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De monsieur Popol à monsieur le prof :  le rêve américain dans les années 50

Normand Lebeau  

Arrivé au Québec le 23 juin 1957, fauché comme les blés, Roger Michael, de son vrai nom Paul Jean Peters, possédait pour tous bagages la fougue de ses vingt printemps et la détermination inébranlable de faire carrière dans l'univers du cinéma. Pour un jeune Belge qui avait vécu jusque-là dans une pauvreté presque sordide, l'Amérique représentait l'El Dorado. Il rêvait de suivre les traces de Gary Cooper, de Brando et de toutes ces icônes du 7e art.

Des débuts modestes

Comme il faut commencer quelque part et qu'il ne connaissait personne à Montréal, destination qu'il avait choisi pour entreprendre sa nouvelle vie, le jeune Paul Jean Peters se fit offrir le gîte par la JOC, soit la Jeunesse ouvrière chrétienne, un mouvement d'action catholique d'éducation populaire et de jeunesse qui le fit travailler dans une imprimerie. Il va sans dire qu'en cette fin des années 1950, le clergé était tout-puissant dans la Belle Province.

Un horaire exigeant

Logé et détenteur d'un emploi grâce à la JOC, Paul Jean trouvait tout de même exagéré de devoir assister à la messe tous les matins à 6 heures avant d'aller travailler. Il prit donc la décision de ne plus y assister et se fit mettre à la porte et de son logis et de son emploi. Il se retrouva donc gros jean comme devant et un jeune ami comédien l'invita à demeurer chez lui. C'est ainsi qu'il mit les pieds dans les chaussures du showbiz québécois.

Un premier contrat au TNM

Trois ans plus tard, en 1960, il obtient un rôle de figurant au TNM dans une pièce dirigée par le célèbre Jean-Louis Roux. C'était le début d'une carrière théâtrale de 30 ans jalonnée de seconds rôles, qui le mènera notamment en France pour y jouer dans la pièce La tour Eiffel qui tue, sous la direction de Paul Buissonneau. Il gardera de l'interprète de Picolo le souvenir d'un comédien formidable, mais sous la férule de qui il est extrêmement difficile de travailler.

Il devient une vedette du petit écran

En 1984, il est embauché pour tenir le rôle d'un Belge, tenancier de snack-bar dans une émission intitulée Épopée Rock, tirée de la plume de l'ex-chanteuse Monique Saint-Onge et réalisée par le réputé Pierre A. Morin. Le succès est immédiat. La série mettait également en vedette le chanteur Joey Tardif, dont le groupe interprétait des classiques des pionniers du rock.

L'heure de gloire de monsieur Popol

La série Épopée Rock s'est poursuivie jusqu'en 1990 et pendant ces six années de télédiffusion, Roger Michaël, qui était jusque-là un parfait inconnu, était devenu une vedette populaire qu'on saluait dans la rue. Il faisait désormais partie du club sélect des comédiens adulés par le grand public. Sa cote de popularité lui a même valu des parodies de la part de RBO, Guy A. Lepage s'étant payé allégrement sa tête dans un sketch de l'émission du rendez-vous des cornichons.

Toute bonne chose a une fin

Malheureusement, au bout de six années de succès ininterrompu, l'émission cessa d'être diffusée suite à des problèmes de régie interne et Paul Jean Peters retomba presque dans l'oubli. Des proches lui conseillèrent de se remettre à l'enseignement, car il avait déjà donné des cours de théâtre et d'interprétation et apprécié l'expérience.

Monsieur Popol devient monsieur le prof

C'est ainsi qu'en 2002, il aménage un sous-sol de Longueuil en atelier théâtre et entreprend une carrière de formateur, mettant à profit les enseignements reçus dans sa jeunesse et au fil de sa longue carrière. Depuis lors, il aide les aspirants comédiens à se préparer en vue de leurs auditions et travaille aussi avec des adultes. Votre humble serviteur est allé chez lui pour connaître son opinion quant à l'interprétation de ses textes poétiques et depuis ce temps, nous présentons sur une base mensuelle, des récitals de poésie, ce qui permet à Roger Michaël de renouer avec les planches.