Le stress comporte des facteurs aussi bien psychologiques que physiques qui reflètent bel
et bien notre réalité psychosomatique.Or s'il y a un volet de l'activité humaine où ces deux dimensions se retrouvent intimement impliquées, c'est bien celui
de la sexualité humaine où les réactions corporelles sont directement associées aux émotions et vice versa.
Partant, on se doute bien que l'activité sexuelle, au même titre que la digestion ou n'importe quelle autre fonction d'ordre psychosomatique, risque fort de
fluctuer au gré des impacts du stress.
Bien que des facteurs aussi élémentaires que le genre, l'âge et l'état de santé
de la personne puissent avoir un rôle à jouer sur le degré d'influence du stress sur son activité sexuelle, on ne saurait s'en tenir là.
L'expérience clinique m'a démontré qu'en général, on reste foncièrement la même personne au lit que dans la vie. C'est dire qu'il est illusoire d'imaginer
qu'une fois sous les draps, les gens vont miraculeusement se transformer à un point tel qu'un vendeur, par exemple, cessera comme par enchantement de
chercher à impressionner la galerie ou qu'un gérant arrivera facilement à s'abandonner alors que dans toutes les autres sphères de la vie, il passe son temps à contrôler.
Les effets du stress sur le vécu sexuel
Les inconvénients sexuels qu'éprouvent les gens vivant un excès de stress se
regroupent sous deux catégories: il y a, d'une part, les troubles du désir et d'autre part, les dysfonctions sexuelles qui sont reliées soit à l'excitation ou à l'orgasme.
En peu de mots, il est évident que le désir de s'épancher dans l'émotivité risque de prendre le bord quand on a la tête accaparée par des problèmes
financiers par exemple.
Ce qui n'empêche pas qu'on puisse vouloir se vider de ce surplus de tension
par la décharge d'énergie que procure un orgasme. Si ce n'est pas romantique, c'est efficace. Ce qui compte alors, c'est que les choses soient claires, surtout
face au ou à la partenaire. Pour reprendre une expression populaire, ça peut être un bon moment pour « une petite vite ».
Il est évident que la nervosité va contribuer soit à réduire le contrôle éjaculatoire de l'éjaculateur précoce ou, au contraire, à accroître la difficulté de sa
partenaire à atteindre un niveau d'excitation qui l'amène à l'orgasme. Et dans les deux cas, plus ils vont s'efforcer d'y arriver, pire cela va être. Ce n'est pas
en forçant qu'une femme arrive à l'orgasme pas plus que le gars va retarder son éjaculation, bien au contraire.
Pourquoi ? Parce que ce sont des dimensions du vécu qui ne répondent surtout pas à des commandes de la volonté mais bien davantage d'un état de
disponibilité au plaisir. Oui, je sais que pour quelqu'un qui est aux prises avec ce genre de difficulté, ce type de langage peut sembler absolument farfelu mais
que voulez-vous, c'est ça qui est ça comme on dit.
La preuve, combien de fois j'ai entendu des femmes me dire : « ça monte, ça
monte et puis pouf, ça coupe tout d'un coup et puis plus rien ». Quant à l'éjaculateur précoce qui pense arriver à se retenir en serrant… je lui suggère
de songer à ce qui se produit quand on essaie de mettre les freins, dans une courbe, sur la glace !