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Elle était belle. Elle avait souffert. Elle avait survécu. Elle s'était acharnée à survivre.
Elle
était imprégnée. Imprégnée des êtres, des choses, des intentions, des phrases et
des résultats.
Elle
gardait les traces de ce qu'elle avait vu, les cicatrices de ses cris, les
souvenirs de ce qu'elle ne cessait d'espérer.
Elle
écoutait les animaux et elle comprenait les plantes. Elle savait l'avenir et elle
répandait des poussières d'or. Elle guérissait avec des mots. Elle chantait l'amour
vêtue de dentelles et de paillettes. Sa peau sentait bon et ses cheveux étaient
doux. Elle écrivait des poèmes pleins de délicatesse et d'audace. Elle donnait des
fleurs et des étoiles.
Un
jour, arriva un être d'exception, un homme digne d'être aimé. Il voulait rencontrer
un esprit éclairé qui lui prodiguerait des connaissances où la bonté côtoierait
l'intelligence. Il avait cherché longtemps une femme rare dont les paroles
l'abreuveraient, dont les actes le rasséréneraient.
Il
avait vécu seul parmi les autres, orpailleur sans trésor, voulant être
impressionné, admiratif, transfiguré par l'amour d'une femme.
Il avait agi selon ses idéaux et il rêvait d'une idéaliste.
Elle était plus que rare, elle était unique.
Il
apprit à lire ses cicatrices, respecta ses secrets et chérit tous les privilèges
qu'elle lui accorda.
Alors
qu'il la connaissait davantage, l'homme d'action qu'il était devenait aussi un
contemplatif.
Lui qui avait désiré un esprit éclairé, avait trouvé, à sa source même, la lumière.
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