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De traducteur à Éditeur

Normand Lebeau  

Il n'y a pas si longtemps, au Québec, lorsqu'on choisissait un métier, on l'exerçait pratiquement toute sa vie. Depuis une vingtaine d'années, les choses ont radicalement changé. Ainsi, je suis passé, par intérêt, de commis-dactylo et d'acheteur junior pour un ministère fédéral (j'aurais accompli des tâches routinières pendant une trentaine d'années et cela m'aurait complètement abruti, bien que des mauvaises langues pourraient ajouter que c'est sûrement déjà fait avec toutes les folies que j'écris sur ce site) à traducteur, une profession qui exige des aptitudes intellectuelles supérieures et qui permet d'apprendre en travaillant.  Depuis 1989, j'ai joué les casse-cou en acceptant des mandats de traduction de l'anglais au français dans tous les domaines possibles et imaginables (même sur la vie sexuelle des oiseaux, qui est sacrément plus épicée que le commun des mortels le croit), y puisant des connaissances fort utiles dans la vie de tous les jours et enrichissant du même coup mon lexique personnel.  À la base, la traduction est un travail d'artisan, presque de moine, qui consiste à reproduire le plus fidèlement possible un texte dans une autre langue, quitte à y consacrer un nombre d'heures incalculables. En théorie, ceci est encore vrai, mais en pratique, depuis les années 1990, les artisans sont rares, car si l'informatique a permis au traducteur d'accéder rapidement à des banques de données terminologiques et d'obtenir de l'information de façon presque instantanée, elle a aussi modifié le comportement des clients tant des agences de traduction que des pigistes quant aux délais de remise des travaux. Nous vivons à l'ère de la téléréalité, alors que le premier venu ou presque a la possibilité de devenir une vedette instantanée du jour au lendemain au petit écran et cette vogue consistant à tout obtenir en claquant des doigts n'a malheureusement pas épargné le monde de la traduction.  Pour les profanes, la traduction est un acte instantané et nombreux sont ceux et celles qui croient, aujourd'hui encore, qu'il suffit de connaître le français et l'anglais pour savoir traduire.  Le bilinguisme et si possible, la connaissance d'autres langues, est fort utile et souhaitable pour communiquer efficacement avec autrui, mais traduire, du moins de façon pertinente et précise, est un art qui risque de se perdre si la tendance actuelle consistant à pondre un texte à toute vapeur comme on le ferait pour un chien chaud se maintient ou même progresse.  La majorité des traducteurs et traductrices sont de fervents adeptes de la lecture et je ne fais pas exception à la règle. Or, il n'y a rien comme la lecture pour acquérir un lexique personnel riche et parmi ces lecteurs assidus, bon nombre aiment manier la plume. C'est ainsi qu'après quelque 30 ans d'écriture, ayant flirté avec de nombreux genres littéraires : nouvelle, conte, prose poétique, etc., las d'attendre qu'un éditeur tombe sous le charme de mes écrits, la plupart oeuvrant dans un créneau bien défini leur permettant de conserver leurs subventions, j'ai décidé de fonder ma propre maison d'édition, les Éditions de l'impubliable et de publier, comme premier ouvrage, une nouvelle érotique farfelue, Les nonnes affranchies. Pourquoi l'impubliable? Simplement en réaction à un commentaire du célèbre philosophe montréalais André Moreau qui, un jour, qualifia mes écrits d'hilarants, mais d'impubliables. Ce jovialiste au verbe coloré et animé d'une formidable vivacité d'esprit est au nombre des artistes qui m'ont influencé tant sur le plan de l'humour et de la grivoiserie que de la liberté de pensée et de parole. Je vous convie à visiter mon site Web au www.lebouc.net.