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Ne sort pas qui veut!

par Isabelle Coutu

Il peut parfois être difficile d'entrer dans un pays, même pour une simple visite de quelques semaines. On peut penser à certains pays d'Afrique où il faut présenter son carnet de santé, et bien indiquer les vaccins reçus, pour poser le pied sur cette terre étrangère. Mais le fait de sortir d'un pays peut aussi s'avérer laborieux. Voici donc une péripétie lors de mon séjour en Amérique du sud.

J'ai fais mes au revoirs à la capitale du Chili (Santiago) le lundi 1er septembre. J'entrepris alors un long voyage de cinq jours vers le nord qui allait me mener à l'aéroport de Lima, capitale du Pérou.

Les compagnies d'autobus chiliennes offrent un bon service à bord. Par exemple, la compagnie Tur Bus dessert le pays du nord au sud, repas chauds servis, télévision et toilettes rendent le périple plus agréable. Le général Augusto Pinochet (1) aurait même détenu, jadis, des parts dans cette entreprise. 

J'arrive trente heures plus tard à Arica, la dernière ville frontalière du nord du Chili. Il est vingt-deux heures, je suis courbaturée et fatiguée, mais plus près du but, celui de ne pas rater l'avion. Mais je dois prendre mon mal en patience pour traverser au Pérou. Je me mets donc à la recherche d'un colectivo (2) à l'extérieur du terminus. Je rencontre un homme grisonnant qui m'informe que la frontière ferme à minuit et qu'il faut compter trois quarts d'heure pour s'y rendre et qu'il est prêt à m'embarquer. Il me fait passer dans une pièce minuscule remplie de paperasses et je remplie des papiers d'immigration, comme ça, ça ira plus vite à la barrière, me dit-on. Le chauffeur met mon gros sac dans le coffre de son Alfa Roméo qui me semble dater de la Guerre du Pacifique (3) et me dit d'attendre, alors j'attends… j'attends et j'attends encore, étant habituée à cette caractéristique spécifique du Chili. J'observe une cinquantaine de femmes autochtones avec leurs robes colorées et leurs millions de jupons qui leur donne une vague ressemblance avec Scarlett O'Hara. Elles aussi attendent. Finalement une personne entre dans le colectivo, ensuite une deuxième, ainsi de suite jusqu'à ce que nous soyons toutes bien entassées les unes sur les autres, il est alors vingt-trois heures. 

Nous arrivons à la barrière, je cours me mettre en ligne, il reste quinze minutes avant la fermeture. Le chauffeur de taxi détient mes papiers d'immigration et mon passeport et me fait signe de venir le rejoindre en avant de la file. Je me dis que cela doit être une section spéciale pour les gringos (4) comme moi. Je me présente à la dite vitrine pare-balles et le chauffeur me dit qu'il y a un problème. Je vois le douanier avec sa calculatrice, calculer et montrer à son collègue le résultat et les deux me regardent de manière fautive. L'homme m'explique que mon visa est expiré depuis maintenant trois jours et que je ne peux pas sortir du pays si facilement. Je dois retourner à la ville d'Arica, et aller le lendemain matin payer une amende aux carabineros (5) et ensuite pouvoir repartir et traverser. Je leur explique alors que je croyais que la date d'expiration du visa était la même que la date de retour sur mon billet d'avion. Il semble que ce n'est pas le cas.  Alors je mentionne que j'étais en direction de l'aéroport et la raison pour laquelle j'étais au Chili pendant trois mois, la coopération que notre groupe et moi avons établie à travers des activités et des projets avec la communauté du nord du pays. Finalement, par fatigue ou compassion, allez savoir, il étampa mon passeport et me souhaita bonne nuit. 

Le chauffeur me dit de marcher vite jusqu'à l'auto centenaire, peut-être pour ne pas que l'homme sorte de sa vitre invincible et ne change d'idée. Nous avons traversé et sommes arrivés à Tacna, première ville au sud du Pérou, le douanier étampa mon passeport et avec le plus beau des sourires me dit: "Bienvenue au Pérou gringa, vous pouvez rester trois mois au pays !" Décidément, je n'avais pas fini de vivre les joyeux contrastes de l'Amérique du sud !

Il me restait une vingtaine d'heures à faire pour arriver à la destination finale…

Pour savoir la suite de cette aventure et savoir si j'ai pu attraper mon vol à Lima, lire la prochaine édition.

Quelques données sur le Chili au : www.foolup.com/chili

Pour me contacter, vous pouvez écrire à`:
Isabelle Coutu:
couts79@hotmail.com

  

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