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Libre Chapitre 7
Course contre la montre

par Josée Papineau  

Le samedi suivant, Tom partit très tôt pour passer deux jours avec ses enfants. Auparavant, Tom les amenait à la maison mais depuis que White avait découvert qu'il lui faisait des cachettes, il préférait louer une chambre d'hôtel pour être avec eux.

Au début, il disait que c'était sa faute s'il avait décidé de changer ses habitudes, mettant sur son compte les disputes causées par les appels de sa femme qui avait recommencé à la harceler. Lors d'un de ces appels, White apprit qu'ils n'étaient pas divorcé mais seulement séparés légalement. Ce qui la mit hors d'elle…. un mensonge de plus à digérer.

- Cela dérange le plaisir des enfants que tu te disputes avec leur mère.

- Comment peux-tu dire cela? s'indigna-t-elle avec force de ses accusations. Jamais, je ne prononce un mot de travers à propos de leur mère devant eux, jamais! Et lorsqu'ils sont ici, je réponds à leurs moindres caprices, ramasse ce qu'ils laissent traîner, nettoie les dégâts, les nourris, les amène au parc pour les amuser. Ils ont du plaisir avec moi et ne sont que sourire lorsqu'ils sont ici. C'est toi qui ne veux plus que je les vois! l'accusa-t-elle.

Elle comprit rapidement que comme d'habitude, afin de justifier ses faits et gestes, il préférait la rendre coupable de la situation mais elle savait qu'il préférait jalousement garder ses moments avec ses enfants pour lui. Comment aurait-elle pu lui reprocher de vouloir se retrouver avec ses enfants? Mais tout le temps, c'était une autre affaire.

Cependant, elle savait que l'une des raisons de ce changement d'habitude était dû au fait que ses deux filles, croyant normal de tout lui raconter, échappaient parfois, par mégarde, des moments passés en famille avec maman et papa, que Tom ne voulait pas justifier.

- Si tu as peur que les enfants me disent ce que je ne dois pas entendre et préfères les éloigner de moi, ce n'est pas ma faute, petit Tom. Ce sont tes manigances, pas les miennes!

Juste avant qu'il ne quitte ce matin-là, White l'informa que puisque cela faisant longtemps qu'elle n'avait vu ses parents, les enfants et elle se rendraient à Montréal pour le week-end.

- Moi aussi je manigance espèce de menteur!

Avant de se rendre chez ses parents, ils firent le tour de leur ancien quartier en voiture, afin de repérer les appartements ayant une affiche de location. La famille fut surprise de les voir arriver sans prévenir et pendant qu'ils discutaient à la cuisine, White prit le journal local. C'est à ce moment que sa mère remarqua la rubrique qu'elle parcourait du regard et comprit sa mission. White préféra ne pas s'étendre sur le sujet et ne pas allonger ses explications pour l'instant. Elle prit donc quelques rendez-vous avec des proprios et déposa ensuite les enfants chez leurs amis.

Les appartements libres pour le mois de mars se faisaient rares et l'état de ceux qu'elle visita ne l'enchanta guère, mais elle ne se découragea pas. Pendant deux jours, elle fit visite après visite mais ne trouva rien. Le seul appartement qu'elle vit qui fut situé dans leur ancien quartier était en piteux état et terriblement sale.

Ce furent donc trois têtes penaudes qui reprirent la route, le dimanche soir, vers le château maudit.

De retour à la maison, elle tenta de trouver une solution et la pression du mois à rebours pour le retour au boulot lui fit prendre sa décision. Le lendemain, elle téléphona à nouveau au propriétaire de l'affreux appartement et lui dit qu'elle serait là, mardi midi sans faute, pour signer le bail.

Dès que les enfants furent partis pour l'école, elle prit la route et revint le soir même pour l'heure du souper avec le bail en main.

- C'est parti les enfants! leur annonça-t-elle en brandissant le bail en l'air.

Ensuite, White téléphona à Julie pour lui demander son aide. Julie, une petite fée dont elle fit la rencontre lors de son retour aux études, venait faire le ménage chez elle. White, n'ayant plus de temps pour elle et encore moins pour nettoyer, avait décidé d'engager une dame pour faire le ménage. Julie devint rapidement une bonne copine. Elle fut ravie d'avoir de ses nouvelles et accepta volontiers de l'aider à retaper l'appartement. Selon les dates de la remise des clés du 8 mars et le 14 mars, date promise à James, elle n'aurait que quelques jours pour tout nettoyer et s'installer avant son retour au boulot.

Mais elle y arriverait.

Lorsqu'elle annonça leur départ à Tom, il ne parut nullement surpris et proposa même de les aider à s'installer.

- Tu es content à ce point, petit Tom?

White aurait pu refuser son aide mais préférant se dire qu'en déménageant ici avec lui, elle s'était départie de la grande partie de son mobilier, lui qui préférait acheter du neuf, elle décida d'accepter l'aide, peut importe quelle en serait la nature.

Une semaine avant le grand jour, des dizaines de cartons encombraient le premier et Tom resta à la maison. Il lui prodigua ses plus belles attentions des premiers jours et fut gentil à l'extrême, allant même jusqu'à lui dire qu'elle allait lui manquer.

- C'est ton choix White. Moi, je n'ai pas voulu cela.

- Tu veux rire, n'est-ce pas?

- C'est toi qui as décidé de me quitter, que veux-tu que je te dise?

- N'essaie pas de jouer avec mon coco! Il y a des médecins spécialisés pour ton cas, tu sais ça? C'est fini tes petits jeux de culpabilisation frénétiques. Si tu veux faire pitié et que l'on te plaigne de ton malheur comme tu as l'habitude de le faire, va raconter ton histoire malheureuse remplie de tes mensonges aux autres!

Durant cette dernière semaine, même si les propos de Tom la rendirent parfois confuse, elle surprit assez de conversation entre lui et sa femme pour s'éclaircir les idées et partir la tête haute.

Le matin du 7 mars, ils quittèrent l'Ontario avec leurs effets personnels, le reste devant arriver quelques jours plus tard par camion. De petites larmes de tristesse et un peu d'appréhension pour l'étape suivante, bien sûr, mais avec un énorme soupir de soulagement sans aucun dernier regard en arrière, ils quittèrent, espérant ne plus jamais y remettre les pieds.

Lorsque White sentit un petit serrement au cœur et se questionna sur ce qui les attendait, un message de Marc lui vint à l'esprit, telle une bouée.

Les vrais combats se mènent à froid, White.

L'important c'est ce que tu vaux et ce que tu veux.

Deviens un rouleau compresseur.

Un rouleau compresseur ne court pas après les lièvres (les méchants), mais rien ne l'arrête ni ne le dévie de son chemin.

Apprends à dire, JE VEUX… (pas je devrais) c'est un exercice à faire constamment.

Tout transformer ce que tu veux dire en JE VEUX CECI OU CELA. Tu verras si on veut te suivre.

On verra ensuite si tu veux un mec qui suive, mais cela c'est après, tu comprends?

- Oh oui, je comprends! se dit-elle en posant le pied sur l'accélérateur.

Josée Papineau
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