que les gens ont l'habitude de se
tenir trop près de toi ou bien te heurtent au passage,
souris… car pour eux, tu deviens grande et ton énergie
a de l'effet sur eux.
Le
jour qu'ils ne le feront plus, tu pourras pleurer si tu
crois cela nécessaire, mais pas maintenant.
Souris et sois celle qui chouchoute.
La
rame de métro stoppa devant elle et elle s'empressa de
prendre un siège près de la fenêtre. De là, elle
pouvait regarder les gens à son aise.
Metzaël,
je ne suis pas d'accord avec ce que tu dis. Comment
peux-tu dire que les petits, on les ignore?
J'ai
dit…. Quand on se croit grand, les petits, on les
ignore et quand on est vraiment grand, on les
chouchoute.
Mais,
en les chouchoutant, on les juge en tant que petits et
on se considère mieux qu'eux! Comment peut-on prétendre
valoir plus que quelqu'un d'autre?
Prend soin des petits.
Un
jour, une fleur de pommier, toute belle et
resplendissante, se vit dans un miroir qu'un ange posa
devant elle. Elle qui pour la première fois réalisa ses
beautés, ne comprit pas pourquoi l'arbre auquel elle
était rattachée par une tige, ne puisse être d'une
aussi belle couleur que la sienne.
Dis-moi,
demanda-t-elle à l'ange, pourquoi l'écorce de cet arbre
est-elle brune, rugueuse, terne et pleine de nœuds?
Comment, tu ne le sais pas? lui demanda l'ange en souriant.
Moi
qui suis d'une si belle couleur et projette dans l'air
des champs un si doux parfum, je ne comprends pas
pourquoi cet arbre ne peut le faire, tout comme moi.
C'est simple, lui répondit l'ange. C'est parce qu'il te nourrit.
Respecte
le plus petit et prends en grand soin, car c'est lui
qui te donne ta nourriture pour grandir.
Metzaël… qu'est-ce qui fait que l'on soit petit ou que l'on soit grand?
***
Le
lendemain soir, à bout de souffle, White se fit un café
et s'installa devant son ordinateur. Au lieu d'ouvrir
sa boite de courriel, elle se tourna vers la fenêtre de
sa chambre et regarda les nuages défiler tranquillement
dans le ciel. Des journées comme celles qui venaient de
passer, elle n'en voulait plus mais qui pouvait être
assez spécial pour pouvoir choisir de quoi serait fait
sa journée? Souffler un peu, juste un petit peu, c'est
ce qu'elle désirait pour ce soir, du moins, pour
quelques minutes. Après, viendrait le temps de trouver
une solution pour le souper mais, juste après, pas tout
de suite.
En
se levant ce matin, sa fille s'était pourtant levée de
bonne humeur mais après que White lui eut refusé un
nouvel animal de compagnie, elle lui avait piqué une
crise terrible.
- Tu as déjà bien assez d'un chat et d'un lézard!
En
se rendant au boulot, les gens continuèrent de lui
foncer dedans comme si elle était complètement
invisible. Pourtant, elle prenait un soin particulier a
se tenir loin des attroupements mais rien n'y fit.
Et
ces jeunes, qui ne se tassent pas pour laisser le
passage ni aux dames, ni aux ainés. Son père, lui, lui
aurait foutu une taloche derrière la tête si elle
n'avait pas laissé le passage libre pour les adultes ou
les vieilles dames, lorsqu'elle était plus jeune. Qu'en
était-il devenu des bonnes manières? Et pourquoi cette
impression que les gens ne pensent qu'à eux, foncent,
plutôt que de porter attention à ce qui les entoure?
Pressés… toujours plus pressés, au détriment des gens
autour de soi. Et encore une fois, elle en fit les
frais.
En
mettant le pied au bureau, James, monsieur Arthur,
monsieur Éric l'ont surchargée de travail; même pas le
temps de manger son muffin et son yogourt.
Je commence dans trente minutes, laissez-moi respirer voyons!
Pas
question de discuter une demande d'un patron lorsqu'on
est employé, ça, tout le monde le sait. Ce serait un
manque de respect mais tout de même, qu'auraient fait
quelques minutes d'attente de plus pour tous ces
travaux?
White
eu l'impression d'avoir un moteur au derrière toute la
journée et à tout moment, elle dut le changer de
vitesse pour accomplir toutes ses tâches qui étaient
toutes exigées sur-le-champ.
Vers
midi, son fils lui téléphona pour lui dire que son père
voulait changer les week-ends à partir d'aujourd'hui.
Hé,
ho! J'ai prévu une sortie avec Julie et Sylvain demain
soir, moi! Je fais quoi, moi qui ne sors jamais?
Ce
soir, elle ne se sentit pas l'énergie de préparer le
souper et s'était arrêtée pour acheter une pizza,
croyant que les enfants seraient contents, mais ils
avaient invité la ville au complet à souper!
Résultat?
Maman
est frustrée de ne pas savoir comment dire non, maman
est enragée de s'être fait prendre au piège et maman
est fâchée de n'avoir pu trouver les mots pour leur
faire comprendre qu'elle ne sait pas dire non sans se
sentir radine.
Elle
avait couru toute la journée, n'avait pas eu le temps
de manger et arrivée à la maison, devait se préparer
quelque chose juste pour elle, puisque pas radine. Pas
assez de pizza. Et puis quoi encore?
Et
cette voisine qui ne cessait de crier lorsqu'elle
s'adressait à ses enfants. White avait-elle besoin de
l'entendre chialer ce soir? Oui, il peut arriver qu'une
maman lève le ton mais pas à toutes les trente minutes,
voyons! Il y a tout de même des limites à se faire
casser les oreilles chez soi!
Dure
dure parfois, d'être une maman toute seule pour
s'occuper de tout. Toi, espèce de menteur de Tom, si tu
avais été franc et honnête envers moi, les choses
seraient sans doute différentes aujourd'hui, se
dit-elle.
Juste
à penser à la façon qu'il avait agi avec elle, à ce que
Madame la folle numéro 1 avait, et que White n'avait
plus, à penser à tout ce qu'ils devaient dire sur son
compte… à sa joie de l'avoir remporté sur elle.
Comment ne pas vouloir vengeance?
Elle
savait qu'elle devait continuer, se raisonner et ne pas
s'emporter afin de se sentir mieux, mais après une
journée comme celle-là, cela lui sembla très difficile.
Pour son bien, elle se devait de se calmer. Pour elle
et aussi, pour les siens. Ses enfants n'avaient pas à
subir ses humeurs.
Après
avoir sorti les ordures et fait la vaisselle, elle
s'enferma encore un moment dans sa chambre. Les enfants
parlaient fort, la musique jouait à plein volume. Mieux
valait les laisser faire et attendre que le calme
revienne lorsque les amis seraient partis. Avec joie,
elle constata que Marc était en ligne.
- Salut Marc!
- Chouchou! Comment vas-tu?
-
Un peu embrouillée mais cela devrait passer. Mais toi,
ça fait longtemps que je n'ai eu de tes nouvelles, où
étais-tu donc passé?
- J'avais du boulot à l'étranger mais ne t'inquiète pas, j'ai pensé à toi.
- Ah oui?
- Mais si, voyons! Alors chouchou, raconte-moi ce qui t'embrouille les neurones.
Elle lui raconta sa pénible journée et il se mit à se moquer d'elle.
- Ce n'est pas gentil de se moquer de mes soucis!
-
Voyons chouchou… tu n'as pas encore appris à surmonter
toutes ces petites tempêtes?
-
Eh bien, on dirait que non. Moi qui croyais être assez
grande pour surpasser des moments comme ceux-là et
demeurer de marbre face aux événements perturbateur de
ma petite vie calme et joyeuse, on dirait que tous
tentent de tester mes nerfs en même temps et qu'on veut
m'écraser ou pire, me faire sentir minus.
- Alors, je crois qu'il est temps que nous discutions, White.
- À quel sujet?
- Afin de t'aider à grandir, à te libérer de tout cela.
-
Bon, bon, bon. Je vais avoir droit à une
Marco-thérapie? Écrivit-elle pour le taquiner, fort
excitée de susciter son intérêt.
- Appelle cela comme tu veux banane!
- Je ne suis pas une banane, voyons!
-
Si tu étais une grande fille, tu ne te fâcherais pas et
n'aurais pas l'impression que les gens veulent
t'écraser, comme tu dis. Tu saurais gagner et voir plus
loin.
- Gagner?
-
Si tu étais grande, tu saurais rester spectatrice et
leur laisserais croire qu'ils sont grands pour se
sentir fort et tu y gagnerais.
Tiens, un autre qui parle de grandeur.
- Tu veux m'expliquer?
-
Les gens ne pensent qu'à eux, White. Il y a des gens
qui ont besoin de sentir qu'ils ont du pouvoir sur les
autres afin de se sentir fort, et ainsi redorer leur
estime d'eux-mêmes. Il y en a d'autres qui ne font que
penser à leur besoin immédiat et n'en ont que faire de
ce que tu penses ou de comment tu te sens. Ça n'a rien
à voir avec toi. Toute résistance de ta part te
mènerait alors à une confrontation avec eux et tu y
perdrais. Tu y perdrais l'écoute de l'autre, de ce que
tu voudrais exprimer et aussi, comme je te connais, ton
calme si précieux.
-
Ça, je comprends car lorsque je n'arrive pas à faire
valoir mon opinion et qu'on m'en impose une autre, je
rumine pendant des heures et ça ruine mon moral, et
toute envie de faire quoi que ce soit.
- Alors, donne-leur ce qu'ils veulent et tu gagneras.
- Mais leur donner quoi, au juste?
-
Prend l'exemple de ton patron. Tu dis qu'il te demande
parfois de faire des heures supplémentaires ou t'envoie
poster du courrier après tes heures de travail.. Cela
t'empêche donc de faire ce que tu veux ou te demande de
reporter des promesses faites à tes enfants. Et croyant
que tu ne peux refuser, tu te sens frustrée.
-
Ça oui! Et en plus, j'arrive plus tard chez moi et je
dois courir pour préparer le souper et les enfants sont
grognons… c'est l'enfer! Cependant, lorsque j'ai le
temps, je le fais avec plaisir mais d'autres soirs, je
ne peux vraiment pas car j'ai des choses de prévues.
-
Eh bien la prochaine fois que cela te posera un
problème, tu le regardes avec un gentil sourire et tu
lui dis : « Oh… j'aurais tellement aimé te
rendre ce service mais ce soir, je dois faire ceci,
j'ai promis de faire cela ».
- Mais ça ne peut pas fonctionner, voyons!
-
Mais si! Quel caractère elle a cette nana! En disant
cela, tu lui fais sentir que sa demande a de
l'importance pour toi et que tu aurais voulu lui faire
plaisir. Ainsi, il sera tenté de te soulager de cette
tâche, croyant te rendre service et que c'est grâce à
lui que tu peux tenir tes engagements, tu comprends? Et
en plus, il t'appréciera car il saura que tu le
considères.
- Mais c'est de la manipulation, je ne peux pas faire cela, voyons!
-
Ce n'est pas de la manipulation, c'est de l'observation
pour aider l'autre à se sentir fort. Ensuite, tu y
gagnes puisque que tu garde ta liberté et ton calme
pour les heures à venir.
- Je ne crois pas que cela pourrait fonctionner.
- Ne m'as-tu pas dit que James agit comme un fier paon?
-
Si on veut, oui. Il aime tout contrôler et tu devrais
le voir marcher! On le dirait au-dessus de tout et son
sourire supérieur, son air dédaigneux qu'il pose sur
les gens qui ne font pas selon ses indications.
On là là!
-
Eh bien, justement, avec ce genre de personnage, tu
dois lui donner l'impression qu'il a du pouvoir sur toi
et que ton bonheur dépend de lui.
-
Elle n'est tout de même pas facile ton idée car moi, je
n'aime pas avoir l'impression que les gens ont du
pouvoir sur moi, surtout pas lui!
-
Sacré nana! Il n'a pas de pouvoir sur toi puisque tu
fais ce que tu veux! Tu lui donnes une impression de
pouvoir et cela le satisfait tandis que toi, tu as tout
le pouvoir puisque tu as déjà pu observer et cerner à
qui tu avais affaire. Tu lui donnes son faux plaisir et
tu gagnes, tu comprends?
-
Oui, je comprends mais on verra si je peux arriver à
sortir les mots de ma bouche ou encore, jouer la
comédie lorsque le temps sera venu.
- Tu me diras.
- Et concernant ma voisine, tu as une idée?
-
La prochaine fois qu'elle se met à crier, tu cognes à
sa porte et lorsqu'elle répond, tu lui souris. Ensuite,
tu lui demandes si quelqu'un a besoin d'aide étant
donné que ça fait longtemps que tu entends quelqu'un
crier.
- Hein!
-
Mais oui chouchou. Si tu lui souris et lui fais
entendre que tu voulais seulement porter assistance à
quelqu'un que tu croyais en danger, elle ne saura plus
quoi répondre et cessera sans doute de crier. On
n'attaque pas ceux qui ont de bonnes intentions envers
nous. Sans te fâcher, sans provoquer, tu obtiendras ce
que tu veux. Le silence.
-
J'aime bien ton truc. La prochaine fois, je vais
essayer. Celle idée-là, je l'aime déjà mieux et j'ai
même hâte qu'elle recommence à crier, ce qui ne devrait
pas tarder d'ailleurs. Et pour les enfants, je fais
quoi?
-
Si tu penses à ton super souper-pizza gâché, eh bien la
prochaine fois, tu téléphones et leur demande s'ils
veulent de la pizza. Ensuite, tu leur demandes s'ils
sont seuls et s'ils ne le sont pas, tu leur dis que
c'est dommage car n'ayant pas assez de sous pour en
acheter plus, ils devront se contenter d'un souper vite
fait.
- C'est une bonne idée!
-
Tu verras, la fois suivante, ils mettront tout le monde
dehors pour avoir de la pizza pour souper.
-
Tu es drôle. Je comprends ce que tu essaie de
m'expliquer et suis certaine qu'en gardant mon calme,
je pourrais réussir à modifier des comportements pour
ainsi faire évoluer une situation à mon avantage, mais
je crains que de conserver mon calme pour y
arriver sera difficile.
-
Avec le temps, ça viendra. Apprends à réaliser que tu
peux rester calme et te faire des références pour les
prochaines fois. Tu seras plus en mesure de comprendre
ce dont les gens ont besoin pour se sentir important et
tu gagneras. C'est ainsi que tu deviendras la plus
grande. Et peut-être même une super politicienne, qui
sait!
-
Ce que tu peut être bête, toi aussi, quand tu veux.
Mais eux, ils croiront qu'ils sont les plus importants
et les plus grands, et me considéreront comme une minus!
-
Mais on s'en fout qu'ils se croient grands et
importants! Ce qui compte, c'est que toi, tu saches que
c'est toi la plus grande puisque tu réussis à obtenir
ce que tu veux! Si tu arrives à comprendre ce dont les
autres ont besoin pour se sentir grand et que tu leur
donne, tu y gagnes. L'important, c'est d'obtenir ce que
tu veux en les laissant croire que c'est grâce à eux
que tu l'as. Ensuite, tu dis merci et tu souris. Tu les
chouchoute et en retour, ils te gâtent.
-
N'empêche que je me croyais immunisée contre mon ex et
sa femme et tu vois, au moindre moment de faiblesse, je
tombe dans la colère et souhaite vengeance.
- Alors amuse-toi à faire diversion.
- Qu'est-ce que tu dis-là?
- Imagine que tu fais des choses pour te venger et tu te sentiras mieux!
-
Mais je ne peux pas imaginer la vengeance voyons! On ne
peut pas souhaiter du mal à son prochain!
s'indigna-t-elle.
- Et qui dit que tu ne peux pas imaginer ou penser ce que tu veux?
-
Ce n'est pas bien de vouloir se venger ou de souhaiter
du mal, on n'a pas le droit de faire cela. En
imaginant, on crée, tu ne savais pas cela?
-
Chouchou… je vois que nous avons encore beaucoup de
travail à faire avec tes idées de jugement mais ça va
et je comprends. Rien ne t'empêche d'imaginer des
petits incidents pas méchants qui te feront rire pour
oublier ta colère et ta frustration.
-
Comme d'imaginer que sa femme vient de prendre sa
douche dans sa somptueuse salle de bain et que soudain,
une pluie diluvienne tombe sur la maison et provoque un
refoulement des égouts qui l'éclabousse de merde de la
tête aux pieds?
- Tu vois que tu y arrives?
-
C'est une super idée et je vais m'y appliquer, écrivit
White, le cœur léger. Ça me rappelle qu'avant, il
m'arrivait souvent d'imaginer des situations comiques
ou que les gens avaient une physionomie différente. Je
trouvais cela très drôle.
- Pourquoi est-ce que tu ne le fais plus, alors?
- Je ne sais pas, j'ai cessé de m'amuser on dirait.
- Et pourquoi cela?
-
Je ne sais pas. Peut-être parce que j'en suis arrivé à
me prendre trop au sérieux ou que j'ai oublié comment
on fait?
- Qu'est-ce qui t'empêche de recommencer à t'amuser?
-
Je ne sais pas mais je devrais sans doute m'y appliquer
à nouveau. Je m'amusais tellement auparavant! Je
chantais tout le temps, je sifflotais, je riais,
j'aimerais tant que tout cela revienne!
-
Cesse de te prendre au sérieux pour commencer et
recommence à t'amuser. Tu verras, cela transformera
beaucoup de choses dans ta vie.
- J'y penserai.
- Et ton livre, ça avance?
-
Bof… je ne sais pas encore comment m'y prendre. J'ai
commencé à noter des idées, à écrire quelques pages sur
des petites choses que j'ai expérimentées, il y a
quelques années mais, j'ai l'impression que le ton est
trop sérieux.
- Que veux-tu dire?
-
J'ai l'impression d'être une vieille mémé qui raconte
des histoires et des techniques vieilles de plus de dix
ans.
- Qu'y a-t-il de mal à écrire comme une vieille mémé?
-
Rien, je sais. Mais vois-tu, en lisant les messages des
autres membres sur le forum, je constate qu'ils se
posent des questions que je me posais, il y a bien
longtemps. Alors, j'ai eu l'idée d'écrire sur ce que
j'ai vécu. Mais je dois ajuster ma technique. J'ai
l'impression que ça ne va pas et je ne sais pas comment
m'y prendre. Je ne suis pas certaine, non plus, si ça
va les intéresser de lire mes histoires, tu comprends?
-
Ça prend du courage pour écrire. Ne te décourage pas et
tu verras, tu trouveras une solution.
- Sans doute que oui.
- Alors tu sors avec Julie demain soir?
-
J'étais sensée mais puisque Normand veut changer les
horaires de visite, je n'en suis plus certaine.
- Tu trouveras sans doute une solution à cela aussi.
-
Tu as raison, je vais lui téléphoner et lui expliquer
que j'avais un rendez-vous important, je ne sais pas
mais je vais trouver un moyen de lui faire sentir que
grâce à lui, je serai sauve.
- Tu es mignonne.
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