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Le Bel Amour

  par Lucie Poirier 

Gracieusement subtilement le chant médiéval laisse échapper une confidence enrobée de délicates évocations florales

La transparence de l'âme devient perceptible sur l'exigeant chemin des mots magnifiés

La Dame-Belle et le Ménestrel protègent les émois et les ferveurs qui les rapprochent

Dans un rayon de lune ils lisent sur leurs lèvres l'envol des aveux

Les corps se tordent par manque d'échange dans l'aridité du désespoir infligé.

La perte irrémédiable accentue la privation d'une vie irrésolue ponctuée de rêves impossibles

Les pétales disséminés amplifient la tristesse la gravité le mensonge qui pétrifient l'être

Ils paraissent impeccables impassibles irréprochables bien que perclus d'une souffrance pleurée en silence

Statuesques présences seul un même cœur qui bat les sauve des multiples jalousies maléfiques

La rareté les caractérise les distingue les dissocie des hypocrisies ambiantes des dénis incessants

Aucun allié n'interfère les rires fusent dans un consensus de vulgarité de médiocrité

La rencontre reste inassouvie et des larmes maculent un velours un satin une page

Parfois du crépuscule à l'aube la force de la chair innervée de désirs

Accompagne le chuchotement transgressif du ditié dans l'interdite consécration du poème d'Amour.

Avec ce poème Le Bel Amour, je convoque d'abord la norme poétique de la strophe carrée où le nombre de vers est égal au nombre de syllabes dans chaque vers, ainsi, le quintil de pentamètres ou le douzain d'alexandrins. Je propose un renouvellement dans lequel le nombre de vers de la strophe égale le nombre de mots dans chaque vers; le poème devient un quatorzain dans lequel chaque vers réunit quatorze mots. De plus, cette versification se veut un hommage au merveilleux film de Marcel Carné Les visiteurs du soir (1942) qui s'achève par la survivance de l'Amour au-delà la mort. Je l'avais vu enfant, raison de plus pour en être imprégnée. Ce poème est dédié à mon amoureux Normand.