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Libre Chapitre 12
Grandeur

par Josée Papineau  

Bof… même s'il lui arrivait d'avoir envie de laisser des messages de colère à Tom ou de lui arracher sa langue sale, à quoi bon. Pourquoi vouloir faire souffrir puisqu'elle avait décidé en avoir assez de cette histoire? Il lui sembla préférable de continuer sa route, peu importe ce qu'il faisait de sa vie. Il était temps de comprendre que cela ne devait plus la toucher dorénavant et elle se dit, pour se convaincre : Souris Whitie et fonce!

Mais eux, vont-il cesser de me foncer dedans? Pourquoi se tiennent-ils si près de moi et me bousculent au moindre de leur mouvement? Faites de l'espace voyons!

Aujourd'hui, les passants et les gens dans le métro l'énervent. Qu'on la bouscule n'était pas un fait nouveau mais aujourd'hui, White était impatiente et n'en pouvait plus. Un homme accrocha sa bourse au passage et elle se retourna pour grogner mais à quoi bon. Un adolescent lui coupa le passage, sans faire la moindre attention et elle faillit presque tomber. En attendant la rame de métro, elle sentit un coude, une respiration sur sa nuque, une main près de son bras droit. Trop, s'en était trop.

J'en ai marre! Gardez vos distances et laissez-moi respirer, nom de Dieu!   Pourquoi se tiennent-ils si près?

Les gens sont attirés par toi, Whitie.

Mais qu'est-ce que tu dis là?

Les gens se tiennent loin de ce qu'ils n'aiment pas et ce dont ils n'ont pas besoin, ils l'ignorent. Par contre, s'ils aiment, ils veulent être tout près, même sans dire un mot.

Mais voyons, ton explication ne tient pas! La plupart de ces gens ne me voient même pas le visage lorsqu'ils sont collés à mes fesses!

Pas besoin, ils te sentent et c'est suffisant.

Ne me dis pas que c'est parce qu'ils m'aiment s'ils me bousculent ou me foncent dedans, quand même!

Quand on se croit grand, on veut écraser les plus forts, on en a peur et ils nous dérangent.

Quand on se croit plus grand, les petits, on les ignore.

Quand on est vraiment grand, on les chouchoute et on devient chouchou.

Alors, si tu as l'impression que les gens ont l'habitude de se tenir trop près de toi ou bien te heurtent au passage, souris… car pour eux, tu deviens grande et ton énergie a de l'effet sur eux.

Le jour qu'ils ne le feront plus, tu pourras pleurer si tu crois cela nécessaire, mais pas maintenant.

Souris et sois celle qui chouchoute.

La rame de métro stoppa devant elle et elle s'empressa de prendre un siège près de la fenêtre. De là, elle pouvait regarder les gens à son aise.

Metzaël, je ne suis pas d'accord avec ce que tu dis. Comment peux-tu dire que les petits, on les ignore?

J'ai dit…. Quand on se croit grand, les petits, on les ignore et quand on est vraiment grand, on les chouchoute.

Mais, en les chouchoutant, on les juge en tant que petits et on se considère mieux qu'eux! Comment peut-on prétendre valoir plus que quelqu'un d'autre?

Prend soin des petits.

Un jour, une fleur de pommier, toute belle et resplendissante, se vit dans un miroir qu'un ange posa devant elle. Elle qui pour la première fois réalisa ses beautés, ne comprit pas pourquoi l'arbre auquel elle était rattachée par une tige, ne puisse être d'une aussi belle couleur que la sienne.

Dis-moi, demanda-t-elle à l'ange, pourquoi l'écorce de cet arbre est-elle brune, rugueuse, terne et pleine de nœuds?

Comment, tu ne le sais pas? lui demanda l'ange en souriant.

Moi qui suis d'une si belle couleur et projette dans l'air des champs un si doux parfum, je ne comprends pas pourquoi cet arbre ne peut le faire, tout comme moi.

C'est simple, lui répondit l'ange. C'est parce qu'il te nourrit.

Respecte le plus petit et prends en grand soin, car c'est lui qui te donne ta nourriture pour grandir.

 

Metzaël… qu'est-ce qui fait que l'on soit petit ou que l'on soit grand?

***

Le lendemain soir, à bout de souffle, White se fit un café et s'installa devant son ordinateur. Au lieu d'ouvrir sa boite de courriel, elle se tourna vers la fenêtre de sa chambre et regarda les nuages défiler tranquillement dans le ciel. Des journées comme celles qui venaient de passer, elle n'en voulait plus mais qui pouvait être assez spécial pour pouvoir choisir de quoi serait fait sa journée? Souffler un peu, juste un petit peu, c'est ce qu'elle désirait pour ce soir, du moins, pour quelques minutes. Après, viendrait le temps de trouver une solution pour le souper mais, juste après, pas tout de suite.

En se levant ce matin, sa fille s'était pourtant levée de bonne humeur mais après que White lui eut refusé un nouvel animal de compagnie, elle lui avait piqué une crise terrible.

 - Tu as déjà bien assez d'un chat et d'un lézard!

En se rendant au boulot, les gens continuèrent de lui foncer dedans comme si elle était complètement invisible. Pourtant, elle prenait un soin particulier a se tenir loin des attroupements mais rien n'y fit.

Et ces jeunes, qui ne se tassent pas pour laisser le passage ni aux dames, ni aux ainés. Son père, lui, lui aurait foutu une taloche derrière la tête si elle n'avait pas laissé le passage libre pour les adultes ou les vieilles dames, lorsqu'elle était plus jeune. Qu'en était-il devenu des bonnes manières? Et pourquoi cette impression que les gens ne pensent qu'à eux, foncent, plutôt que de porter attention à ce qui les entoure? Pressés… toujours plus pressés, au détriment des gens autour de soi. Et encore une fois, elle en fit les frais.

En mettant le pied au bureau, James, monsieur Arthur, monsieur Éric l'ont surchargée de travail; même pas le temps de manger son muffin et son yogourt.

Je commence dans trente minutes, laissez-moi respirer voyons!

Pas question de discuter une demande d'un patron lorsqu'on est employé, ça, tout le monde le sait. Ce serait un manque de respect mais tout de même, qu'auraient fait quelques minutes d'attente de plus pour tous ces travaux?

White eu l'impression d'avoir un moteur au derrière toute la journée et à tout moment, elle dut le changer de vitesse pour accomplir toutes ses tâches qui étaient toutes exigées sur-le-champ.

Vers midi, son fils lui téléphona pour lui dire que son père voulait changer les week-ends à partir d'aujourd'hui.

Hé, ho! J'ai prévu une sortie avec Julie et Sylvain demain soir, moi! Je fais quoi, moi qui ne sors jamais?

Ce soir, elle ne se sentit pas l'énergie de préparer le souper et s'était arrêtée pour acheter une pizza, croyant que les enfants seraient contents, mais ils avaient invité la ville au complet à souper!

Résultat?

Maman  est frustrée de ne pas savoir comment dire non, maman est enragée de s'être fait prendre au piège et maman est fâchée de n'avoir pu trouver les mots pour leur faire comprendre qu'elle ne sait pas dire non sans se sentir radine.

Elle avait couru toute la journée, n'avait pas eu le temps de manger et arrivée à la maison, devait se préparer quelque chose juste pour elle, puisque pas radine. Pas assez de pizza. Et puis quoi encore?

Et cette voisine qui ne cessait de crier lorsqu'elle s'adressait à ses enfants. White avait-elle besoin de l'entendre chialer ce soir? Oui, il peut arriver qu'une maman lève le ton mais pas à toutes les trente minutes, voyons! Il y a tout de même des limites à se faire casser les oreilles chez soi!

Dure dure parfois, d'être une maman toute seule pour s'occuper de tout. Toi, espèce de menteur de Tom, si tu avais été franc et honnête envers moi, les choses seraient sans doute différentes aujourd'hui, se dit-elle.

Juste à penser à la façon qu'il avait agi avec elle, à ce que Madame la folle numéro 1 avait, et que White n'avait plus, à penser à tout ce qu'ils devaient dire sur son compte… à sa joie de l'avoir remporté sur elle.

Comment ne pas vouloir vengeance?

Elle savait qu'elle devait continuer, se raisonner et ne pas s'emporter afin de se sentir mieux, mais après une journée comme celle-là, cela lui sembla très difficile. Pour son bien, elle se devait de se calmer. Pour elle et aussi, pour les siens. Ses enfants n'avaient pas à subir ses humeurs.

Après avoir sorti les ordures et fait la vaisselle, elle s'enferma encore un moment dans sa chambre. Les enfants parlaient fort, la musique jouait à plein volume. Mieux valait les laisser faire et attendre que le calme revienne lorsque les amis seraient partis. Avec joie, elle constata que Marc était en ligne.

- Salut Marc!

- Chouchou! Comment vas-tu?

- Un peu embrouillée mais cela devrait passer. Mais toi, ça fait longtemps que je n'ai eu de tes nouvelles, où étais-tu donc passé?

- J'avais du boulot à l'étranger mais ne t'inquiète pas, j'ai pensé à toi.

- Ah oui?

- Mais si, voyons! Alors chouchou, raconte-moi ce qui t'embrouille les neurones.

Elle lui raconta sa pénible journée et il se mit à se moquer d'elle.

- Ce n'est pas gentil de se moquer de mes soucis!

- Voyons chouchou… tu n'as pas encore appris à surmonter toutes ces petites tempêtes?

- Eh bien, on dirait que non. Moi qui croyais être assez grande pour surpasser des moments comme ceux-là et demeurer de marbre face aux événements perturbateur de ma petite vie calme et joyeuse, on dirait que tous tentent de tester mes nerfs en même temps et qu'on veut m'écraser ou pire, me faire sentir minus.

- Alors, je crois qu'il est temps que nous discutions, White.

- À quel sujet?

- Afin de t'aider à grandir, à te libérer de tout cela.

- Bon, bon, bon. Je vais avoir droit à une Marco-thérapie? Écrivit-elle pour le taquiner, fort excitée de susciter son intérêt.

- Appelle cela comme tu veux banane!

- Je ne suis pas une banane, voyons!

- Si tu étais une grande fille, tu ne te fâcherais pas et n'aurais pas l'impression que les gens veulent t'écraser, comme tu dis. Tu saurais gagner et voir plus loin.

- Gagner?

- Si tu étais grande, tu saurais rester spectatrice et leur laisserais croire qu'ils sont grands pour se sentir fort et tu y gagnerais.

Tiens, un autre qui parle de grandeur.

- Tu veux m'expliquer?

- Les gens ne pensent qu'à eux, White. Il y a des gens qui ont besoin de sentir qu'ils ont du pouvoir sur les autres afin de se sentir fort, et ainsi redorer leur estime d'eux-mêmes. Il y en a d'autres qui ne font que penser à leur besoin immédiat et n'en ont que faire de ce que tu penses ou de comment tu te sens. Ça n'a rien à voir avec toi. Toute résistance de ta part te mènerait alors à une confrontation avec eux et tu y perdrais. Tu y perdrais l'écoute de l'autre, de ce que tu voudrais exprimer et aussi, comme je te connais, ton calme si précieux.

- Ça, je comprends car lorsque je n'arrive pas à faire valoir mon opinion et qu'on m'en impose une autre, je rumine pendant des heures et ça ruine mon moral, et toute envie de faire quoi que ce soit.

- Alors, donne-leur ce qu'ils veulent et tu gagneras.

- Mais leur donner quoi, au juste?

- Prend l'exemple de ton patron. Tu dis qu'il te demande parfois de faire des heures supplémentaires ou t'envoie poster du courrier après tes heures de travail.. Cela t'empêche donc de faire ce que tu veux ou te demande de reporter des promesses faites à tes enfants. Et croyant que tu ne peux refuser, tu te sens frustrée.

- Ça oui! Et en plus, j'arrive plus tard chez moi et je dois courir pour préparer le souper et les enfants sont grognons… c'est l'enfer! Cependant, lorsque j'ai le temps, je le fais avec plaisir mais d'autres soirs, je ne peux vraiment pas car j'ai des choses de prévues.

- Eh bien la prochaine fois que cela te posera un problème, tu le regardes avec un gentil sourire et tu lui dis : « Oh… j'aurais tellement aimé te rendre ce service mais ce soir, je dois faire ceci, j'ai promis de faire cela ».

- Mais ça ne peut pas fonctionner, voyons!

- Mais si! Quel caractère elle a cette nana! En disant cela, tu lui fais sentir que sa demande a de l'importance pour toi et que tu aurais voulu lui faire plaisir. Ainsi, il sera tenté de te soulager de cette tâche, croyant te rendre service et que c'est grâce à lui que tu peux tenir tes engagements, tu comprends? Et en plus, il t'appréciera car il saura que tu le considères.

- Mais c'est de la manipulation, je ne peux pas faire cela, voyons!

- Ce n'est pas de la manipulation, c'est de l'observation pour aider l'autre à se sentir fort. Ensuite, tu y gagnes puisque que tu garde ta liberté et ton calme pour les heures à venir.

- Je ne crois pas que cela pourrait fonctionner.

- Ne m'as-tu pas dit que James agit comme un fier paon?

- Si on veut, oui. Il aime tout contrôler et tu devrais le voir marcher! On le dirait au-dessus de tout et son sourire supérieur, son air dédaigneux qu'il pose sur les gens qui ne font pas selon ses indications.  On là là!

- Eh bien, justement, avec ce genre de personnage, tu dois lui donner l'impression qu'il a du pouvoir sur toi et que ton bonheur dépend de lui.

- Elle n'est tout de même pas facile ton idée car moi, je n'aime pas avoir l'impression que les gens ont du pouvoir sur moi, surtout pas lui!

- Sacré nana! Il n'a pas de pouvoir sur toi puisque tu fais ce que tu veux! Tu lui donnes une impression de pouvoir et cela le satisfait tandis que toi, tu as tout le pouvoir puisque tu as déjà pu observer et cerner à qui tu avais affaire. Tu lui donnes son faux plaisir et tu gagnes, tu comprends?

- Oui, je comprends mais on verra si je peux arriver à sortir les mots de ma bouche ou encore, jouer la comédie lorsque le temps sera venu.

- Tu me diras.

- Et concernant ma voisine, tu as une idée?

- La prochaine fois qu'elle se met à crier, tu cognes à sa porte et lorsqu'elle répond, tu lui souris. Ensuite, tu lui demandes si quelqu'un a besoin d'aide étant donné que ça fait longtemps que tu entends quelqu'un crier.

- Hein!

- Mais oui chouchou. Si tu lui souris et lui fais entendre que tu voulais seulement porter assistance à quelqu'un que tu croyais en danger, elle ne saura plus quoi répondre et cessera sans doute de crier. On n'attaque pas ceux qui ont de bonnes intentions envers nous. Sans te fâcher, sans provoquer, tu obtiendras ce que tu veux. Le silence.

- J'aime bien ton truc. La prochaine fois, je vais essayer. Celle idée-là, je l'aime déjà mieux et j'ai même hâte qu'elle recommence à crier, ce qui ne devrait pas tarder d'ailleurs. Et pour les enfants, je fais quoi?

- Si tu penses à ton super souper-pizza gâché, eh bien la prochaine fois, tu téléphones et leur demande s'ils veulent de la pizza. Ensuite, tu leur demandes s'ils sont seuls et s'ils ne le sont pas, tu leur dis que c'est dommage car n'ayant pas assez de sous pour en acheter plus, ils devront se contenter d'un souper vite fait.

- C'est une bonne idée!

- Tu verras, la fois suivante, ils mettront tout le monde dehors pour avoir de la pizza pour souper.

- Tu es drôle. Je comprends ce que tu essaie de m'expliquer et suis certaine qu'en gardant mon calme, je pourrais réussir à modifier des comportements pour ainsi faire évoluer une situation à mon avantage, mais je crains que de  conserver mon calme pour y arriver sera difficile.

- Avec le temps, ça viendra. Apprends à réaliser que tu peux rester calme et te faire des références pour les prochaines fois. Tu seras plus en mesure de comprendre ce dont les gens ont besoin pour se sentir important et tu gagneras. C'est ainsi que tu deviendras la plus grande. Et peut-être même une super politicienne, qui sait!

- Ce que tu peut être bête, toi aussi, quand tu veux. Mais eux, ils croiront qu'ils sont les plus importants et les plus grands, et me considéreront comme une minus!

- Mais on s'en fout qu'ils se croient grands et importants! Ce qui compte, c'est que toi, tu saches que c'est toi la plus grande puisque tu réussis à obtenir ce que tu veux! Si tu arrives à comprendre ce dont les autres ont besoin pour se sentir grand et que tu leur donne, tu y gagnes. L'important, c'est d'obtenir ce que tu veux en les laissant croire que c'est grâce à eux que tu l'as. Ensuite, tu dis merci et tu souris. Tu les chouchoute et en retour, ils te gâtent.

- N'empêche que je me croyais immunisée contre mon ex et sa femme et tu vois, au moindre moment de faiblesse, je tombe dans la colère et souhaite vengeance.

- Alors amuse-toi à faire diversion.

- Qu'est-ce que tu dis-là?

- Imagine que tu fais des choses pour te venger et tu te sentiras mieux!

- Mais je ne peux pas imaginer la vengeance voyons! On ne peut pas souhaiter du mal à son prochain! s'indigna-t-elle.

- Et qui dit que tu ne peux pas imaginer ou penser ce que tu veux?

- Ce n'est pas bien de vouloir se venger ou de souhaiter du mal, on n'a pas le droit de faire cela. En imaginant, on crée, tu ne savais pas cela?

- Chouchou… je vois que nous avons encore beaucoup de travail à faire avec tes idées de jugement mais ça va et je comprends. Rien ne t'empêche d'imaginer des petits incidents pas méchants qui te feront rire pour oublier ta colère et ta frustration.

- Comme d'imaginer que sa femme vient de prendre sa douche dans sa somptueuse salle de bain et que soudain, une pluie diluvienne tombe sur la maison et provoque un refoulement des égouts qui l'éclabousse de merde de la tête aux pieds?

- Tu vois que tu y arrives?

- C'est une super idée et je vais m'y appliquer, écrivit White, le cœur léger. Ça me rappelle qu'avant, il m'arrivait souvent d'imaginer des situations comiques ou que les gens avaient une physionomie différente. Je trouvais cela très drôle.

- Pourquoi est-ce que tu ne le fais plus, alors?

- Je ne sais pas, j'ai cessé de m'amuser on dirait.

- Et pourquoi cela?

- Je ne sais pas. Peut-être parce que j'en suis arrivé à me prendre trop au sérieux ou que j'ai oublié comment on fait?

- Qu'est-ce qui t'empêche de recommencer à t'amuser?

- Je ne sais pas mais je devrais sans doute m'y appliquer à nouveau. Je m'amusais tellement auparavant! Je chantais tout le temps, je sifflotais, je riais, j'aimerais tant que tout cela revienne!

- Cesse de te prendre au sérieux pour commencer et recommence à t'amuser. Tu verras, cela transformera beaucoup de choses dans ta vie.

- J'y penserai.

- Et ton livre, ça avance?

- Bof… je ne sais pas encore comment m'y prendre. J'ai commencé à noter des idées, à écrire quelques pages sur des petites choses que j'ai expérimentées, il y a quelques années mais, j'ai l'impression que le ton est trop sérieux.

- Que veux-tu dire?

- J'ai l'impression d'être une vieille mémé qui raconte des histoires et des techniques vieilles de plus de dix ans.

- Qu'y a-t-il de mal à écrire comme une vieille mémé?

- Rien, je sais. Mais vois-tu, en lisant les messages des autres membres sur le forum, je constate qu'ils se posent des questions que je me posais, il y a bien longtemps. Alors, j'ai eu l'idée d'écrire sur ce que j'ai vécu. Mais je dois ajuster ma technique. J'ai l'impression que ça ne va pas et je ne sais pas comment m'y prendre. Je ne suis pas certaine, non plus, si ça va les intéresser de lire mes histoires, tu comprends?

- Ça prend du courage pour écrire. Ne te décourage pas et tu verras, tu trouveras une solution.

- Sans doute que oui.

- Alors tu sors avec Julie demain soir?

- J'étais sensée mais puisque Normand veut changer les horaires de visite, je n'en suis plus certaine.

- Tu trouveras sans doute une solution à cela aussi.

- Tu as raison, je vais lui téléphoner et lui expliquer que j'avais un rendez-vous important, je ne sais pas mais je vais trouver un moyen de lui faire sentir que grâce à lui, je serai sauve.

- Tu es mignonne.

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Josée Papineau
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