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Guérison

  par Lucie Poirier 

À Karine, Denis, Jacques, Sébastien, Maxim et Maxime,
à tous les artisans du film Polytechnique,
qui à mon besoin de consolation ont répondu
par une contribution à mon processus de guérison.

Déjà, de pétales et de cendres, dans l'air opaque du soir étriqué, quand surgit le cri rectiligne que longtemps l'assassinée a retenu, le sol du temps couve en ses boues guérissantes la possibilité de l'apaisement indispensable à la force renouvelée.

Depuis, sous le ciel en lambeaux, se répand le silence inentendu du visage composé de la violence dans la soudaineté assourdissante, de la colère dans la voix immédiate, de l'obsession dans la haine destructrice.

Alors, de l'affrontement persiste l'écho de la palpitation dernière parce que l'humanité caractérise les êtres de traumatisme et d'imagination, de souvenir et d'anticipation, de mémoire et de consolation dans les parois mouvantes du labyrinthe de la pensée qui s'égare à répétitions.

Puisque, émergeant de la bave hargneuse, la mort de la tristesse mène à l'éveil lorsque la douleur se révèle parcours dans les circonvolutions de la persistance du tourment, le mal ne peut cesser qu'avec la parole, le partage, la compréhension, la compassion, la réparation.

Longtemps, j'ai été seule contre tous et toutes à savoir et à ressentir, blâmée de ma souffrance et de mon désarroi parce qu'en moi traînaient les conséquences filandreuses devenues fibres de mon être à jamais.

Désormais,  je sais que mon histoire s'inscrit dans une continuité où s'imbriquent saletés et nausées, dénis et méchancetés, mots et interpellations, vérités et pardons vers la lente élaboration de la conviction que malgré les rages qui me ciblent, les injustices qui m'écrasent, les accablements qui m'humilient, je ne suis pas coupable d'exister.