Choisir notre vieAvant l'étape de la clarification, nous lisions, nous étudiions, nous
explorions et... nous oubliions notre quête. Nous éprouvions certaines difficultés à prioriser l'essence que nous avions choisie; nos choix pour progresser dans sa
direction ne s'opéraient pas avec conviction. Le plus grand « manque à gagner » ne résultait pas de nos
erreurs, mais plutôt de notre manque d'intensité et de notre ambivalence à vivre pleinement. Paulo Coehlo a écrit : Poursuivre un rêve a un prix. Cela peut
impliquer que nous abandonnions nos vieilles habitudes, cela peut entraîner pour nous des difficultés, des déceptions. Toutefois, quel que soit le prix, il ne
sera jamais aussi élevé que celui que paieront ceux qui n'ont pas vécu (...).
Ainsi, au moment d'appliquer la philosophie à la réalité, des difficultés se
pointent, des défis se présentent immanquablement. Le bonheur est une oeuvre d'art et l'artiste d'une telle oeuvre doit en premier lieu développer son expertise.
Voici des mots de Paulo Coelho : En général, cette oeuvre d'art est enfouie sous des années de crainte, de culpabilité et d'indécision. Nous sommes à
cette étape de véritables guerriers spirituels et nous composons dorénavant avec nos peurs. Nous pouvons par exemple craindre l'erreur, l'échec ou la
responsabilité... Prendre responsabilité d'un résultat « indésirable » demande beaucoup de courage. Avons-nous peur de perdre l'amour de nos proches ou
de vivre le rejet? Il serait naïf de croire que nos projets, surtout ceux d'envergure, n'amèneront pas d'opposition de la part de ceux qui seront
touchés, de près ou de loin, par les « limites » que nous désirons franchir. Le seul fait d'envisager les dépasser éveille souvent des craintes! La culpabilité
peut, quant à elle, nous entraîner dans l'inertie. Mon projet est-il « moral »? Ce que je veux créer peut-il bouleverser le mode de vie de mes proches?
L'indécision peut, elle aussi, nous ralentir. Lorsque nous effectuons un choix, nous renonçons à son alternative, mais plusieurs « petites voix » en nous
demandent leur part d'attention : chaque décision implique que nous favorisions une partie de nous-mêmes au détriment d'une autre. Plus la décision à prendre
est importante, plus nous risquons d'hésiter. Edward M. Hallowell a écrit (traduction d'auteur) : Même le désir de réussir est soumis à l'ambivalence.
Vaincre l'indécision exige une excellente connaissance de nous-mêmes, en particulier de nos dépendances, de nos dilemmes et de nos ambiguïtés.
Mais nous pouvons toujours choisir de revenir à notre choix d'essence, pratiquer, persister et progresser. À l'étape de la clarification, nous cherchons à
rendre réelle notre essence plutôt que de chercher « la vérité » qui est, comme nous l'avons vu, un concept plus que relatif. Nous sommes alors disposés à
faire consciemment le choix de dessiner et de suivre notre propre trajectoire vers une vie plus heureuse. Nous sommes des créatures privilégiées : nous
avons le loisir de guider consciemment notre tangente évolutive. Le bonheur est un talent à développer, une action intérieure à maîtriser. Lorsque nous le
priorisons, nous nous offrons un profond changement de perspective. Le grand voyage de la vie prend alors un nouvel envol : notre attitude se transforme, notre
énergie augmente et nous retrouvons notre passion de vivre.
Nous pouvons entraîner notre cerveau de sorte qu'il garde le focus sur notre
rêve de vie. Souvenons-nous : nos circuits neuronaux s'ajustent au gré de nos expériences! Si nous sélectionnons minutieusement nos croyances et si nous
dirigeons la puissance de nos pensées, de nos émotions et de nos désirs vers notre essence, nous augmentons notablement la probabilité de la voir se
réaliser : nous pouvons utiliser à cette étape un outil qui consiste à nous projeter au moment où nous aurons réalisé notre essence pour nous en inspirer
dès maintenant : Lorsque je serai plus heureux... À quoi ressemblera ma vie? Que ferai-je de mieux? À ce moment... en quoi croirai-je? Que vais-je ressentir?
Qu'est-ce que je penserai? Que vais-je désirer? Quelle sera ma qualité de présence?
Nos choix s'opèrent, à l'étape de la clarification, à partir de la connaissance
que nous avons acquise de nous-mêmes et du but visé, c'est-à-dire de vivre plus heureux. Quand le bonheur est priorisé, il devient notre guide pour opérer
nos choix au quotidien. Ce que nous choisissons dans les domaines des relations humaines, du travail, des finances, de la santé, etc. s'enracine
progressivement dans cet idéal. Lorsque nous devons faire des choix, nous utilisons les questions suivantes pour nous guider : Quel sera l'impact de ce
choix sur mon essence? S'il m'en éloigne temporairement, suis-je prêt à en assumer les conséquences? Ainsi, si nous sommes tentés par quelques
écarts (et nous le sommes tous!), nous pouvons en évaluer plus facilement les conséquences potentielles. Nous avons maintenant acquis la sagesse
nécessaire pour assumer les conséquences de nos choix; nous sommes devenus des personnes responsables. Le choix responsable se retrouve ainsi
au coeur de l'étape de la clarification.
C'est à cette étape que l'évidence nous frappe : il n'existe pas
d'incontournables... Nous pouvons choisir et créer notre vie! Nous désirons amener l'essence et la vision choisies dans notre réalité subjective et objective.
La vie s'ajuste à notre épanouissement, car la réalité est relationnelle. Nous pouvons ainsi déterminer ce que nous voulons voir se manifester dans notre
réalité tant subjective qu'objective. Notre ardeur à croire en la manifestation de notre essence et de notre vision influence notre perception de notre vie actuelle
et détermine aussi son déroulement futur. Nous tendons, par ailleurs, à ressembler à ce sur quoi nous portons notre attention : une essence et une
vision d'envergure élèvent ainsi notre capacité à actualiser notre potentiel. Vivre pleinement notre belle spécificité et être heureux représente un des plus grands
cadeaux que nous puissions offrir tant à ceux que nous côtoyons qu'à nous-mêmes.