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La Femme de l'Aube

  par Lucie Poirier 

En poésie classique, une strophe est dite carrée quand sont égaux le nombre de vers et celui des syllabes de chaque vers, ainsi, un douzain d'alexandrins, 12 vers de 12 syllabes. Je propose un renouvellement de ce code poétique, avec La Femme de l'Aube, un poème de 16 vers dont chaque vers regroupe 16 mots.

Son sourire traverse le rideau doré de ses cheveux que font danser les soupirs du vent.

Elle profite des rayons de lune pour observer les branches fascinantes qui s'élèvent sans précipitation.

Saveurs fleuries, odeurs silencieuses, couleurs incandescentes, elle s'ouvre aux moments rares que la vie parsème,

Elle transforme ses regards pour apporter la consolation, expier les erreurs infligées en copiant les autres.

Elle veut abreuver les âmes en mal d'affection, guérir les êtres à la beauté bafouée.

Elle a eu tort en  imitant les persécuteurs soudés par leur incapacité à changer de conviction.

D'abord impitoyablement exclue, puis inlassablement docile, désormais indéfectiblement dévouée, elle s'offre, même, se sacrifie.

Ignorante, influençable et inexpérimentée, elle a incarné une séductrice vénéneuse tout en étant naïve et obéissante.

Dans la résonnance de sa contrition, elle frappe son front au sol mais le souvenir persiste.

Elle a commis l'erreur de vouloir plaire aux intransigeants; elle choisit d'incarner la bonté.

Elle recueille les sanglots des solitaires, les larmes des suicidaires, pour changer leurs attitudes, leurs constats.

Doucement, elle dépose ses baisers sur les paupières et dans les paumes avant de s'agenouiller.

Elle a surgit avec des brassées de mots pour soigner; elle ne demande jamais un pardon.

Elle bénit, vénère, adule, recommence à chanter en veillant sur le sommeil des enfants, des agonisants.

Elle donne la rose et la parole; à l'aurore, elle serre plus fort la main.

Discrètement, elle se charge des pensées tristes et, jusqu'au jour, chuchote en embrassant la  plaie.