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Quand
on parle de moyens de faire contrepoids au stress, un des premiers idées qui
devrait normalement nous venir à l'esprit, c'est le contact corporel, c'est-à-dire
ce besoin qu'on a autant de toucher que d'être touché.
Quelle
meilleure façon de se ressourcer et de recharger nos batteries, en autant
évidemment que la chose ne nous fasse pas vivre plus d'inconfort qu'elle nous
procure d'apaisement ! D'où l'importance de s'y familiariser car il s'agit là d'un
besoin fondamental chez l'être humain.
La
preuve ? Imaginez un petit garçon de deux ou trois ans, qui court sur le trottoir.
Il s'enfarge et tombe, s'écorchant légèrement la peau d'un genou. Ça saigne un
petit peu alors il se met à pleurer, ce qui fait accourir sa mère.
À
cet instant précis, de quoi l'enfant a-t-il le plus grand besoin ? Que sa mère lui
appose un « plaster » sur le genou ou qu'elle le prenne dans ses bras
pour le consoler ?
La
réponse est claire, cela va de soi. Après s'être assuré qu'il n'y a rien de grave,
l'enfant a surtout besoin d'être rassuré, réconforté. Or c'est en le prenant dans
ses bras, par cette sensation rassurante au niveau épidermique, qu'elle va
l'apaiser et que la peur va s'estomper et que ses sanglots vont diminuer. Ensuite
et seulement après coup, on pourra laver l'éraflure et y apposer le pansement
nécessaire; mais cela viendra en second lieu. Tel était le besoin de l'enfant et il
demeure inchangé malgré les années.
Mais
alors, comment se fait-il qu'une fois devenu adulte, on n'ait plus le réflexe de
rechercher ce genre de réconfort quand on vit des tensions ? Comment expliquer
qu'on soit devenu si inconfortable et si maladroit au point de faire comme si on
préférait s'en passer ? Pourquoi est-ce devenu si compliqué à demander ?
Tu n'es plus un bébé !
C'est
qu'à quelque part entre l'âge de 5 à 8 ans, on a subi un sevrage culturel qui nous
a été servi par nos éducateurs (parents et autres adultes). En nous répétant des
paroles dans le genre de "tu n'es plus un bébé maintenant..", on nous a fait
comprendre que désormais, puisqu'on était assez grand pour aller à l'école, on ne
devrait plus s'attendre à se faire dorloter comme un bébé.
Tout
d'un coup, grandir signifiait qu'on devrait être capable de s'arranger avec nos
émotions et se passer de ces contacts qui n'étaient, paraît-il, que de
l'enfantillage ! C'est donc à partir de cet âge qu'on a commencé à prendre
l'habitude de refouler nos larmes. On s'est même vite fait un point d'honneur de
s'en passer, comme pour prouver qu'on n'était plus un bébé.
Quelques
années passent et nous voici en pleine l'adolescence. Encore une fois, tout est
chambardé car c'est le Big Bang des hormones qui chamboule les émotions et nous met
à l'envers ! Pratiquement du jour au lendemain, on se retrouve avec les sentiments
à fleur de peau et les organes qui s'excitent sans arrêt !
Le
moindre contact nous émeut et nous excite en même temps. Il y a de quoi être
mêlé! Pas facile de savoir lequel des deux mène l'autre, l'émotion ou
l'érection ! Mais, comme il trouve que les deux vont bien ensemble, il ne s'en fait
guère avec ça, d'autant plus que les gens appellent cela Faire l'Amour !
Dès
lors, la simple évocation du toucher corporel prend soudainement une connotation
sexuelle et, pour bien des gens, les contacts physiques garderont longtemps cette
signification.
Comme
vous le voyez, on en a fait du chemin depuis notre tendre enfance, mais pas
nécessairement toujours dans le bon sens ! C'est ainsi que pour la majorité des
individus, on touche beaucoup plus souvent pour s'exciter ou pour stimuler l'autre
que pour s'attendrir ou se réconforter.
Et
pourtant, qu'y a-t-il de plus apaisant que de se blottir dans les bras de quelqu'un
et de se laisser aller tout doucement, sans aucune autre idée derrière la tête que
celle de sentir la chaleur du contact et de profiter du moment présent ! Voilà
pourquoi, quand vient le temps de se ressourcer pour faire contrepoids au stress,
il n'y a rien de tel que de se coller pour relâcher nos tensions.
Bien
sûr, encore faut-il en avoir la possibilité. Dans un monde où il y a de plus en
plus de gens qui vivent seuls, il n'est pas surprenant que plusieurs tentent de
faire comme si ils n'avaient rien entendu, comme si tout ça était du superflu ou
que cela ne les concernait pas. D'où leur tendance à en minimiser l'importance et
leur empressement à se réfugier dans leur tête ! Alors, on intellectualise, on fait
les gorges chaudes face à tant de « kétaineries » et on se lance dans la
performance.
D'où
l'importance capitale de distinguer émotivité de sensorialité et de sensualité.
Contrairement à ce que plusieurs pensent, la valeur réconfortante du toucher ne
vient pas tant de la relation affective qui l'entoure mais davantage de
l'investissement émotif qu'on décide d'y mettre. Ainsi, ce n'est pas parce que les
naufragés sont en amour avec les pompiers qu'ils se sentent si rassurés quand ils
les voient arriver. Cette confiance, vient de l'image rassurante dont chacun les a
investis. Il en va de même à l'arrivée des ambulanciers ou encore du contact
rassurant de la monitrice à la garderie en autant que l'enfant se sente en
confiance dans ses bras. Tout est dans la signification qu'on donne au geste.
Alors,
pourquoi n'en ferions-nous pas autant avec les professionnels du massage et
autres soins corporels accessibles. Il suffit de se rendre disponible, c'est-à-dire
d'aller se faire taponner et de se donner la permission de se laisser bercer
jusqu'à ce qu'on ait le goût de faire des balounnes !
Grâce
à notre nature psychosomatique, nous disposons de ressources extraordinaires pour
nous réconforter. Pourquoi ne pas les utiliser ?
(extraits
de mon volume intitulé : Les gens épanouis.. réussissent mieux ! Éditions
Quebecor, 2003, )
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