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La
sexualité personnelle et à plus forte raison l'entente sexuelle dans le couple sont
facilement affectées par les aléas de la vie qui affectent nos états d'âme et
provoquent par le fait même des soubresauts dans l'harmonie conjugale.
Les
inconvénients sexuels qu'éprouvent les gens vivant un excès de stress se regroupent
sous deux catégories: les troubles du désir et les dysfonctions sexuelles reliées
soit à l'excitation ou à l'orgasme.
les troubles du désir
Il
faut tout d'abord distinguer entre une absence de libido qui semble avoir toujours
existé (problème de désir primaire), et une panne de désir qui survient à un moment
donné (problème secondaire ou situationnel).
Dans
le premier cas, la personne n'éprouve à toutes fins pratiques aucun besoin ni désir
sexuel. Non seulement ça ne lui dit rien et ne lui manque vraiment pas mais il y a
absence de fantasme sexuel et de rêve érotique et aucune tendance à la
masturbation. Les seuls inconvénients ressentis par ces individus, c'est qu'ils se
sentent coupable d'en priver leur partenaire .Ou le stress de se percevoir comme
"pas normal" .
Dans
le cas d'une perte ou d'une baisse de désir (secondaire), la personne affectée
traverse une phase où la sexualité ne l'intéresse pratiquement plus. Les fantasmes
disparaissent presque complètement et la fréquence masturbatoire est
considérablement réduite, soit parce que les gens n'ont pas l'idée à cela ou encore
parce qu'ils n'en retirent qu'une faible satisfaction. Une expression que les gens
concernés utilisent souvent pour décrire leur vécu dans ces périodes là: c'est le
calme plat !
quelques mots sur les causes
Si
on essaie un peu de comprendre ce qui peut amener une telle situation, on constate
que les causes sont d'ordre différent selon qu'on fait référence à quelqu'un qui
n'a jamais eu de désir sexuel ou à un individu qui se voit momentanément confronté
à de tels changements.
Chez
les gens qui n'ont jamais eu de désir sexuel, il peut s'agir de personnes qui ont
été fortement marquées soit par une éducation répressive, des images dévalorisantes
de la sexualité. Certaines causes d'ordre anatomique, médicales ou pharmacologiques
peuvent également expliquer cette situation.
Mais
dans le cas des gens chez qui survient une baisse de désir à un moment donné, on
les divise en deux catégories; ceux qui subissent une baisse de désir sexuel
généralisée ou les autres, c'est-à-dire ceux qui n'éprouvent plus de désir à
l'endroit d'une personne en particulier, habituellement la/le partenaire.
Pour
les premiers, le problème peut apparaître en réaction à une nouvelle situation
devant laquelle ils ont de la difficulté à s'adapter. Mais la difficulté pourrait
également dépendre de causes aussi diverses que disparates que:
- stress, surmenage, effets secondaires d'antidépresseurs,
- préoccupations professionnelles ou financières, réorientation de carrière,
- être sur le point de réussir un gros coup, quelque chose d'important pour soi.
- cela peut aussi être le cas de "workaholics"
- des inquiétudes concernant ses propres performances, etc.
- une
diminution progressive de l'excitation sexuelle provoquée par des facteurs peu
flamboyants mais tout à fait normaux comme l'habituation ou la routine.
- l'insistance
exagérée à vouloir toujours enrober la rencontre sexuelle d'une auréole
romantique ou amoureuse; en d'autres termes, à toujours vouloir Faire l'Amour
et à ne jamais oser dire son désir de tout bonnement baiser, de s'envoyer en
l'air et d'en jouir, un point, c'est tout.
panne de désir ou guerre de pouvoir
Quant
à ceux dont la baisse de désir est clairement orientée vers une personne en
particulier, alors on ne devrait normalement pas parler de perte de désir mais
d'une manifestation d'un conflit non réglé qui empêche un rapprochement.
D'ailleurs, dans ces cas là, on remarquera souvent que le patient réagit
positivement à des pensée érotiques ou lubriques référant à une autre personne.
Autrement dit, dès qu'on pense à quelqu'un d'autre, le désir revient « comme
par magie »
Trop
de dossiers furent étiquetés comme des problèmes de désir alors qu'il s'agissait en
fait plutôt d'une guerre de pouvoir entre partenaires.
Il
ne faut jamais perdre de vue que l'ambiance entourant le désir d'un
rapprochement sexuel ou son boycott est souvent le reflet du climat et du genre d'échanges que les partenaires ont entretenus eux. Et cela vaut pour les heures et parfois même les journées précédant cette rencontre amoureuse. Alors quand on a une crotte sur le cœur, on profite de l'occasion pour se faire justice en refusant de réagir positivement.
En
réalité, ces personnes résistent à se laisser aller à éprouver du plaisir dans les
bras de quelqu'un qui, quelques heures auparavant, leur tapait sur les nerfs ou les
décevait, quelle qu'en ait été la raison. Et quand la chose se répète, ces effets
font tache d'huile.
Comme
on peut le constater, ce n'est donc pas vraiment une perte de désir sexuel qu'ils
vivent, mais davantage le fait qu'ils n'éprouvent plus de plaisir et encore moins
de désir avec cette personne-là ! Le problème est d'abord relationnel.
En
conséquence, il faut réévaluer l'intérêt qu'on a l'un pour l'autre et
son implication dans le couple. C'est donc dire qu'un sexologue qui joue bien son
rôle verra à leur suggérer de démêler les enjeux de leurs pertes de désir. Il
s'agit d'éviter que l'accord sexuel fasse les frais de tous les autres accrochages.
difficultés au niveau de l'excitation
Bien
que certaines réactions à l'excitation soient typiquement masculines ou féminines,
il importe de souligner qu'au plan physiologique (vasodilatation), le manque de
désir aura des impacts négatifs équivalents chez les deux sexes. En clair,
ils se traduiront par une carence de lubrification chez la femme alors que le mâle
éprouvera des difficultés avec son érection.
Chez
la femme, cette faible lubrification rendra la pénétration douloureuse et souvent
même difficile, ce qui contribue à inhiber encore davantage le désir.
Chez
l'homme, c'est évidemment la facilité avec laquelle il entrera en érection de même
que le degré de rigidité obtenu qui sont tout d'abord hypothéqués. La durée de la
période au cours de laquelle il restera en érection par la suite est aussi très
sujette à la force de son excitation.
Dans
bien des cas, l'anxiété de performance peut faire des ravages à ce propos. Les
problèmes physiologiques et des conditions comme l'éthylisme ou certains effets
secondaires de médication peuvent également affecter l'érection.
Chez
les deux sexes, il peut arriver qu'on ait accumulé suffisamment de stress ou
d'agressivité envers l'autre pour qu'on ne soit plus réceptif à l'excitation.
Mais
surtout, on oublie trop souvent que les changements reliés à l'évolution normale de
la réponse sexuelle selon l'âge ou même selon le mûrissement d'une relation peuvent
aussi affecter le degré d'excitation car cela ne ressemble hélas pas éternellement
à du tout nouveau, tout beau!
D'où le besoin de nourrir le désir afin de renouveler l'intérêt et l'excitation.
problèmes reliés à l'orgasme
On
sait que les ébats sexuels ne mènent pas toujours à un orgasme qui soit
satisfaisant et bénéfique, tant au niveau du plaisir sexuel que dans son objectif
physiologique qui est de permettre une chute de tension, laquelle est normalement
ressentie comme la jouissance orgasmique.
Il
arrive souvent, par exemple, que les hommes "échappent" très tôt leur éjaculation,
ce qui entraîne un mini-orgasme, souvent plus frustrant qu'épanouissant.
Chez
les femmes, plusieurs d'entre elles n'arrivent pas à l'orgasme ou, quand elles y
parviennent, le font au prix d'efforts et de concentration, comme si la chose
relevait d'un travail laborieux, ce qui n'est rien pour aider à nourrir leur désir !
Dans
ces deux cas, une importance trop grande accordée à l'effort et à la volonté
produit des effets contraires à ceux qu'on aurait souhaités.
Il y
a des choses qui ne se commandent pas...et le plaisir, tout comme le goût de la
tarte aux pommes, en font partie !
suggestions d'ordre général
Une
des premières démarches conseillée à la femme qui veut améliorer sa capacité
orgasmique consiste en l'appropriation (au lieu de la délégation au partenaire) de
sa vaginalité jumelée avec l'adoption "d'attentes réalistes" selon l'expression de
Leonnie Barbach
Chez
les hommes, il faut
s'entrer dans la tête que la capacité de savourer l'excitation sans "éclater" prématurément ne vient pas d'une plus grande capacité de résister à des sensations exquises sans broncher. À quoi ça sert de se retrouver dans un lieu délicieux si on s'efforce de ne pas le ressentir !
Il
faut au contraire en profiter au maximum sans perdre la carte. L'important pour ce
faire, c'est d'arriver à bien doser les niveaux d'excitation, un peu comme un
gourmet sait savourer les aliments et prolonger les jouissances du palais ! Sans
quoi, la rencontre sexuelle devient, elle aussi, une autre épreuve d'endurance.
En
définitive, l'activité sexuelle satisfaisante (selon ses choix), contribue de façon
significative à favoriser l'équilibre psychosomatique de l'être humain et, en ce
sens,
devient une des composantes de la qualité de vie, l'ultime antidote du stress.
(propos
tirés de mon volume : Les gens épanouis.. réussissent mieux ! (Quebecor, 2003)
disponible directement auprès de l'auteur, par le courriel, via mon blogue ou via
mon site web)
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