Vous cherchez une auto familiale, une idée de décoration, de rénovation. un voyage vacance, un bijou, une banque, un produit naturel écologique, une vitamine santé, un restaurant, un vétérinaire.

Autres textes

 

L'ère inquiète

  par Lucie Poirier 

Les moires de la nuit remplacent les travailleurs stressés dans la ville agressive et pornographique.

L'œil fourbe, les criminels confiants détruisent les derniers idéaux des pauvres dépossédés d'un avenir tranquille.

Blindée par une désinvolte cruauté, la prestigieuse racaille enrichie gaspille et s'endette.

Les viols enragés, les meurtres silencieux, ponctuent les hypocrisies démembrantes perpétrées impunément.

Sur les paupières rougies s'incrustent les longues insultes vulgaires et les multiples menaces humiliantes.

Les intransigeances roides et laides écrasent, asphyxient, les nombreux esseulés que leur sensibilité fragilise.

Les mots brûlent d'une haine inextinguible, les coups fendent les cœurs gonflés de rêves éperdus, la gloire enfle avec la rigole rouille de la rossée ordonnée par les puissants qui délèguent leur vindicte méprisante.

Dépouillée de souvenirs et d'espoirs, dépourvue de racines et d'ailes, la horde des exclus revictimisés stagne et erre, maudit et pleure, croyant toujours en la chance jamais eue.

Le crépuscule ressemble à l'aurore quand l'habitude d'une répétition, l'illusion d'une guérison, précipitent les malheureux vers les bourreaux pour rouvrir leurs plaies nues.

Boitant, saignant, devant l'horizon aboli, les parias blâmés pour leur misère ne peuvent reconnaître la fraîche odeur de glycine rose du bonheur vécu.

Au retour de l'aube, la promiscuité inflige la muette endurance de l'heure inutile puisque sans bienfait, telle l'existence lancinante sans amour.