|
Quelle
que soit la raison qui amène les gens en consultation, il est très rare qu'on ferme
un dossier sans avoir à traiter de communication de couple, la plupart du temps à
la demande de la partenaire.
Il
vrai que ça fait très tendance de parler « de communication » de nos
jours, au point même que certains tournent cela en spectacle, que ce soit à la
télévision américaine ou même sur la scène, avec des comédiens qui jouent au
conseiller en relation de couple tout en jurant qu'ils ne le sont pas.
L'embêtant,
c'est qu'il leur suffit d'en parler pour que bien des personnes adhèrent à
leur propos parce qu'on veut croire qu'il y a des solutions faciles, surtout quand
ça baigne dans l'eau de roses. D'autant plus qu'on a fait de la sacro-sainte
communication le bouc émissaire de bien des maux, parfois à raison, mais plus
souvent qu'autrement en tirant un peu trop fort sur la couverture.
Pas pareil pour lui que pour elle
Les
femmes se plaignent que les gars ne parlent pas assez de leurs émotions ; en
tout cas, pas assez à leur goût. Les gars, de leur côté, sont tannés de se le faire
demander, et doublement pour ceux qui se font reprocher de ne pas confier leurs
états d'âme. Comme si c'était une tare, une infériorité pour ne pas dire une
infirmité.
Pas
surprenant donc, que les hommes ne frétillent pas à l'idée de parler de leur
émotions. Car il faut savoir qu'avec toute la promotion qui a été faite autour du
fantasme de la « communication dans le couple », il est risqué pour un
mâle de dire qu'il ne trouve pas cela aussi important que sa fiancée.
Comme
on dit souvent, ce n'est pas qu'il soit contre cela pour elle.
Mais, en ce qui le concerne, non seulement il n'en sent pas le besoin mais il se méfie de l'invitation. Parce que la parlure, ce n'est pas vraiment son fort, en tout cas moins que celui de sa dulcinée. Raison de plus pour ne pas s'aventurer sur un terrain où non seulement il ne sent pas confortable mais où il a la conviction qu'il s'aventurerait à ses risques et périls.
La complémentarité n'est pas la symbiose
Pour
bien des gens, le fait d'avoir une meilleure communication dans le couple ferait en
sorte qu'ils partageraient davantage les mêmes goûts, les mêmes espoirs et les
mêmes attentes. Bref, le fait d'avoir une meilleure communication les amènerait à
réduire considérablement leurs différences et, par conséquent, diminuerait les
causes de frictions.
Bref,
ils ont l'impression qu'en communicant mieux, ils en viendraient à se ressembler
davantage et que cela les aiderait à être plus heureux ensembles. Erreur, ça ne
marche pas comme cela. On confond ici complémentarité et ressemblance. Or ce n'est
pas du tout la même chose et c'est une erreur de croire que plus on se ressemble,
plus on est fait pour aller ensemble. A preuve.
Y a-t-il un objet qui va mieux avec un couteau qu'une fourchette ? Non.
Pourtant,
quand on les regarde, ils sont totalement différents. Le couteau est plat et plein
alors que la fourchette est courbée et parsemée de vides entre chaque dent. Des
contraires. Totalement à l'opposé l'un de l'autre.
Et pourtant, ils se complètent à merveille ! Impossible de couper son steak avec la fourchette mais je vous souhaite bonne chance si vous voulez manger vos pois verts avec un couteau.
A chacun sa dynamique
Comme
quoi la complémentarité, ce n'est pas la ressemblance. Heureusement d'ailleurs car
on peut penser qu'on se lasserait d'être avec quelqu'un qui a les mêmes traits de
caractères que soi. Bien sûr, cela ferait parfois notre affaire de ne pas avoir à
subir de contradictions mais il y a fort à parier qu'on pourrait se lasser du
manque de dépaysement.
Et
si on pousse la réflexion un peu plus loin, on pourrait même imaginer que c'est
dans le but inavoué d'amener le partenaire à faire des concessions qu'on dit
souhaiter qu'il communique davantage ses émotions. Serait-ce là ce que les hommes
croient deviner derrière la démarche et qu'ils préfèrent éluder en se
disqualifiant ?
|