Vous cherchez une auto familiale, une idée de décoration, de rénovation. un voyage vacance, un bijou, une banque, un produit naturel écologique, une vitamine santé, un restaurant, un vétérinaire.

Autres textes

 

Chronique cinéma
Octobre 2021

 par Lucie Poirier, journaliste-analyste

 

Le cinéma nous régale avec DÉLICIEUX, nous promet les projections du Petit Septième avec le SIFA, nous convie aux souvenirs du  DOCFEST DE L'ISLE-AUX-COUDRES et nous permettra de garder vivace le souvenir de JEAN-PAUL BELMONDO.

01_affiche_Delicieux Délicieux : le film des états de grâce

Avec le film Délicieux, le réalisateur Éric Besnard redonne une place au talent, à la sensibilité, à l'intelligence, il repermet de croire en l'humain capable d'initiatives, de réflexions, d'améliorations et, surtout, il réinstille la Beauté, si disparue, si inattendue, si essentielle. La délectation du film offre des perceptions successives de la réalité et des possibilités affirmatives de l'imagination. Ce film ouvre à la jouissance des constats et des évocations, au plaisir et à l'espoir, en convoquant l'esthétique du passé, en conjuguant la conscience du présent et en proposant une alternative d'avenir.

Le film Délicieux nous présente, sur un plateau de raffinement, la contemplation qui mène aux états de grâce. Les images lyriques, conférant une connotation poétique aux minutieuses captations de préparation des mets, s'avèrent un régal pour les yeux, Les scènes de nature morte intercalées transitoirement ravissent le regard.

L'officier de bouche et le mal avec des mots

Le scénario du film Délicieux, par Éric Besnard et Nicolas Boukhrief, nous présente en 1789  l'officier de bouche, le cuisinier, Pierre Manceron (interprété par Grégory Gadebois) alors qu'il va recevoir les commentaires de son maître, le duc de Chamfort (Benjamin Lavernhe).  Cet entretien conclut un repas pour lequel Manceron devait se conformer au diktat : « Jamais de nouveauté ». Hélas, il a parjuré la norme, il a créé ce qu'il a appelé le « Délicieux », il a fait preuve d'inventivité, le duc l'humilie, les invités le ridiculisent,  mais c'est lui qui doit s'excuser, il refuse et perd sa place.

La mise en contexte est donc centrée sur la bouche : Manceron a fait du bien avec la nourriture apprêtée qui est entrée dans la bouche des convives et le duc lui a fait du mal avec les mots de mépris et de méchanceté qui sont sortis de sa bouche.

De plus, ce début, rappelle l'incapacité d'appréciation des invités, qui refusent même de manger, dans le film Le Festin de Babette réalisé par Gabriel Axel en 1987, une des plus belles interprétations de Stéphane Audran.

02_Benjamin_Louise_et_Manceron

LE PEUPLE AIME OBÉIR

Manceron se retrouve, seul, avec son fils Benjamin (Lorenzo Lefebvre), qui aime la lecture et que son père fait dormir au grenier du relais de poste qu'il veut ré-ouvrir.

Surgit alors une femme, Louise (Isabelle Carré), dont on peut discerner les rides, et constater la détermination.  Elle se présente pour apprendre « la vraie cuisine »  et Manceron refuse de la prendre comme apprentie à cause de son sexe et de son âge; les femmes obéissaient, préparaient les aliments mais ne les apprêtaient pas, au mieux faisaient-elles de la soupe; on a toujours renvoyé les femmes à la cuisine mais pour les tâches ingrates.

La volonté de Louise est telle qu'elle reste toute la nuit, sous la pluie. « Le peuple aime obéir », le peuple est une femme, mais Louise se révèle un personnage de femme rare, plus déterminée que docile. « Je sais apprendre » clame-t-elle, certes, mais l'argent étant un fort argument, elle remet toutes ses économies à Manceron en sachant qu'il faut 3 ans pour faire un apprenti. Il l'autorise donc à rester près de lui et elle fait la lessive, les semences, le service, elle sacrifie beaucoup d'énergie et de temps pour accéder à la participation de la planification, à l'énoncé de ses suggestions et à la découverte de secrets de fabrication.

Le temps passe, les saisons se succèdent et une scène de nature morte à la plume marque la transition.

Manceron croit que le duc va le rappeler, qu'il aura besoin de lui. Peu à peu, en étant disponible aux suggestions de Louise et de son fils, il entreprend de créer ce qui deviendra le concept du restaurant, un lieu où les gens, y compris les pauvres, se réunissent pour manger ce qu'ils n'ont pas préparé. Louise le conscientise au fait que le client aime voir ce qu'il va goûter et qu'il faut laisser la nourriture à la vue. Benjamin songe même à l'écriture du menu et à l'affichage du prix des plats.

TOUT TRAVAIL MÉRITE TAXES

Manceron croit que Louise était une prostituée puisque deux types de femmes ont son maintien : les riches épouses et les pauvres prostituées.

Un jour, Hyacinthe (Guillaume de Tonquédec), l'intendant du duc de Chamfort s'amène dans le relais de poste dont on parle de plus en plus en tant que restaurant. À sa vue, Louise est effrayée. Hyacinthe vient réclamer l'impôt « Tout travail mérite taxes ». De plus, le duc veut s'arrêter dans ce nouvel endroit et y manger pour impressionner sa maîtresse. Hyacinthe le prévient : « Surpassez-vous Manceron! ».

Pour préparer ce repas, Manceron s'engage à des frais incluant du mobilier, des transformations du lieu, l'achat d'animaux. Ces détails de préparation rappellent encore le film Le Festin de Babette, dont la scène de l'arrivée des animaux par bateau.

Tu as voulu redevenir laquais

Benjamin se fâche contre son père en lui faisant remarquer : « Nous étions libres, tu as voulu redevenir laquais ». Manceron croit que : « Cette fois, ils sauront apprécier ». Pourquoi le sauraient-ils? Louise parle de la misère d'être femme. Secrètement, elle glisse un liquide dans un des mets.

Tous ont contribué à l'amélioration de l'endroit : un chemin de pétales de roses, des tapisseries entourent la table, ainsi que des sculptures, des bouquets, un décor fastueux pour des mets raffinés.

Le cortège des carrosses du duc passe sans s'arrêter.

Manceron est dévasté. Ses efforts inutiles, pour exceller à partir de son talent, pour plaire à un être intransigeant, l'amènent  à ressembler à Vatel, interprété par Gérard Depardieu dans le film de Rolland Joffé en 2000.

La misère d'être femme, évoquée par Louise, se précise. Elle est une marquise dont le mari a été tué par Chamfort qui la convoitait. Même issue de la noblesse, ainsi que cette situation était exposée dans le film La Duchesse de Saul Dibb en 2008, une femme risquait de se retrouver démunie, sans ressources, à la rue. La marquise avait planifié l'empoisonnement du duc. Sur ce, Manceron la renvoie et se saoule.

UNE HUMANITÉ QUI PENSE MIEUX

Ivre, il tombe du cheval qui le traîne. Pendant 3 jours et 3 nuits, Louise le veille. Après s'être rétabli, Manceron constate qu'elle a ouvert le restaurant, une « chambre à manger », un endroit que Benjamin et Louise veulent partager non pas avec Chamfort mais avec tout le monde dans l'idéal exprimé par Benjamin : « une humanité qui pense mieux ». Le peuple crève de faim, le monde est en train de changer et, ajoute-t-il en s'adressant à son père : « il n'en tient qu'à toi de changer avec lui ».

Scène d'une nature morte à la bulle.

UNE FEMME AUX FOURNAUX!

Louise entre au couvent où elle absorbe une bouillie dégueulasse. Manceron la retrouve; ils conversent,  se rapprochent, une religieuse leur rappelle l'obligation de la distanciation. Cette scène,  à l'instar de plusieurs répliques du film, s'accorde avec le constat de l'actuelle et internationale misère socio-économique, de la discrimination dans l'application des mesures liées à la pandémie, et la dénonciation des injustices toujours infligées aux femmes et aux pauvres.

S'affirment le génie et le mérite du film qui réserve alors la surprise d'un retournement de situation basé sur autre chose que la violence, la force, le meurtre.

Le film s'achève avec la mention de la Révolution Française, ce qui rappelle la fin du film Ridicule de Patrice Leconte en 1996. Or, le retournement final de Délicieux s'avère une alternative aux recours féroces. Les dirigeants abusant du peuple et plus encore des femmes ont été imités par les révolutionnaires dans ce qu'ils perpétraient de plus veule et médiocre; meurtrir les femmes dans leur chair par des viols, dont celui de la Princesse de Lamballe, ce n'est guère égalitaire et original tout en confirmant la déclaration de Madame Rolland en montant à l'échafaud : « Liberté que de crimes on commet en ton nom! ».

Certes, avec Babette Hersant dans Le Festin de Babette (1987), Hortense Laborie dans Les Saveurs du palais (2013) et Louise, la marquise, dans Délicieux (2021), les femmes retournent dans la cuisine mais elles y occupent un rôle central, y sont influentes, et même elles y décident, y créent, y dirigent. Si un jour, sur la planète, l'égalité des chances inclut les femmes, ce sera la concrétisation du rêve que l'égalité concernera tout le monde.

Il faut remarquer l'importance édifiante du personnage d'Hyacinthe, l'intendant, qui évolue de la servilité à la liberté, de la soumission à l'indépendance et l'intervention symbolique de Jacob (Christian Bouillette), le vieux de la forêt, qui, pendant la préparation pour la venue du duc, meurt écrasé par un tonneau, tombé d'une charrette, alors que le vin coule dans sa bouche.

UN VRAI DÉLICE

Le film se termine avec une nature morte aux papillons et à la chandelle éteinte après le générique.

La situation finale du film laisse croire au pouvoir de l'intelligence et de la sensibilité avec des occasions de créer, même, d'exceller. Délicieux nous donne à voir la Beauté accompagnée d'espoir. Un film rare. Un vrai délice. À voir absolument.


Le Petit Septième et le SIFA

03_LE_SIFA_Thi_Be_Nguyen_et_Sean_St-John
Le bien commun, l'égalité socio -économique, le bien social, l'amélioration des conditions de vie, l'égalité des chances, « Le Droit au Bonheur » tel que le réclamait le personnage interprété par Fabrice Luchini dans Beaumarchais, l'insolent d'Édouard Molinaro en 1996, représentent des idéaux estompés dans un monde où la peur ressentie par le peuple amplifie les profits des possesseurs et aggrave la misère des pauvres; on est plus docile et moins pro-actif quand on est terrorisé par la possibilité de perdre le peu de ressources dont on dispose.

Or, d'après Sean St-John, « L'art peut changer le monde parce qu'il nous relie à ce qui est en nous et aux autres. Il nous fait réfléchir, il favorise la compassion et la bienveillance. »  Avec Thi Be Nguyen, il a co-fondé le SIFA Festival, le Festival du film et de l'art à impact social.

04_Francois_Grondin_et_Thi_Be_NguyenPrésident-fondateur de Le Petit Septième, François Grondin se consacre à présenter des fictions et des documentaires en accord des réalités souvent occultées tout en proposant des pistes de solutions. Sa ferveur le détermine; il veut « contribuer à sensibiliser les gens à certains enjeux sociaux mais aussi à changer les choses ».

Les caractéristiques des deux organismes ont mené leurs administrateurs à un partenariat pour la tenue d'un festival dont la 1e édition se déroulera en juin 2022; l'événement permettra de voir des œuvres favorisant la réflexion et l'initiative avec l'espoir d'alternatives dans un monde basé sur la déshumanisation et axé sur le conformisme.

Il est toujours possible d'inscrire une œuvre pour l'édition à venir. Que vous soyez cinéaste voulant participer aux événements ou  public intéressé à suivre les projections, Le Petit Septième et le SIFA Festival  méritent votre attention puisqu'ils s'avèrent originaux, et même rares, en rappelant de considérer l'aspect humain au cœur d'importants enjeux.

05_pour_la_suite_du_doc_2021DOCFEST DE L'ISLE-AUX-COUDRES POUR LA SUITE DU DOC

« Comme les eaux du fleuve Saint-Laurent, le documentaire est un art magnifique et fragile dont nous devons prendre soin » a, poétiquement et magnifiquement, déclaré Denys Desjardins, un homme de conviction et d'action.

Dans le cadre des célébrations entourant les 60 ans de Cinéma Direct à l'Isle-Aux-Coudres, avec la 3e édition du  DocFest de l'Isle-Aux-Coudres, du 16 au 19 septembre 2021, il s'est consacré à un Festival en accord avec ses idéaux : reconnaître et faire rayonner le mérite d'êtres d'exception à travers leurs œuvres importantes et significatives. Il participe au rayonnement des pionniers et des gens de la relève. Avec lui, le mélange intergénérationnel est possible.

Le charme de  l'Isle-Aux-Coudres peut se constater en faisant à pied le tour de l'île, l'endroit est à la fois circonscrit et grandiose. Michel Brault, Marcel Carrière et Pierre Perrault y ont tourné en 1961 Pour la suite du monde, le film emblématique du Cinéma Direct, initiative purement québécoise. Michel Brault, qui fut un de mes professeurs, avait été demandé pour participer en France au tournage du film Chronique d'un été. C'est une photo de lui avec sa caméra qui apparaissait sur la première édition du livre L'aventure du cinéma direct, écrit par un autre de mes professeurs : Gilles Marsolais. L'équipe avait filmé en son et image synchrones les gens de l'île alors qu'ils reprenaient une forme de pêche collective au marsouin. Les anecdotes de mes professeurs restent pour moi des souvenirs précieux.

06_Chloe_Ste-Marie_et_Josephine_Bacon
Pour le festival, Denys Desjardins et sa collaboratrice Anik Salas ont programmé en ouverture le film Archipel de Félix Dufour-Laperrière. De plus, Chloé Ste-Marie et Joséphine Bacon chanteront sur la musique de Davy Gallant leur spectacle intitulé Je sais que tu sais. L'actrice et chanteuse Chloé Sainte-Marie a appris la langue innue de la poétesse et cinéaste Joséphine Bacon. Ce concert s'inscrit dans l'Hommage à la culture innue aussi programmé dans le cadre du DocFest de cette édition où sont conviées la réalisatrice, chanteuse et musicienne d'origine innue Karen Pinette -Fontaine et la cinéaste Jani Bellefleur-Kaltush, récipiendaire de la première Bourse Kuessipan 2021. 

Des rencontres, ateliers, projections et débats sont prévus pour témoigner de l'importance de la captation, la transmission et la conservation que permet le documentaire.

Denys sait partager son enthousiasme pour réunir « des gens que j'adore qui ont tous les âges, des êtres qui me stimulent et font de moi un meilleur humain. »

J07_Jean-Paul_Belmondo_1933-2021EAN-PAUL BELMONDO : LA DRÔLERIE D'UN GRAND SEIGNEUR

Le 6 septembre 2021 nous avons perdu un éminent représentant du cinéma français : Jean-Paul Belmondo, surnommé affectueusement Bébel.

Du répertoire théâtral aux cascades rocambolesques, il a fasciné le public. Je l'avais vu interprétant sur scène le personnage basé sur l'homme de théâtre Frédérik Lemaitre dans la pièce d'Éric-Emmanuel Schmitt : Frédérick ou le Boulevard du Crime; il rayonnait avec éloquence et simplicité.

Il a embrassé les plus belles femmes du monde

Belmondo a fait mentir les prophètes de malheur. Jeune et rêvant d'être comédien, il a entendu André Brunot, homme de théâtre, décréter : « T'es nul. T'as pas de physique, t'as pas de voix, t'as rien » et Pierre Dux, professeur au conservatoire national d'art dramatique,  lui asséner : « Avec votre physique et votre attitude, sur scène, vous ne pourrez jamais prendre une femme dans vos bras : toute la salle éclatera de rire ».

Or, Belmondo a embrassé les plus belles femmes du monde, sur les plateaux et dans la vie. Dans La Sirène du Mississipi de François Truffaut en 1969, il a incarné l'amoureux éperdu de Catherine Deneuve. La réplique finale du film « Te regarder est une souffrance » sera dite à la même Deneuve dans Le Dernier Métro du même Truffaut , cette fois par Gérard Depardieu en 1980. Puis, en 1985, le visage de la belle fut modelé pour Marianne,  statue placée dans toutes les mairies de Paris afin de symboliser la République.

De plus, Belmondo a été en couple pendant 7 ans avec Ursula Andress, la Miss Bikini, Honey Rider, du film James Bond 007contre Dr No de Terence Young  en 1962 et l'Aphrodite du film Clash of the Titans de Desmond Davis en 1981. La superbe actrice avait photographié la statuesque nudité bronzée de Jean-Paul.

Vedettes cinématographiques et beautés statuesques ont donc été réunies.

FILS D'UN SCULPTEUR ET D'UNE PEINTRE

Puisqu'il est question de statues, il importe de rappeler que Jean-Paul était le fils de Paul Belmondo sculpteur et qu'il lui vouait une admiration sans borne.

À Boulogne-Billancourt, il créé le musée Paul-Belmondo consacré aux œuvres de son père. Il a donné 260 sculptures et 1 000 dessins.

Madelein, sa mère été peintre.  Pour lui, elle était « Un amazone magnifique ». Il n'a pas hésité à déclarer : « Ces films que vous avez vus ont pu se faire grâce à ma mère. C'est elle qui me disait d'avoir du courage ». Quand elle est devenue aveugle (y a-t-il pire pour une peintre que la cécité?), Jean-Paul lui faisait la lecture.

BELMONDO ET DELON : dualité de charme

08_Belmondo_et_Delon
Jean-Paul Belmondo et Alain Delon ont symbolisé le cinéma français. Plus semblables que rivaux, ils ont traversé les années avec une même caractéristique, celle de  vivre une dualité : la drôlerie d'un grand seigneur chez Belmondo et l'insécurité d'un grand séducteur chez Delon.

Ils ont tourné ensemble dans 3 films : Sois belle et tais-toi, film en noir et blanc de Marc Allégret en 1958, Borsalino de Jacques Deray en 1970 et Une chance sur deux de Patrice Lecomte en 1998.

En 2001, lorsque Belmondo a été victime d'un accident vasculaire cérébral, Delon avait aussitôt fait le trajet en hélicoptère pour se rendre auprès de lui.

LE CASCADEUR À MONTRÉAL

Belmondo exécutait avec plaisir les cascades de ses films. En 1985, il était au Québec pour tourner Hold-up de Alexandre Arcady. J'ai vu dans le Vieux-Montréal le faux pont construit pour certaines scènes; bien que blessé en tournant, l'acteur et cascadeur accordait une entrevue.

HOMMAGE À UN PROFESSIONNEL

Alain Delon a été si dévasté en apprenant son décès qu'il n'a pu assister à la cérémonie du 9 septembre 2021 quand on lui rendait un hommage national dans la cour des Invalides.

À la fin, son cercueil a été porté alors qu'un orchestre militaire qui jouait Chi Mai d'Ennio Morricone;  Belmondo lui-même avait choisi cette musique pour la fin du film Le professionnel de George Lautner en 1981. Il y interprétait Josselyn Beaumont, un personnage tragique, assassiné par les forces de l'ordre d'une rafale de balles dans le dos.

09_un_fanDes milliers de personnes étaient arrivées très tôt le matin, venant même d'un autre pays, pour être près du lieu de la cérémonie, pour partager leur adulation. Un des admirateurs s'était confectionné un caleçon blanc à pois rouges et portait un chapeau haut de forme pour rendre hommage à son idole tel qu'il cascadait dans le film Le guignolo de Georges Lautner, en 1980.

Un collègue, Philippe Lombard, lui aussi spécialisé en cinéma prépare l'ouvrage Les Grandes Gueules du Cinéma Français; il a résumé la fascination qu'exerçait Belmondo : « C'est quelqu'un qui nous ressemblait et à qui on voulait ressembler ».

BELMONDO : ACTEUR TRAGI-COMIQUE

10_Belmondo
Jean-Paul Belmondo a laissé des interprétations moins connues que celle de son visage maquillé en bleu dans Pierrot le fou de Jean-Luc Godard en 1965.

Dans L'héritier de Philippe Labro en 1973, il arborait une allure sportive et une élégance imposante.

Il misait sur une gravité dangereuse dans Moderato Cantabile de Peter Brook en 1960 et Léon Morin prêtre de Jean-Pierre Melville en 1961.

Pour Stavisky… d'Alain Renais en 1974, il avait une prestance éblouissante à l'écran et une magnanimité admirable sur le plateau puisqu'il a voulu préserver la liberté décisionnelle du réalisateur en gardant secret le fait qu'il était producteur du film.

BELMONDO DANS L'INOUBLIABLE

Après tous les titres de film qui l'ont qualifié de Tendre Voyou de Jean Becker en 1996 à Le marginal de Jacques Deray en 1983 en passant par Le magnifique de Philippe de Broca en 1973, Jean-Paul Belmondo, avec sa postérité,  restera désormais L'inoubliable

Liste des films traités dans l'analyse :

Délicieux   de  Éric Besnard  2021
Le Festin de Babette   de Gabriel Axel  1987
Vatel   de Rolland Joffé  2000
La Duchesse   de Saul Dibb  en 2008
Les Saveurs du Palais   de Christian Vincent  2003
Ridicule   de Patrice Leconte  1996
Beaumarchais, l'insolent   de  Édouard Molinaro  1996
Pour la suite du monde   de Michel Brault, Marcel Carrière, Pierre Perrault  1963
La Sirène du Mississipi   de François Truffaut 1969
Le Dernier Métro   François Truffaut  1980
James Bond 007contre Dr No de Terence Young  1962
Clash of the Titans de Desmond Davis  1981.
Sois belle et tais-toi  Marc Allégret en 1958
Borsalino de Jacques Deray 1970
Une chance sur deux de Patrice Lecomte  1998.
Hold-up  d' Alexandre Arcady  1985
Le professionnel de George Lautner  1981
Le guignolo de Georges Lautner 1980
Pierrot le fou de Jean-Luc Godard en 1965.
L'héritier de Philippe Labro 1973
Moderato Cantabile de Peter Brook  1960
Léon Morin prêtre de Jean-Pierre Melville  1961.
Pour Stavisky… d'Alain Renais  1974
Tendre Voyou de Jean Becker  1996
Le marginal de Jacques Deray  1983
Le magnifique de Philippe de Broca  1973