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RÉFLEXIONS SUR LE TRAVAIL AUTONOME

Normand Lebeau  

Encore une autre semaine qui débute sans avoir la moindre certitude que le travail se présentera.  Et encore là, faut-il qu'il soit présentable!  Bien sûr, vous n'avez pas besoin de vous lever en catastrophe, de manger n'importe quoi sur le coin de la table et d'appréhender pendant le trajet qui vous conduit à votre torture quotidienne rémunérée, les sautes d'humeur de votre patron/patronne (qui n'est pas toujours un modèle de diplomatie) adoré(e).  Cependant, il est préférable de sortir de votre tanière au moins une ou deux fois par jour pendant les heures " normales " de bureau. 

Quiconque omet cette règle et demeure dans sa cage toute la journée risque d'éprouver la sinistre sensation d'être séquestré par le K.G.B.  Pas de superviseur sur le dos (en fait, personne ne pipera mot, même si vous n'avez rien sur le dos!)... quel bonheur direz-vous!  Oui, mais si vous ne possédez pas une discipline olympique (au moins de bronze), vous vous laisserez distraire par les travaux ménagers, la télévision, l'appel téléphonique incongru de quelque connaissance désœuvrée qui s'ennuie à compter les carreaux de son plancher de cuisine et je ne sais quoi encore.  Il semble n'exister que deux conditions:  l'absence complète de travail et de paie ou le bombardement nagasakien, un horaire infernal qui vous interdit tout arrêt, sauf pour manger (et la digestion ne s'Ppère pas dans les conditions les plus favorables quand vous avez le stress aux fesses) et le merveilleux choix suivant : ou vos clients sont régloS et vous paient dans un délai de trente jours ou même avant (quelle joie, juste avant que Bébelle Québec et Vidé au trône interrompent le service) ou ce sont des crapules à petit budget et des manipulateurs malséants qui disparaîtront sans laisser d'adresse, couperont la facture (et non la poire, car la poire, c'est vous!!!) en deux pour mille et une raisons aussi farfelues les unes que les autres, refuseront carrément de payer ou auront déclaré faillite entre-temps.

Loin de moi l'idée de dénigrer le travail autonome (à ne pas confondre avec travail au taux énorme!), mais il faut être conscient que s'il permet une plus grande liberté à certains niveaux, il comporte aussi sa part d'aliénation et d'angoisse financière (Ce sagouin finira-t-il par me payer? J'en ai marre de bouffer des sardines de chez Dollarama et du beurre de pichenottes made in Taïwan!)  Heureusement, certaines personnes reconnaissent votre " talent " et vous proposent de l'étaler en accomplissant des tâches de bénévolat pour des journaux communautaires, des associations de bienfaisance (et quand les factures se présentent, tu es " bien fait "), etc.  Ouf, votre ego est presque sauf, mais ce n'est pas une poignée de mains ou une tape amicale sur les lombaires qui va payer la facture d'électricité et si vous tardez, ça va chauffer (ironique, n'est-ce pas? Clin d'oeil à Hydro qu'est bête). Et je ne vous parle pas du loyer ou de l'hypothèque. Votre patron/patronne vous fait suer, certes, mais attendez de voir quels sentiments vous nourrirez à l'égard des carnassiers qui prendront des lunes à vous payer vos émoluments.

La liberté?  Ça existe dans la tête, mais avec les pieds bien arrimés au sol, on vient à douter qu'elle existe vraiment.  En somme, que penser du travail à la pige?  Il faut être un peu magicien pour y survivre, pigé?