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MES HOMMAGES MONSIEUR PÉLADEAU

  Par Jacqueline Aubry

Le
Bélier

Plus d'un an après son décès, j'ai toujours peine à croire que ce soit arrivé. Pourtant, il est encore là, dans ses œuvres, ses accomplissements, mais surtout, dans mon cœur, parce que j'avais, avec lui, une relation privilégiée.

En 1980, j'ai travaillé pour l'un des nombreux journaux qu'il possédait. Pendant cette année-là, j'ai même eu l'honneur d'être inscrite sur sa liste d'invités pour les soupers qu'il organisait à sa maison de Ste -Adèle. Je n'avais pas de voiture (je n'en n'ai toujours pas!) et j'avais dû décliner l'invitation. Mais je me souviens qu'il avait insisté pour que je sois présente. Avec son franc parler et la vitesse d'élocution qu'on lui connaissait, il avait jargonné : "Je vais t'arranger ça, ce sera pas long, on va te rappeler". Quelques minutes plus tard, il avait trouvé un chauffeur pour m'y conduire... et me ramener!

Soyons clair! Entre nous, pas de flirt, mais une profonde amitié. Il prenait plaisir à me taquiner au sujet de mon métier d'astrologue et finissait toujours par conclure que je faisais du bon boulot avec "mes astres". Pendant plus de six ans j'ai écrit l'horoscope dans le Journal de Montréal, et quand le Bélier entrait dans une période difficile que ce soit au sujet de sa santé, de sa profession ou de ses amours, je l'avisais.

J'ai toujours suivi quotidiennement et scrupuleusement la marche des planètes dans le ciel ainsi que leurs effets sur les divers signes. Par exemple, si pendant quatre, cinq ou plus rarement dix jours, je reprochais au Bélier certains de ses comportements dans ma chronique, ou encore, si j'écrivais que son destin n'était pas trop reluisant, Monsieur Péladeau me téléphonait et me demandait : "Quand vas-tu cesser d'être cruelle envers le Bélier?". Je lui demandais en quoi cela le concernait. Et j'avais droit, pour toute réponse, à une seconde question : "Ça va tu finir bientôt cette mauvaise période?"

À mes débuts chez Québécor, il m'avait invité à dîner. Évidemment, je m'étais rendue au restaurant en métro. Mais lorsque nous sortîmes, après le repas, il me demanda, afin de m'accompagner, où j'avais stationné ma voiture. Je lui répondis que je n'en avais toujours pas. Il me demanda alors : "Comment est-ce qu'une fille comme toi fait pour se promener à pied?". Et moi de lui répondre avec la même spontanéité : "Pour faire un bon horoscope, M. P., il est essentiel d'être en contact avec les gens qui le lisent. Et même si je ne parle pas aux personnes que je croise, la proximité me permet de les percevoir et de ressentir l'influence que la Lune a sur elles." Il resta bouche bée. Et comme il fallait toujours qu'il ait le dernier mot, il avait rajouté : "T'es une vraie toi!".

Les années ont passé. À la sortie de chacun de mes livres, il a toujours pris le temps de me féliciter pour mon travail. Et je tiens surtout à dire que si cette revue paraît aujourd'hui, c'est parce qu'il m'a encouragée à la produire. C'était pour moi un gros investissement, un risque. Mais toujours, il me répétait : "Fais-la ta revue, je suis sûr qu'il n'y aura rien comme ça sur le marché. Et tu sais pourquoi? Parce que tu te donnes toujours à ce que tu fais!". Et voilà, il n'en fallait pas plus que je sois "en affaires"!

Les photos que vous voyez furent prises trois semaines avant son décès. Elles devaient paraître dans le Journal de Montréal à des fins promotionnelles. Lors de ma visite à son bureau sur la rue St-Jacques, je me souviens qu'il était d'une excellente humeur, il blaguait sur tout, il disait qu'il était très fier de moi parce que je rapportais bien à sa compagnie... Il était comme ça Péladeau; plutôt que de manifester son appréciation pour le travail de quelqu'un, il disait en riant : "C'est correct. Tu me fais faire de l'argent!".

J'ai connu beaucoup de personnes qui n'ont jamais travaillé pour aucune de ses entreprises. Il les appréciait, les respectait. Non pas parce qu'ils étaient riches ou célèbres mais tout simplement parce qu'ils étaient humains. Je l'ai rencontré très souvent pendant 17 ans à diverses occasions. Jamais il n'a joué au snob ou au prétentieux. Jusqu'à la fin, il demeura un gamin. Si certains s'amusent à jeter des pierres à l'eau, d'autres à collectionner des cartes de baseball ou des papillons, à jouer au Nintendo ou à naviguer sur Internet, lui, il s'amusait à faire de l'argent!

En souvenir, je garde de lui une précieuse image. Celle qu'on ne peut encadrer : sa super énergie de Bélier ascendant Bélier, feu ascendant feu! Il était intuitif, audacieux, spontané et stratégique. Ces quatre qualités n'en formant qu'une seule, je suis sûre que lui-même n'a jamais su laquelle il utilisait le plus quand il négociait. Quand tous les autres Béliers s'amuseront à faire fortune comme l'a fait Monsieur Péladeau, sans doute notre économie n'aura-t-elle plus rien à craindre!

  

 

 

 

 

 

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