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Chronique cinéma
ÉTÉ 2018

 par Lucie Poirier, journaliste-analyste

Numéro d'été avec le spécial Femmes, femmes de la Cinémathèque Québécoise, les projections Cinéma sous les étoiles, Cinémania, le cinéma et le destin des Blondes, le film D.O.A.  pour célébrer Noël en juillet et La disparition des lucioles et Plein(s) Écran(s).

Femmes, Femmes : 100 réalisatrices à la Cinémathèque Québécoise

En cet été 2018, la Cinémathèque Québécoise, située à Montréal, consacre sa programmation à 100 réalisatrices. Des précurseures telles qu'Alice Guy et Ida Lupino, des femmes ayant tourné récemment dont Naomi Kawase (2017, Japon) et Signe Baumane (2014, Lettonie),  des réalisatrices ayant fait un court métrage dont Luce Guilbeault et son court métrage de 25 min. : Denyse Benoit comédienne (qui m'avait tant impressionnée à sa sortie par l'originalité du sujet) alors qu'une autre Ariane Mouchkine a réalisé un très long métrage de 260 min. : Molière, sont parmi les créatrices réunies sous le titre : Femmes, femmes L'histoire du cinéma par 100 réalisatrices.

01_Marcel_JeanLors de la soirée d'ouverture de cet événement, Marcel Jean, directeur général de la Cinémathèque, remarquait : « Depuis 3 ans, les cycles d'été sont une marque distinctive de la Cinémathèque pour revisiter l'histoire du cinéma. Nous avons choisi ce thème en remarquant l'effervescence des militantes qui se battent pour la reconnaissance; elles touchent à tous les genres. Ça a été un cycle passionnant à organiser ».

Sur la photo, je suis avec Marcel Jean devant le visuel du cycle. Monsieur Jean, outre ses fonctions à la Cinémathèque, est délégué artistique du Festival international du film d'animation d'Annecy, festival dont je vous informe régulièrement, et, au matin du 16 juin dernier Monsieur Denis Varaschin, président de l'Université Savoie Mont Blanc lui a remis un doctorat honoris causa. C'est dans le Grand Salon de la Mairie d'Annecy que le Dr Jean a reçu les insignes et le diplôme.

Sur l'affiche du grand cycle estival, Femmes, femmes, vous pouvez voir la très belle Ida Lupino, icône du cinéma et des réalisatrices, qui tient une caméra.

Le soir de l'ouverture, divers courts métrages ont été projetés. Au micro, Monique Simard a alors évoqué : « l'héritage des féministes qui se sont beaucoup bagarrées. Les Réalisatrices Équitables ont réussi à transformer des règles et ont identifié les discriminations systémiques ».

Ce soir-là, His mother's hymn d'Alice Guy était à l'horaire. Marcel Jean a confié que dans le contexte de la programmation Femmes, femmes, il avait constaté qu'aucune pianiste québécoise n'avait joué pendant la projection d'un film muet à la Cinémathèque . Donc, pour la première fois, Chantal Morin a joué pendant le court métrage de 1911, donc la période américaine d'Alice Guy.

02_Le_clitorisAussi, il a été possible de découvrir l'unique réalisation de Monique Fortier, La beauté même. Sur une musique de François Morel, les images en noir et blanc et en couleurs, les gros plans de visages féminins, les captations de vagues, et le texte d'André Thibeault : « Et la beauté doucement m'est venue avec l'amour de toi, l'amour de moi. En toi, je m'accorde à moi-même. Tout peut arriver ». Monique Fortier a travaillé en tant que monteuse.

Finalement, un bijou de petit film plein de descriptions anatomiques et de références historiques était consacré à un bijou de petite peau pleine de terminaisons nerveuses et de connotations contradictoires. La montréalaise Lori Malépart-Traversy, au cours de sa formation à Concordia en 2016, a réalisé Le clitoris, un court métrage d'animation, véritable petit brulot dans un monde où la fabulation et l'ignorance, la misogynie et la mutilation sévissent toujours.

03_Varda_PetillantePuis, nous pouvions boire le désaltérant drink concocté pour la soirée : le Varda Pétillante.

Cette programmation Femmes, femmes à la Cinémathèque va permettre de voir, entre autres :

le mercredi 4 juillet le premier film noir réalisé par une femme, The Hitch-Hiker de l'actrice et réalisatrice américaine Ida Lupino. Elle a davantage travaillé sur l'atmosphère du film que sur les clichés du genre. D'abord, elle a fait des entrevues avec les réels protagonistes de l'histoire vraie : des gens ont été confrontés aux menaces d'un tueur qui voulait s'échapper au Mexique. Lupino a situé son action dans le désert ensoleillé et non « Quand la ville dort » avec son habituelle ambiance nocturne; elle s'est ainsi démarquée. De plus, elle s'est basée sur les relations entre les personnages pour élaborer le scénario; la fiabilité devient un ressort des événements.

Le vendredi 6 juillet Rue Cases-Nègres est à l'affiche. Cautionné par Hollywood, c'est le premier film réalisé par une femme noire,  la Martiniquaise Euzhan Palcy.  Le 7 juillet vous vérifierez si Baise-moi méritait qu'un spectateur s'empare de la bobine pour arrêter la projection à Montréal. Le 12 juillet Born in flames affirme les valeurs féministes et l'imagination fantastique de sa réalisatrice Lizzie Borden.

Le 14 juillet appréciez Sita sings the Blues parce qu'il est exceptionnel, protéiforme par son propos et son langage : Journal personnel, évocation historique, animation (remarquez la représentation de Sita contaminée)  par la réalisatrice Nina Paley. Le 29 juillet est consacré à Virginia Wolf. Le 15 juillet The Piano a amené Jane Campion à mériter la Palme d'Or…Ex-Aequo!

Le chant des sirènes, le 16 juillet, a conduit Patricia Rozema et l'actrice Sheila McCarthy à Cannes. Le 23 juillet La guerre est déclarée quand Valérie Donzelli veut sauver son fils. Le 25 juillet vous répondrez au questionnaire de Claire Devers dans Noir et Blanc, un film sur le masochisme absolu. Le 29 juillet est consacré à Virginia Wolf.

04_India_SongPour vous préparer à la projection du 5 août Un poison violent de Katell Quillévéré vous pourrez relire mon analyse dans ma chronique de juin 2011 et savoir d'avance pourquoi grand-père Jean peut déclarer : « Je me sens beau ». Le 8 août, vous constaterez les enjeux profondément humains du film Après la noce de Suzanne Bier. Le 12 août on verra Goden Eighties de Chantal Akerman. Le 19 août, le chef d'œuvre de Marguerite Duras, India Song terminera la soirée; et dire qu'elle croyait que ce film ne serait jamais distribué.

Des invitées vont présenter des films, répondre aux questions. Ainsi, le 20 août, la réalisatrice Mireille Dansereau et l'auteure Marie-Claire Blais parleront du film Un sourd dans la ville.

Le 24 août Cinéma en musique permettra de découvrir ou de retrouver des œuvres de femmes qui ont engendré le cinéma. L'américaine Cleo Madison, actrice, réalisatrice, scénariste, productrice, a réalisé l'ensemble de son œuvre en deux ans, 1915-1916 c'est-à-dire  17 films : des cours métrage et deux longs métrages. Quant à  Zora Neale Hurston, elle était, comme Alice Ball, une des rares femmes noires à avoir étudié à l'université en 1928. Elle a développé le genre film anthropologique et vous pourrez le constater en voyant 4 de ses films.

05_Alice_GuyAvant, ces films, ce soir-là, un court métrage de mon idole, Alice Guy, sera projeté. Le lectorat de ma chronique sait que je me consacre depuis des années à faire connaître cette femme d'exception par sa personnalité et par son œuvre. Dès la fin du 19e siècle « Alice a pensé le cinéma autrement et ce faisant elle a changé toute l'histoire du cinéma » « Qu'on pense à un aspect du cinéma, Alice l'a inventé » vous retrouverez ces phrases dans ma chronique de février 2016; vous pourrez compléter avec mes chroniques d'octobre 2016 et de décembre 2016.

06_Silence_elles_tournentDans le foyer Luce Guilbeault, l'exposition : Silence, elles tournent!  participe à la thématique avec des photos de tournage, des affiches et divers artéfacts dont des scénarios, rapports de caméra, scénarimages annotés et…la poupée de Marie s'en va-t-en ville de Marquise Lepage qui m'avait fait connaître Alice Guy avec son poétique documentaire Le jardin oublié. Sur le panneau initial de cette exposition, on vous demande : « Combien de films de femmes connaissez-vous? » Et en référence à Alice Guy, vous pouvez lire la citation de Martin Scorsese : « Elle a été oubliée par l'industrie qu'elle a contribué à créer ».

Un merci tout particulier à Monsieur Normand Daigneault pour les photos prises le soir de l'ouverture.

C'est une belle et indispensable thématique qui a déterminé cette programmation Femmes, femmes de plus de 100 films projetés à la Cinémathèque Québécoise jusqu'au 26 août 2018.

Cinéma sous les étoiles de Funambules Média

Pour sa 9e édition, qui se poursuit jusqu'au 30 août 2018, Cinéma sous les étoiles a programmé 61 projections à l'extérieur. Ainsi, 15 parcs et lieux publics accueilleront les spectateurs.

Dans le but de contribuer aux changements nécessaires dans la société, les documentaires traiteront des sujets tels que : le mouvement Black Lives Matter, le scandale du Roundup de Monsanto, le combat d'une communauté autochtone menacée d'expulsion à cause d'événements sportifs internationaux, les préoccupations liées à l'emprise des industries agroalimentaires et pharmaceutiques et les conditions de vie au Congo.

Les 45 longs et moyens métrages et les 29 courts métrages réfèrent aux enjeux politiques et sociaux qui concernent les femmes, les travailleuses et travailleurs et les citoyens à travers le monde.

07_ce_silence_qui_tueÀ remarquer : Visages villages avec Agnès Varda et JR qui utilisent un photomaton dans le camion avec lequel ils parcourent la France des campagnes, rencontrent les gens et les photographient. Le silence qui tue de Kim O'Bomsawin documentaire sur la disparition des femmes autochtones. Bras de fer réalisé par les frères Jean-Laurence et Jonathan Seaborn qui ont filmé selon les caractéristiques du cinéma direct quand ils se sont intéressés à la pollution causée par une poussière rouge dans Limoilou car des métaux lourds tombent sur les quartiers à proximité du port de Québec.

Les projections sont suivies de discussions avec le public.

La programmation peut être consultée sur le site cinemasouslesetoiles.org.

Les projections estivales de Cinémania

Jusqu'au 22 août, Cinémania présente des films francophones avec des sous-titres anglais permettant ainsi de faire connaître les grandes qualités de ce cinéma. La chaîne Canal+ international est partenaire de ces projections gratuites dans 8 lieux de Montréal. À remarquer, les lieux sont parfois intérieurs, quelques fois extérieurs.

Ainsi, il sera possible de voir :

08_Raphael_Personnaz DANS LES FORÊTS DE SIBÉRIE de Safy Nebbou Mardi 3 juillet à 21h au Parc La Fontaine; lire mon analyse et l'entrevue avec Raphaël Personnaz dans ma chronique de décembre 2016.  Basé sur le livre de Sylvain Tesson, le film a été tourné au lac Baikal. Lors de projections pour les gens de l'endroit, Raphaël Personnaz a constaté que, spontanément, ils applaudissaient en voyant leur lac.  Une réplique résume l'intention du personnage de s'isoler : « J'avais besoin de savoir si j'ai une vie intérieure ».

CHOCOLAT de Roschdy Zem Mardi 10 juillet à 19h à la Maison de la culture Marie-Uguay  le talent et la conviction d'un des premiers clowns noirs du cirque français.

LA JEUNE FILLE SANS MAINS de Sébastien Laudenbach Dimanche 15 juillet à 21h au Village au Pied-du-Courant un film d'animation poétique.

PETIT PAYSAN de Hubert Charuel  Samedi 21 juillet à 21h sur la Terrasse du restaurant Renoir de l'Hôtel Sofitel Le carré, doré un éleveur est confronté à une épidémie

VICTORIA de Justine Triet Mardi24 juillet à 21h au Parc La Fontaine Une mère célibataire est avocate dans cette comédie dramatique.

LE SENS DE LA FÊTE d'Olivier Nakache et Éric Toledano Jeudi 26 juillet à 21h au Parc des compagnons de Saint-Laurent. Comédie autour de l'organisation d'un mariage

MÉDECIN DE CAMPAGNE de Thomas Lilti  Mardi 7 août à 19h à la Maison de la culture Marie-Uguay; c'est le film dont la projection annuelle devrait être obligatoire pour tous les médecins. Au Québec, la première déception de la population concerne l'attitude des médecins dans le système de santé.

Saviez-vous que le conseil d'administration de l'hôpital de Pittsburgh avait discuté de la fermeture de l'hôpital parce que le fonds financier qui gère les dotations en capital avait dégagé un profit substantiel? Autrefois, la vocation déterminait le parcours des médecins; maintenant, la cupidité les obsède. Le réalisateur, Thomas Lilti, est à même de traiter le sujet puisqu'il est aussi médecin. Vous pouvez lire ses édifiants propos et d'éloquents extraits des dialogues du film dans ma chronique de décembre 2016.

À remarquer : les scènes avec le vieux monsieur ramené de l'hôpital chez-lui par le médecin, il rend son dernier soupir dans son lit avec son chien avant d'être lavé cérémonieusement par un groupe de femmes. Pourquoi la mort est-elle devenue une étape déshumanisée? En 2017, le Docteur Yves Lamontagne a signé le livre : Le guide de survie du patient : dans l'enfer du système de santé. Pour les aînés démunis, pour les vieilles pauvres, vive l'euthanasie, c'est tellement humaniste, et il faudrait un tome 2 Le guide d'agonie du mourant : dans le goulag du système de santé.

Et on peut toujours rêver d'avoir de plus en plus des médecins tels que celui magnifiquement incarné par François Cluzet dans les scènes minutieusement tournées par Thomas Lilti dans Médecin de campagne.

LE GRAND BLEU de Luc Besson   Mardi 14 août à 20h30 à la Place de la Paix  pour le 30e anniversaire de la sortie du film.

Et à nouveau, CHOCOLAT de Roschdy Zem cette fois le mercredi 22 août à 20h30 au Parc Saint-Laurent.

Cet automne la 24e édition de Cinémania se déroulera du 1 au 11 novembre 2018.

Le cinéma et le destin des Blondes

À travers l'Histoire, des femmes aux cheveux blonds ont fasciné les foules et connu des destins exceptionnels auxquels le cinéma a donné un écho.

09_Jane_SeymourBien qu'ayant vécu au 18e siècle Marie-Antoinette reste le sujet de livres (dont le roman Le Chevalier de Maison-Rouge d'Alexandre Dumas), de spectacles (dont Je m'appelais Marie-Antoinette mis en scène par l'acteur et réalisateur Robert Hossein) et d'une multitude de films dont, parmi les plus éloquents : Le Prince au Masque Rouge avec Renée Saint-Cyr, Marie-Antoinette reine de France avec Michèle Morgan, La Révolution Française avec Jane Seymour, L'Autrichienne avec Ute Lemper et Marie-Antoinette, la véritable histoire avec Karine Vanasse. Dans ma chronique de septembre 2012, vous pouvez lire mon analyse du film Les Adieux à la reine, une autre version des événements, avec Diane Kruger.

Le roi Louis XVI et la reine Marie-Antoinette ont été des parents exceptionnels. En effet, à l'époque, les parents ne fréquentaient pas leurs enfants, ne passaient pas du temps avec eux; le couple a eu l'originalité de le faire. De plus, Louis XVI et Marie-Antoinette ont accepté d'être vaccinés et de faire vacciner leurs enfants afin d'inciter le peuple à faire vacciner les enfants.

Aujourd'hui, Marie-Antoinette est encore décrite uniquement comme une écervelée dépensière; pourtant, les dépenses de la Cour au complet ne représentaient que 6% du budget.  Or, à son arrivée en France pour un de ses premiers portraits par la peintre Madame Vigée-Lebrun Marie-Antoinette portait une blanche robe de coton. Scandale! La Reine devait représenter les fastes de la France et non apparaître comme une miséreuse. Elle devait porter de la soie et favoriser l'industrie de la soie française. Dans ses dépenses, elle incluait l'achat de livres et d'estampes, pas seulement des bijoux. On l'accusa de ruiner le royaume alors que l'implication de la France dans le soulèvement des colons aux États-Unis, la guerre d'indépendance, fut le véritable gouffre financier de la France.

Si aujourd'hui elle est la monarque la plus incarnée au cinéma, à l'époque elle était le personnage le plus diffamé à travers des dessins pornographiques, infamie subie aussi par l'impératrice Alexandra en Russie. Les outrages infligés aux femmes concernent souvent leurs mœurs,  leurs comportements sexuels; on reprocha à Marie-Antoinette d'être une lesbienne et même une maman incestueuse. À son procès, elle s'est écriée : « J'en appelle à toutes les mères ». Elle a été guillotinée et, dans la fosse commune, on lança sa tête entre ses jambes avant de l'enterrer. Même après leur décès, les outrages aux corps des femmes expriment une profanation misogyne.

Cet été, le 31 août, il y aura 21 ans que Lady Di est mystérieusement décédée à Paris.
Elle a déjà été  incarnée à l'écran par diverses actrices. Les circonstances de sa mort suscitent encore des questions : pourquoi les caméras du tunnel du pont de l'Alma étaient-elles inactives, pourquoi la lenteur de son transfert à l'hôpital reste-il inexpliqué, pourquoi toutes les failles de l'intervention de secours sont-elles peu admises ou attribuées au chauffeur déjà décédé?

Lady Di a changé l'Histoire, elle a été la métaphore du baiser au lépreux car elle s'est approchée des malades du Sida. Elle a fait connaître les mines anti-personnelles, contribué à l'émancipation des femmes et initié de tels changement au sein de la monarchie que William, son fils ainé, et son épouse Kate avaient admis avoir eu une vie sexuelle avant le mariage et que Harry, son fils cadet, a introduit à Buckingham une femme de couleur, Meghan, en l'épousant. Diana, la femme la plus photographiée d'Angleterre, comme l'avait été avant elle la chanteuse Kate Bush, a donc changé l'Histoire. Et en a payé le prix.

Grace Kelly avait une élégance exceptionnelle. Elle est arrivée à une audition en portant des gants blancs. Actrice, elle traversait les films avec une grâce qui rappelait bien son prénom. Par son mariage, elle est devenue princesse de Monaco. Dans une fiction, Lady Di rencontrait la princesse Grace qui lui confiait sa nervosité avant de lire ses poèmes devant une assistance qu'elle redoutait. Dans un autre film, plus récent et intitulé Grace, Nicole Kidman a incarné la princesse. Le scénario mettait en évidence son implication politique dans les relations entre la France et Monaco.

10_Marilyn-MonroeAussi, cet été, le 5 août, il y aura 56 ans qu'une autre Blonde est mystérieusement décédée. Marilyn Monroe est l'actrice la plus célèbre du monde. De son vivant, elle aussi a été la femme la plus photographiée. Elle reste l'icône féminine la plus représentée. Elle évoque encore aujourd'hui La Star, Le Glamour, les amours malheureuses et le destin tragique.

Enfant malmenée, amoureuse incomprise, actrice déçue, célébrité aussi adulée que méprisée, Marilyn reste méconnue. Qui sait qu'elle suivait chaque jour des cours de comédie, de danse, de chant et d'équitation? Qu'elle a quitté Hollywood pour suivre des cours à l'école de Lee Strasberg?

à la moindre occasion, elle lisait : des ouvrages politiques, des œuvres classiques, des livres ardus. Le prince Rainier avait voulu l'épouser avant de faire des démarches auprès de Grace Kelly. Marilyn aspirait à jouer des rôles exigents. Son troisième mari, le dramaturge Arthur Miller l'avait assurée qu'il lui écrirait un rôle sérieux; elle fut profondément blessée en constatant qu'il avait élaboré pour elle un personnage de nunuche. Un malheur n'arrive jamais seul. Le film The Misfits dépassait les coûts et les dates de tournage prévues. Chaque soir, le réalisateur John Huston buvait et jouait, perdant jusqu'à 10 000 $ qu'il prélevait sur le budget du film. Pour justifier les pertes de Huston, les producteurs, qui le protégeaient, prétendirent que Marilyn arrivait en retard sur le plateau de tournage et qu'elle était responsable des dépassements de coûts. Le temps passe et les médisances persistent; vous souvenez-vous qu'on prétendait que Marie-Antoinette était responsable de la ruine du royaume de France?

De plus, la mort de Marilyn reste énigmatique. Des barbituriques furent trouvés dans son sang, son colon, mais pas dans son estomac. Une canule à lavement avait été enfoncée de force en elle. Son corps présentait deux rigidités cadavériques. Marilyn déplorait d'être considérée comme un jouet, une proie, par John et Robert Kennedy. N'oublions pas, encore, maintenant, une étude complète d'avocats travaille à l'année pour éviter des révélations sur les Kennedy. Le temps passe, reste l'image d'une femme triste et fragile.

11_Dorothy_Stratten« Je pense que vous avez été humilié par un homme et que vous vous vengez sur une femme » réplique du film Topaze de Marcel Pagnol. Cette phrase expliquerait des faits réels devenus deux adaptions cinématographiques. Un mari était spolié par un pseudo-associé, exclu de son cercle de pseudo-partenaires d'affaires; il a attaché son épouse à un banc de pratiques sado-maso, l'a violée et abattue. Pour les enquêteurs, c'était une relation sexuelle et c'était sa faute, à elle, s'il a choisi de la torturer et de la tuer. Elle était d'une fascinante beauté, d'une réelle ingénuité; elle avait été comparée à Marilyn Monroe et promise à une grande carrière au cinéma. Le 14 août 1980, à son décès, l'enfant blonde sexualisée, l'actrice Dorothy Stratten avait à peine 20 ans

Donc, les belles blondes, malgré la fascination, la vénération, l'adulation qu'elles suscitent, risquent, comme d'autres femmes, de connaître un destin tragique que des dates estivales nous rappellent et que le cinéma reflète parfois.

12_DOANoël en juillet avec D.O.A.

Le 25 juillet dans des quartiers, des familles, des colonies de vacances, des bureaux, des campings, des gens célèbrent Noël en été. Pour l'occasion je vous suggère de découvrir ou de revoir le film D.O.A.

Précédemment dans cette chronique, je mentionnais qu'Ida Lupino avait été la première femme à réaliser un film noir. Ce genre de film tourné en noir et blanc était surtout tourné dans les années 1940 et 50 aux États-Unis. Il y est toujours question de meurtre. Quand  le réalisateur français François Truffaut s'inspira de ce genre, il tourna en 1983 son film Vivement Dimanche en noir et blanc.

En 1931, le film allemand Der Mann, der seinen Morder sucht s'intitulait en français L'homme qui cherche son assassin. Ce film inspira une version américaine en 1950 intitulé D.O.A. Ces lettes désignent le cas d'un cadavre arrivant à l'hôpital : dead on arrival. Une autre version a été tournée en Angleterre en 1969 Color me dead. Puis, une autre version américaine aussi intitulée D.O.A. a été tournée en 1988.

Magnifiquement réalisée par Annabel Jankel et Rocky Morton, cette version de 1988 met en vedette Denis Quaid et Meg Ryan qui sont devenus un couple en tournant ce film. La particularité de l'intrigue réside dans le bouleversement narratif des faits : Dexter Cornell entre dans un commissariat pour signaler un meurtre, le sien. Il relate alors l'histoire de son enquête pour découvrir qui l'a tué.

Je propose ce film pour marquer Noël en juillet d'abord parce que l'action se déroule pendant les célébrations de Noël en pleine canicule dans une cité universitaire aux États-Unis. Mais, aussi pour le scotch, l'habit un peu grand de Denis Quaid et la robe rouge de Meg Ryan qui rappellent les années 50, pour les ventilos, certes, ils induisent l'importance de la canicule mais aussi ils tournent comme tourne la reproduction de la grande roue que Dexter donne à sa femme pour Noël avant qu'elle lui offre les papiers de leur divorce.

De plus, je suggère ce film à cause de la scène d'anthologie de la course à la sortie de l'hôpital. Dexter vient d'apprendre qu'il a été empoisonné et n'a plus que 24 heures à vivre. Il s'enfuit pour découvrir lui-même son assassin. Cette scène de course d'une grande qualité cumule le son d'une auto qui frôle Dex, le soleil qui l'aveugle, une musique ponctuelle. Cette scène a été imitée pour un épisode de la série Law and Order Criminal Intent alors qu'un journaliste a été empoisonné au polonium. Ce même épisode était aussi inspiré d'un fait réel l'histoire de Rachel Corrie tuée à 23 ans en Palestine et sujet du documentaire Rachel que j'analysais dans ma chronique de février 2010.

D.O.A. utilise aussi le procédé du film dans le film en débutant et en finissant avec le policier qui filme le témoignage de Dexter. D'ailleurs, ces scènes, qui encadrent le flash -back qu'est le récit de Dex sont en noir et blanc alors que le reste du film est en couleurs.

Le film comporte aussi la chanson interprétée sur scène Too much sex, not enough affection. De plus, on y voit l'acteur Robert Knepper dans la beauté angélique de son adolescence. L'acteur sera ensuite confiné aux rôles de psychopathes et blâmé pour des abus sexuels.

Le film contient des répliques telles que : « J'ai oublié de prendre du plaisir à vivre » et « Sydney, merci d'être le rayon de lumière d'un rêve qui s'assombrit ».

Et, outre la facture filmique, l'intérêt de D.O.A. inclut l'intrigue, la cause du meurtre et l'identité du perpétrateur. Le film réunit des qualités esthétiques, toujours appréciables

13_Plein_Ecrans L'appel de films pour la 3e édition de Plein(s) Écrans(s)

Jusqu'au 31 août 2018, il est possible de soumettre un court métrage du Québec ou de France pour le seul festival de films se déroulant sur Facebook. L'an dernier, les visionnements ont été regardés dans 86 pays.

Les réalisateurs, producteurs et distributeurs doivent aller sur la page Facebook de Plein(s) Écran(s) afin de proposer leurs œuvres. Si l'un de vos films est sélectionné, n'oubliez pas de m'en informer.

Le festival Plein(s) Écran(s) se déroulera du 5 au 15 décembre 2018 facilitant la diffusion de films et favorisant qu'ils trouvent un public.

La disparition des lucioles de Sébastien Pilote

14_La_disparition_des_lucioles
Le plus récent film de Sébastien Pilote, La disparition des lucioles, The Fireflies are gone, vient d'être présenté en première mondiale au Festival de Karlovy Vary en République Tchèque en compétition officielle.

Ce troisième long métrage du réalisateur suit les films Le vendeur et  Le démantèlement. Il raconte l'histoire de Léo , une jeune fille dans une ancienne ville industrielle au bord d'une baie. Elle vit avec sa mère et son beau-père. Elle s'ennuie de son père parti dans le Nord. Elle rencontre un homme plus âgé qu'elle. Et se trouve un emploi d'été.

Le film devrait être en salles le 21 septembre 2018.

Je vous souhaite un merveilleux et mémorable été avant que nous nous retrouvions avec ma chronique de cinéma de septembre.

 

 

 

Sections et visuels :

Femmes, Femmes : 100 réalisatrices à la Cinémathèque Québécoise

  • Marcel Jean et Lucie Poirier
  • Le clitoris film de Lori Malépart-Traversy
  • Lucie Poirier et le Varda Pétillante
  • Lucie Poirier et l'affiche India Song film projeté le 19 août
  • Alice Guy et Lucie Poirier pour la projection du 24 août
  • Lucie Poirier à l'exposition Silence, elles tournent

Cinéma sous les étoiles de Funambules Média

  • Affiche Ce silence qui tue
  • Les projections estivales de Cinémania
  • Raphaël Personnaz et Lucie Poirier pour le film Dans les forêts de Sibérie

Le cinéma et le destin des Blondes

  • Jane Seymour en Marie-Antoinette, cinéma et destin des Blondes
  • Marilyn-Monroe-triste et fragile, cinéma et destin des Blondes
  • Dorothy Stratten enfant morte à 20 ans

Noël en juillet avec D.O.A.

L'appel de films pour la 3e édition de Plein(s) Écrans(s)

La disparition des lucioles de Sébastien Pilote