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La misogynie et la misandrie :
mêmes questions

  par Lucie Poirier 

En ce mois de mars,  qui inclut la journée de la femme le 8, l'espoir de diminuer les discriminations sexistes sollicitent l'utilisation d'un vocabulaire qui se renouvelle en ajoutant au mot misogyne, celui de misandre. Car les revendications exprimées par des féministes ont amené des réflexions et des expressions inusitées dans l'histoire. Inspirés par les féministes, des homosexuels, des hommes, des transgenres, diverses personnes donc, réclament la reconnaissance de leurs droits. Après que des femmes ont voulu la fin de l'excision et (avant les hommes) de la circoncision, des hommes, dont Glen Callender, demandent la cessation de la circoncision forcée en se basant sur le droit des femmes à l'intégrité anatomique. Dans ce sillage, des néologismes ont été créés afin de rendre compte des spécificités et des réalités nouvellement admises. Le mot misandre a fait son apparition. Le féminisme et la misandrie sont souvent confondus; revendiquer l'équivalence des droits ne signifie pas la détestation de l'être qui opprime mais exprime le refus de l'oppression, suppose un idéal d'égalité qui peut bouleverser des acquis et qui inclut la désapprobation des gestes misogynes. La précision lexicale permet donc de demander : pourquoi la misogynie et pourquoi la misandrie?

Considérer, brièvement et au su des récentes découvertes scientifiques, le parcours de l'humain sur la planète peut contribuer aux questionnements sur la misogynie et la misandrie. La Terre d'abord n'était que minérale. L'évolution a inventé l'oxygène ce qui a permis la génération des espèces. Puis, une cellule s'est reproduite grâce à la parthénogénèse; par la scission, la mère engendrait ses filles, qui engendraient à leur tour des filles. L'évolution a alors inventé le masculin ce qui a permis la diversité; par l'union, le féminin et le masculin engendraient une troisième entité.

Le passé de l'être humain est constitué de 99% de préhistoire et 1% d'histoire. L'humain garde en lui davantage de préparation à vivre selon la préhistoire que selon l'histoire. La transformation de l'embryon reste aussi tributaire du parcours millénaire.

Ainsi, lors de la formation de la génitalité, l'embryon a d'abord une ouverture au bas du bassin,  qui se refermera et gardera la ligne cicatricielle apparente sur le scrotum, ou, qui deviendra le vagin.

À travers le temps et l'espace, une détestation du même et une haine de l'autre ont été constantes. La misogynie affecte les femmes depuis des millénaires; Cléopâtre avait subi la clitoridectomie. Actuellement, sur la planète aucun pays ne respecte les droits humains lorsqu'ils concernent les femmes.

Des hommes initient et empirent la discrimination envers les femmes. Le plus long et intense féminicide fut la chasse aux sorcières. Encore, chaque jour des actes misogynes sont perpétrés allant jusqu'aux crimes de genre. Le féminisme est nécessaire puisque, lorsqu'il s'agit de se défouler d'une frustration, c'est la femme qu'on utilise. On parle de foeticides en Inde, d'expositions de bébés filles en Chine, de victimes de machisme en Amérique latine, des épidémies de viols en Suède, en Allemagne, en Norvège, depuis l'entrée de migrants convaincus d'avoir le droit à l'agression pendant que les autorités acceptent que les femmes soient en danger, les accusent de racisme et disculpent les violeurs en invoquant la consommation d'alcool, du féminicide ayant fait le plus grand nombre de victime en un seul événement le 6 décembre 1989 au Québec là-même où, pour la première fois de son histoire quand une femme a été élue à la tête de la province, le soir de l'élection, un homme tentait de la tuer. La misogynie, culturelle? Innée? Comment expliquer qu'elle est un impératif irrésistible, un consensus planétaire et la seule forme de discrimination qui ne soit pas sanctionnée pénalement?

C'est la femme qui est utilisée dans les cas de viols de guerre, de culture du viol, de crimes d'honneur... L'inventivité misogyne des garçons et des hommes est intemporelle et infinie.  Des filles et des femmes aussi commettent des actes misogynes. Tout comme des garçons et des hommes agissent de façon misandre. Et là encore, dans ces tendances délétères, les femmes les rejoignent.

La misogynie est constatable mais peu expliquée. Elle peut être imputée à une haine de l'autre  quand elle est ressentie par l'homme envers la femme et par une haine de soi quand la hargne est exprimée par une femme envers une autre femme. Dans la plantation, le gardien le plus redoutable était un noir. Dans le camp de concentration, le kapo le plus cruel était un juif. Dans notre société, la personne la plus misogyne est une femme, et la personne la plus misandre est un homme. La misogynie et la misandrie s'actualisent pour satisfaire des critères pré-établis par des hommes,  mais, certains sont aussi déclinés par des femmes.

Les humiliations, les mutilations et les destructions signifient une volonté de contrôle. Ainsi en est-il des mutilations génitales sur des enfants : des hommes commettent des circoncisions, des femmes perpètrent des excisions, des mères les laissent agir, des hommes violent d'autres hommes et des femmes, de plus en plus de femmes violent des femmes et des garçons. C'est principalement l'âge de la victime masculine qui amène à porter des accusations contre des femmes. Toutefois, la récente affaire Théo en France met en évidence  que le crime de viol peut être infligé à un jeune adulte par un autre homme. Nul doute, hélas, que, sous peu, une telle histoire d'horreur perpétrée par une femme fera les manchettes. Déjà au Québec, un étranglement avec une matraque a été tenté sur un musicien par une policière. Si les paroles, gestes et crimes de la misogynie restent supérieurs en nombre à ceux de la misandrie, tous sont graves.  Et tous sont en augmentation.

En effet, les pulsions agressives déterminent toujours plus les comportements humains. Au 20e siècle, nous sommes passés d'une économie industrielle à une économie financière. La force physique des humains n'est plus indispensable. Simultanément, l'humain est de moins en moins intelligent mais les technologies qu'il crée le sont de plus en plus. Cette caractéristique de l'humain jetable, et même superflu, explique-t-elle cette haine de soi et de l'autre, cette détestation du féminin et du masculin, cette rage de prouver son droit d'exister par la valorisation selon des critères éphémères mais intenses? L'humain ne vit plus que dans des rapports de pouvoir, de domination, de violence, de destruction.

L'humain trouve à sa hargne de nombreux prétextes. Autrefois, c'est en se basant, supposément, sur la nature que l'infériorisation de la femme était justifiée. La femme avait perdu son pénis, prétendait-on, elle n'était qu'un homme amputé. Mais, la science a constaté la parthénogénèse et les transformations intra-utérines, ce qui a renversé la croyance. Des préceptes religieux, culturels, ethniques, sont utilisés pour légitimer la misogynie et la misandrie : « la boxe est un sport, la prostitution est le plus vieux métier du monde, les amputations génitales sont ancestrales, sanitaires, garantes de fidélité… » se massacrer, massacrer l'autre, s'ajoutent aux massacres des animaux, des végétaux et même de l'oxygène avec lequel la vie avait commencé sur Terre. De toutes les espèces sur la planète, l'humain est le seul à avoir détruit son propre habitat, sa propre espèce.

Cette obsession de bullying entre les garçons, d'intimidation entre les filles, de harcèlement sur les lieux de travail, de persécution entre voisins, de meurtres entre conjoints, cette utilisation des mots, des coups, des menaces, des agressions qui poussent l'autre au suicide ou au crime, ces incitations et ces actualisations de la misogynie et de la misandrie, interpellent et amènent à demander si toute cette méchanceté, cette cruauté, ce sadisme, cette incapacité à renoncer au mal, répondent à un besoin de base? Pourquoi la place que l'on se fait, l'importance que l'on a, le plaisir d'exister, sont-ils davantage  proportionnels à la crise de rage, à l'évidence de la médiocrité, à l'excès de violence? Pourquoi l'égalité des sexes ne trouve-t-elle sa réalisation que dans des commissions de crimes cupides, haineux, homicidaires?

Pourquoi est-ce devenu un tort, une faiblesse, une anomalie risible et un propos inapproprié de se demander : ce que je pense, est-ce bien? Ce que je dis, est-ce bon? Ce que je fais, est-ce beau? Suis-je l'instrument de l'Amour?