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Chronique cinéma
Mars 2020

 par Lucie Poirier, journaliste-analyste

Emma, Mafia Inc. Les César de la honte, le FIFA,  le cinéma et ceux qui le font avec fierté ou en infligeant la honte.

Le chansonnier Sylvain Lelièvre (1943-2002) interprétait ses compositions dans lesquelles il savait exprimer la misère des gagne-petits, les rêves de la génération sacrifiée (celle qui a suivi les Baby Boomers) et la beauté de l'amour qui débute ou qui persiste. Il a chanté l'invitation au cinéma faite par un mari à sa femme : « Un programme double, qu'est-ce que t'en dis? Une vue d'amour, une vue d'bandits Un programme double, y a rien comme ça  Pour oublier tout c'qui va pas » C'est le programme de cette chronique de mars : le film d'amour Emma et le film de bandits Mafia Inc. Et tout ce qui ne va pas inclut le problème de la conviction misogyne d'après laquelle les femmes n'ont qu'à être à la merci des hommes sexistes et violeurs ainsi que l'a démontré la 45e cérémonie des César en France. Et, finalement, puisqu'il est possible d'équilibrer les influences, le FIFA avec ses décideurs.res et ses artistes, qui contribuent à faire de l'Art et du 7e art l'union possible.

01_Emma EMMA : INTEMPORELLE JANE AUSTEN

Le premier plan du film Emma, énième adaptation d'un roman de Jane Austen, cadre en gros plan l'œil de la jeune fille qui à 21 ans a vécu une existence sans chagrin. Cette scène symbolise le déroulement du film : la prise de conscience d'une jeune fille préservée des vicissitudes de la vie, la découverte d'une relation amoureuse cachée, l'affirmation personnelle d'une orpheline trop influencée par son amie, et des aveux de projets cupides et de sentiments amoureux. Tout Jane Austen.

Toutefois, la particularité de cette histoire tient à l'évolution de la frivole Emma qui, au contraire d'autres personnages antipathiques de Jane Austen (dont Sir Elliot dans Persuasion version film  de 1995, Lady Catherine de Bourg, dans Orgueil et Préjugés, mini-série inégalée, de 1995, Lady Susan film de 2016; mentionnons que la précoce et observatrice Jane Austen en avait écrit le texte à 14 ans), vit une profonde et lucide transformation la menant à l'appréciation des qualités des autres et à l'amour véritable.

Avec ses boudins blonds frisés trop serrés, Emma papillonne dans la campagne anglaise où les moutons se promènent ainsi que dans le film Sense and Sensibility de 1995, autre roman de Jane Austen, dans une adaptation particulièrement développée par l'actrice Emma Thompson. D'ailleurs, dans ce film réalisé alors par Ang Lee, les mises en situations révélaient les mesquineries des personnages. Or, dans cette récente version d'Emma, de la réalisatrice Autumn de Wilde, le personnage réfléchit à son comportement.

Le film débute donc avec Emma vêtue de blanc qui descend au jardin sélectionner des fleurs blanches qu'une domestique coupe. Elle offre le bouquet à Miss Taylor dont elle vient d'arranger le mariage. D'ailleurs, une précédente adaptation du roman en 1996 s'intitulait Emma, l'entremetteuse.

Beaucoup de personnages se croisent et s'influencent. La jeune Harriet Smith, orpheline, bénéficie d'une rente qui lui a permis une certaine éducation dans l'école de Mrs Goddard. George Knightley est un célibataire qui n'hésite pas à exprimer sa désapprobation devant certains comportements d'Emma certes mais aussi de Frank Churchill qui attend un héritage, Miss Fairfax est, elle aussi, sans fortune, Robert Martin est un fermier prospère, dans sa lucidité caractéristique George Knightley a remarqué que les phrases dites entre hommes par le vicaire Elton lui laissent croire qu'il ne veut faire qu'un mariage d'argent, Miss Bates est une célibataire d'un certain âge bonne et protectrice. Plusieurs autres vont et viennent pour accentuer les situations et développer les personnages.

Emma déconseille à Harriet d'accepter la demande en mariage de Robert Martin et rappelle ainsi l'enjeu de Persuasion, film basé sur un roman de Jane Austen, dans lequel Anne Elliot avait refusé une demande en mariage du capitaine Wentworth parce que Lady Russell lui avait déconseillé une telle union. Emma veut pour Harriet le vicaire Elton dont George Knightley a déjà perçu le coté arriviste.

Car Emma juge les autres parfois en se basant sur leur fortune mais aussi d'après ses évaluations de ce que les gens doivent être. Lors d'un pique-nique, elle sera cruelle envers Miss Bates, ébranlée par tant de méchanceté. Emma, à son tour critiquée par George Knightley, pleurera, elle qu'on nous présente au début du film en précisant son existence sans chagrin.

Le portrait de Harriet peint par Emma dans un magnifique cadre musical, la boutique de gants, rubans et chapeaux de Mr. Ford, le chant choral dans les transitions, le piano -forte de Miss Fairfax et la scène où elle chante et joue accompagnée par George Knightley au violon qui chante aussi, les deux magnifiques quadrilles de la scène du bal , la beauté des costumes, la délicatesse des bijoux, les fleurs dans les cheveux, les pièces musicales de Mozart, Hayden et Bernstein, la chanson du générique de fin Queen Bee et la décoration du générique entouré de guirlandes de feuilles, tout dans le film Emma concourt à ravir les sens.

Plus encore, la tourbillonnante arrivée de Harriet après avoir été attaquée et sauvée par Frank Churchill, la descente des gradins moussus avant l'annonce du bal, et le déjeuner sur l'herbe sont des trésors de la mise en scène.

Il faut mentionner l'intervention fréquente des élèves de Mrs Goddard qui s'occupe d'orphelines se promenant en cape rouge et dont la présence rappelle le sort des enfants non-reconnus capables de comportements de joie et d'amusement qui égayent un contexte qui n'est pas sans gravité existentielle.

C'est le mérite du film Emma d'allier cocasseries et grièvetés, sourires et tristesses, légèretés et inquiétudes, insouciances et tragédies.

Le film débutait par un mariage et, comme tous les romans de Jane Austen et les films qui en sont adaptés, il finit par un mariage.


02_mafia_incMAFIA INC. : rythme et modération

« Famille, je vous hais »déclarait André Gide.  Le propos du film Mafia Inc pourrait se résumer par l'assertion « Famille, je vous veux ».

André Cédillot et André Noêl ont écrit un volumineux ouvrage Mafia Inc. Podz, Daniel Grou, en a réalisé un film qui réinvente le genre du film de bandits.

Mafia Inc. se particularise par deux aspects : son rythme et sa modération dans la violence.

Une action succède à une autre rapidement; ce qui nous garde captif du déroulement. Puis, un flashback vient justifier la motivation du personnage principal, Vince, et développer sa relation avec un autre personnage déterminant dans le scénario, Frank, le chef de la mafia.

Il y a donc un enchainement de faits puis, soudain, une explication émotive; l'ensemble trouve ses justifications

Le titre du film annonce une série de violences perpétrées dans un contexte criminel. Or, étonnement, les scènes de violence mettent en évidence la méchanceté des personnages, leur sadisme, leur cruauté mais le scénario de Sylvain Guy et la réalisation de Podz  n'insistent pas.

Ce choix est cristallisé par la scène de torture de Tommy Volpe qui débute alors que les sévices ont été infligés, ils ne sont pas détaillés dans une scène sans fin. Il y a quelques années, une publicité pour restreindre la consommation d'alcool était basée sur la phrase : « La modération a bien meilleur goût ».

Les actes évoqués sont violents mais l'évocation des actes est modérée.

D'autres parts, la misogynie, caractéristique du milieu criminel (et de tant d'autres milieux  sur la planète), est exprimée verbalement par Frank et ses acolytes qui rigolent en disant des phrases vulgaires.

Aussi, sur un mur, un calendrier avec un long portrait de femme est recouvert d'un papier cachant sa poitrine originalement exhibée. La scène de sexe  sado-maso entre Vince et Vicky est brève et suivie d'un rappel à Vince que Vicky aussi veut du plaisir; effectivement, il agit pour elle.

Généralement, la musique appuie une scène; ainsi, chaque fois que Vince devient redoutable en utilisant la force, la musique est plus rock. Toutefois, au début du film, quand l'action se déroule avec Vince au Vénézuela la musique traduit l'éminence du drame. Ce procédé est repris quand Vince arrive à la rencontre dans un restaurant après la mort de Tommy, la musique triste précède l'action, annonce les enjeux émotifs et sentimentaux.

C'est alors que le flashback nous ramène à Montréal en 1980. Vincent, fils du tailleur Henri Gamache, a aidé Giaco, fils du mafieux Frank Paterno; il l'a secouru quand il était attaqué, il s'est même foulé le poignet. Frank alors le récompense en lui donnant de l'argent. Quand Paola Gamache renie son fils et le chasse de la maison familiale, Vince se réfugie chez Giaco et Frank. Les enjeux affectifs sont alors précisés. Vince veut plaire au substitut paternel, il rejoue ses liens familiaux avec une autre famille.

L'histoire s'éclaircit : en secret, Vince a payé les voyages de sa mère pour qu'elle reçoive des soins médicaux. Tout en s'inquiétant de sa famille d'origine, Vince performe pour être accepté de la famille de Frank.

Celui-ci reste intransigeant et réitère ses critères d'acceptation : la famille avant tout, « C'est le sang d'abord ». Il dit à son fils cadet, fiancé à Patricia, la sœur de Vince, qu'elle n'est qu'à moitié sicilienne et que Vince ne sera jamais quelqu'un de la famille.

En ce qui concerne les enjeux financiers et les appétits de pouvoir, ils sont développés autour d'une velléité de façade respectable. Frank veut investir dans la construction d'un pont entre la Calabre et la Sicile, en Italie, afin de redorer son image.

Il veut aussi réunir un cartel avec les motards, les Noirs, les Irlandais et les Italiens. La guerre doit cesser;  un petit garçon est mort dans l'explosion d'un véhicule. Frank ordonne aux chefs de clans réunis : « Low Profile ».  Il leur fournira à tous de la drogue. Il y en aura trop dans la rue. La police s'intéressera à eux. La mafia sera tranquille. Arrêté par la police, il ira jusqu'à déclarer avoir pacifié la guerre des gangs.

Les liens entre les bandits et les politiciens sont représentés par la complicité du sous -ministre de la justice Antoine Dion et ceux entre les mafieux et les affairistes par la complicité du grec Caleb Xénakis.

Sans préambule explicatif, le premier événement dramatique du film se déroule dès le début, sans contextualisation, et scelle les destins, fige d'emblée les personnalités. Il a nécessité un travelling capté d'un hélicoptère (ou d'un drone?). Le trajet d'un autobus avec des enfants de Laval participant à un tournoi au Vénézuela est filmé dans la montagne embrumée. La scène inclut un camion bleu qui s'approche de l'autobus, pendant la musique annonçant le caractère dramatique de ce qui a été prémédité. Là encore, on ne détaille pas la survenue du fait mais un panoramique vers la gauche nous révèle les enfants décédés.

À noter :
C'est le petit Daniel Desrosiers, 11 ans, qui, le 9 août 1995, avait été tué dans l'explosion d'une jeep pendant la guerre des motards. Il y a aussi eu une tentative d'assassinat sur le  journaliste Michel Auger dans le stationnement du bureau du journal pour lequel il écrivait. Précédemment, un autre journaliste, Jean-Pierre Charbonneau, qui avait collaboré avec Auger pour enquêter sur la mafia, avait lui aussi survécu à un attentat dans le bureau du journal.

Ducarme Joseph, chef de gang de rues à Montréal, avait  voulu avoir une façade respectable. Les bandits veulent frimer, donner l'image de travailleurs honnêtes. Il avait fait de la prison pour avoir tenté de prostituer une enfant de 12 ans. Puis, il avait ouvert une boutique de vêtements dans le Vieux-Montréal. Il a été victime d'une tentative d'assassinat dans son commerce. Finalement, il a été exécuté sur son territoire; son visage a été explosé. Or, il y avait un contrat sur lui,  il était considéré responsable de l'assassinat du fils d'un parrain, Nick Rissuto Jr. Dans le film, Giaco est tué par un Noir . Frank pleure alors sur son Récamier en satin.

Dans le film, le centre de surveillance électronique de Montréal, enregistre des conversations entre les membres de la mafia. Dans les faits, parmi les agents doubles qui se sont rapprochés de bandits, Robert Shotgun Ménard est allé jusqu'à habiter en haut d'un commerce de Paolo Violi où de la crème glacée était vendue. Violi, qui faisait des milliers de dollars grâce à ses exactions, ainsi que le relate le livre de Cédillot et Noël, voulait aussi le petit 125.$ par mois que rapportait la location du logement. Tant pis pour lui, Shotgun Ménard  a contribué à la pose de micros dans le commerce.

Ménard, avec sa gueule de voyou, ses yeux bleu pâle et sa prédilection pour le fusil à pompe a été le sujet d'un documentaire dans lequel il racontait une patrouille faite autrefois dans le quartier chinois. Il avait trouvé une fillette prostituée par son père. Il y a eu un procès et le juge a retourné l'enfant à son père. Elle s'est défenestrée. Lorsqu'il relatait la tragédie, ce grand garçon à l'allure patibulaire, pleurait.

La fiction et la réalité se rejoignent. Ces hommes à l'air « tough », bandits ou policiers, finissent par exprimer de la compassion comme Ménard dans un documentaire ou par agir afin de plaire à papa comme Vince dans le long métrage Mafia Inc. un film qui a su renouveler le genre film de bandits.

C'est sur son père, sa famille perdue, et même sa sœur, que Vince pleure. De quoi se souvenir que Gabin interprétant Pépé le Moko pleurait en se suicidant lorsqu'il voyait partir le bateau emportant sa belle.

03_Les_CesarDeLaHonte_en_2020 LES CÉSAR DE LA HONTE

La  45e cérémonie des Césars est venue confirmer une fois de plus l'inexorable misogynie qui inflige aux femmes une éternelle misère. La discrimination envers les femmes ne s'achèvera que par leur extinction.

Ça ne va pas bien pour les femmes où que ce soit sur la planète depuis la période historique de l'humanité. Personne n'interroge cette persécution et cette éradication des femmes. De plus en plus de pays continuent à maltraiter et à faire disparaître les femmes.

En quelques jours, le monde du cinéma a été sali par ses artisans. Plus  de 90 femmes ont déclaré avoir été victimes d'abus à caractère sexuel perpétrés par le producteur de cinéma américain Harvey Weinstein. Au terme d'un procès avec plus de 80 témoignages, il n'a été reconnu coupable que d'un seul viol et que d'une seule agression sexuelle. Puis, quelques jours plus tard, le 28 février 2020 lors de la 45e cérémonie des César en France, la foule a applaudi le pédodéviant Roman Polanski pour la « Meilleure réalisation » avec le film J'accuse.

En 1977, Polanski a drogué et violée Samantha Geimer, 13 ans. Reconnu coupable, n'ayant fait que quelques jours de prison, il s'est enfui pour éviter le résultat de la révision de sa condamnation considérée laxiste. Depuis, il continue à tourner et prétend même s'être basé sur ce dont il se dit victime pour faire son film sur l'affaire Dreyfus, un innocent condamné, emprisonné puis réhabilité. Polanski n'est pas une victime, il est un prédateur de fillettes et de femmes. Car, il aurait fait 11 victimes. Valentine Monnier, une Française, a récemment déclarée avoir été frappée et violée par Polanski en 1975 quand elle avait 18 ans.

Pendant la cérémonie où son film cumulait le plus grand nombre de nominations, 12, pour un résultat de 3 prix,  à l'extérieur de la salle Pleyel, des manifestantes protestaient contre le réalisateur en brandissant des pancartes dénonçant  le Violanski. À l'annonce du César pour Polanski, l'actrice Adèle Haenel, qui participait au film Portrait d'une jeune fille en feu, 10 nominations, un seul prix, est sortie de la salle Pleyel en disant : « C'est la honte ».

En novembre 2019, Adèle Haenel a révélé avoir été victime d'attouchements perpétrés par le réalisateur Christophe Ruggia pour qui elle a tourné à l'adolescence. Elle déclarait n'avoir pas confiance en la justice et ne pas vouloir porter plainte. Puis, elle a porté plainte à la fin du mois de novembre.

Apprenant que Polanski était nominé, Adèle Haenel avait réagi : « Distinguer Polanski, c'est cracher au visage de toutes les victimes. Ça veut dire, "ce n'est pas si grave de violer des femmes".

Déjà, au début de la cérémonie, Florence Foresti avait souligné qu'en 1977, année de l'agression perpétrée par Polanski aux États-Unis, elle-même avait 3 ans :; « Je suis pénarde, en plein stade anal, lui, il est à Hollywood, au même stade ».

Elle a aussi remarqué le sexisme du réalisateur Nicolas Bedos, toujours aussi imbu de lui-même et de sa vulgarité, qui allait repartir avec 3 prix. Elle a fait preuve de beaucoup de courage en osant désapprouver le consensuel « boy's club » présent, avec l'air arrogant, devant elle.

Faut-il donc être sexiste et vulgaire comme Nicolas Bedos, violeur et pédodéviant comme Roman Polanski pour sortir grand gagnant d'une remise de prix?  On ne distingue pas l'homme de l'artiste quand sa médiocrité est un critère de succès. On répète qu'il ne faut pas confondre l'homme et son œuvre, l'homme et l'artiste, il semble pourtant que la consécration est liée à la hargne que le mâle exprime envers la femelle; d'ailleurs, l'espèce humaine est la seule espèce de la planète dans laquelle le mâle tente de se débarrasser de la femelle avec la même virulence que celle qu'il consacre à détruire la nature, son environnement d'origine.

Des femmes aussi actualisent la misogynie. Pour plaire aux hommes, pour être acceptées d'eux, pour se prémunir d'être victimes, elles se font complices. Dans la plantation, le gardien le plus redoutable était un Noir, dans le camp de concentration, le kapo le plus cruel était un Juif, dans notre société la personne la plus misogyne est une femme. Pour s'immiscer dans des milieux d'hommes, les femmes doivent en faire plus, il ne faut pas s'étonner qu'elles soient donc plus misogynes.

Au terme de cette soirée de la honte, Fanny Ardant a déclaré : « Moi quand j'aime quelqu'un, je l'aime passionnément. J'aime beaucoup, beaucoup Roman Polanski, donc je suis très heureuse pour lui. Après, je comprends que tout le monde n'est pas d'accord mais vive la liberté ».

Madame Ardant n'a pas précisé de quelle liberté ont bénéficié les victimes quand elles ont été contraintes.

Présidente de cette particulière cérémonie des César, Sandrine Kiberlain en début de soirée, s'était dite  heureuse de cette cérémonie, «  la dernière d'une époque, la première du début d'une autre ».

Hélas, il n'y a rien de nouveau dans l'ostracisme et le blâme des victimes pendant le triomphe des misogynes et des persécuteurs.

Cette cérémonie de la honte, de l'inégalité des droits humains, de l'impossibilité de reconnaissance du talent quand il vient des femmes, de l'indéboulonnable et monolithique conviction d'hommes qui veulent continuer leur inhumanité, de l'art biaisé et des femmes baisées, s'est déroulée quelques jours avant le 8 mars qu'on a désigné Journée de la Femme.

Le FIFA du 17 au 29 mars 2020

Le Festival International du Film sur l'Art  a élaboré une 38 e édition avec une programmation diversifiée : Le FIFA expérimental, le FIFA interactif, le FIFA Connexions et Cartes Blanches.  Il faut noter que pour la troisième fois le FIFA se déroulera à Montréal et à Québec.

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Le directeur général du FIFA Philippe U. del Drago, résume des thèmes de cette année :
« Le FIFA s'honore de présenter et de mettre en lumière de grandes institutions culturelles, des créateurs de talent et des portraits d'artistes emblématiques, éloquents et inoubliables. La danse, la musique et la mode, qui s'illustrent particulièrement cette année, sont de parfaits exemples de moteurs de rassemblement et de réflexion collective. Je suis heureux de célébrer l'énergie fédératrice des créateurs et invités exceptionnels de cette 38e édition du Festival »

D'abord le FIFA  peut s'enorgueillir d'une affirmation exemplaire : Le FIFA compte autant de films réalisés par des femmes que par des hommes, qu'il s'agisse de films en compétition ou en sélection officielle.

Cette volonté se confirme par le volet Femmes d'exception qui révélera ou rappellera la contribution des femmes en art contemporain avec Niki de St-Phale qui a matérialisé les douleurs de sa vie à travers des œuvres et des gestes, Dora Maar, la photographe malheureuse d'avoir été abandonnée par Picasso. Plusieurs autres artistes  ont changé la perception de l'art par leur œuvres et leurs parcours dont : Barbara Hannigan, Peggy Baker, Mary Pratt, Audrey Flack, Simone Signoret, Isabelle Huppert, Martha Cooper, Charlotte Perriand, Marina Abramovic, Sigalit Landau, Shirin Neshat, Katharina Sieverding. Souvent, leurs expressions artistiques ont défié les habitudes et bouleversé les certitudes. Inspirées, elles ont souvent été inspirantes.

Parmi les films sur la danse, des captations dont : Quatre chorégraphes d'aujourd'hui à l'Opéra de Paris par Cédric Klapisch et Miguel Octave, Body and soul de la Canadienne Crystal Pite, Ghost  avec Tentacle Tribe, et L'étreinte des Valkyries d'Alan Lake.

Le cinéma peut aussi contribuer à l'art engagé. Ainsi, Kirill Serebrenknikov A Theatrer Director Under Arrest nous fait rencontrer ce metteur en scène russe à la carrière internationale, enfermé dans une prison à Moscou et qui veut s'informer travail de sa pièce montée à Strasbourg.

Il sera aussi possible de suivre des enquêtes dans le milieu de l'art concernant un tableau du Caravage, une œuvre de Léonard de Vinci et la vie de l'écrivain Stieg Larsson.

5 séances de films et de vidéo dans la section FIFA Expérimental vont réunir 22 œuvres internationales.

La réalisatrice Monique Leblanc présente Plus haut que les flammes, une adaptation du recueil de poésie de Louise Dupré avec une narration de Violette Chauveau.

Carmel Dumas a réalisé Mouffe, muse et mentore, portrait d'une femme au service des arts de la scène.

Sont aussi programmés : Nowness : The China Wave, des films sélectionnés par Cosimo Terlizzi pour découvrir des journaux intimes cinématographiques, la participation de l'artiste multidisciplinaire Rad Hourani,  20 films, en trois séances, que Leila Khaliladeh, réalisatrice iranaienne, a sélectionnés, Albin de la Simone, images fantômes de la réalisatrice Paule Jardel dont le documentaire sera projeté avec une prestation musicale.

Aussi, Marcel Proust et Reynaldo Hahn : mélodies et paroles, plaisirs d'amour et jours d'amitié s'ajoute à l'ample programmation.

Le Festival International du Film sur l'Art - 38e édition du 17 au 29 mars 2020 prouve qu'il est possible que les femmes et les hommes travaillent ensemble, créent ensemble , et festoient ensemble.
Le FIFA est détaillé sur
https://www.artfifa.com/fr/programmation