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Libre Chapitre 9
Nouveau départ

par Josée Papineau  

En se levant, White but son café, prit une bonne douche et se prépara pour le boulot. Elle avait bien essayé d'adoucir ses mains avec de la lotion afin d'y effacer les mauvais traitements des derniers jours, mais rien n'y fit. Lorsqu'elle vit son reflet dans le miroir avant de quitter, l'appréhension la gagna.

- À quoi dois-je m'attendre ce matin? Seront-ils tous contents de me revoir? J'ai quitté assez rapidement l'an dernier, croyant avoir à accomplir une mission de sauvetage en Ontario. Peut-être vais-je me frapper à quelques mines brouillonnes!

L'appréhension est une cage dont tu n'as pas besoin, lui dit une voix familière.

- Bonjour Metzaël! lanca-t-elle en regardant dans le vide, ne le voyant pas. Je suis nerveuse ce matin et j'ai un peu peur de ne pas savoir réagir au jugement de certains.

Pourquoi as-tu si peur que l'on te juge, petite fleur?

- J'ai tellement envie que tout se passe bien et je ne veux pas avoir à me justifier, tu comprends?

Apprend à te libérer de l'opinion des gens, apprend à te libérer de cette cage. Souviens-toi du rouleau compresseur.

- Tu as raison mais j'ai tout de même peur de leur réaction, je n'y peux rien Metzaël. Je veux qu'ils soient contents de me revoir, autant que je le suis. Je veux que ma vie change pour de bon.

Alors, transforme tes énergies pour changer ta vie!

- Hein!

Peur, crainte, appréhension, peur du jugement, transformation. Bonne journée petite fleur, dit-il avant qu'elle ne voit ses petites étoiles voler au-dessus de sa tête.

- Tiens, salut les petites! Ça fait longtemps!

Elle s'examina une dernière fois devant le miroir avant de sortir.

- Bisous pour toi Metzaël, parce que j'en ai envie.

 

Son cœur a bien battu un peu plus vite qu'à son habitude lorsqu'elle s'est engagée dans l'ascenseur afin de monter au cinquième étage, mais dès qu'elle posa le pied sur le carrelage, elle se sentit à nouveau chez elle.

Hélène l'attendait les bras ouverts, Manon lui planqua deux baisers sur les joues. Les stagiaires, les employés du sixième et du septième n'eurent que des sourires pour l'accueillir. Les patrons eux, la gratifièrent de leur plus beau sourire et lui souhaitèrent la bienvenue. Tant de sourire, de bisous, de tapes sur l'épaule, tous semblèrent aussi contents qu'elle de son retour.

- Ça donne envie de voler de recevoir autant.

Ce fut le premier jour de boulot le plus facile de toute sa vie, se souvenant parfaitement de ses tâches.

Des clients furent aussi contents de l'entendre au téléphone et d'autres, très surpris de la revoir derrière son bureau mais elle n'eut que des sourires de tout ce beau monde.

 

- Pourquoi faut-il parfois partir en croyant ne manquer à personne, et revenir pour réaliser à quel point les gens nous appréciaient? Et aussi, se rendre compte qu'ils nous ont aussi terriblement manqué, se demanda-t-elle après son premier jour de travail.

Les enfants retrouvèrent leurs amis, leur joie de vivre et leurs anciennes habitudes. On aurait dit qu'ils n'avaient jamais quitté Montréal, mais seulement déménagé dans un quartier voisin, l'espace d'un instant. Tout redevint familier et en plus, White prit conscience d'avoir plus d'amis qu'elle ne l'aurait cru.

 

Elle termina de finaliser ses petites rénovations à l'appartement et dû s'arrêter, résignée à ne pouvoir faire mieux.

- Arrête donc de t'en faire avec ton appartement! la réprimanda Julie, un soir qu'elle vint la visiter en compagnie de Sylvain, son fiancé, et qu'ils discutaient à la cuisine.

- C'est plus fort que moi, j'ai l'impression qu'il me reste tant à faire!

- Regarde plutôt tout ce que nous avons fait ici. Moi, je trouve que cet appartement est très joli. Je dirais même, qu'il est maintenant très, très bien.

- Tu as raison, nous avons fait du bon boulot et sans l'aide de tous, je serais encore en train de nettoyer la foutu crasse des anciens locataires. Peut-être est-ce dû au fait que je n'ai jamais habité dans un immeuble aussi vieux et avec autant de voisins à coté de moi et sous mes pieds….ché pas.

- Tu sais que ce n'est que pour un temps, voulut l'encourager son amie. L'important est que tu aies à nouveau une vie à toi, ne crois-tu pas?

- Je sais, lui répondit White, en soupirant. Mais j'ai aussi l'impression que tout le monde m'écoute avec ces murs de carton. Imagines, lorsque je vais à la salle de bain, j'entends même ma voisine péter, ce qui provoqua des éclats de rire de ses invités.

- Ton propriétaire t'a installé un beau tapis en fin de compte, dit alors Sylvain.

- Ce n'est pas le propriétaire qui l'a installé mais son ex, lui répondit Julie en lui donnant un coup de coude.

- Ouais! lança White, en se levant d'un trait, l'index en l'air. Imagine-toi donc que Monsieur a eu le culot de me dire qu'il allait acheter, non, M'ACHETER, rectifia-t-elle, une maison et que nous serions heureux à nouveau!

- Qu'est-ce qui lui prend à ce bonhomme, il est malade ou quoi? lui demanda Julie, sidérée.

- J'en ai bien l'impression, dit-elle en sortant deux autres bières du frigo. Avec le temps, il finira bien pas me laisser tranquille.

- Tu veux dire qu'il te téléphone encore?

- Mouais, une vraie mouche celui-là!

 

 

Environ deux semaines plus tard, elle put à nouveau se connecter sur l'internet, ayant finalement reçu son nécessaire d'installation, et ainsi recommencer à discuter avec ses amis sur le forum.

On lui avait laissé des tonnes de messages, lui demandant si tout s'était bien déroulé et si elle était heureuse de sa nouvelle vie. Marc ne lui avait pas encore écrit ce qui la déçue un peu. Elle fut même très surprise de sa déception.

- White, qu'est-ce qui se passe avec toi?

 

En se rendant au boulot, elle fit une constatation surprenante qui la fit sourire. L'an dernier, lorsqu'elle prenait le métro, elle avait remarqué l'air renfrogné des gens et depuis son retour, cela lui avait paru encore plus évident. Mais depuis quelques jours, la situation était différente car elle avait découvert un pouvoir magique qui fonctionne.

Partout, il se trouvait des gens qui lui souriaient et fait étrange, l'on aurait dit que sa présence en ébranlait plus d'un. Parfois, en levant les yeux, elle se rendait compte que des gens l'observaient déjà  et en rencontrant son regard à elle, ils semblaient perdre contenance. On aurait dit qu'ils ne savaient pas comment réagir, surpris en flagrant délit de voyeurisme, ce qui la faisait sourire. Mais en leur montrant spontanément ses belles dents, ils lui souriaient en retour.

- C'est magique, tu vois!

- Ouais…. Magique, comme tu dis et tu sais ce que je me dis, moi?

- Je crois que tu ne vas pas tarder à me le dire.

- Eh bien… pourquoi ne pas sourire peu importe qui se trouve devant nous? Le pire qu'il peut arriver, c'est de ne pas en obtenir un en retour mais si ça fonctionne, ce n'est pas si mal!

- Et c'est gratuit en plus!

- Tu te souviens du texte de Jean?

- Lequel?

- Celui qui faisait mention de l'attitude des gens envers nous lorsque nous passons des phases évolutives?

- Pas certaine de te suivre, Whitie.

- Mais oui… souviens-toi! Il était écrit que lorsque l'on évolue, il y a un moment ou les gens nous regardent avec surprise, comme si quelque chose en nous les frappait, sans comprendre pourquoi.

- Je vois.

- Crois-tu que ce soit ce qui se produit pour moi?

- Qui sait!

 

 

Cependant, en revenant chez elle, elle perdit son beau sourire. Dès qu'elle ouvrit la porte, elle sentit une odeur de steak qui cuisait sur le gril.

- Qu'est-ce qui se passe ici… ce n'est pas normal!

Elle trouva Tom était en train de s'affairer à la cuisine et qui l'attendait avec une coupe de vin rouge. Dannie s'était enfermée dans sa chambre et Carl discutait avec un ami dans la sienne. White sentit le poids de l'atmosphère lui aspirer l'air des poumons.

- Qu'est-ce que tu fais ici, toi? lui demanda White en posant rageusement sa bourse sur le comptoir de la cuisine.

- J'ai voulu te faire une belle surprise en te préparant un bon souper. Ça te fait plaisir n'est-ce pas? demanda-t-il, le teint tout rouge.

- Tom…. c'est gentil à toi d'être venu nous préparer le souper mais ici, tu ne peux pas arriver comme bon te le semble sans prévenir.

- Voyons White…. j'ai conduit quatre heures, je suis allé chez le boucher pour acheter ces superbes pièces de viande pour te faire plaisir juste à toi! dit-il en s'approchant pour l'embrasser.

- Je crois que tu ne comprends pas bien la situation Tom, soupira-t-elle en hochant la tête.

Il lui prit les mains entre les siennes dans un geste suppliant.

- White, je te jure que je suis sincère. J'ai mis ma maison en vente la semaine dernière et avant de me rendre ici, j'ai fait le tour de la ville à la recherche d'une maison pour toi.

- Mon Dieu, faites que ce calvaire cesse!

- J'ai noté des numéros de téléphone et après le souper, j'irai te les montrer et s'il s'en trouve une qui te plaît, je ferai une offre. Qu'en dis-tu? dit-il, suspendu à ses lèvres, attendant sa réponse.

Elle s'apprêta à lui lancer un refus catégorique lorsque Dannie claqua la porte de sa chambre. Elle s'empressa de la rejoindre afin de la rassurer, devinant la raison de son tourment.

- Laisse-moi tranquille! lui cracha sa fille, rouge de colère.

- Dannie, laisse-moi régler cela, veux-tu?

- On sait bien. Pour toi, régler tes affaires avec ce con-là, c'est de nous faire déménager encore une fois loin de nos amis! dit-elle en martelant son oreiller.

- Non, Dannie, je te promets que cela ne se reproduira plus et je souhaite de tout mon cœur que tu puisses me croire, cette foi-ci.

- Je ne te crois pas! lui jeta-t-elle, la regardant avec haine en lui lançant rageusement ses oreillers.

Comprenant que rien ne servirait de vouloir lui faire comprendre ses sentiments, White retourna à la cuisine, confiante qu'une solution se présenterait.

Tom avait terminé de dresser la table et rempli leurs assiettes. Lorsque le souper fut terminé et que la vaisselle fut rangée, White prépara deux cafés et s'installa avec lui à la table de la cuisine, pour une bonne discussion.

- Je t'écoute, commença-t-elle. Dis-moi quelles sont tes intentions et comment tu crois que la situation pourrait s'améliorer pour nous, avec ta femme dans les parages, l'invita-t-elle.

- White, laisse-moi te montrer à quel point je t'aime… il n'y a que toi, je te le jure! Tu verras, si nous vivons ici, elle ne pourra plus nous nuire et les enfants et toi serez bien. Votre vie est ici, je l'ai compris.

- Et la tienne, tu y as pensé? lui demanda-t-elle d'un ton calme qui la surprit elle-même.

- Je serai bien puisque je serai avec toi, lui répondit-il les yeux pleins d'espoirs.

- Pas vrai.

- Je te dis que oui!

- Pas vrai, répéta-t-elle. Tu sais, tu as raison lorsque tu dis que la vie de mes enfants et la mienne est ici. De plus, ici je peux avoir une vie car j'ai un boulot et suis indépendante. Je suis maître chez moi. Quant à toi, ta vie est auprès des tiens. Comment pourrais-tu supporter de vivre loin de tes enfants? Comment pourrais-tu supporter de vivre dans une ville où les gens sont francophones?

- Ce n'est pas un problème, répondit-il d'aplomb, tentant de la convaincre.

- Tu me connais depuis plus de trois ans et tu ne peux même pas discuter en français avec mes enfants, ajouta-t-elle, ironique.

- C'est ta faute, tu n'as jamais voulu me montrer! l'accusa-t-il.

- Encore ma faute hein! Pourtant, je discute tout le temps en français avec mes enfants, ajouta-t-elle, ironique cette fois.

Elle inspira afin de garder mon calme.

- Écoute-moi bien maintenant, dit-elle en le regardant droit dans les yeux. Ici, j'ai une vie et mes enfants sourient. J'ai des amis qui m'acceptent telle que je suis. J'ai un chez moi, même si ce n'est pas une belle maison comme la tienne. Quant à toi, tu as des enfants qui habitent avec une mère qui ne veut rien entendre de moi et qui serait même prête à me tuer si elle me savait encore dans ses pattes…

- Tu exagères, la coupa-t-il. Elle n'a jamais voulu te tuer, tu as tout inventé, dit-il pour justifier le fameux accident malheureux.

- Vas-tu finir par accepter les faits et cesser de la défendre? Peux-tu enfin me confirmer que tu as toujours tût la vérité et que tu me crois?

- Elle ne pouvait pas être là le jour de l'accident, elle était chez sa mère, dit-il en fixant le plancher.

- Foutaises! Le lendemain elle était chez sa mère mais cette journée-là, elle était chez nous et tu le sais! Lorsque j'ai appelé à l'aide, c'était le lendemain de notre dispute. Je suis restée inconsciente plusieurs heures, j'étais étourdie et ai erré dans les vapeurs une journée entière! s'énerva-t-elle.

- Impossible, continua-t-il de nier.

- Alors comment dis-tu qu'elle a justifié la coupure à son poing, déjà? lui demanda-t-elle avec défi.

- Elle est tombée en sortant de son camion, sa sœur l'a confirmé puisqu'elle l'a vu tomber.

- Tiens, tu viens de l'inventer celle-là? Tu veux parler de sa sœur qui habite au Texas et qui était chez elle pour passer les vacances d'été? Celle qui gardait les enfants pendant que Madame faisait ses courses en ville?

- Arrête White! dit-il en se bouchant les oreilles de ses poings.

- Tu as raison, dit-elle en se levant de sa chaise. Je vais cesser de parler du jour de ce malheureux incident, cracha-t-elle encore, à deux pouces de son visage. Maintenant, tu vas me dire comment nous pourrions avoir une merveilleuse vie ici avec toutes les manigances, tous les mensonges, toutes les peines, ton éloignement des tiens, de la colère de mes enfants envers toi, du mépris de ta femme pour moi!

Elle le sentit perdre contenance et continua.

- Recommencer ici voudrait inévitablement dire que dans moins d'un an, tu devrais partir parce que ça ne fonctionnerait pas. Partir parce que j'en aurais assez d'être rongée par la honte de trahir la confiance de mes enfants encore une fois. Tu devrais partir parce qu'ici, il n'y a plus de femme qui te fasse confiance au point de t'aimer aveuglément.

Il ouvrit la bouche mais elle ne le laissa pas dire un mot.

- Et la maison, MA MAISON, cria-t-elle presque, je devrais la vendre parce que je ne pourrais pas la payer toute seule et je devrais encore déménager les miens!

Elle cessa sa tirade et respira bruyamment.

- Maintenant, tu lèves tes fesses de MA chaise et tu sors d'ici, tu entends?

- Arrête, il y a une solution. Laisse-moi te prouver que tu te trompes, dit-il en laissant couler une petite larme.

- Je ne me trompe pas, justement, et si tel était le cas, je m'en fous éperdument. Je ne te laisserai plus revenir vers moi à chaque fois que tu réalises que tu ne peux plus supporter ta femme.

- Mais je ne suis jamais retourné avec ma femme, il n'y a toujours eu que toi!

- Menteur, dit-elle d'une voix lasse, fatiguée de se battre.

- Je te le jure! Il n'a jamais été question que je retourne avec ma femme et de toute façon, elle ne voudrait pas me reprendre.

- Vas-t-en Tom.

- Je te prouverai que mes sentiments son sincères, tu verras, dit-il avant de franchir la porte.

- C'est ça! dit-elle sans le regarder partir.

- Je suis un rouleau compresseur et je veux la paix!

 

Le jour suivant, il lui laissa un message dans sa boite vocale disant qu'il ne pouvait pas vivre à Montréal et lui demandait de vivre sa vie.

Aucun « je t'aime » ni, « tu vas me manquer », ce qui la laissa perplexe.

 

- Pourquoi laisser un tel message, le lendemain de notre discussion, lui qui disait vouloir me prouver ses sentiments, demanda-t-elle à Julie, lorsqu'elle celle-ci vint la visiter avec son conjoint.

- C'est vrai que c'est étrange, tout ça, lui répondit son amie.

- Et s'il te disait la vérité, en fin de compte? suggéra Sylvain.

- Tu sais quoi? Je crois que suite à tout ce qui s'est produit, je n'ai même pas envie de le savoir, dit White, convainquant ses visiteurs.

- Il dit avoir mis sa maison en vente? demanda soudain Julie.

- C'est ce qu'il a dit, confirma White.

- Tu ne connaîtrais pas une copine qui pourrait te le confirmer? suggéra Julie, l'air espiègle.

- Je vois ou tu veux en venir, toi, répondit White en souriant à son amie.

 

Le lendemain, toujours perplexe, elle fit donc ce qui s'imposait dans ce genre de situation et prit le téléphone pour discuter avec Élisabeth.

- Bonsoir Élisabeth, comment vas-tu?

- White!!!! Quelle bonne surprise!

- Alors, ces cours de préposée aux bénéficiaires, ça avance?

- Mais j'ai terminé depuis le mois dernier! Je commence à travailler à l'hôpital général de Kingston la semaine prochaine, lui annonça-t-elle, fièrement.

- Félicitations Élizabeth, je suis contente pour toi.

- Toi, comment vas-tu? Et les enfants? lui demanda son amie.

Elle lui raconta rapidement la réaction des gens au boulot, le bonheur de s'y retrouver et lui donna des nouvelles des enfants.

- Je suis contente d'entendre que tout va bien pour vous tous et de savoir que tu as réussi à passer à autre chose, White.

- Si ton voisin peut enfin me laisser tranquille, ça ira encore mieux! avança White, ouvrant la porte à son plan.

- Tu veux dire Tom?

- En plein lui! Imagines-toi donc qu'il a mis sa maison en vente et voulait en acheter une ici à mon nom!

- Je ne comprends pas, lui répondit-elle et White sentit, au ton hésitant de sa voix, que quelque chose n'allait pas.

- Il y a deux jours, il s'est présenté ici pour me dire qu'il avait mis sa maison en vente et qu'il voulait acheter une maison ici pour moi, mais j'ai refusé.

- Sa maison est à vendre? demanda Élisabeth, semblant fort surprise.

- Quoi, tu n'es pas au courant?

- Il n'y a pas d'affiche sur la pelouse, White.

- Alors il doit sûrement faire directement affaire avec un agent, en conclut White.

- White, la maison n'est pas à vendre, lui dit-elle, d'une voix sourde.

- Comment peux-tu en être aussi certaine?

- White….. elle habite là.

Elle crut avoir mal compris.

- Quoi? Qui,  elle? demanda White, le cœur battant.

- Sa femme et les enfants se sont installés dans la maison et habitent avec lui depuis deux semaines, déjà. Les enfants étaient même inscrits à l'école avant leur arrivée.

White reçut ces mots comme un coup de poignard à l'estomac.

- Je n'en reviens pas, souffla-t-elle.

- Moi non plus, lui dit Élisabeth. Si ce que tu me dis est vrai….

- Élisabeth….. laisse tomber. Je crois qu'il n'y a rien à comprendre dans tout cela.

- Peut-être, oui.

- Je suis désolée de t'avoir importuné avec mon histoire, ce soir. Je te demande d'oublier tout cela, de passer une belle soirée et je te rappellerai un autre jour pour prendre de tes nouvelles.

White souhaitait en terminer rapidement avec cette conversation, craignant laisser paraître son trouble.

- Prend soin de toi White, lui dit-elle, d'un ton étrange.

- Toi aussi, dit-elle avant de raccrocher.

 

- Alors maintenant, je suis devenue la folle de l'histoire et Madame la furie la favorite, hein! Qu'a-t-il bien pu raconter aux voisins pour justifier ce retournement? Qui est cet homme? Pendant trois ans, j'ai fréquenté un pur étranger ou quoi!

Whitie... Maintenant que tu connais la vérité, pourquoi ressens-tu cette colère qui gronde sourdement en toi?

- Pourquoi ai-je envie de pleurer? Je n'en voulais plus de cet imbécile, alors pourquoi? Tant de mal autour de moi par ma faute.

Quand vas-tu donc cesser de te donner tous les tors? Tu n'en as rien à faire de ce qu'il fait et de ce qu'il décide de faire de sa vie!

Ce qui compte, c'est ce que toi,  tu décides de faire de la tienne. Apprend à observer pour apprendre et avance!

Il ne t'est pas donné de comprendre le raisonnement des autres ni leurs choix. Ceux-ci leur appartiennent.

Toi, tu es responsable de tes choix et non des leurs. Tu es responsable du chemin de ton propre bonheur.

- Metzaël…..j'ai cru qu'il m'aimait, j'avais une maison, j'ai perdu ma maison, l'amour pour lequel j'ai si longtemps combattu et souffert, il le lui donne à elle…..pourquoi faut-il que ce soit elle qui ait tout cela?

Cesse de pleurer sur ce que tu n'as pas eu, sur ce que tu as perdu ou n'as pas. Trouve ton bonheur dans ce qui t'entoure maintenant, car demain sera une autre journée avec ses bonheurs qui seront sans doute différents. Si tu trouves tes bonheurs du jour par toi-même, tu n'auras jamais de regrets.

- Mais j'ai perdu trois années de ma vie à espérer et à la fin, je récolte mensonges, trahison, et je ne comprends rien!

Non, si tu arrives à le réaliser, tu as gagné trois années d'apprentissage. Tu as choisi de trouver ton bonheur autrement en prenant un autre chemin. Maintenant, tu as les outils pour être heureuse. 

Alors…. sois!

 

- Metzaël, appela-t-elle avant de se coucher, les yeux rougis et le corps las d'émotions et de douleurs évacuées.

- De l'amour Metzaël… de l'amour s'il te plaît. Donne-moi des ailes, implora-t-elle.

 

Et son ami qui sourit est venu et l'a amené plus haut dans la lumière.

Puis, elle s'est retrouvée en haut, au seuil des nuages, et a vu ses ailes à elle. De grandes ailes de plumes blanches à la place de ses bras.

Elle s'est alors élancée dans le vide et volé à travers les nuages en descendant lentement en un léger tourbillon. Elle s'est posé à coté d'une grande maison blanche sur un grand terrain. L'on aurait cru être au printemps, malgré la fine couche de neige recouvrant le sol.

Elle vit un grand portail à l'entrée, ainsi qu'une énorme clôture de pierres sur laquelle l'on pouvait voir une plaque de métal avec un nom y étant inscrit, avec de belles lettres.

White Flower

Josée Papineau
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